‹ Traité de physique considérée dans ses rapports avec la chimie et les sciences naturelles (volume 3)Chapitre 53 sur 95 · DENSITÉ · texte numérisé non relu

DENSITÉ

calculée. observée.

L'acide sulfurique bydralé et le sulfate de méthyle :

SO3 4- H,0 SO,5 4-MeO

33î-}-3oo=632[ 1,25 II

1,85, Dalton.

t,324, Dumas et Péliguot

L'acide nitrique hydraté et le uitrate de méthyle XjOi-f H;0| 790 I 519

5 ig-j- 300=819

X,,05^Me0| y6(3

1,322, Mitscherlich.

1,182, Dum. et Pélig., 22°

L'acide acétique hydraté et l'acétate de méthyle :

A 4- H,0 14- MeO

t,o63, MoUerat.

0,919, Dum. et PéHg., 22°

CONSTITUTION MOLECULURE.

Le volume spécijîfpie (Tune combinaison d'éthylc est fo2/jonrs plus grand de 234 qne celui de la combinaison de méthyle correspondante.

FORMULE

POIDS ato-

VOLUME SPÉCIFIQUE

DENSITE

mique.

observé.

calculé.

calculée.

observée.

alcool et l'iiydiate de l'oxyde de méthyle :

AeO + HjO

0,792, Gay-Lussac, iS"

MeO+ 112 0

730—234= 496 0,8098 0,798, Diim.etPélig.,29.",

Les sulfides d'étliyle et de métlivle : {|

Ae + S

o,S6io

0,825, Regnaiilt, 20".

VIe-fS

0,845, Regnault, at".

Les iodides d'étliyle et de méthyle : ||

Ae+J,

1,6206, Gay-Lussac, 22°.

Mp -f J>

Infi7

IOI2 234:= 778

2,237, Dum. etPélig.,22°.

Les acétates d'éthylc et de méthyle : {|

A -f-AeO

xro7

0,8g, Lieliig, i5".

A -f MeO

0,919, Dum.etPélig.,22''.

Los beuzoates d'étliyle et de méthyle : ||

ÏÏ +AeO

r,o539, Dumas, 10°.

B -j-McO

i,f, Diim. ctPéligot, 170.

Les suhérates d'étliyle et de méthyle : 1

Su 4.HcO

1,014, Laurent, 18°.

S^, i. MoO

1,0694 r,oo3, Laurent, i8".

Les inucates d'étliyle et de méthylo : 1

i>Iu+ ApO

1,32, Malagtiti.

Mu+ McO

r,oo3, Malagiiti.

Les lij

drates de l'acide acétique et de l'acide formique : |

Ae + 0i Il2

i,o63, Mollerat.

Mc+0,A2

r,2353, Liebig, 12°.

Les résultats consignes dans ces tableaux nous montrent une coïncidence remarquable entre les densités calculées et celles obtenues par l'observation, ce qui tend à montrer l'exactitude des lois sur lesquelles M. Kopp s'est appuyé pour obtenir ces résultats. Il a trouvé que le volume spécidque des benzoates est de 538 plus grand que celui des mucates analogues : le volume spécifique des mucates es! d(! 244 plus grand que celui des formiates analogues, etc. En sui-

vant la marche qu'il a indiquée, on peut calculer la densité de beaucoup de combinaisons, si l'on connaît bien entendu les combinaisons analogues. Quant à la substitution du chlore à l'hydrogène dans certaines combinaisons, il la formule ainsi :

« Si dans une combinaison organique x atomes d'hydrogène sont remplacés par x atomes de chlore , le volume spécifique se trouve également augmenté de x 80. »

M. Kopp a vérifié cette loi, en calculant la densité de plusieurs combinaisons formées par substitution , et en comparant les résultats calculés aux observations directes. Nous allons rapporter quelquesuns des résultats auxquels il est parvenu.

POIDS

VOLUME SPÉCIFIQUE

DENSITÉ j

FORMULE

atomitiue.

observé.

calculé.

calculée.

observée.

Subsl

itution d

I chlore dans l'hydrure de beuzoïle :

C,, H,, Os

1,843, Liebig et Vohler.

Cn II Kl Cl.. O,

1,196, les mêoies, 18".

