‹ Traité de physiologieChapitre 34 sur 76 · XLII · texte numérisé non relu

XLII

Chez l'homme et les mammifères on peut admettre , comme un fait incontestable , qu'en général l'acte de la reproduction est terminé et son but atteint après un accouplement fécondant. Généralement aussi, dès que les œufs se sont séparés , le rut s'éteint chez les animaux femelles ; ainsi , par exemple les chiennes ne souffrent plus les approches du chien. L'instinct apparaît ici comme l'expression pure et immédiate et comme la conséquence du fait matériel qui l'a précédé. Chez la femme, les désirs vénériens aug^mentent ordinairement dans les premières semaines qui suivent la conception , ce qui est évidemment le résultat de l'excitation locale sur l'imag^ination. Si peu de temps après un coït fécond, et avant que la decidua ne se soit formée , il y a une seconde copulation féconde , il peut , dans des cas rares , en résulter une superfétation (l). Mais dès que la decidua s'est formée et que l'œuf est passé dans l'utérus, il n'y a plus de copulation féconde possible , et la superfétation , admise dans ces cas , est une impossibilité physiologique , qui doit être bannie de l'obstétrique et de la médecine judiciaire. Les cas décrits de superfétation se rapportent à des jumeaux , dont l'un est mort pendant la grossesse , et a été expulsé dans un état plus ou moins intact (2).

(1) Nous n'avons de cas certains de superfétation chez l'homme, que ceux où une femme, dans un court espace de temps, s'est abandonnée à des hommes de races différentes, et a mis au monde des jumeaux. Voyez Burdach, Phys. t. II, 218. Ainsi on connaît plusieurs exemples de négresses, qui s'étant livrées dans un très-court espace de temps à des Européens et à des nègres, sont accouchées de jumeaux blancs et mulâtres. Chez des animaux à utérus double, comme les lièvres, on trouve des exemples de superfétation, les embryons se trouvant dans les cornes de l'utérus à un degré très-dififérent de développement. On admet aussi la possibilité de ce fait chez les femmes, qui portent un utérus double ; mais on n'en a pas d'exemple ; d'un autre côté . il semble très-vraisemblable que , dans ce cas , il se forme une decidua

dans les deux parties de l'utérus , cette membrane étant, comme nous le verrons plus tard, indépendante de l'œuf et se formant même dans les grossesses extra-utérines.

(2) Dans l'état actuel de la physiologie de la génération, je considère la superfétation comme impossible; Siebold de Danzig partage la même opinion ; il raconte un cas d'une femme de 25 ans qui accoucha, pour la seconde fois, d un enfant à terme et qui trois jours après les dernières douleurs , rendit une masse qui contenait un fœtus mort , aplati , qui pouvait avoir atteint environ quatre mois. Ce dernier avait été comprimé contre les parois de l'utérus par les membranes de l'œuf de son frère jumeau , et s'était conservé, sans se putréfier; nous avons, comme on sait, assez d'exemples de ce dernier fait dans les grossesses extra-utérines. Siebold est porté à rapporter tous les faits connus de superfétation à des naissances précoces ou tardives, ou à des observations incomplètes. Comparez Siebold's Journal fur geburtshulfe, vol. XVII, p. 334.

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