LXXXI
Nous avons vu ( § LXXÎI et LXXVIII ) que le chorion était d'abord régulièrement pourvu de villosités rapprochées les unes des autres, mais que plus lard, pendant le troisième mois, elles «'accumulaient davantage sur un point de sa surface, tandis que le reste de cette membrane apparaissait plus unie. Ceci a lieu à la suite de la formation des vaisseaux dans le feuillet interne du chorion (endochorion) fourni par l'allantoïde : ce n'est que dans le point où les vaisseaux ombilicaux se développent fortement , que les villosités du chorion continuent de
croître et ordinairement ce point correspond à l'endroit du renversement de la caduque vraie, pour former la caduque réfléchie : des vaisseaux apparaissent aussi au commencement dans le reste du chorion , et pénètrent en croissant , dans la caduque réfléchie , avec les villosités ; mais ils s'atrophient promptement. Tandis que dans le point indiqué une nouvelle masse est exsudée par les parois de l'utérus et que la membrane nidulante secondaire , decidua serotma , se forme , on voit apparaître dans ce même point le placenta, qui est plus ou moins arrondi et disciforme à la fin de la g^rossesse. Les vaisseaux sanguins de la mère s'introduisent dans cet organe : les artères semblent passer dans des veines larges à parois minces et ainsi se forment des réseaux de vaisseaux capillaires d'un diamètre très-large. Entre ces derniers se répandent les vaisseaux de l'embryon : les deux artères ombilicales s'étendent en serpentant dans toute la longueur du cordon ombilical , se répandent en gros rameaux sur la surface du placenta qui regarde les enveloppes de l'œuf et s'introduisent, avec les villosités, jusque dans le placenta ; elles serpentent dans ces organes creux jusque dans leur terminaison en cul-de-sac , puis elles se recourbent dans les veines. Parfois on voit un ramuscule artériel (Tab. IX. fig. II. ) sortir d'un tronc plus fort, et se recourber bientôt en un ramuscule veineux, qui s'abouche de même dans un tronc veineux considérable : quoi qu'il en soit , des faits semblables sont rares ; ordinairement les branches artérielles se divisent et se ramifient par conséquent (Tab. XI. fig. U. ) pour se conformer à la forme des villosités. Toutes les radicules veineuses se rassemblent , comme les artères , sur la surface placentaire tournée vers les enveloppes du fœtus , et versent le sang qu'elles contiennent dans le tronc de la veine ombilicale, qui se rend par le cordon ombilical dans l'abdomen du fœtus et s'y abouche , par une veine du foie, immédiatement dans le tronc de la veine cave inférieure. Ces vaisseaux de l'embryon n'ont absolument aucune communication directe avec les vaisseaux de la mère ; outre leurs propres membranes , ils sont encore séparés les uns des autres par des gaines du chorion (Tab. XI. fig. III. IV.). Les vaisseaux de la mère entourent
172 TRATIÊ
les villosilés du chorion, qui contiennent les vaisseaux de l'em^ bryonj ils forment des réseaux fermés , qui semblent consister en tubes particuliers , à parois très-minces , et présenter une lumière très-grande : il en est ainsi au moins pour les veines.