Substitiitiou du chlore dans l'oxyde de méthyle : ||

C2 H-, Cl, 0

1,3 1 5, Regnault 20°.

1,606, le même.

Substitution du chlore dans l'acétate de mérhyle : ||

Ce H,, 0,

11,919, Dum.etPelig., 22°.

CcHsCi, 0,

ioi2-|-4.8o^i332

[,261, Malaguti, 16°.

Substitution du chlore dans l'oxyde d'éthyle : ||

C,H,oO

0,724, Gay-Lussac, 12°.

Cl H,; Cl, 0

1,377 i,5oi, Malaguti.-

Substitution du chlore dans l'acétate d'éthyle : ||

CsH.eO-,

0,89, Liebig, i5°.

CsHi, CI, Oi

i,3oi, Malaguti, ta".

Substitution du chlore dans le formiate d'éthyle ; 1

Ce Hn 0,

10,912, Liebig. i5".

Ce II, Cl, Oi

i020-J-4.8o=t34o| 1,336 1,261, Malaguti, 16".

Substitution du chlore dans le camphorate d'éthyle : ||

Ch Hji Oj

1,029, Malaguti, 16".

Ci4 H211 Cl-, 0

1,3 rr

[i, 386, le luèine, 14°.

Substitution du chlore dans In beuzoine : ||

C12 Hi

iiSg

1 |o,85, Mitscherlich.

Ci2 He Cle

1,457, le même, 7°.

CONSTITUTION MOLECULAIRE. 311

Jusqu'ici, il na tenu aucun compte de la température à laquelle la derîsité a été prise , et cependant on ne saurait se dispenser d'y avoir égard, surtout pour des liquides qui sont plus dilatables que les solides. Cette observation n'a pas échappé à M. Kopp, qui sait très-bien qu'on ne peut rigoureusement comparer les volumes spécifiques de substances différentes que pour des températures qui sontégalement éloignées des points d'ebullition. ïl fait remarquer à ce sujet que, lorsqu'il a cherché la relation entre les volumes spécifiques des combinaisons analogues d'éthyle et de méthyle , ces substances ayant à peu près les mêmes points d'ebullition , se trouvaient dans les conditions voulues pour donner des résultats parfaitement comparables. Il n'en a pas été de même à l'égard des combinaisons produites par la substitution du chlore à l'hydrogène, dans lesquelles les points d'ebullition diffèrent beaucoup entre eux. On a dû trouver nécessairement une différence en comparant les volumes spécifiques à des distances inégales des points d'ebullition. En effet, les observations ont été faites à une température moyenne, tandis que les calculs ont été exécutés pour des températures également distantes des points d'ebullition. M. Kopp explique par là une grande partie des différences trouvées entre les observations directes et les résultats calculés.

Nous ne poursuivrons pas plus loin l'application que M. Kopp a faite de ses vues théoriques à la détermination des volumes spécifiques des substances organiques, attendu que notre but a été seulement de faire connaître l'esprit de sa méthode et les principaux résultats qu'il a obtenus.

DES MOYENS A EMPLOYER POUR OBSERVER ET ÉTUDIER LA STRUCTURE DES CORPS ORGANISES.

La division mécanique étant tout à fait insuffisante pour étudier la structure des corps oiganisés , on a recours au microscope. Quoique cet instrument soit décrit dans tous les traités de physique , nous croyons néanmoins devoir, dans l'intérêt des observateurs, en donner une description complète, en indiquant en même temps la manière de s'en servir.

Microscopes.

Le microscope dioptrique est celui dont on fait usage généralement, en raison des nombreux avantages qu'il présente ; mais ne pouvant faire connaître ici tous les perfectionnements successifs apportés soit à

la construction des U'ntilles achromatiques, soit dans la disposition des diverses parties, nous prendrons de suite l'appareil le pins complet. Voici les principes sur lesquels repose sa construction :

