IV. RÉFLEXION DE LA LUMIERE, OU CATOPTRIQUE
Euclide paraît être le premier qui ait parié de la eatoptrique ; vinrent ensuite Alhazen et Yitellien , dans lesxi'^et xii* siècles. Parmi les modernes, nous citerons le P. Tacquet, le P. Fabri , Jacques Grégory, Isaac Barre w, etc., etc. Les propriétés de réflexion de la lumière ont été traitées fort au long par le P. Tacquet et par Smith.
Lorsqu'un rayon de lumière tombe sur une surface polie, telle que celle d'un miroir, il se réfléchit en faisant un angle de réflexion égal à l'angle d'incidence; le rayon incident et le rayon réfléchi sont situés dans un plan normal à la surface réfléchissante au point de réflexion. La réflexion de la lumière a été expliquée dans la théorie des ondulations et dans celle de l'émission par leur fondateur. Newton fut obligé d'admettre que la réflexion était due à l'effet de certaines forces répulsives exercées sur les molécules lumineuses par les particules pondérables du corps réfléchissant. Huyghens n'eut pas besoin de torturer sa théorie ; il se borna à dire que lorsque le mouvement ondulatoire des molécules de l'éther arrive à la surface d'un corps réfléchissant, qui est également la surface de séparation de deux portions de l'éther n'ayant pas la même densité, une portion de ce mouvement revient du même côté de la surface et produit la réflexion de la lumière.
Suivant l'explication de Newton, il semblerait que, quelle que fût l'incidence sous laquelle un rayon arrive à la surface, la même quantité de lumière devrait être réfléchie. Mais il n'en est pas ainsi d'après les expériences de Bouguer, entreprises dans le but de comparer l'intensité de la lumière réfléchie a celle de la lumière incidente. Les conséquences que ce physicien en a déduites, sont conformes aux résultats trouvés par Fresnel et M. Arogo, au moyen d'un autre procédé; car ils ont conclu de leurs expériences que, pour une même surface réfléchissante, la quantité de lumière réfléchie diminue à mesure que le faisceau incident, ayant toujours la même intensité, s'approche de la normale; et que, pour une même incidence, des surfaces de nature différente réfléchissent des portions très-différentes de ce même faisceau. Pour expliquer la réflexion de la lumière dans la théorie de Newton, il faudrait donc admettre une modiflcation dans la force qui s'exerce entre les molécules de la surface et celles de la lumière, suivant l'obliquité du rayon lumineux; hypothèse qui sépare l'explication de la réflexion de celle de la réfraction.