E. H. Weeer s'est surtout occupé de la structure du placenta et de la distribution des vaisseaux dans cet organe , voyez Ànatomie de Hilden- BRANDT. vol. IV. p- 495 ; on y trouve, ainsi que dans tous les manuels d'anatomie, une description détaillée du cordon ombilical, qui n'appartient pas à un traité élémentaire de physiologie. — Des débats se sont élevés sur les opinions émises par Weber ; je vais donner un extrait des remarques , que cet excellent observateur a bien voulu me communiquer en manuscrit , et qu'il destine à l'impression. «Escbricht, de Copenhague, a publié un travail académique intéressant sousle^titre: de organis quœ respirationi fœtus mammalîum înserviuntprolusio academica. Uafm'œ. i837. 4. dans lequel cet auteur est d'accord , en plusieurs points, avec les expositions, données par moi dans l'anatomie de Hildenbrandt, sur la formation du placenta chez l'homme et les animaux; mais il s'en écarte dans d'autres. Pour ce qui concerne la formation du placenta dans l'espèce humaine, Eschricht est d'accord avec moi sur les points suivants : 1° Les vaisseaux sanguins de l'utérus conduisant Is sang maternel , artères et veines , s'avancent en grand nombre dans le placenta et s'y répandent de telle sorte , que tout lobe , quelque petit qu'il soit , reçoit de ces vaisseaux , qui viennent en contact avec les vaisseaux provenant de l'embryon. Sur ce point nous ne sommes pas d'accord avec Seiler, qui croit avoir trouvé qu'aucun vaisseau de la mère ne pénètre dans le placenta , et que ces vaisseaux ne viennent en contact qu'avec la surface du placenta appliquée sur l'utérus. 2° Les artères ombilicales, provenant de l'embryon et qui pénètrent dans le placenta , se divisent en arborisations très-nombreuses et en ramuscules très-petits ; ceux-ci se recourbent en formant des anses et se rassemblent ensuite en formant des troncs plus gros et moins nombreux , qui se réunissent enfln en un seul tronc, la veine ombilicale. Nulle part on ne rencontre des anastomoses entre les vaisseaux , qui transportent le sang de l'embryon; nulle part on ne trouve un passage du sang d'une classe dfi ces vaisseaux dans l'autre. Nulle part on ne voit des extrémités vasculaires libres, ouvertes. 3" Le placenta en entier et chaque lobule, même le plus petit de cet organe, consiste donc en deux parties : l'une est une continuation du chorion et des vaisseaux de l'embryon , l'autre est un prolongement de la membrane caduque et des vaisseaux de l'utérus. Ainsi du chorion partent de* prolongements ramifiés, qui, chez des produits jeunes (d'un mois), sont si petits et si simples, qu'on les a désignés sous le nom de villosités ; mais plus tard , par leur croissance , ils se transforment en de gros arbres très-ramifiés. Dans chacune de ces arborisations pénètre un rameau des artères et un rameau de la veine ombilicales. Les deux vaisseaux se divisent en branches , en se conformant à la division de l'arborisation du chorion, dans laquelle elles se trouvent. Dans les extrémités des branches des arborisations du chorion , les rameaux des artères ombilicales s'enlacent ; la majeure partie do ces enlacements ne sont pas simples et le même vaisseau capillaire serpente
plusieurs fois et forme diverses anses, qui sont souvent aussi en connexion par des rameaux de communication. Par suite de ces pelotonnements et de ces entrelacements des vaisseaux capillaires , il existe des petits gonflements aux branches des arborisations. Chacune de ces dernières forme un lobe ou un lobule du placenta , qui est recouvert par la caduque ; beaucoup de leurs terminaisons arborescentes s'attachent à cette enveloppe. Les vaisseaux sanguins, qui transportent le sang maternel et qui sont des prolongements des vaisseaux de l'utérus , s'avancent dans les espaces intermédiaires des rameaux que nous venons de décrire et s'introduisent par conséquent dans chaque lobule. 4" Cette structure semble avoir pour but de permettre aux vaisseaux capillaires , étroits , longs , serpentins à parois minces , dans lesquels se répand et coule le sang de l'embryon , devenir en contact intime avec les canaux à parois ténues, dans lesquels afflue le sang de la mère ; il en résulte que les deux courants sanguins, sans être troublés dans leur mouvement, passent l'un à côté de l'autre dans une infinité de points : ils peuvent agir réciproquement l'un sur l'autre , à travers les parois vasculaires qui sont si minces , que le sang de la mère peut tirer des matériaux du sang de l'embryon à travers ces parois, et réciproquement. — L'opinion d'EscHRicHT diffère de la mienne en ce qu'il croit que les artères et les veines utérines, qui se répandent dans le placenta, y sont aussi unies par un réseau de vaisseaux capillaires aussi fins et même plus fins que ceux des