Soient (pi. II, flg. 27) M\ un très-petit objet placé un peu au delàdu foyer d'une lentille ou objectif AB, les rayons partis des différents points de cet objet , traversant la lentille, y subissent une réfraction , et vont former au delà une image m n. Si l'on considère le lieu m n comme le foyer d'une autre lentille EF, au delà de laquelle se trouve un ceil en o , qui verra l'objet MN suivant l'angle EOF, et par conséquent avec des dimensions considérablement augmentées; en plaçant entre l'image et l'objectif une lentille plano-sphérique GH (dg. 28), on augmente le champ de vue et l'on saisit mieux l'ensemble de l'objet; il en est de même en donnant cette forme à l'ocnlaire EF. Si, en outre, la lentille AB est achromatique, on a alors tous les éléments d'un bon microscope composé , que l'on rend horizontal en disposant les verres comme l'indique la fig. 29, et plaçant un prisme en P dont la face ah réflécliit les rayons réfractés parl'objectifAB, suivant la direction OC. L'emploi des lentilles achromatiques dans le microscope a été , sans aucun doute, une nouvelle ère pour cet instrument , puisqu'elles permettent de voir les objets nettement et sans couleur.

Sans remonter jusqu'à Euler, auquel on attribue la première idée de ce grand perfectionnement , nous dirons que Charles, le docteur Brewster, Frauenhoffer, Selligues, Vincent et Charles Chevalier, Tuiley et Amici, ont contribué chacun à la construction des lentilles achromatiques servant d'objectifs au microscope. Charles Chevalier construisit d'abord des lentilles achromatiques de neuf miliim. de foyer, quatre millim. de diamètre et deux miliim. au centre. Ces dimensions permirent de superposer plusieurs lentilles, afin de détruire l'aberration de sphéricité. M. Tuiley en construisit de j-j p. (anglais) de foyer. M. Amici en fit d'autres de trois lentilles superposées , de treize millim. de foyer, et ayant une large ouverture. Les trois lentilles superposées dont on se sert aujourd'hui, et qui donnent les plus fortes amplifications , sont représentées pi. II, llg. 29 et 30. La lentille AB est composée de deux lentilles A et B ; la première est bi-convexe et en croicn-glass ; la seconde est une lentille concave en flint-f/lass. La position horizontale qu'on donne au microscope, et dont l'idée est due à M. Amici, est le grand perfectionnement qu'on ait fait après l'introduction d'un objectif achromatique ; car auparavant, lorsque les observations se prolongeaient , on éprouvait une fatigue dans les muscles du cou et une accumulation de fluide sur la cornée ,

CONSTITUTION MOLÉCULAIBE. 313

([iii forçaient bientôt l'observateur à cesser : quelques personnes préfèrent cependant une inclinaison de 45". M. Araici, en adaptant des oculaires de rechange pour varier les amplifications , en a augnienté et facilité l'usage. Tels sont les principes généraux qui servent de base aujourd'hui à la construction des microscopes dioptriques. Nous allons maintenant décrire le microscope universel de Ch. Chevalier, qui réunit les avantages que nous venons d'indiquer , et qui est , en outre, muni de tous les accessoires nécessaires pour son emploi.

L'appareil doit être pourvu de vis de rappel , pour imprimer des mouvements lents aux diverses parties mobiles, telles que la platine, que l'on mouvait jadis avec une crémaillère. Entin, la construction doit être telle que les mouvements de l'appareil, soit verticaux, soit latéraux , ne nuisent pas au centrage et à la solidité. Des butoirs doivent être placés de manière à limiter les mouvements el à déterminer exactement la position des différentes pièces , lorsqu'on les replace dans >eur position primitive. L'appareil complet est représenté pi. II, fig. 31 ; il est vissé sur la boîte dans laquelle on le serre ordinairement, et qui est pourvue de compartiments pour recevoir toutes les pièces dont nous parlerons ci-après. L'oculaire est à la hauteur de l'œil ; l'appareil se compose des pièces suivantes :

A , boîte ;

B, tiroir;

ce , colonne de support mobile;

D, pièce en cuivre horizontale, articulée avec la colonne, au moyeu de la charnière E, et à laquelle est fixée en D la tige carrée F dont la face postérieure est garnie du haut en bas d'une crémaillère; celte tige est fixée à la colonne par le bouton G ;

H, miroir concave;

I , miroir plan sur la face opposée ;

K , bouton qui permet de faire tourner le miroir dans le demianneau en cuivre L, qui jouit lui-même d'une mobilité latérale sur la boîte M;

