CHIMIQUES
L'éther et les éthers chlorés appartiennent au même type. L'acide acétique et l'acide chloracétique sont dans ce même cas. En général, les corps qui possèdent le même nombre de molécules , et qui jouissent des mêmes propriétés chimiques fondamentales, appartiennent au même type chimique.
L'indigo et l'isatine n'appartiennent pas au même type, car le dernier corps renferme de l'oxygène déplus que l'autre.
L'alcool et l'aldéhyde appartiennent aussi à des types différents, puisque l'aldéhyde contient de l'hydrogène de moins.
Ainsi, la théorie des substitutions résume des faits qui sont expliqués parcelle des types chimiques, dont les chimistesont tous accepte maintenant l'existence et la nécessité.
L'alcool Ci H'^0^ sort de son type en perdant H» et produisant l'aldéhyde C^H^^O^j mais il y rentre quand ce dernier corps se convertit en acide acétiqfie C'H'^O^, qui appartient évidemment au même type que l'alcool.
De son côté, l'éther C''H'°0 appartient au même type que Taldehyde.
De sorte que le type alcool peut passer au type éther de trois manières :
C4H-0^— HH) = C'H'°0 éther,
C^ H - 0 ' — H-* = C i Hs 0 ^ aldéhyde ,
C» H ' ^ 0^ — 0^ = C^ H' ^ hydrogène carbure.
^'ous ne nous étendrons pas davantage sur la composition atomique des corps organisés, attendu, d'une part, que les idées ne sont pas définitivement fixées sur la manièi'c dont on doit concevoir la composition en deux éléments antagonistes en chaque combinaison; et, de l'autre, que les considérations alléguées en faveur de telle ou telle opinion ne sont pas de notre ressort. Ce (pi'il nous importe de connaître, c'est la constitution moléculaire, abstraction faite des moyens employés pour la déterminer; car, en eifel , elle est indispensable pour étudier les propriétés physiques des corps.
306 TBAITÉ DE PHYSIQUE.
M. Kopp a appliqué à la nature organique les vues que nous avons exposées, page 251, sur la constitution des combinaisons inorganiques par les volumes, c'est-à-dire, qu'il a déterminé le volume spécifique des combinaisons organiques. Comme on n'est pas certain de quelle manière les éléments sont groupés dans les molécules constitutives organiques , il a suivi une autre marche, et s'est attaché seulement à chercher, pour nous servir de ses expressions, quelques rapports entre les volumes spécifiques de combinaisons organiques analogues; et d abord il fait remarquer que, dans la chimie organique, on trouve proportionnellement plus de combinaisons fluides que dans la chimie inorganique, et que dès lors le dimorphisme doit y être moins fréquent. Les observations sur la densité des liquides étant en général plus faciles à obtenir, doivent être plus exactes que celles relatives aux solides. A la vérité, la dilatation est plus considérable sous l'influence de la chaleur que dans les solides ; mais il y a eu égard dans ses recherches. Voici les considérations théoriques sur lesquelles s'appuie M. Kopp pour atteindre son but :
" Disp(>sons un grand nombre de combinaisons organiques analogues dans l'ordre suivant :
A + fi
« Dans ce tableau, ABC représentent certaines substances ou combinaisons d'éléments invariables. A peut représenter, par exemple, l'acide hypothétique acétique anhydre, B l'acide formique, C l'acide benzoïque, etc.; a l'eau, ^ l'oxyde d'éthyle, y l'oxyde de méthyle, etc.; ou l'on peut se figin-er que A est du chlore, B de l'iode, C du soufre, etc. ; a de l'hydrogène, p de l'éthyle, y du méthyle, etc.
« Pour connaître les volumes spécifiques de toutes les combinaisons rangées dans un tel tableau, il faut seulement connaître les volumes spécifiques d'une série verticale et d'une série horizontale. Si les volumes spécifiques d'une série horizontale (ou verticale) sont connus, il suffit de connaître le volume spécifique d'une seule combinaison contenue dans une autre série horizontale (ou verticale) pour que l'on puisse en déduire les volumes spécifiques de toutes les combinaisons contenues dans cette série.
CONSTITUTION MOLÉCULAIKE. 307
«Cette loi est de la plus haute importance. Si Ton \ieût à connaître les volumes spécifiques des combinaisons A4- «, A+ fi, A + y , • • • ^^ le volume spécifique de B -|- a , on peut en déduire les volumes spécifiques des combinaisons B + p, B+y, ....
« Car la différence est toujours la même entre les volumes spécifiques
A+a et B-fa
A-f-p et B+p A-j-y et B-j-y
B+a et D-fa B+p et D+p B-j-y et D-fy
A+a et A-{-o Ba-j- et B-j-S C-f-a et C-fô
'< Cette loi se trouve suffisamment confirmée par l'expérience. Disposons, par exemple, les volumes spécifiques observés des combinaisons suivantes, conformément au tableau que nous venons de donner.
Acide acétique.
a=Eaii 709 Mollerat
p= Oxyde d'cthyle X243 Liebig
y = Oxyde de métbyle. .. 1012 Dumas
B Acide formique.
467 Lieiiig 1020 Liebig
Acide benzoïque.
Dumas Dumas
« Désignons par (A + a), (A + S) les volumes spécifiques observés des combinaisons A+a, A + [i. Les observations citées confirment, en dedans des limites des fautes d'expérience , les équations suivantes , demandées pai* la loi que nous venons d'énoncer :
« Mais on peut démontrer encore plus évidemment la vérité de la loi générale que nous avons énoncée dans le précédent tableau, en spécialisant cette loi. Voici ce que nous voulons faire pour les combinaisons les mieux connues :
'< Le volume spécifique d'un acide hydraté (A+HuO) est toujours moindre de 53 4 que celui de la combinaison d'éthyle correspondante (A+ AeO). «Pour démontrer l'exactitude de cette loi, M. Kopp, en calculant d'après elle la combinaison d'étli\ le en prenant pour base la densité de l'acide hydraté, a cherché d'abord le voUnne spécifique de la combinaison d'éthyle, en ajoutant 53-1 au volume spécifique de l'acide hydraté.
FnP VTTT r
POIDS
VOLUME SPÉCIFIQUE