‹ Traité de physique considérée dans ses rapports avec la chimie et les sciences naturelles (volume 3)Chapitre 57 sur 95 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

De l'orgamsation et de la structure des animaux.

Dans les animaux et les végétaux, les phénomènes de la vie présentent des points nombreux de ressemblance, mais aussi de grandes dissemblances, en raison même du mode dori,'anisation des individus composant ces deux grandes classes decoriss. Pour mieux établir la ligne de démarcation qui les sépare, nous allons suivre, à légard de l'organisation et de la structire des animaux, le même plan que nous avons adopté pour k-s végétaux.

11 existe des différences telles entre certains animaux, sous le rapport de leur organisation, qu'il est impossible de décrire ceux-ci d'une manière générale, en prenant toutefois l'bumme pour type, sans parler de ces différences, de même que nous avons rappelé que les végétaux étaient partagés en monocotylédones, dicotylédones et acotylédones.

Des grandes divisions du règne animât.

Çuvier a partagé le règne animal en quatre grandes divisions ou embranchements :

Les vertébrés,

Les mollusques,

Les articulés,

Les zooph^tes ou rayonnes.

Chacun de ces embranchements est composé de corps formés sur

un même plan et tellement distinct, que l'on ne peut passer d'un plan

à un autre sans changement notable. Eu effet, on peut, par des mo-

ditications plus ou moins graduées , eu pai'tant de l'organisation de

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l'homme, arriver à celle des mammifères, de rorganisation des mammifères à celle des oiseaux, des reptiles, des poissons ; mais il n'y a plus de transition possible des poissons aux mollusques, et les différences sont considérables entre les types des groupes formés par les mollusques, les articulés et les zoophytes. Il existe donc dans les animaux quatre grands types de forme, dont nous allons essayer de tracer les caractères généraux.

Les vertébrés sont pourvus d'une moelle épinière formant un cône médullaire, d'où partent des nerfs qui se ramifient dans toutes les parties du corps, lequel, prenant un plus grand développement à son extrémité antérieure, forme l'encéphale. Ils possèdent seuls un double système nerveux, celui de la moelle épinière, celui du grand lymphatique, et un canal composé de vertèbres osseuses ou cartilagineuses; deux mâchoires horizontales, un cœur musculaire, le sang rouge, un système de vaisseaux chyliferes et absorbants, un foie, une rate, un pancréas, des reins, et enfin des organes pour la vue, l'ouie, l'odorat, le goût et le toucher.

Les mollusques possèdent une masse céphalique généralement considérée comme un cerveau très-réduit ; mais ils n'ont ni moelle épinière, ni grand lymphatique ; ils n'ont qu'un système nerveux ganglionnaire. En outre, ils n'ont ni vrai squelette, ni vaisseaux absorbants, ni rate, ni pancréas, ni veine-porte, ni reins, ni les organes de lodorat et de l'ouïe; a l'exception d'une seule famille, les autres sont privés de la vue; mais toutes les familles ont un système complet et double de circulation, des organes respiratoires, un cœur, un foie, etc. Les mollusques pi-enneiit rang après les vertébrés, en raison de la richesse de leurs organes.

Les articulés diffèrent a leur tour des mollusques par des caractères importants ; ils ont, à la vérité, un petit cerveau placé sur l'œsophage ; mais la partie la plus considérable de leur système nerveux se compose de deux cordons qui régnent le long du ventre, et s'y unissent d'espace en espace, de manière à former des ganglions d'où partent des nerfs. Cette portion du système nerveux , que quelques anatomistes ont considérée comme une sorte de moelle épinière, au lieu d'être placée au-dessus du canal digestif, comme dans les vertébrés, est placée, au contraire, au-dessous. Il y a également inversion dans la position du cœur. Les articulés s'écartent des mollusques en ce qu'ils ont un squelette ; mais ce squelette, au lieu d'être à l'intérieur et recouvert de muscles comme dans les vertébrés , est, au contraire, extérieur et recouvre les muscles. "

Les zoophytes offrent des caractères non moins circonscrits , non moins déterminés que les préeédents. Leur structure est plus simple, et toutes les parties qui les composent sont disposées autour d'un centre comme les rayons d'un cercle, ce qui leur a fait donner la dénomination d'animaux rayonnes.

En établissant ainsi les quatre grandes divisions du règne animal, Cuvier a montré en même temps que cliacune de ces formes types dépend de la forme du système nerveux qui est en quelque sorte tout l'animal lui-même. Dans les animaux vertébrés, le système nerveux forme un cône médullaire central , de chaque côté duquel s'épanouissent en ordre symétrique tous les nerfs ; aussi voit-on tous les vertébrés pourvus d'un tronc autour duquel viennent se ranger symétriquement toutes les parties de l'organisme.

Dans les mollusques , le système nerveux n'a qu'une disposition confuse ; aussi leur corps n'est-il qu'une masse dont les parties n'offrent point de symétrie.

Les corps des articulés ont plus de symétrie que les précédents ; aussi leur système nerveux en a-t-il davantage. Ce système, en effet, est articulé à l'intérieur et leur corps l'est à l'extérieur.

Dans les zoophytes ou animaux rayonnes, les derniers vestiges du système nerveux affectent, chez quelques-uns, la forme étoilée que prend le corps entier.

De la dépendance qui existe entre la forme du système nerveux et celle du corps, il résulte que c'est le système nerveux qui sert à comparer entre eux les divers types; il doit donc servir de base aux quatre grandes divisions ou embranchements. Pour établir les subdivisions ou les classes, ou s'appuie sur les modifications des organes de la circulation et de la respiration qui, après le système nerveux, sont les plus importants.

Traçons d'une manière générale les différences qui existent entre les organes de la circulation et de la respiration des animaux des quatre grandes divisions.

Les vertébrés ont une respiration complète , simple, et une double circulation, comme dans les mammifères; une respiration et une circulation doubles, comme dans les oiseaux ; une respiration simple et complète, puisqu'elle est toujours aérienne ; combinée avec une circulation simple comme dans les reptiles; une circulation double combinée avec une respiration incomplète , comme les poissons en sont un exemple. C'est en raison de cette distinction entre les organes de la respiration et de la circulation dans les vertébrés qu'on a divisé ceux-ci

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en quatre classes: les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les poissons.

Dans les mollusques, les uns ont trois cœurs, d'autres deux, d'autres enfin un seul. De ces cœurs, il y en a qui n'ont qu'un seul ventricule et une oreillette, d'autres un seul ventricule et deux oreillettes, d'autres un seul ventricule sans oreillette. Il existe, en outre, des mollusques qui respirent par des cavités pulmonaires, d'autres par des branchies, et d'après les différences que Ton a remarquées dans leur organisation, on a divisé les mollusques en cinq classes : les céphalopodes, les gastéropodes, les acéphales, les ptéropodes, les brachiopodes. Les cirrhopodes formaient la sixième classe ; mais on les a placés dans les animaux articulés.

Les articulés , eu ayant égard aux variations des mêmes organes , ont été divisés en quatre classes : l" les annélides, dont le sang est rouge; 2" les crustacés, dont le sang est blanc, qui ont un système vasculaire, et qui respirent par des branchies; 3° les arachnides, qui n'ont pour cœur qu'un simple vaisseau dorsal, d'où partent des branches artérielles et où arrivent des branches veineuses, et qui respirent par des poumons ou des trachées ; 4° les insectes, qui n'ont ni artères, ni veines, qui n'ont qu'un vestige de cœur, et dans lesquels la respiration s'opère par des trachées ou vaisseaux élastiques répandus dans tout le corps.