N, bouton qui fait courir cette boîte sur la crémaillère de la tige;

0 , pignon moteur de la boîte P;

Q, vis de rappel à boule destiiu^c à imprimer à la platine un mouvement insensible pour placer l'objet exactement au foyer;

I\, corps de l'instrument mobile en deux sens : l" horizontalement, sur la pièce «,- 2" verticalement, au moyen de la charnière e. A son extiémité S se placent les verres oculaires, et tout l'intérieur du tube est garni de ^ elours noir ;

S, oculaire;

T, tube qui s'allonge et se raccourcit au moyen d'une crémaillère et du pignon U. On a tracé sur ce tube une échelle qui permet d'apprécier l'allongement ;

V , tube fermé à son extrémité, et portant à son intérieur le prisme réflecteur fixé par le petit bouton b. Ce tube est Joint au corps R, au moyen d'un assemblage à baïonnette;

X, tube porte-lentille;

y, lentilles;

Z, platine mobile et ses accessoires.

Quand on veut se servir de l'appareil , on commence par le placer dans une position horizontale, de manière que l'ocuiaire soit à la hauteur de l'œil. On pose l'objet à observer sur la platine, et l'on choisit l'objectif et l'oculaire qui conviennent aux observations que l'on se propose; on fait ensuite parcourir un quart de révolution aux pièces V X, et l'on met en place les lentilles Y. La pièce X est remise dans sa position primitive, et, eu regardant dans l'oculaire, on règle l'éclairage, puis on place l'objet au foyer de l'objectif, au moyen du pignon 0 et de la vis de rappel Q, et l'on perfectionne réclairage. L'amplification peut être augmentée de trois manières : 1" en changeant l'objectif; 2° en allongeant le tube T, sans changer les lentilles; 3" en conservant l'objectif et eu changeant l'oculaire.

Il est facile de donner au microscope une position verticale (pi. II, fig. 31). On enlève les pièces V X de la flg. 31, que l'on remplace par la pièce V, fig. 3 1 , et l'on fait tourner le corps de l'instrument sur la charnière.

Quand on veut observer des effets chimiques , on emploie les dispositions adoptées fig. 33 et 34. On fait parcourir une demi-révolution à la pièce VX, afin que la face plane des lentilles étant tournée vers le plafond , l'on n'ait pas à craindre que les substances placées sur la platine se déposent sur la lentille, et empêchent de voir les effets que l'on veut observer. Le microscope ainsi disposé permet également d'observer les précipités chimiques. Voici la description des diverses pièces employées dans ce genre de recherches :

d est l'anneau qui glisse à frottement sur la pièce X;

e est une tige carrée adhérente à l'anneau, et unie, au moyen d'un pivot, à la seconde tige ef;

g , un miroir dont la surface réfléchissante est tournée en avant et en bas ;

h, diaphragme variable ;

CONSTITUTION MOLECULAIRE. SIS

i, boîte mobile sur la tifre/, au moyen d'une crémaillère et du pignon k ;

/ , porte objet vu la face dans la flg. 34 ;

tl' , plaque en cuivre percée dans son centre, exactement au-dessus de l'objectif;

;;«, m , lampes à Tesprit-de-vin qui se meuvent à frottement sur les deux broches nn;

0, capsule en verre qui se place sur l'ouverture de la plaque /', /'.

Quand on veut employer l'action de la chaleur, on allume les deux lampes qui échauffent graduellement les plaques, et par suite la capsule.

Le microscope ainsi disposé sert à observer les animalcules qui ne surnagent pas à la surface des liquides , ainsi que la circulation des liquides dans divers animaux. Outre tous ces avantages, l'appareil pouvant servir aussi de microscope cato-dioptrique, M. Ch. Chevalier a cru devoir le nommer microscope universel.

Nous n'avons plus qu'à indiquer divers accessoires, tels que les pièces relatives à Téclairage des objets transparents et opaques , à la caméra lucida, et au micromètre destiné à mesurer les dimensions réelles des objets.