artères ombilicales ; de sorte qu'il y aurait deux systèmes de vaisseaux capillaires, celui de l'enfant et celui de la mère, qui viendraient en contact. Je crois au contraire avoir démontré que les artères et les veines utérines , dès qu'elles sont entrées dans la substance spongieuse du placenta , ne se partagent plus en rameaux ramifiés, mais passent en un réseau vasculaire , dont les canaux ont un diamètre beaucoup trop grand pour qu'on puisse Us appeler avec raison , vaisseaux capillaires ; ces canaux sont d'ailleurs pourvus de parois si minces , qu'on ne peut les préparer. Ce réseau vasculaire, qui réunit dans le placenta les rameaux des artères utérines et ceux des veines de ce nom , remplit les intervalles qui se trouvent entre les branches des arborisations du chorion ; les parois excessivement minces de ces vaisseaux se collent contre tous les rameaux et les entrelacements des vaisseaux capillaires de ces arborisations. Ce réseau remplit le môme office qu'un réseau de vaisseaux capillaires, puisqu'il établit la liaison entre les artères et les veines utérines et peut ainsi être considéré comme un réseau capillaire colossal. EscHRiCHT admet que des prolongements de la caduque, en forme de plis , pénètrent dans l'intérieur du placenta entre les rameaux des arborisations du chorion, qu'ils recouvrent ces derniers d'une couche mince, et qu'ils portent le réseau de vaisseaux capillaires mettant en connexion les artères et les veines utérines dans le placenta. Je soutiens au contraire, que les parois des artères et des veines utérines , lorsqu'elles pénètrent dans le placenta , ne consistent qu'en une membrane très-délicate, qui est une continuation de la membrane interne des vaisseaux sanguins de l'utérus; que le reste de la paroi est formée par la substance de la caduque ; que la membrane interne des vaisseaux sanguins tapisse les iatervalles des rameaux des arborisations du chorion ; et que les entrelacements de vaisseaux des villosités s'enfoncent dans les canaux conduisant le sang de la mère et se trouvent ainsi baignés par ce dernier. La communication verbale, que m'a faite Eschricht, m'a démon-
tré que mon exposition avait donné lieu à des malentendus. Premièrement je n'ai pas bien indiqué ce que j'entendais par villosités, qui s'enfonçaient dans le courant sanguin de la mère. Je m'explique : je n'entends pas, par yiUosités, des rameaux entiers, des arborisations du chorion, tels qu'on peut les obtenir, lorsqu'on les arrache violemment du placenta ; mais bien des petites élévations proéminentes, qui se trouvent aux branches et aux troncs de ces organes et qui sont le résultat des entrelacements terminaux et des communications des vaisseaux capillaires de l'embryon dans le placenta. Pour les voir clairement , il faut employer un verre grossissant. Deuxièmement j'avais dit : les vaisseaux de l'utérus passant dans le placenta deviennent plus larges , en y entrant. Cette expression n'est pas juste, au moins elle ne l'est pas pour les veines du placenta tout formé. Je la considère comme non avenue.»
Weber décrit exactement dans ce mémoire îa structure du placenta; il la compare au corps caverneux du pénis ou de l'urètre, ou à une éponge. «Le tissu fibreux de l'éponge répond à l'arborisation du chorion, dont les branches sont maintenues ensemble par la membrane caduque, qui pénètre entre elles ; les trous et les espaces intermédiaires de l'éponge répondent aux canaux, dans lesquels afflue le sang de !a mère. Aucune des nombreuses artères qui, de l'utérus, pénètrent dans la membrane caduque recouvrant le placenta , ne se ramifie après avoir traversé la membrane , mais toutes s'ouvrent dans le tissu spongieux, après s'être divisées en quelques rameaux dans la membrane caduque. De même aucune des veines ne se partage en rameaux, après avoir pénétré, par la caduque, dans la substance spongieuse du placenta où elles s'ouvrent toutes par des trous plus ou moins grands. Ce n'est que pendant qu'elles se trouvent encore dans la membrane caduque qu'elles se partagent en quelques rameaux. Il en résulte que les espaces intermédiaires , qui séparent les branches des arborisations du chorion , sont remplis de sang maternel ; il afflue à tout instant, par de nombreuses artères, et en est repris par des veines nombreuses et reconduit à l'utérus; de sorte qu'il est ainsi toujours renouvelé. » — Weber donne des preuves de l'exactitude de son exposition; elles reposent sur des injections, pratiquées sur des femmes mortes enceintes , sur des recherches faites sur des arrière-faix récents et sur des observations d'œufs humains petits et frais. A cette occasion il remarque entre autre : « que si , au moyen d'un moFceau de linge trempé dans une solution alcoolique de sublimé corrosif, on imbibe la