Dans les articulés, on voit distinctement le passage des animaux qui ont une circulation d'avec ceux qui n'en ont point. Le quatrième embranchement, ou les zoophytes, offre cette particularité de la disparition , de la fusion graduée et successive de tous les organes dans la masse générale. Dans les uns, on voit encore des vaisseaux clos, des organes de respiration distincts ; dans les autres ces parties manquent, mais ils ont encore des intestins visibles ; enfin, les derniers ne présentent plus qu'une masse pulpeuse homogène. C'est en raison de ces diverses modifications et de la disparition graduée que les zoophytes ont été divisés en cinq classes , savoir : les échynodermes , les vers intestinaux, les acalèphes, les polypes, les infusoires. Il ne nous appartient pas d'entrer dans une discussion suivie et raisonnée sur l'unité de composition et l'unité de plan, attendu que nous nous éloignerions du but de cet ouvrage. Mais si le système nerveux et les organes de la circulation et de la respiration ont servi à former les embranchements et les classes , on a obtenu successivement les ordres, les familles, les tribus, les genres, les sous-genres, en prenant en considération des organes de plus en plus subordonnés. Il serait

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trop long d'entrer dans l'énuraération de toutes les subdivisions pour chacune des classes des quatre embranchements. De même que l'on passe des classes aux ordres, au moyen des modifications principales des organes combinés du toucher et de la manducation , de même aussi passe-t-on des ordres aux ftmiilles, en ayant égard aux modifications secondaires de ces mêmes organes; ainsi de suite pour les tribus , les genres et les sous-genres. Mais toute cette classification n'a qu'un intérêt secondaire pour le physicien qui n'a besoin que de connaître d'une manière générale la disposition et le rapport des principaux organes qui doivent être le sujet de ses études.

Un animal vivant est composé d'un certain nombre d'appareils, ou organes destinés à remplir des fonctions qui concourent au même but, le maintien de la vie. Voici ces principaux organes: appareil digestif, apreil res,;iratoire, appareil circulatoire, appareil de sécrétion (glandes, membranes séreuses), appareil nerveux, appareil locomoteui- (os, muscles), appareil génital. Chacun de ces appareils se subdivise en un certain nombre d'organes; c'est ainsi que l'appareil digestif comprend la bouche, le pharynx, l'œsophage, l'estomac, etc. Lappareii respiratoire comprend les poumons, la trachée, les bronches, les plèvres, etc. Il en est de même pour les autres organes , dont chacmi n"est point un corps simple, car il est constitué, soit par des filaments, des membranes ou des fibres.

Il nous est impossible d'entrer dans les détails anatomiques de tous ces organes ; nous devons seulement nous borner à faire connaître succinctement les parties qui sont accessibles aux recherches du physicien, et dont il a besoin pour étudier l'accroissement des os , la température intérieure de l'homme et des animaux , l'excitabilité des muscles, l'irritabilité des nerfs, les phénomènes de la respiration, de la vue , de l'ouïe et de la voix. 11 doit donc av oir une idée <;éuérale de la structure des os , des muscles , des nerfs , du cœur , de l'œil , de l'oreille et du larynx , et connaîti-e également la composition physique du sang et de quelques sécrétions qui renferment des globules cousidérés comme moléeules organiques. Aller au delà serait dépasser le but que nous nous proposons dans cet ouvrage.

Des os.

' Les os sont considérés comme des cartilages durcis par le dépôt de sels calcaires formés dans leur épaisseur; car il suffit de les mettre en digestion dans de l'acide hydrochlorique pour enlever le calcaire et mettre à nu les cartilages. On y distingue trois parties différentes sous

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le rapport de leiu' structure : l" une membrane appelée /)^>/o.s/e qui enveloppe l'os de toutes parts; 2" des canaux et des cellules entourés de lamelles concentriques , et qui renferment de la moelle ou une substance analogue : ils sont pourvus de vaisseaux nombreux ; 3" des corpuscules i^Trticuliers dispersés dans les lamelles qui entourent les canaux et les cellules. Les os varient déforme; ils sont longs, courts ou plats , suivant leur position dans l'animal. Les premiers ont une cavi(é médullaire et leur forme est à peu près cylindrique : les tubes qui composent leur tissu sont disposés lonuitudinalement ; les seconds sont également formés de tubes , mais parallèles à la surface de los ; les ti'oisiemes ont des cellules au lieu de tubes. Ces, notions ti'és-succinctes suflisent au physicien pour se livrer à des recherches expérimentales sur l'accroissement des os.

Des muscles.

Pour étudier la structin-e des muscles et des nerfs , on est arrêté par cette considération, que tous les anatomistes qui ont traité la question ne sont pas d'accord entre eux. Des lors, le physicien qui n'a pas les connaissances nécessaires pour discuter toutes les opinions, se trouve dans le plus grand embarras. Dans ce cas, il doit s'en tenir aux faits généralement adoptés. Nous sommes donc dans l'obligation d'exposer les opinions des divers anatomistes.

Borelli a considéré les muscles comme des faisceaux sur lesquels ou voit des libres transversales. En général , tous les anatomistes ont vu ces lignes transversales (jui sont très-serrées les unes contre les autres; mais ils ont dif éré d'opinion sur la manière dont on devait décrire ces stries, ainsi que letn- forme élémentaire. Suivant Leuwenhoek, les muscles sont composés de rd)res sur les«|uelles on remarque des stries circulaires, et dont la largeur est le quart d'un cheveu ; il en faut, dit-il, deux cents pour former un muscle. Chacune de ces libres est elle-même composée de cent à deux cents fibres élémentaires, et entourée d'une membrane. Treviianus a avancé que les muscles sont composés de v\ lindres entourés de stries transversales parallèles , chaque cylindre ayant ses stries qui disparaissent en comprimant les libres. Bauer et Home considèrent les libres élème itaires comme composées de globules ayant la graiuleur des globules du sang. Suivant d'autres observateurs, tels que Vagnier, le muscle paraît coiviposé, sous le microscope, de faisceaux musculaires séparés, prismati(|ues , qui font voir, à la surface des lignes trans ersales, qu'il existe de véritables rides dont l'intervalle est toujours marqué par la

ligne noire; ces rides, toujours parallèles, n'entourent pas quelquefois tout le faisceau, puisqu'elles s'en trouvent déviées. Elles appartiennent à chaque faisceau , ne sont que superficielles, n'appartiennent pas à des cloisons , et disparaissent à une forte pression. Vagnier considère chaque faisceau comme composé de fibres primitives très-minces, presque parallèles et de même grandeur, dans tous les animaux vertébrés , les insectes , etc. Suivant cet anatomiste, il existe une grande uniformité dans la structure des muscles de l'homme, des mammifères, des oiseaux , des poissons, des insectes et des crustacés , conséquence à laquelle ont été conduits également d'autres anatomistes.