Les corps transparents ne l'étant pas tous au même degré, il s'ensuit que pour les voir par transparence au microscope, Il faut les éclairer convenablement, soit avec la lumière directe, soit avec la lumière réfractée ou réfléchie. Examinons successivement chacun de ces trois modes d'éclairage. La lumière directe qu'on emploie est celle du soleil ou d'une bougie; mais ce mode n'est pas le plus avantageux, attendu que l'on a ou trop ou pas assez de lumière, ou une lumière vacillante qui fatigue l'observateur. La lumière réfléchie est celle dont on fait usage ordinairement. On place le microscope de manière que la lumière, arrivant par une fenêtre, vienne tomber sur un miroir attenant à l'appareil, et qui la réfléchit sur l'objet. Autant que possible , la lumière doit être réfléchie elle-même par un mur blanc placé à peu de distance de la fenêtre.

Si l'on fait usage de la lumière artificielle, on entoure la lampe d'un réflecteur parabolique qui renvoie tous les rayons sur le miroir. Quand la lumière est directe, elle doit former avec le réflecteur un angle de 4.3" , et n'être inclinée ni d'un côté ni de l'autre; ensuite, on place le miroir de manière à ce qu'il éclaire le plus possible l'objet. L'expérience a démontré que l'éclairage avec une lampe n'est parfaitement convenable que lorsque la distance de la lampe au miroir est

égale à celle du miroii' à l'objet. Pour éviter l'incoiivénient de regarder d'un œil , rautre restant formé, on se sert du disque de M. Amiei, qui est simplement un carton noirci , percé à son centre d'une ouverture qu'on applique sur l'oculaire. Lorsqu'on a à observer un objet très-transpaient, comme une trop grande lumière le rendrait à peu près invisible, on emploie des diaphragmes. Quelques essais suffisent pour adopter celui qui convient le mieux. Dans le cas ou le miroir réfléchit encore trop de lumière, on place dessus, un disque de carton blanc ou de plâtre de modeleur, ou un morceau de papier huilé. Pour avoir de la lumière plus ou moins forte, on dispose le réflecteur de manière qu'une des surfaces soit concave et l'autre plane; celle-ci ne sert que lorsque la lumière est trop vive.

En inclinant plus ou moins le miroir quand l'objet a des saillies , on fait naître des ombres qui servent à mieux faire connaître la forme de l'objet. Jusqu'ici il n'a été question que de l'éclairage au moyen de la lumière diffuse et artificielle; nous allons montrer comment il faut agir quand on veut se servir de la lumière solaire. Il est reconnu que l'intensité de la lumière qu'on doit fournir à l'objet doit être en raison inverse du pouvoir amplifiant. On conçoit, en effet, qu'il est des circonstances où il est nécessaire d'employer les rayons directs du soleil ; mais comme on a toujours des moyens de modérer la lumière la plus forte, il s'ensuit qu'en usant de celle-ci on peut, en la ménageant convenablement, arriver à la faire servir pour voir les corps les plus faibles.

Il arrive aussi qu'on fait usage, dans le cas où l'on emploie les plus fortes lentilles, d'une pièce formée de verres colorés, au moyen desquels on parvient à empêcher l'action d'une lumière trop vive sur l'œil ; cette pièce est vissée au-dessus des lentilles. Quant à l'éclairage proprement dit, on emploie la lumière directe ou la lumière réfléchie, mais la dernière est celle généralement adoptée. Le mode d'éclairage a provoqué de nombreuses recherches de la part des physiciens. OEpinus employa une lentille avec laquelle il concentrait les rayons réfléchis par un miroir plan ; mais comme la lumière n'arrivait alors que dans une seule direction, il s'ensuivait que l'objet n'était éclairé qu'imparfaitement. M. Brewster proposa, en 1820, la décomposition de la lumière dans le prisme et les verres colorés, puis de faire arriver la lumière soit du soleil, soit d'une lampe à travers quatre ouvertures garnies de lentilles, afin d'éclairer l'objet de quatre côtés différents. Ce mode ne fut pas adopté.