surface utérine du placenta d'un nouveau-né, en prenant la précaution de ne pas mettre cet organe préalablement dans l'eau, afin de faire coaguler le sang maternel qui s'y trouve et empêcher sa sortie; que si ensuite on porte tout le placenta dans une solution semblable mais plus faible, on trouve, après peu de temps, le sang de la mère coagulé dans les espaces ir>termédiaires qui séparent les villos tés. On trouve aussi ce sang coagulé dans les grandes veines , arrachées et passées de l'utérus dans le placenta ; on voit comment il arrive de ces veines , au moyen d'ouvertures , dans les intervalles cités, et la marche qu'il prend pendant la vie est ainsi indiquée. » Les observations de Weber sur la structure du placenta dans les mammifères, qui sous ce rapport sont partagés en deux classes , ont déjà été communiquées dans les Notizen de Froriep. tom. XLVI. 1S35. pag. 86. Elles ont été pou?suivies depuis et font partie du mémoire manuscrit dont nous nous occupons. Elles sont très-intértssantes, mais cela nous conduirait trop loin ," si nous
eu parlions plus longuement. «La nutrition de l'embryon semble être le résultat des subdivisions innombrables des courants sanguins embryonnaire et maternel , particulièrement de celles du fœtus, qui sont encore plus subdivisées que celles de la mère, et du contact prolongé des deux courants, qui coulent très-près l'un de l'autre, sans cependant troubler leur mouvement réciproque et sans qu'il y ait passage du sang d'un courant dans l'autre. Les courants, séparés seulement par des membranes animales extrêmement flnes, peuvent échanger des substances entre eux , l'un attirant par les pores ou les parois vasculaires, des matériaux de l'autre et réciproquement. »
Baer dit à la page 279« tandis que les vaisseaux de l'utérus s'accroissent dans la decidua serotina , celle-ci devient placenta. Le passage des vaisseaux est connu depuis longtemps, bien que les opinions sur la forme de ces derniers ne concordent même pas encore actuellement. Longtemps on a cru avecHcNTEa que les vaisseaux passaient à l'état de cavités. Quoi qu'il en soit, dans ces derniers temps on était plus porté à considérer ces cavités ou espaces comme des veines élargies à parois minces , ainsi que E. Weber entre autres les représente. Mais très-récemment un Anglais, Lee , a prétendu que les grosses veines de l'utérus s'ouvraient à la vérité à la surface interne de cet organe, mais que leurs orifices étaient bouchées par la substance de la membrane caduque et surtout qu'il n'y avait que des vaisseaux très-étroits qui passassent de l'utérus dans la membrane caduque. Quant à moi le rapport de ces vaisseaux m'avait paru tel que Weber le décrit et depuis la communication de Lee , je n'ai pas eu occasion de faire des recherches sur ce sujet. »
J'ai trouvé une méthode très-facile et très-simple pour se convaincre de la structure et du cours des vaisseaux embryonnaires, même sans injection. Au moyen de ciseaux ou de pinces on enlève un très-petit lobule de la surface utérine d'un placenta frais (il ne doit pas avoir été mouillé; il se conserve jusqu'à 24 heures et au delà), immédiatement sous la couche mince de la caduque et on le porte sous le microscope en le recouvrant d'un verre mince; en y ajoutant ou non de l'albumine , on voit, on ne peut mieux, les villosités du chorion remplies des entrelacements vasculaires des vaisseaux de l'embryon et ceux-ci paraissant comme injectés (Tab. XI. fig. lïl. et IV.). Les vaisseaux sont tous très-forts, je les ai trouvé de 1;100 à I2I20 de ligne d'épaisseur, souvent pelotonnés, comme dans les corps de Malpighi des reins : les flocons du chorion les enveloppent ; mais quelquefois cela a lieu d'une manière si lâche qu'il reste un espace clair entre les parois vasculaires et la membrane des villosités (fig. III) ; celle-ci m'a présenté une épaisseur de IjSOO de ligne et une structure finement granulée ou cellulaire. J'ai trouvé quelques vaisseaux qui étaient beaucoup plus minces, n'ayant que 1^200 à 12250 de ligne d'épaisseur (fig. IV.) : on voit très-bien ici les globules sanguins appliqués l'un sur l'autre et fortement comme des piles, ainsi que la bande (épaisseur de la villosité) (fig. IV. b.) appliquée très-près des vaisseaux. Quant à la structure des vaisseaux de la mère, je n'ai pu en obtenir une connaissance claire et certaine. Comparez , sur ce sujet , le travail de Baer, à l'occasion du Jubilé de Soemmering , intitulé : Untersuchiingen ilber die gefâssverbindung zwischen Mutter und Frucht in den Saugelhieren.di\ec une planche, Leipsig 1828. fol. — L'ouvrage de Ritgen : Beitrûge ziir Àufhellung der verbindung der menschlichen Frucht mit dem Fruchthalter und der Emahrung derseWen, Leipsig 1835, foL avec des planches , n'a pas éclairci I3 question.