MM. Prévost et Dumas divisent la fibre musculaire en trois ordres , savoir : en fibres tertiaires (pi. IV, fig. 1), qui sont les filaments musculaires que l'on obtient en fendant le muscle dans le sens de la longueur; en fibres secondaires (pi. IV, fig. 2), qui proviennent de la division des précédentes, et en fibres primitives, qui proviennent de la division de celles-là (fig. 3). M. Milne-Edwards, qui s'est occupé d'une manière spéciale de la fibre élémentaire , a reconnu qu'elle était identique dans tous les animaux , à tous les âges, et formée d'une série de globules d'un même diamètre ; les fibres secondaires seraient donc formées de la réunion d'un faisceau de semblables chapelets. Suivant ces trois observateurs, quand on soumet à un microscope d'un grossissement ordinaire les fibres secondaires, on les a oit comme des lignes barrées en travers par un nombre considérable de petites lignes sinueuses, placées à la distance régulière de r^ de millimètre, fig. 3. Cet aspect, qui paraît dû à la gaine membraneuse dont elles sont revêtues, ne se retrouve pas dans la fibre secondaire qui a été fendue ou déchirée , et varie avec la direction de la lumière; on doit donc le considérer, suivant eux, comme un effet d'optique. Du reste, elle est composée d'un très-grand nombre de petits filets élémentaires placés parallèlement, ou à peu près , à côté les uns des autres. En examinant également au microscope un muscle en repos et suffisamment fin pour qu'on puisse le voir par transparence, on voit qu'il est formé de la réunion d'un certain nombre de fibres sensiblement parallèles, trèsflexibles, et disposées de m.anière à pouvoir changer facilement de position :tout cet échafaudage est maintenu par un tissu cellulaire, et sillonné en différents sens par des vaisseaux et des nerfs qui le parcourent, sans avoir avec lui de liaisons faciles à observer. La tig. 4 représente un muscle en repos avec un uevfaa qui s'y distribue. Nous passerons sous silence les travaux des autres anatomistes.

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pour indiquer les recherches microscopiques récentes, pleines d'intérêt, de M. Bowman, qui a étudié avec soin les muscles de divers animaux , et dont nous avons constaté nous-mêmes l'exactitude, dans l'étendue, toutefois, de nos connaissances eu anatomie.

l" Les faisceaux primitifs (pi. IV, lig. 4) des muscles élémentaires consistent en masses allongées , polygonales , composées elles-mêmes de particules élémentaires ou éléments charnus, arrangés et unis ensemble aux deux bouts et sur les côtés , de manière à constituer dans ces deux directions respectives des tîbrilles et des disques qui peuvent en être séparés ; les stries noires longitudinales sont des ombres entre les fibres, et les stries iioires transversales sont des ombres entre les disques.

2** Chaque faisceau primitif (fig. 6, 6 bis) est entouré d'une gaîne membraneuse très-délicate, transparente et probablement élastique , comme on peut le voir en examinant au microscope un fragment de muscle de raie , qu'on a tiraillé de manière à rompre les fibrilles. A cet effet, on enlève avec une pince et un scalpel un lambeau de fibre, et avec deux aiguilles on en détache les faisceaux primitifs , que l'on puisse apercevoir au microscope. Un de ces faisceaux est placé sur une lame de verre avec un peu d'eau , et on le recouvre d'une lame de mica. Dans les préparations, il faut mouiller le muscle. La figure 7 est un faisceau primitif en partie rompu, dont l'enveloppe renferme un fragment détaché ; la figure 8 représente le fragment d'un cœur de bœuf macéré, dans lequel on aperçoit les fibrilles et leur union pour former des stries.

3" Chaque faisceau primitif contient des corpuscules qui sont les noyaux des cellules primitives de dé^ eloppement. Pendant l'accroissement, ces corpuscules deviennent plus nombreux.

4° Les extrémités des faisceaux primitifs , dans certains cas au moins, sont continues directement avec la structure tendineuse ou fibreuse ; elles ne sont pas coniques , mais tronquées obliquement ou transversalement. Cette manière de voir est en opposition avec l'opinion que le tendon entoure chaque faisceau et est contiiiu d'un bout à l'autre, en constituant la gaîne cellulaire.

Pour voir les stries transversales, il faut opérer sur la fibre musculaire du bœuf, que l'on divise avec une aiguille ; pour obtenir une section transversale, fig. .') , il faut prendre le muscle pectoral d'un oiseau , le faire dessécher, et en couper une tranche que l'on étale sur une lame de verre. Ces observations sont de nature à fixer l'opinion des anatomistes sur la structure des muscles.

84« TRAITÉ DE PHYSIQITT,.

De a nerfs.

Nous allons agir à l'égard des nerfs comme pour les muscles, c'està-dire, exposer succinctement les opinions des physiologistes sur leur structure, afin de ne prendre que ce qu'il y a de commun, seul poiut qu'on puisse regarder comme ce qu'il y a de plus certain. Les opinions sont partagées à l'égard du cerveau, origine des neris, dont la structure est en généial globuleuse ou tubuleuse, ainsi que sur la forme, la grandeur et le rappoit des globules.

Haller admettait dans les nerfs une structure tubuleuse. Borelli considérait le nerf comme composé d'un faisceau de plusieurs iiiets fibreux, ayant une en\eloppe commune, considérant ces filets llbreux comme creux et remplis d'une matière molle.

Malpigi pensait que la structure du cerveau était glanduleuse. Leuwenhoek varia dans ses opinions; dans les dernières années de sa vie, il annonça que les nerfs étaient composés de tuyaux parallèles, longitudinaux, creux, et dont le diamètre était trois fois aussi large que leur cavité interne. Les figures 9 et 10, pi. W , représentent, l'une un nerf disséqué dans sa longueur, l'autre une section transversale. Les autres nerfs qui se trouvent autour sont indiqués, ainsi que le tissu adipeux.

Délia Torre a considéré les nerfs comme composés de filaments droits, mais non transparents, d'une délicatesse extrême, sans aucun canal au milieu : mais parmi eux se trouvent un grand nombre de petits globules presque londs et transparents.

Prochaska admit que ces globules étaient liuit fois plus petits que les globules du sang, qu'ils n'étaient pas du tout réguliers, ni eu rapport avec les différentes parties du système ner\eux.

Foutana a considéré la substance médullaire du cerveau comme composée de cylindres ou canaux transparents iriéguliers, se repliant ensemble en manière d'intestins, substance qu'il a nommée intestinale, A côté d'elle se voient des corpuscules nageant dans feau. Suivant lui, le cylindre ner\eux primitif, c'est-à-dire, le nerf dépouillé avec une aiguille de la surface raboteuse qui l'enveloppe, est un cylindre trans})ari^nt.

Tréviranus a dit que les nerfs des animaux des quatre classes étaient composes de tuyau\ parallèles, membraneux, remplis d'une substance tenace, et offrant à l'état frais de petits globules à l'intérieur.

MM. Prévost etDumas, ainsi que M. ]Milne Edwards, trouvent, dans

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ce que Fontana appelait fibres primitives, quatre autres fibres composées de globules de r^ de millimètre, dont deux au bord du tuyau et deux à l'intérieur. Les quatre fibres internes seraient donc les véritables fibres élémentaires. La fig. 1 1 représente les fibres secondaires.

M. Raspail ayant fait dessécher spontanément sur une lame de verre de gros nerfs, enleva, à l'aide d'un rasoir, des tranc'.es qui dépassaient à peine -jLj de millimètre, et qui, vues au microscope, se présentent sous une forme parfaitement homogène, et sans la moindre solution de continuité. Il y a donc deux opinions bien distinctes. Les uns admettent une structure globuleuse, tandis que d'autres, et c'est l'opinion généralement admise, considèrent les nerfs comme formés de tubes plus ou moins irréguliers.