Wollaston {Ph. Tram. 1829) proposa un miroir plan pour diriger

COIVSTITUTION MOLECULAIRE. 317

la lumière, et une lentille d'assez grande dimension, plane d'un côté et convexe de l'autre, la face plane tournée vers l'objet qu'on voulait éclairer. Le docteur Brewster construisit l'appareil suivant d'après les principes du docteur Wollaston. Soient (pi. II, fig. 3.5) mn le porte-objet, PQRST un tube de quatre à cinq centimètres de long et tapissé de noir. A la surface de ce tube, qui est mobile dans tous les sens, se trouve une ouverture ST. Dans l'intérieur du tube on dispose un assemblage de deux lentilles appelé doublet achroviatique ^ et dont le foyer est d'environ de quatorze à vingt-huit millimètres. En faisant mouvoir ce doublet, au moyen d'une crémaillère, on amène le foyer F des rayons parallèles en un point du plan MN. Au-dessous du doublet se trouve un plan LMN qui réfléchit sur le doublet les rayons qui pénètrent par l'ouverture ST. La flamme est placée en S' ; à peu de distance se trouve un pied qui supporte un écran percé d'ouvertures de diverses grandeurs. On peut, au besoin, se servir d'un second doublet achromatique sans aberration , quand on veut une lumière plus vive.

Passons à l'éclairage des objets opaques. On emploie encore, comme précédemment, la lumière directe réfléchie ou réfractée. Dans le premier cas, on place le microscope de manière que l'objet soit exposé à la lumière venant d'une croisée ou d'une lampe, et le plus près possible de l'objet , de sorte néanmoins que l'œil n'eu soit pas affecté. On peut ainsi, avec de faibles grossissements, reconnaître la couleur et la forme extérieure de quelques corps. L'emploi de la lumière réfractée se fait à l'aide d'une loupe plane ou convexe, telle que l'on puisse produire sur l'objet une image nette du point lumineux d'où émanent les rayons. On éclaire, aussi bien que possible, les objets opaques avec un réflecteur concave en verre, au centre duquel se trouve la lentille, de sorte que le foyer de l'un correspond au foyer de l'autre. AL Charles Chevalier a disposé ainsi la pièce nécessaire pour éclairer convenablement les objets opaques :

« On enlève la pièce qui porte les diaphragmes pour laisser une large ouverture a la platine. Le réflecteur, garni de sa lentille, est fixé à l'extrémité située vers l'objectif du microscope, et le miroir inférieur incliné de manière à réfléchir les rayons hnnincux à travers cette ouverture. Arrivés au réflecteur concave, les rayons sont de nouveau réfléchis, et vont se réunir à son foyer dans le même plan que l'objet; pour tenir celui-ci au foyer de la lentille, on emploie aACC beaucoup d'avantage le petit appareil représenté (pi. Il, fig. 36). » Quand le corps présente des saillies très-brillantes, on recouvre le mi-

roir inférieur d'un papier huilé, ou d'un carton blanc ; ou bien on se sert du réflecteur mobile qui permet de varier le foyer et de faire tomber sur l'objet la quantité de lumière dont on a besoin. On se sert préférablemeut de la lumière artillcielle , et on emploie pour ce mode d'éclairage des lentilles du plus fort grossissement.

Des micromètres.

Quand on veut se servir du microscope pour déterminer la constitution des corps, il faut avoir à sa disposition d'excellents micromètres , afin de pouvoir mesurer les dimensions des diverses parties de ces corps.

Les micromètres sont des lames de verre sur lesquelles sont tracées, à l'aide d'un diamant et d'une machine à diviser, un grand nombre de divisions sur une très-petite étendue. On est parvenu à diviser un millimètre en cinq cents parties. Mais aujourd'hui on peut se passer de divisions aussi fines; il suffit, pour en obtenir de très-petites, de reculer la mire convenablement.

Les micromètres sont ordinairement fixés dans l'ouverture d'une règle en cuivre, comme on le voit fîg. 37, pi. IL II y a deux choses à considérer dans le micromètre : le grossissement du microscope et la grandeur réelle des objets. Occupons-nous d'abord de la détermination du grossissement, et prenons, pour plus de simplicité, le microscope solaire. On place un écran à une distance de 0™,2.5, et on introduit dans le porte-objet un micromètre, dont l'image va se peindre sur l'écran. On mesure alors avec un compas la grandeur d'une de ces parties, et l'on a ainsi le pouvoir amplifiant de la lentille. On suit la même méthode pour évaluer le grossissement du microscope simple. Supposons que l'on prenne un microscope horizontal auquel on adapte la chambre claire horizonto-vertlcale de M. Amici ; on place le papier à 0™,2.5 de l'axe de la lentille, et sur la platine un micromètre en centièmes de millimètre. On marque sur le papier deux points correspond.mts à une ou plusieurs divisions amplifiées du mici'omètre, et par la comparaison, et de la distance entre les deux points, et du nombre de divisions, on déduit le pouvoir ampfifiant de la lentille.

