XXXVII
Outre les phénomènes essentiels, appartenant nécessairement à la fécondation, il y en a encore une suite d'autres, qui se passent dans d'autres systèmes organiques et qui ne jouent qu'un rôle accessoire dans l'acte de la génération. Au nombre de ces phénomènes fig^urent ceux qui ont leur cause dans une synergie du système nerveux et qui accompagnent surtout la copulation. Leur connaissance est importante, parce qu'ils ont de l'influence sur le rapprochement naturel des substances génératrices, sur réjaculation du sperme et sur la séparation des œufs. Presque toujours les nerfs du sentiment sont en grande activité, pendant l'acte de la copulation ; il existe une sensation profonde de volupté, qui est plus ou moins forte, qui augmente k mesure que le contact des parties génitales est plus intense et qui atteint son plus haut période au moment de réjaculation. Cet état est souvent porté assez loin, pour qu'il en résulte une perte momentanée de connaissance, ou pour que l'individu, absorbé par ce sentiment, soit insensible à d'autres impressions. L'éjaculalion du sperme est toujours un acte involonlaire et l'action musculaire, qui y appartient, dépend des mouvements dits réfléchis (l); c'est à dire que les nerfs sensitifs du gland transportent les impressions au cerveau et à la moelle épinière qui, de là, sont réfléchies sur les parties
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musculaires correspondantes des parties génitales. Le scrotum se retire sur lui-même; les vésicules séminales et la prostate sont comprimées par les élévateurs de l'anus, et les contractions rhythmiques et saccadées des muscles du périnée et particulièrement des bulbo-caverneux provoquent l'éjaculation énergique du sperme. En général , celle-ci n'a lieu que pendant une érection complète du pénis, qui rend ce dernier propre à être introduit plus ou moins profondément dans le vagin. L'érection est occasionnée par le gonflement des corps caverneux du pénis, qui paraissent plus remplis de sang. Il est douteux si les artères dites hélicines sont ici actives, ou si c'est seulement le gonflement des réseaux veineux qui occasionne l'érection de la verg^e (2).
(1) Pour les conditions prochaines des mouvements réfléchis, voyez le livre qui traite du système nerveux. Nous devons préalablement remarquer ici que toute la théorie des mouvements réfléchis repose , à proprement parler, sur une hypothèse , qui , il est vrai , explique le mieux les phénomènes. — L'éjaculation du sperme a aussi lieu dans l'accouplement externe , par suite de l'excitation des nerfs du sentiment; chez les animaux les plus différents , on remarque, avant l'accouplement, des phénomènes semblables d'une excitation réciproque ; des oiseaux , des poissons touchent au moins les ouvertures externes des organes génitaux , etc.
(2) Comparez le § XXVL
§ XXXVIfl.
Chez la femme, le sentiment de volupté naît surtout par suite de la friction des nerfs des petites lèvres et du clitoris , qui entre dans un état de turgescence et d'érection ; Texaltation nerveuse est souvent assez forte pour occasionner un état analogue à la syncope. Ces impressions sont de même réfléchies sur les parties nerveuses des parties génitales internes, où, par suite de leur position, on ne peut en percevoir les phénomènes. Il est probable qu'à la suite des impressions, réfléchies sur les fibres motrices des nerfs organiques, le col externe de la matrice s'ouvre pour recevoir le sperme éjaculé. Une sécrétion plus active du mucus du vagin a aussi lieu ordinairement pendant l'accouplement.
La rupture des vésicules de Graaf, la séparation des œufs de l'ovaire chez d'autres animaux, à la suite de l'excitation copulative , ne sont peut-être que des actions qui doivent être rapportées à cette loi de la physiologie des nerfs.