M. Ehrenberg a cherché à prouver que l'état globuleux ne saurait exi>ter. En examinant au microscope la matière blanche du cerveau, de la moelle, des nerfs, de l'ojïe, de la vue et de l'odorat, il a reconnu qu'ils étaient composés de tubes transparents présentant , à des intervalles marqués, des dilatations sphéroïdes et globuleuses, ce qui leur donne la forme d'un chapelet (fig. 12, 13, pi. IV). Ces tubes sont parallèles, et ne perdent cette position que par la manœuvre de l'observateur ; ils présentent une cavité intérieure remplie d'une matière particulière sans aucune trace de globules, et à laquelle Ehrenberg a donné le nom de fluide nerveux; leur diamètre varie entre 7^ et y^Jjjy de ligue. En les déchirant, on ne voit jamais sortir de liqueur. Plus on se rapproche de la périphérie du cerveau, plus les tubes diminuent de diamètre, de manière que dans la matière grisâtre ces tubes ne forment plus qu'une masse granuleuse , formée de grains extrêmement fins , qui sont unis au moyen de fils trèsminces. Parmi ces fibres, ainsi qu'à la surface de la rétine, se trouvent des grains plus forts, qui paraissent formés de petites granulations, tt servent peut-être à la nourriture des nerfs, qui, par leurs bouts béants, pourraient les absorber.

Telle est, suivant Ehrenberg, la constitution des nerfs du sentiment. Voyons comment il envisage la structure des nerfs du mouvement.

Ces nerfs sont pourvus de tubes droits et uniformes bien différents^ sans dilatation, plus gros que les tubes articulés dont ils sont la continuation. Ils contiennent dans leur intérieur une matière peu transparente, blanche, visqueuse, qu'on peut retirer des tubes sou8 forme de grumeaux, et qu'il appelle matière médullaire. Leur diamètre varie entre ^ et ^^00 ^^^' ligne.

Krause n'admet pas tous ces résultats ; il regarde le cerveau

comme formé de fibrilles solides, composées d'une masse soluble dans l'eau, etde globules blancs sphériquesde^j^^deligne de diamètre.

Valeutin considère le système nerveux comme composé de deux masses primitives; de fibres primitives i;iolécs et de petits corps isolés en forme de massue , qui forment la couche. Ces deux formes se trouvent également dans le système nerveux central et périphérique. Il n'y a pas de transition entre elles. Quand les fibres primitives se trouvent parallèlement les unes aux autres, elles constituent la formation des nerfs. Ces tubes, aiusi que les petits corps isolés, sont entourés de gaines variant d'épaisseur dans les différentes parties du système nerveux, et composés du tissu cellulaire.

Les petits corps varient de forme, qui tantôt est plus ou moins ronde ou allongée. La substance des fibres primitives est partout transparente; les gaines des nerfs et des globules sont beaucoup plus épaisses dans les parties périphériques que dans le centre; elles deviennent extrêmement minces sitôt que les nerfs entrent dans le cerveau. C'est alors qu'elles deviennent variceusespar la simple pression.

Burdach a fait des observations intéressantes sur Finfluence de la température et de différents réactifs chimiques sur les nerfs. Il parait que les fibres primitives du cerveau et de la moelle épinière éprouvent une altération, même une destruction complète, plus rapidement que les libres primitives des nerfs périphériques. Dès lors il faut observer au microscope, autant que possible, sans soumettre les nerfs à l'action de la chaleur ou des réactifs.

En résumant tout ce qui a été dit concernant la structure des nerfs, on voit que la structure globuleuse, admise d'abord comme structure élémentaire du système nerveux , a été abandonnée bientôt par les auteurs, tandis que la structure tuberculeuse, repoussée par les anatomistes , qui croyaient voir dans les globules les parties élémentaires des nerfs et des muscles, paraît être admise aujourd'hui par la plupart des anatomistes, qui sont néanmoins encore en désaccord sur leur contenu solide ou liquide.

Nous revenons sur l'opinion de MM. Prévost et Dumas à l'égard de la constitution des nerfs. Si l'on divise, suivant eux, un nerf dans le sens de la longueur, et qu'on étale sous l'eau la matière pulpeuse renfermée sous le névrilème, on voit un assemblage nombreux de petits filaments parallèles, égaux en grosseur, et qui semblent continus dans toute la longueur du nerf. Ces filaments plats paraissent composés de quatre fibres élémentaires disposées à peu près sur le même plan, et formées de globules qu'on n'adopte plus aujourd'hui.

Il nous importe, pour la théorie des contractions, de suivre le nerf à son entrée dans le muscle, puisque celui-ci se conti-acte par l'excitation du nerf. On voit le nerf se ramifier d'une manière peu régulière en apparence, si ce n'est une tendance marquée dans les rameaux à se diriger perpendiculairement aux fibres musculaires. On peut faire cette observation sur le muscle steruo-pubien de la grenouille (fig. 15, pi. IV). Il suffit d'observer avec des lentilles d'un grossissement de deux ou trois cents diamètres. Dans la figure 32, ou A oit deux troncs nerveux parallèles aux fibres du muscle, qui cheminent à distance l'une de l'autre , et se transmettent mutuellement de petits filets nerveux. D'autres fois, comme dans la figure 14, le tronc est perpendiculaire aux fibres du muscle; on voit les derniers ramuscules nerveux épanouis et établis dans les troncs AA, puis se répandant au travers des fibres musculaires et perpendiculairement à leur direction, se contournant sur eux-mêmes en forme d'anse pour venir dans le tronc qui les a fournis. Les nerfs n'auraient donc point de terminaison, et se comporteraient comme les vaisseaux sanguins.

M. Breschet, qui a étudié la structure des nerfs, a remarqué que les filets provenant des troncs nerveux, disséminés dans le tissu musculaire sous-cutané, se subdivisent à l'infini en approchant du derme, et on ne pourrait les distinguer si l'on ne voyait le point où ils entrent et celui auquel ils aboutissent. La direction des papilles daus l'épiderme est oblique et légèrement inclinée ; outre leur névrilème, elles ont encore une gaine propre qui les couvre en forme de capuchon , laquelle est formée aux dépens de la matière cornée. Le corps des tiges nerveuses s'effile et s'arrondit par un sommet renflé comme une baguette de tambour.

Le corps du nerf, sous le névrilème, est formé de stries légères ondulées, qui, partant de la base, deviennent moins marquées et souvent vaporeuses à mesure qu'elles serpentent vers le renflement terminal , où elles paraissent se réunir en demi-cercle concentrique. La surface en est lisse et unie, et aucune partie ne s'en détache pour communiquer avec les tissus voisins. La figure 16 est la papille, munie de sa gaine; la fig. 17, la papille sans gaine. Cette manière de voir a de l'analogie avec celle de MM. Prévost et Dumas ; néanmoins elle n'est pas adoptée par plusieurs anatomisles.