COUP D'OEIL sua LE DÉVELCPPEHÏEIiSrT KOBPHOLOGIQCE EE
L'HOBÎME.
§ LXXXÏI.
Les observations précédentes sur l'œuf el l'embryon humains nous montrent dans leurs fragments connexes, une harmonie si réelle avec le développement des mammifères et des oiseaux , que l'histoire du développement de ces classes animales nous donne un jalon certain pour l'histoire du développement de l'homme et que nous pouvons , sans craindre d'erreurs essentielies, tenter avec ces matériaux, d'en donner une exposition suivie. L'ovule , la structure des vésicules de Graaf , la formalion du corps jaune sont les mêmes chez 1 homme que chez tes mammifères; de sorte qu'il ne peut y avoir de doute sur le passage de l'œuf de l'ovaire dans les trompes et l'utérus, comme il est décrit plus haut (§ LXIX). Par analogie, on peut admettre qu'en général l'ovule arrive à l'orifice de la trompe entre le huitième et le quatorzième jour. A cette époque l'utérus est déjà revêtu dans toute sa cavité par la membrane nidulante (Tab. VIL fig. VIIL). Lorsque l'œuf (fig. IX. g.) passe de l'orifice de la trompe {fig. IX, b.) dans l'utérus, il glisse ordinairement entre la paroi de l'utérus et la membrane caduque, et détache légèrement cette dernière; de sorte qu'il la pousse sur elle-même en la renversant (fig. IX. e. e. ) et donne lieu à la formation de la membrane caduque réfléchie. Il résulte de cette formation que l'œuf efTectue un enfoncement dans l'intérieur de la cavité de la matrice , qui devient plus petite à mesure que l'œuf croît (fig. IX. d.). La cavité de l'utérus est ordinairement ouverte à cette époque et le col de cet organe ( fig. VIH. IX. a. ) n'est encore clos par aucun bouchon gélatineux (§ LXXVII.). Dès que l'œuf a passé dans la cavité utérine, il grossit rapidement, en attirant à soi des substances , et devient bientôt visible à l'œil nu ; le disque granulé autour du chorion s'est dissout; celui-ci s'est étendu et est devenu plusmince(Tab. VIL fig. L a.); le globe vitellin (b.) semble environné de toute part par la membrane germinative ; entre lui et le chorion il semble qu'il s'est
formé par absorption une légère couche d'albumine (§ LXX. ). Le vitellus est devenu plus liquide; dans un de ses points (c.) il s'est formé une accumulation arrondie, assez épaisse de granules [tache embryonnaire de Coste), qui doit être considérée comme la partie centrale de la membrane germinative. L'observation de ce qui se passe chez les chiens et les lapins (§ LXX. et Tab. YI. fig. IV. — VIII. ) nous a appris la marche de ces phénomènes ; et il n'y a pas de raison de douter qu'il n'en soit pas de même chez l'homme. Une section de l'œuf (Tab. VII. fig. II. ) montrerait en c. la tache granulée épaissie, dont part le développement de l'embryon • cette tache, par suite du développement, devient plus claire dans son centre et il se forme, comme chez l'oiseau (§ L. et Tab. ÎII. fig. I. III.) et chez le chien (§LXXI. et Tab. VI. fig. IX.elX.) une figure ovale, dans la membrane germinative , au milieu de laquelle se trouve l'auréole transparente ou germinative piriforme, ainsi que la bandelette primitive (Tab. VII. fig. III.). L'auréole vasculaire se forme à la périphérie et la vésicule vitelline (b.), qu'entoure la membrane germinative, s'est déjà détachée du chorion (a.). On voit (fig. IV.) les rudiments de l'embryon , sous forme d'un épaississement du feuillet séreux (c.) , qui se sépare du feuillet muqueux placé sous lui. Par analogie avec ce qui a lieu dans l'embryon des oiseaux et des mammifères, il ne peut y avoir de doute que la formation de l'enveloppe séreuse et de l'amnios (fig. V.) n'ait lieu chez l'homme, d'une manière complètement analogue (§ LVI. ) , et que l'embryon (fig. V. c.) ne soit également enveloppé d'un capuchon céphalique (d.) et d'un capuclion caudal (e.). Par suite de ce