XXII
Si l'on poursuit les relations anatomiques des appareils génitaux dans la nature organique, aussi loin qu'il est possible de le faire avec certitude, on rencontre une division évidente en deux sexes (l); en général , les organes génitaux mâle et femelle sont distribués sur deux individus, plus rarement ils sont réunis sur un seul (hermaphrodisme normal). Chez l'homme et les animaux vertébrés, les appareils génitaux sont toujours séparés, et il ne semble pas qu'il existe parmi eux d'hermaphrodisme parfait (2). Chez les invertébrés même on trouve le plus souvent les sexes séparés, comme chez les insectes, les arachnides, la plupart des crustacés et beaucoup de mollusques. I! paraît exister chez les gastéropodes, un hermaphrodisme complet, et c'est dans un seul et même organe que le sperme et les œufs sont préparés; chez beaucoup d'annelides, chez les échinodermes, les polypes, les infusoires, etc., les organes génitaux mâle et femelle sont placés à côté l'un de l'autre. Dans ces classes animales il n'y a plus aucune loi fixe, souvent des genres très-rapprochés sont hermaphrodites ou ont les sexes séparés. Chez les plantes aussi, dans le plus grand nombre des cas, deux organes différents sont nécessaires pour la propagation; ces organes ont été, jusqu'à présent, désignés sous les noms de mâle et femelle, par analogie avec le régne animal (3).
(I ) Comme il ne s'agit ici que de la génération sexuelle , il ne peut être question de la soi-disant generatîo œquivoca , ni de la fissiparité , ni de la forma-
lion des bourgeons chez les animaux inférieurs. Au reste cette formation dans beaucoup de cas peut être réduite à une formation d'œuf.
(2) Il n'existe aucun fait certain d'hermaphrodisme chez l'homme ni chez les animaux vertébrés; pour constituer cet état, il faudrait nécessairement la présence sur un même individu , des parties génitales mâle et femelle, qui préparent le germe. Tous les cas d'hermaphrodisme , observés jusqu'à présent , n'ont présenté qu'un dcrveloppement imparfait des organes de la génération et des arrêts de développement de degrés déformation inférieurs, où les parties génitales mâle et femelle ont plus de ressemblance encore entre-elles. Voyez la critique de l'hermaphrodisme dans J. Muller's, Bildungsgeschichte der gelien ; DusselàorS , 1830, in-4o. (Histoire du développement des organes génitaux). Le cas observé par Rcdolphi et décrit par lui dans les Abhandlungen der Berliner Académie, !825, cas dans lequel se trouvaient chez l'homme d'un côté un testicule et un canal déférent et de l'autre un ovaire et une trompe deFALLOPE , est douteux d après les nouvelles vues de Muller. CuviER parle d'hermaphrodisme observé chez les poissons {Hist. nat. des poissons; i,p, 534); mais ici aussi il n'y avait que l'analyse microscopique, qui eût pu décider avec certitude et elle n'a pas été employée. Chez plusieurs animaux inférieurs, par exemple chez les insectes et notamment chez les papillons , l'hermaphrodisme anormal semble réellement exister. Comparez sur l'hermaphrodisme anormal dans le règne animal, Burdach, Physiologie ;i, page 271.
(3) Nous n'avons presque pas touché , dans ce qui va suivre, à ce qui concerne les organes de la reproduction chez les plantes, attendu que les nouvelles recherches sur ce sujet sont contradictoires et que la doctrine entière du sexe chez les plantes est maintenant soumise à une révision complète. D'après les recherches d'ailleurs très-intéressantes de Schleiden , le boyau poUinique au lieu d'être l'organe mâle, serait bien plutôt l'organe femelle , et constituerait en se développant un embryon ; Meten et autres , voient au contraire, ainsi queR. Brown, Beongniart, etc , dans la fovilla du pollen, je sperme contenant des phytospcrmes; enfin Valentin qui est d'accord avec Schleiden, quant aux observations en général, rejette toute la doctrine delà sexualité des plantes et l'analogie avec le règne animal. Comparez sur cet objet Schleiden Archives de Wiegmann 1837. ler vol. p. 289 et Archives de MuLLERl838,p. 137. Valentin Repertoriiim fûrl838, pag. 62. — Comparez aussi la remarque n^ 2, du g V.