Pour étudier les causes qui interviennent dans la production de la chaleur animale chez l'homme et les autres mammifères, 11 faut avoir une idée des principaux organes où elle a lieu. Commençons

par le cœur. Le cœur est placé entre les poumons, dans une cavité de la poitrine appelée thorax. Il est enveloppé par une espèce de double sac membraneux, le péricarde. Sa forme générale est celle d'un cône renversé. Sa substance est presque entièrement charnue. 11 est composé de quatre cavités, deux à droite, deux à gauche; de chaque côté il y a une oreillette et un vei.tricule. Ce sont, pour ainsi dire, deux cœurs qui jouent ensemble. Les deux ventricules se dilatmt et se contractent ensemble. Suivons le sang dans son cours : le ventricule gauche qui renferme le sang artériel lance ce dernier, en se contractant, dans le système art<^riel. Il pénètre jusqu'aux radicules artérielles les plus ténues, qui constituent avec les radicules vtineuses le système capillaire. Le sang passe ensuite des premières dans les secondes. Les deux systèmes capillaires sont-ils continus ou s'abouchent-ils ensemble, ou bien le sang, pour passer de l'un dans l'autre, traverse-t-il la trame même du tissu? C'est ce qu'on ne peut décider d'une manière complètement satisfaisante. Au surplus, c'est dans ce passage, quel que soit le mode dont il s'effectue, que se fait la nutrition interstitielle,que s'opèrent les décompositions et recompositions qui ont lieu dans chaque point de l'organisme tant que dure la vie; c'est dans ce passage enlin qu'a lieu la transformation du sang artériel en sang veineux. Le sang, après cette transformation , arrive dans le système capillaire veineux; là, il chemine en raison de forces dont je n'ai pas à m'occ'uper ici; après avoir parcouru le système veineux, il arrive dans l'oreillette droite du cœur, mais il ne fait qu'y passer, car celle ci se contracte afin de pousser le sang dans le ventricule droit, qui à son tour l'envoie dans un vaisseau qui se nomme artère pulmonaire, quoiqu'elle renferme du sang veineux. Elle se divise en deux branches, une pour chaque poumon. Le sang passe ainsi dans les radicules de l'artère pulmonaire; ces radicules se ramifient sur les parois des vésicules pulmonaires, et là se continuent immédiatement avec les radicules des veines pulmonaires. Ces vésicules pulmonaires sont des espèces de cellules irrégulièrement cloisonnées, et dans lesquelles l'air arrive par les ramifications des bronches. C'est donc immédiatement à travers les membranes excessivement minces qui constituent les parois des radicules du système capillaire des poumons que ie sang veineux chargé de gaz acide carbonique, et qui arrive par l'artère pulmonaire , reçoit par absorption de l'air la part de l'oxygène et une certaine quantité d'azote, qui , en se dissolvant dans le sang , en chassent une partie des gnz qui s'y trouvaient. Cette opération terminée , le sang artériel passe dans les

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radicules des veines pulmonaires ainsi désignées, bien qu'il s'agisse du saiig artériel Les veines pulmonaires conduisent le sang artériel dans l'oreillelte gauche, qui ne sert pour ainsi dire que de passage, car, en se contractant bientôt, elle envoie ce sang dans le ventricule gauche, pour voyager ensuite comme nous venons de le dire. En exposant les diverses causes qui concourent à la production de la chaleur animale, nous parlerons nécessairement des effets produits dans le mouvement circulatoire du cœur.

De Vœil.

Les anciens n'avaient aucune idée de la structure intérieure de l'œil; la description qu'ils nous en ont laissée prouve qu'ils ne s'étaient occupés que de l'extérieur et de ses propriétés générales. Dès l'instant que l'on eut analysé toutes les parties dont il se compose, on reconnut qu'il était un instrument d'optique, au fond duquel les objets extérieurs venaient peindre leur image, dont l'impulsion était portée au cerveau par un nerf particulier. Décrivons l'œil, non comme un analomiste, mais comme un physicien qui veut se rendi'e compte de la marche de la lumière dans les diverses parties dont il se compose, en faisant abstraction de celles qui ne lui présentent aucune utili;é.

L'appareil qui constitue l'organe de la vue se compose, chez l'homme et les animaux les plus voisins de nous, tîu nerf de la deuxième paire, de l'œil et de diverses parties destinées à protéger cet orgcine ou à le mouvoir. Le globe de l'œil ((ig. 18, pi. IV), qui occupe une cavité nommée orbite de l'œil ^ se compose de plusieurs membranes, la sclérotique, la cornée transparente, la choroïde, l'iris et la rétine; d'humeurs plus ou moins liquides, telles que l'humeur aqueuse, le cristallin et 1 humeur vitrée; de nerfs et de vaisseaux. Décrivons successivement ces membranes et ces humeurs dont la connaissance est indispensable pour l'interprétatlou des phénomènes de la vision.

La sclérotique (fig. 18, n" 28) est une membrane ferme, résistante, d'une couleur blanche nacrée, de nature fibreuse, qui enveloppe les quatre cinquièmes postérieurs de l'œil; sa face externe est convexe; sa face interne, concave, en rapport avec la choroïde, à laquelle elle n'adhère que faiblement par des vaisseaux, des nerfs et des filaments qui sont du ressort de l'aiiritouu'c. A sa partie postérieure se trouve une petite ouverture dans laquelle passe le nerf optique. En avant,

elle est percée d'une large ouverture arrondie, destinée à recevoir la cornée transparente qui semble y être enchâssée.

La cornée (fig. 18, n" 37) est enchâssée dans l'ouverture antérieure de la sclérotique; elle est à peu près circulaire, parfaitement diaphane, convexe en avant, concave en arrière ; sa face antérieure est lisse et recouverte par une expansion très-fme de la conjonctive ; l'autre face est revêtue par la membrane de Thumeur aqueuse. La cornée est plus épaisse que la sclérotique , et ne paraît contenir ni nerfs, ni vaisseaux sanguins.

La choroïde (fig. 18, 22,n'' 31), placée au-dessous de la sclérotique, est une membrane molle, d'une couleur brun foncé, et qui s'étend depuis l'entrée du nerf optique dans l'œil jusqu'au point de réunion de la cornée avec la sclérotique. En avant, elle est recouverte par le cercle ciliaire ; en dedans, elle repose sur la rétine, sans lui adhérer ; en arrière se trouve une ouverture arrondie dans laquelle passe le nerf optique; en avant, elle fait suite avec les procès ciliaires qui paraissent en dépendre. La constitution de la choroïde est vasculaire et celluleuse. Les procès ciliaijres sont de petits replis saillants formés par la partie antérieure de la choroïde qui semble se froncer pour leur donner naissance, à mesure qu'elle s'approche de la grande circonférence de l'iris. Ils représentent une sorte d'anneau appelé corps ciliaire, qui est placé derrière l'iris, entoure le cristallin, et est recouvert en dehors par le cercle ciliaire.

L'iris (fig. 18, n" 34) est une membrane placée verticalement comme une cloison, à la partie antérieure de l'œil, au milieu de l'humeur aqueuse; il sépare l'une de l'autre les deux chambres de l'œil, et présente à sa partie moyenne une ouverture arrondie , appelée prunelle ou pupille. Sous l'empire de la vie, la pupille est susceptible d'être contractée ou dilatée, de manière à modérer la quantité de lumière qui entre dans J'œil. La face antérieure de liris (fig. 23) est colorée tantôt en bleu, tantôt eu brun, eu noir, en gris, etc. ; la face postérieure, appelée membrane uvée, est enduite d'un vernis noir très-épais, adhérent, et qui se continue dans les intervalles des procès ciliaires.

La rétine (fig.l s, 1 9, n° 38) est une membrane nerveuse, grisâtre, trèsmolle, demi-transparente^ qui se trouve au-dessous de la chloroïde, et embrasse le corps vitré; elle est considérée comme l'épanouissement du nerf optique qui transmet la sensation de la lumière au cerveau, et s'étend jusque vers la circonférence du cristallin. En avant, elle s'amincit de plus en plus, se porte sur les procès ciliaires, pénètre dans

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leur intervalle, et paraît finir au niveau de l'extrémité de ces plis radiés.

