‹ Traité de physiologieChapitre 33 sur 76 · XLI · texte numérisé non relu

XLI

Le résultat le plus immédiat de l'acte de la copulation est la séparation des œufs de l'ovaire, qui a lieu fréquemment chez les animaux inférieurs pendant l'accouplement , comme les grenouilles; dans d'autres cas, elle a lieu plus tard 5 ainsi, par exemple chez les insectes , les oiseaux , les mammifères et l'homme. L'excitation, produite par l'accouplement, se communique à l'ovaire ,• la vésicule prolig^ère disparaît dans les œufs murs, fécondés ou non. On ne peut déterminer avec certitude si cet efTet est le résultat d'une rupture subite, ou d'une liquéfaction, d'un aplatissement, d'une diminution du contenu. Cela a lieu ou peut avoir lieu avant la fécondation proprement dite, avant le contact de l'œuf et du sperme (l). Ce qui est certain , c'est que la vésicule prolifère a toujours disparu, dés que l'œuf s'est séparé de l'ovaire; dans des cas rares, il arrive qu'on ne peut la trouver même dans des œufs voisins de leur maturité, mais encore contenus dans l'ovaire (2). Le contenu de cette vésicule qui, dans des œufs avancés, renferme souvent des granulations dans lesquelles se dissout la tache germinative, est évidemment répandu dans l'étendue de la couche proligère (§ XVII) et doit, d'après la position anatomique , être déposé d'abord dans sa partie centrale (3). Chez les mammifères, l'irritation qui suit l'accouplement, ou peutêtre l'excitation , causée par le séjour des animalcules spermatiques dans l'utérus , se communique aux trompes , qui se rapprochent , par leur ouverture abdominale , des œufs en maturité , s'attachent fortement , par leurs franges, à l'ovaire

et reçoivent l'ovule à sa sortie de la vésicule de Graaf (4). Lorsque ces phénomènes ont eu lieu et que la fécondation s'en est suivie, le développement de l'œuf a lieu d'une manière continue et indépendamment de toute influence ultérieure des individus procréateurs. Chez d'autres animaux , comme les oiseaux , un mouvement analogue de rencontre a lieu, dans les oviductes, vers les vitelli murs et déjà fécondés; mais d'autres conditions sont encore nécessaires pour le développement, telles que la ponte des œufs , l'incubation, soit naturelle, soit artificielle, etc. Quant aux autres suites de la copulation , phénomènes sympathiques se passant dans le système nerveux , elles ne sont pas essentielles , et sont sans influence sur la fécondation (b).

^1} Chez les poissons, les grenouilles; voyez les paragraphes précédents.

(2) C'est ce que j'ai remarqué chez différents animaux; Baer admet le même fait chez des oiseaux.

(3) On trouve de semblables granulations, avec disparition de la tache germinative, chez les reptiles écailleux; des granulations de couleur pâle paraissent aussi se montrer chez des oiseaux et des mammifères. Comparez les dessins, donnés dans mon Prodromus hist. gén, ainsi que l'œuf du lapin tab YI. fig. I, des le. phys. — Quant aux changements prochains, qui ont lieu à la suite de la disparition de la vésicule proligère, on en est réduit sur ce point aux hypothèses , l'observation ne nous ayant rien appris jusqu'ici sur ces phénomènes. — Les nouvelles observations de Schwann semblent donner à l'observation une nouvelle direction, qui peut-être sera plus féconde- Ainsi il est possible que la vésicule proligère soit la cellule mère des nouvelles jcellules de la membrane germinative ; les nouvelles granulations dans lesquelles j'ai vu disparaître la tache germinative, sont peut-être de jeunes cellules formées aux dépens de la cellule mère.

(4) On a avancé, qu'à la suite d'une simple excitation d'accouplement, des vésicules de Graaf peuvent se déchirer et le corps jaune se former ; cela est douteux et dans tous les cas rare et anormal. Comp. g XXXIII et g XXXVIII. Il est extrêmement rare de rencontrer des traces de ce phénomène, chez des filles publiques qui n'ont jamais eu d'enfants. Voyez, pour la formation du corps jaune et les changements dans le follicule, l'histoire du développement (gLXVIII).

(5) Ici viennent se ranger les phénomènes qui ont lieu dans les deux sexes après la copulation , comme la fatigue , la tendance au sommeil, etc. Quant aux sensatioi.s déterminées , comme celle d'un frisson , d'un vif plaisir elles sont accidentelles et non constantes ; on les a considérées à tort comme symptômes d'une copulation féconde chez les femmes.

DE PHYSlOLOCxIE.

SUPERFETATîOW.

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