Cette méthode n'est applicable qu'au microscope auquel on peut faire prendre la position horizontale; mais quand cela ne peut avoir lieu, on modifie le procédé de la manière suivante : on place encore à 0™,25 de l'axe, et à la hauteur de la lentille, un tableau recouvert d'une feuille de papier blanc; on pose sur la lentille le miroir percé

CONSTITUTION MOLECULAIRE. 319

d'Araici, et l'on dirige sa surface réfléchissante vers la mire; on met alors le mierometie sur la platine, et l'on regarde par l'ouverture centrale du miroir. On voit en même temps la mire et les divisions amplifiées du micromètre qui semblent tracées sur le papier. Si l'on prend sur l'écran la distance d'une ou de plusieurs divisions du micromètre avec un compas, on n'a plus qu'à comparer cette distance aux divisions de l'échelle micrométrique, et on obtient facilement le rapport cherché. Au surplus, pour trouver la grandeur réelle d'un objet, on n'a pas besoin de déterminer d'abord le pouvoir amplifiant du microscope. En effet, s'il s'ayil du microscope simple horizontal , on dispose l'appareil comme pour mesurer l'amplification, et, après avoir dessiné sur le papier l'image ampliiiée du micromètre qu'on enlève , on met sur la platine l'objet à mesurer, et l'on compare son amphfication avec récheile obtenue précédemment.

Si les objets à mesurer sont excessivement petits, il faut employer des divisions très-fines; mais alors il serait difficile de les voira Toeil nu; pourtant on ne pourrait avoir une évaluation exacte. Dans ce cas, il faut opérer de la manière suivante : le microscope est disposé comme ci-dessus; mais, comme on n'a plus à déterminer le grossissement de la lentille j on ne place plus le papier à une distance de la lentille, égale à 0™,25, mais bien à la véritable distance. Supposons que celleci soit de 0"\50-, que le micromètre de la lentille soit divisé en centièmes de millimètre, et que le pouvoir amplifiant de la lentille soit de cent fois; si le papier était placé à 0*^,25, un centième de millimètre correspondrait sur le papier à un millimètre; à la distance de 0'°,50, un centième de miUimètre correspondra à deux millimètres. On retire le micromètre, on meta la place l'objet à mesurer, et rien n'est plus facile ensuite que de connaître la grandeur réelle d'une de ses parties, lors même qu'elle ne serait que de 5^^ de millimètre, car aussitôt que l'on a sur le papier une image de j^q de millimètre, on peut la diviser en cinq ou dix parties. On trouve de grands avantages à opérer ainsi; car deux millimètres sont plus faciles à diviser qu'un seul. Nous nous bornons ù indiquer ici la méthode générale, attendu que l'habitude d'observer fera connaître la modification qu'on devra y apporter dans les. cas particuliers. Occupuns-nous maintenant de la mesure de l'amplification et de la grandeur réelle des objets dans le microscope, composé, soit horizontal, soit vertical. Commençons par le pouvoir amplifiant dans le microscope horizontal. On fixe d'abord la caméra lucida d'Amici sur l'oculaire, appareil dont nous donnerons ci-apres une description détaillée; ou place sur la pla-