L'humeur aqueuse est limpide et transparente, et paraît remplir les deux chambres de l'œil, depuis la cornée jusqu'au cristallin. L'iris plonye au milieu de ce liquide ; la membrane de l'humeur aqueuse est très-mince et transparente ; elle tapisse toute la chambre intérieure de l'œil , et adhère très-intimement à la face postérieure de la cornée et à la face antérieure de l'iris.

Le cristallin est un corps lenticulaire transparent, placé entre l'humeur aqueuse qui est en avant, et le corps vitré qui est en arrière. Son axe correspond au centre de la pupille. Sa surface antérieure, qui est libre, est convexe, mais moins que la face postérieure, laquelle est reçue dans une excavation du corps vitré. Le cristallin est renfermé dans une capsule transparente , laquelle est attachée aux procès ciliaires et à l'ouverture antérieure de la choroïde par de petits fdaments tendineux ; il a une densité plus grande que celle de l'eau, et est formé de gélatine, surtout d'albumine qui se coagule par l'action du feu, des acides et de l'alcool.

Le corps vitré occupe les trois quarts postérieurs de Fœil, sous la forme d'une masse transparente ayant la consistance de la gelée ; il a une forme sphérique ; dans la partie antérieure se trouve une excavation qui reçoit la face postérieure du cristallin. Il est recouvert de toutes paris, excepté en avant, par la rétine qui ne lui adhère pas ; il est composé de l'humeur vitrée et de la membrane hyaloïde. L'humeur vitrée a l'apparence d'une solution de gomme parfaitement diaphane, et a une derisitéplus grande que celle de l'eau. La membrane hyaloïde, très-mince et transparente, enveloppe l'humeur vitrée; de sa face interne partent une grande quantité de lamelles qui interceptent entre elles des espèces de cellules renfermant l'humeur vitrée.

La fig. 18, pi. IV, que nous avons prise dans le Manuel d'anatomie descriptive de M. Jules Cloquet, représente toutes les parties dont se compose l'organe de la vision.

IN" 1 . Partie supérieure de l'orbite. — 2. Sinus frontal gauche. — 3. Coupe de la dure-mère. — 4 , 4. Diploë. — 5, 5, 5. Cavité orbitaire. — 6. Peau du front. — 7. Peau de la paupière supérieure.

— 8, Cils de la paupière supérieure. — 9. Coupe du muscle surcilier. — 10. Coupe de la partie supérieure du muscle palpébral.

— 11. Le cartilage tarse de la paupière supérieure. ■ — i2. Conjonctive qui revêt en dedans la paupière supérieure. — 13. Conjonctive du globe de l'œil. — 14. Cul-de-sac formé par la conjonctive , qui se

porte de la paupière supérieure au globe de l'œil. — 1 5. Paupière inférieure. — ifi. Cils de la paupière pi'écédeute. — 17. Coupe de la partie inférieure du muscle palpébral. — 18. Cartilage tarse inférieur.

— 19. Cul-de-sac que forme la conjonctive , en se portant de la paupière inférieure sur la partie correspondante du globe de l'œil. — 20. Coupe du petit canal qui reste entre le globe de l'œil et les paupières, quand elles sont fermées. — 21, 21. Paroi inférieure de l'orbite. — 22. Muscle élévateur de la paupière supérieure. — 23. Muscle droit supérieur de l'œil. — 24. Muscle droit inférieur de l'œil. — 25. Coupe du muscle oblique inférieur de l'œil. — 26. Le nerf optique entouré de la gaine que lui fournit la dure-mère. — 27, 27. La gaine extérieure du nerf optique, se continuant avec. — 28, 28. La sclérotique. — 29, 29. Le névrilème du nerf optique. — 30. Substance médullaire du même nerf. — 31, 31. La cboroïde. — 32, 32. Coupe du ligament ciliaire. — 33. Les procès ciliaires. — 34, 34. Face antérieure de l'iris. — 35. Pupille. — 36. Chambre antérieure de l'œil.

— 37. Cornée transparente. — 38, 38, 38, 38. Rétine. — 39. Corps vitré. — 40. Cristallin. — 42. Face antérieure du même organe. — 43, 43. Face postérieure de l'œil.

Fig. 19, pi. IV. La membrane rétine appliquée sur le corps vitré , et vue par la partie postérieure.

Fig. 20. Le corps vitré enveloppé par la rétine, et conservant ses connexions avec le cristallin.

Fig. 21. Réfine appliquée sur le corps vitré.

Fig. 22. La membrane choroïde, dont les vaisseaux sont injectés (œil vu en dedans).

Fig. 23. Face antérieure de l'iris et de la choroïde (côté gauche).

Telles sont les parties de l'œil que le physicien doit connaître, s'il veut se rendre compte des phénomènes de la vision. Nous nous abstenons de parler des nerfs, des vaisseaux, dont la connaissance, comme nous l'avons déjà dit ci-dessus, ne nous serait d'aucune utilité, attendu que nous ne devons considérer seulement l'œil que sous le rapport de la vision.

De la structure de Voreille.

L'oreille, pl.V, fig. 1, organe de l'ouïe, se compose de trois parties principales : 1** l'oreille externe, comprenant le pavillon de l'oreille et le conduit auriculaire; 2° l'oreille mo^^enne, qui se compose du tympan, de la caisse et des parties qui en dépendent; 3° l'oreille in-

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terne ou labyrinthe. Nous ne décrirons de ces parties que celles dont la connaissance est indispensable pour l'explication des phénomènes de l'audition. De plus grands développements nous jetteraient dans des détails anatomiques qui ne seraient pas de notre ressort.

La structure de l'oreille externe n'a qu'un intérêt indirect pour nous, bien que les formes curvilignes d'une partie de la conque aient été calculées par la nature pour réfléchir, le plus avantageusement possible, dans le canal auriculaire, les sons envoyés par les corps en vibration ; mais comme ces formes sont extrêmement complexes , on n'a pas cherché jusqu'ici à les déterminer géométriquement.

Les deux autres parties ont été décrites avec tant de précision, par M. Milne Edwards , dans son Cours élémentaire d'histoire naturelle , que nous nous en tenons à la description qu'il en a donnée. L'oreille moyenne comprend, avons-nous dit, le tympan, la caisse et les parties dépendantes. La caisse h (fig. i) est une cavité de forme irrégulière, qui est creusée dans la substance du rocher, et qui fait suite au conduit auriculaire, dont elle est séparée par une cloison membraneuse g, bien tendue et très-élastique, nommée lympan.yh-k-y\?, de l'ouverture dans laquelle le tympan est comme enchâssé, se trouvent deux autres trous qui sont bouchés de la même manière par une membrane tendue ; on les appelle, en raison de leur forme, fenêtres ovale et ronde. A la paroi postérieure de la caisse, on voit une ouverture qui conduit dans des cellules creusées dans la portion mastoïdienne de l'os temporal , et à sa paroi inférieure on remarque l'embouchure de la trompe d'Eustache A, conduit long et étroit qui vient aboutir à la partie postérieure des fosses nasales, et qui établit ainsi une communication entre l'intérieur de la caisse et l'air extérieur. Enfin cette cavité est traversée par une série de petits osselets (flg. 2), qui s'étend depuis le tympan jusqu'à la membrane de la fenêtre ovale, et qui s'appuie, à l'aide d'une branche dirigée de côté, sur la paroi de la caisse. Ces os, au nombre de quatre, sont le marteau (l), renclume(2), l'os lenticulaire(3) et l'étrier (4). Une petite tige (5), qui peut être comparée à un manciie et qui appartient au marteau, appuie sur le tympan et la base de l'étrici" et repose aussi sur la membrane de la fenêtre ovale. Enfin des petits muscles/, k, fixés à ces osselets, leur impriment des mouvements par suite desquels ils pressent plus ou moins fortement sur ces membranes, et augmentent ou diminuent par conséquent leur degré de tension. L'oreille interne, fig. 2, de même que l'oreille moyenne, est renfermée tout entière dans le rocher. Elle se compose de plusieurs cavités qui communiquent toutes entre elles, et que l'on