développement de la partie périphérique du feuillet séreux, l'embryon, qui s'est déjà courbé fortement , se détache de plus en plus de la vésicule vitelline (b.)j on peut distinguer dans la cavité abdominale les feuillets vasculaire et muqueux placés l'un sur l'autre : ce dernier a déjà même de bonne heure entouré toute la vésicule vitelline. A une époque plus avancée (fig. VI.) , les villosités deviennent plus visibles sur la paroi externe du chorion (fig. VI. a.) ; l'enveloppe séreuse (d. e.) se détache de l'amnios (f. f.), les deux plis, [gaine céphalique (d.) et gaine caudale (e.)], se touchant et se
soudant ensemble ; la vésicule vitelline (b.) est entourée des feuillets muqueux et vasculaire (f.). Dans la cavité abdominale les rudiments des organes internes sont apparus sous forme de productions et de plis de ces deux feuillets ; l'allantoïde (§■.) s'est avancée entre l'amnios et l'enveloppe séreuse ; l'embryon se courbe davantage et se sépare de plus en plus du vitellus. î.a couche d'albumine placée à l'intérieur du chorion s'est trcs-agrandie. Dés que l'enveloppe séreuse (fig. YII. h.) s'est complètement détachée , elle est refoulée dans la couche albumineuse, contre la paroi interne du chorion, par Tamnios, qui continue à croître, et forme probablement en partie la prétendue tiinica média; le tissu réticulé de la couche albumineuse doit peut-être en outre être considéré en partie comme de l'albumine coagulée (§LXXVIII. rem. 4). Chez l'homme, l'amnios s'accroît de bonne heure et entoure bientôt l'embryon sous forme d'une grande vésicule ; les villosités du chorion s'accumulent à la place (k. k.)oùse forme le placenta; d'autres points de celte enveloppe (a') deviennent lisses , ou ne sont pourvus que de villosités plus courtes (a=). L'allantoïde (g.) s'est développée sous forme d'une vésicule allongée , très-vasculaire et appliquée sur le chorion (à celte époque elle est déjà soudée en entier avec ce dernier : dans la fig. YII. g. elle n'a été dessinée comme elle l'est que pour l'intelligence du texte); le vitellus (b.) est déjà devenu une vésicule piriforme , pédicuiée , la vésicule ombilicale , dont les vaisseaux sont atrophiés ; la tête de l'embryon (c.) est fortement recourbée, comme on le voit à cette époque sur presque tous les œufs. Au commencement du troisième mois (Tab. Vil. fig. X.) le col de l'utérus est rempli par un bouchon gélatineux fort et villeux (fig. X. a.) ,• au-dessus de lui la caduque vraie est généralement ouverte ; cette dernière ( c. c. ) est appliquée fortement aux parois de l'utérus ; elle envoie des prolongements plus ou moins grands (c^) dans l'orifice de la trompe (b.) , qui n'a pas donné passage à l'œuf; souvent elle est ouverte aussi dans ce point (§ LXXVIl). La membrane nidulante est profondément renversée par l'œuf (fig. IX.) ; de sorte qu'il reste en bas un espace (d.) encore un peu plus grand entre les membranes caduques vraie et réfléchie : on voit aussi
les bords du renversement (e. e.) ; la partie de la surface de la matrice , dont s'est détachée la membrane nidulanle pour former le renversement, est remplie par une nouvelle exsudation (f. ) et ainsi se forme une membrane nidulante secondaire, decidua serottna : à cette place les flocons des cîiorions sont aussi plus fortement développés par l'expansion de l'allantoïde [g.]; celle-ci passe dans l'ouraque et dans la vessie. A côté se trouve le pédicule de la vésicule ombilicale (h"), dans le cordon ombilical ; cette dernière vésicule elle-même (h.) est renfermée dans l'espace compris entre l'amnios (i.) et le chorion (k.). Par suite de la compression de l'albumine, la couche membraneuse, c'est-à-dire la tunica média soudée à l'enveloppe séreuse , peut être démontrée clairement.
Yoyez pour toute cette exposition les figures schématiques Tab. VII. fis. I-X.