320 ThAlTE DE PHVSIQlJi;.

tine uu micromètre objectif, et sur la table à o"',2j de l'axe de l'instrumeut une feuille de papier sur laquelle sont tracés au crayon deux traits correspondant à une ou plusieurs divisions du micromètre. On mesure l'intervalle avec un compas, et ou le compare aux divisions d'une échelle métrique. Le rapport des divisions avec celles du micromètre donne le grossissement du microscope, c'est-à-dire, de l'objectif. Il s'agit maintenant d'avoir le grossissement de l'objectif et du verre de cbamp réunis. A cet effet, on enlève la caméra, on place sur la platine un micromètre, on met au point, et Ton cherche à faire concorder les divisions inférieures avec les supérieures, en faisant tourner la pièce de l'oouiaire, ou bien en manœuvrant le support du chariot. On suit la même marche pour mesurer l'amplification du microscope vertical. La mesure de la grandeur réelle des objets est donnée avec une grande facilité pour les deux espèces de microscopes. On dispose le microscope horizontal comme s'il s'agissait de mesurer le grossissement; seulement on éloigne le papier le plus possible, afin d'avoir une échelle qui représente une amplification considérable subie par le micromètre. Quand on n'use pas de la chambre claire, on remplace le micromètre objectif par l'objet lui-même, et son rapport avec le micromètre oculaire donne la mesure de sa grandeur réelle. Quant au microscope vertical, la n)esure de la grandeur des objets ne présente aucune difficulté.

La CAMERA LUCiDA appliquée au microscope.

Elle est destinée, comme on sait, à dessiner les objets soumis au microscope ; or, dès l'instant qu'elle reproduit avec exactitude ces objets, elle peut servir également à les mesurer ; c'est sous ce point de vue que nous allons en donner ici la description; mais, en vue du but que nous nous proposons, nous ne décrirons que celle qui peut être appliquée au microscope.

Il y a trois espèces de caméra lucida : la première , due à Wollaston; la deuxième, à Sœmmering, et l'autre à Amici. Celles de WoUaston et de Sœmmering sont connues , et nous n'en ferons pas mention ici. Nous ne parlerons que de celle de M. Amici, que l'on peut adapter au microscope de Gh. Chevalier ; elle est représentée pi. lï, fig. 38.

V est l'oculaire du microscope.

M est un miroir plan métallique perce au centre d'une petite ouverture qui correspond exactement à celle de l'oculaiie.

P un prisme rectangulaire destiné à réfléchir en C les rayons arrl-

CONSTITUTION MOLECULAIRE. 321

vaut du papier; enfin, 0 est la position de l'œil. Dès l'instant que l'œil est appliqué à l'ouverture du miroir M, on voit, d'une part, l'objet amplifié par le microscope, et, de l'autre, l'image de la main ou du crayon, qui semble se porter sur l'objet pour le reproduire, attendu que le prisme agit sur les rayons partis du point C pour les renvoyer en m. sur le miroir plan qui les réfléchit suivant la direction mo. Cette caméra s'applique très-facilement au microscope horizontal; quand on veut s'en servir pour le microscope vertical , on fait subir à l'appareil une modification convenable : celle qui est indiquée par M. Ch. Chevalier paraît avantageuse. On pose sur l'oculaire le miroir percé fixé sur un disque en cuivre, a une certaine distance du microscope, et à la même hauteur que le miroir; on ajuste le prisme rectangulaire, parallèlement au papier sur lequel on veut dessiner; le reste se fait comme ci-dessus.

On fait usage dans la micrométrie d'un grand nombre de petits accessoires, dont on trouvera la description dans le Manuel complet de micrographe de Ch. Chevalier ; mais il en est un dont nous ne pouvons nous dispenser de parler, c'est le goniomètre pour mesurer les angles des objets microscopiques. La première idée en est due à M. Raspail ; elle a été appliquée ensuite par M. Lebaillif à la construction du petit appareil (fig. 39, pi. II).

Cet appareil est fixé dans foculaire A B au foyer du verre supérieur. Il est représenté eu plan en CC, et se compose d'un cercle de cuivre ce, dans lequel tourne le disque D D, percé au centre d'une ouverture circulaire 0, dans laquelle on place un disque de verre sur lequel est tracé au diamant un trait ac.

La circonférence du cercle D D est divisée , et le bouton F est ter, miné par un pignon qui permet de faire tourner DD. On fixe sous la pièce ce un second disque de verre, sur lequel est tracé au diamant le trait bd. On commence par faire accorder les traits des deux disques; si l'on tourne le bouton F, on communique le mouvement à la pièce D. Les traits se coupent alors suivant des angles que l'on peut mesurer au moyen des degrés tracés sur le cercle c.

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