nomme le vestibule (lO), les canaux semi-circulaires (9), et le limaçon (7). Le vestibule /, fig. 1, en occupe la partie moyenne et communique avec la caisse par la fenêtre ovale. Les canaux semi-circulaires s'élèvent de la face supérieure et postérieure du vestibule : ils sont au nombre de trois et ont la forme de tubes arrondis et renflés en forme d'ampoule à une de leurs extrémités. Enfin, le limaçon est un organe très-singulier, qui est contourné en spirale, comme la coquille de l'animal dont il porte le nom ; sa cavité est divisée en deux parties par une cloison longitudinale, moitié osseuse, moitié membraneuse; elle communique avec l'intérieur du vestibule, et n'est séparée de la caisse que par la membrane de la fenêtre ronde (8). Cette dernière cavité est remplie d'air; l'oreille interne, au contraire, est remplie d'un liquide aqueux, et la membrane qui tapisse le vestibule, ainsi que les canaux serai-circulaires, n'est pas appliquée contre les parois osseuses de ces cavités, mais comme suspendue dans leur intérieur.

La flg. 2 est le labyrinthe ; la iig. 3 la membrane du tympan et les osselets.

Structure du larynx.

11 a la forme d'un cône renversé (fig. 4, pi. V), dont le plus petit diamètre est en bas et en communication avec la trachée-artère. Le larynx a deux surfaces, l'une externe, l'autre interne; et deux extrémités, l'une supérieure et l'autre inférieure. La surface extérieure n'ayant aucune utilité pour le physicien, nous n'en parlerons pas. Il n'en est pas de même de la surface intérieure (l); elle est revêtue dans toute son étendue par une membrane muqueuse ; vers le bas, elle est formée d'un cartilage qui offre, comme lui, une forme annulaire , et ne peut changer de dimension ; vers le milieu se trouvent, de chaque côté, les cordes vocales ou ligaments inférieurs (2) de la glotte, lesquels sont formés de ligaments et de fibres musculaires recouverts de membranes muqueuses. Au-dessus des cordes vocales il existe deux cavitées allongées, plus ou moins profondes, appelées les sinus ou ventricules du larynx (3). Ces ventricules sont bornés en haut par un repli (4) de la membrane muqueuse qui est parallèle aux cordes vocales, et qu'on appelle le ligament supérieur de la glotte; l'intervalle compris entre les ligaments supérieur et inférieur d'un côté, et ceux du côté opposé, est ce qu'on appelle la glotte (5).

L'épiglotte (6) est une espèce de languette fibro-cartilagineuse placée au-dessus de l'ouverture supérieure du larynx ; elle est fixée

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par sa base aii-dessoiis de la racine de la langue, et s'élève obliquement dans l'arrière-bouche ; mais elle peut s'abaisser et couvrir la glotte.

Des globules comiitutifs des tissus organiques, et des globules du sang et de diverses sécrétions.

On a pu voir, d'après les détails dans lesquels nous sommes entrés relativement à la structure des muscles et des nerfs, que ces organes, du moins les muscles, paraissent avoir pour molécules constitutives des globules, et qu'il est probable que c'est à cette cause que l'on doit attribuer les formes arrondies que les corps organisés affectent ordinairement ; ils ne prennent, en effet , de formes polyédriques que dans des cas particuliers, et lorsque l'animal vlvantn'est pas sain. La réunion des molécules organiques donne naissance à des formes compatibles avec les fonctions que doivent remplir les organes ou tissus qui en résultent. C'est ainsi que les tuniques des artères et des \eines se roulent en tubes; la fibrine, qui est la partie constituante des muscles, s'allonge en fibres rapprochées les unes des autres; le tissu cellulaire s'épanouit en feuilles minces, membraneuses, etc. Tous ces corps, nous le répétons, vus au microscope, paraissent constituer une trame de petits corpuscules sphériques que l'on considère comme les molécules organiques constitutives.

Passons en revue les globules organiques dans le système musculaire , le système nerveux, le système vasculaire et les liquides transportés dans les organes , enfin dans diverses sécrétions. Nous avons déjà parlé des globules de la fibre élémentaire dans les muscles, ainsi nous n'y reviendrons pas. Quant aux nerfs , on sait seulement qu'en soumettant au microscope d'un fort grossissement la matière cérébrale, elle paraît composée de globules de graisse et de globules d'albumine. On n'a reconnu aucune différence bien prononcée entre la composition du sang artériel et celle du sang veineux. Une goutte de sang, vue au microscope, paraît remplie de particules plates, minces et translucides, nageant dans une liqueur Jaune. Quand on soumet à l'expérience la membrane natatoire de la patte d'une grenouille ou la membrane de l'aile d'une chauvesouris, on reconnaît que le sang marche dans les vaisseaux les jjIus déliés, et que les globules qui s'y trouvent se tournent tantôt d'un cùté , tantôt de l'autre , ce qui ne permet pas d'iidniettre qu'ils soient sphériques. On croyait jadis que ces globules étaient formés par la

matière colorante du sang; mais M. Young a prouvé qu'on pouvait les séparer de cette matière , et qu'ils continuaient alors à nager dans l'eau piire ou dans le sérum. La composition organique de ces globules a occupé divers physiciens. Home avait annoncé qu'ils étaient composés d'une molécule de fibrine incolore , entourée d'une pellicule de matière colorante rouge , qui cessait d'envelopper la librine quelque temps après que le sang était tiré. MM. Prévost et Dumas confirmèrent cette observation , et montrèrent , en outre , que les globules sont circulaires chez les mammifères, elliptiques chez les oiseaux et les animaux à sang froid, et que , dans une même espèce animale, les globules avaient la ménae grosseur, tandis qu'ils variaient avec les espèces : à l'égard de la différence qui existe entre le sang artériel et le sang veineux , le premier contient un pour cent de son poids de globules de plus que le sang veineux 5 que le sang des oiseaux est le plus riche en globules; parmi les mammifères, les carnivores en ont plus que les herbivores; et qu'enfin les animaux à sang froid sont ceux qui en ont le moins.

Nous donnons ici, d'après M. Mandl, le diamètre des globules du sang d'un certain nombre d'animaux.

Diamètre exprimé en fractions de millimètre.

Homme r^

Chien ^

Kanguroo -^y

Éléphant d'Afrique -f^

Tapir j^

Cerf de l'Inde y^

^"■afe Tïïïï

Bouc de l'Inde -^

Mouton d'Astrakan 275

Mouton d'Ecosse 2^0

Mouton de Norwége . . -^

Dromadaire y^

Alpaca pL

Perroquet ^

Paon -^

Tourterelle ^

Murœna anguilla t^

Cyprinus carpio ëîô

Grenouille ^

Salamandre , -^

Astacus fluviatilis g^ô

Hélix pomatia 4gû-

L'éléphant est, de tous les quadrupèdes, celui dont les globules sont les plus gros ; mais ils sont moindres cependant que les globules des oiseaux.

Pour observer les globules , il suffit de mettre une goutte de sang sur le porte-objet du microscope , immédiatement après la sortie du vaisseau, et de l'étendre en appliquant un verre dessus; il ne faut pas exercer une forte pression , crainte de déformer les globules. Il faut , pour observer le sang de l'homme , éviter d'y ajouter de l'eau et d'employer un réactif qui les déformerait. Il est indispensable encore d'étudier ces globules sur les animaux vivants, attendu, d'une part, que la coagulation plus ou moins rapide du sang est un obstacle, et que, de l'autre , la putréfaction et les réactions chimiques qui suivent la mort les déforment.

Les liquides qui remplacent le sang dans les animaux à sang froid contiennent également des globules, mais qui sont privés d'enveloppe colorée. D'après MM. Milne-Edwards et Audouin, dans ces liquides, les globules ont l'apparence de vésicules membraneuses , de volume différent , et beaucoup plus grosses que chez les animaux à sang chaud. On a annoncé encore que le nombre de globules contenus dans le sang , la rapidité avec laquelle ce dernier circule et la fréquence de la respiration , avaient des rapports avec la température des animaux. En effet , les oiseaux qui ont le plus de globules sont ceux chez lesquels la température est la plus élevée et la respiration la plus active; viennent après eux les mammifères. On ne peut néanmoins ériger en loi ce rapport; car le singe, qui a plus de globules de sang, un pouls plus accéléré, une respiration plus rapide que l'homme , a cependant une température moins forte que ce dernier ; le cheval , qui a presque les deux tiers des globules de l'homme , a presque la même température. On n'a pas reconnu jusqu'ici , dans la lymphe, de globules organiques. Quant au chyle, qui a de l'analogie avec la lymphe, on y a reconnu une foule de globules de graisse qui se coagulent.

M. Donné, qui a fait une étude 'oute spéciale des globules sécrétés par divers organes, en distingue trois espèces d'une structure et d'une composition identiques sous le rapport de leurs caractères physiques et chimiques. Ces trois espèces de globules sont les globules muqueux

contenus clans le mucus, sécrétés par les membranes muqueuses proprement dites, les globules blancs du sang et les globules du pus. Ces trois sortes de globules sont composés, suivant M. Donné, d'une vésicule arrondie, contenant dans son intérieur de petits globulins, au nombre de trois ou quatre, et ayant moins de ji^j de millimètre de diamètre. Leur surface est légèrement granuleuse et leur contour un peu frangé; ils sont blancs, spbériques, et jouissent de plusieurs propriétés chimiques , entre autres d'être solubles dans l'ammoniaque au bout d'un certain temps , tandis qu'ils sont insolubles dans l'acide acétique. La seule différence que l'on puisse observer entre ces trois espèces de globules, est que les globules blancs du sang sont d'une texture délicate, moins résistants aux agents extérieurs que ceux du pus, par exemple, et que les globules du mucus sont li^s entre eux par une matière visqueuse que l'on ne retrouve ni dans le sang, ni dans le pus. M. Donné, vu cette analogie de structure, ne pense pas qu'il y ait également analogie et identité d'origine et de nature entre ces trois espèces de globules ; cette similitude ne dépend que du mode de formation de ces globules qui est uniforme. Voici la loi qu'il établit à cet effet : Les petits globulins, tels qu'ils existent dans beaucoup de liquides et dans le chyle en particulier, ont la propriété , quand ils viennent à rouler dans un liquide albumineux, de s'envelopper d'une couche albumineuse en forme de vésicule ; telle est, suivant lui, l'origine de la vésicule primitive et des trois espèces de globules mentionnées précédemment. Ce mode de formation s'applique non-seulement aux globulins du chyle arrivant dans le sang, mais encore très-probablement aux globules du mucus et du pus. Toutes les membranes dites muqueuRcs ne sécrètent pas des globules muqueux. M. Donné en distingue deux espèces; les muqueuses proprement dites, sécrétant de véritables globules muqueux, et des fausses membranes muqueuses qui ne sont que des replis de la peau. D'après l'étude qu'il a faite de ces membranes , il a reconnu que toute membrane muqueuse sécrétant un mucus à globules est alcaline , et les globules sont dans ce cas un véritable produit de sécrétion. Toute membrane fournissant un mucus à lamelles épidermiques est acide, et les lamelles ne sont que le produit de la desquamation de l'épiderme. 11 distingue encore cependant une troisième membrane intermédiaire entre les deux précédentes, qui participe en partie des propriétés de la peau et des muqueuses. Elle existe près des orilices, à l'endroit où la peau commence à changer de nature. Le produit de la sécrétion de cette membrane est composé en partie de lamelles épidermiques, et en partie de glo-

bules muqueux; H est tautùt acide, tantôt alcalin, suivant la prédominance des uns ou des autres. Il ne nous reste plus à parler que des globules du lait qui , d'après M. Donné , sont parfaitement transparents au centre , très-nets dans leurs contours , de différents diamètres, -j-^^j^j de millimètre jusqu'à, peut-être ji^j et plus ; avec les réactifs ils se comportent comme la matière grasse, et sont eu effet constitués par la partie butyreuse du lait dans lequel ils existent tout formés en plus ou moins grand nombre suivant sa richesse, et constituent la crème par leur réunion à la surface du lait ; ils nagent dans le sérum, où le caséum est en dissolution. C'est à la suspension de ces globules que le lait doit sa couleur blanche ; on peut, en effet, filtrer du lait de manière à laisser les globules sur le filtre; le liquide qui passe est tout à fait clair comme de Feau. M. Donné pense que le lait ne présente pas cette constitution dès sa formation dans les mamelles. Le lait primitif ou calostrum est caractérisé par la présence de corpuscules particuliers auxquels il a donné le nom de corps (jranuleux ou calostrum.

Ânatomie de la grenouille et de la torpille.

Pour compléter ce qui concerne les connaissances relatives à la constitution moléculaire des corps dont on a besoin pour l'étude de la physique appliquée, nous allons donner une ânatomie de la grenouille, animal par excellence pour l'étude des contractions musculaires. Cette ânatomie consistera seulement dans l'énoncé des muscles et la désignation des principaux organes.

La fig. 5, pi. V, représente une grenouille dont tous les organes ont été mis à nu, et dont voici la désignation :

A. a, appendices qui ressemblent à des espèces de feuilles. /, intestin rectum.

r, r, r, /•, rate.

/, /, testicule.

V, s, vésicule séminale.

V, V, vessie urinai re.

B. i, intestin rectum.

/, circonvolutions des intestins.

t, t, testicule.

V, .S", vésicule séminale.

V, u, vessie urinaire.

a, a, aorte, ramifications de l'aorte.

c, cœur.

e, estomac.

/, foie.

i, intestin rectum.

/, circonvolutions des intestins.

p, poumons.

r, rate.

Désignation des muscles.

Fig. 6, muscles de la face dorsale Fig. 7, muscles de la face ventrale.

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