R TRAITÉ DE PHYSIQUE
Tacitle sont séparés. Ordinairement les bases alcalines ou terreuses sont recueillies directement; c'est ainsi qu'on obtient lu potasse, la soude, etc., etc.
De la potasse et de la soude.
Ces deux bases ayant la plus grande analogie , nous en parlerons simultanément , en nous attachant seulement aux appareils les plus simples que l'on puisse employer dans les opérations en grand, pour séparer ces substances des acides avec lesquels elles sont combinées. Les piles à couples nombreux ont un pouvoir décomposant considérable , en raison de l'intensité du courant; mais une partie de la force étant employée à décomposer l'eau , est perdue pour le but qu'on se propose. C'est un motif pour n'employer que la force nécessaire à la décomposition des sels ; on y parvient en employant un appareil composé de trois capsules remplies d'eau salée marquant 8 ou 10° à l'aréomètre ; la première communique avec la seconde, celle-ci avec la troisième au moyen de deux mèches d'asbeste. Dans la première plonge une lame de zinc , dans la troisième une lame de cuivre communiquant au moyen d'un fil de métal avec l'autre. Le zinc étant attaqué , il en résulte un courant dont l'action chimique transporte la soude dans la capsule où se trouve la lame du cuivre. Si l'on veut employer ce moyen dans les arts , il faut en agir ainsi pour que l'alcali ne se rende pas dans la capsule où est le zinc ; car il se reformerait du sel marin par la décomposition du chlorure de zinc. Les mèches doivent être remplacées alors par des cordes de chanvre, placées dans des cylindres en bois recourbés , afin d'éviter l'évaporation de l'eau. On doit faire ces cordes très-courtes , afin de diminuer autant que possible la résistance qu'éprouve le courant. Il vaudrait peut-être mieux se servir de diaphragmes en argile, d'un centimètre ou deux d'épaisseur, et humectés d'eau salée. On a reconnu qu'en raison de la résistance qu'éprouve le courant l'on n'obtenait aucun avantage à réunir en pile plusieurs appareils simples. L'expérience a montré que, pour arriver à une décomposition complète du chlorure de sodium , il fallait opérer sur une solution peu concentrée.
Autre procédé pour séparer la potasse et la soude de leurs sulfates.
On répand une solution de sulfate de potasse sur une lame de fer nouvellement décapée ^ en s'oxydant aux dépens de l'eau et de l'air,
KLECIBO-CHIMIË. 429
le fer prend rélectrieité négative, l'eau i'électrieité positive : il résulte delà que, l'action étant continue, on a un courant électrique, dirigé de telle manière que le fer est le pôle positif et l'oxyde formé le pôle négatif, et dont l'intensité suffit pour décomposer le sulfate de potasse. Le produit est de la potasse et du protosulfate de fer. La potasse se combine avec l'acide carbonique de l'air, et le sulfate forme un sel double avec le sulfate de potasse. Cette combinaison se détruit à mesure que le métal s'oxyde, et il se forme des sous-sulfates de peroxyde. On soumet ensuite la masse à des lavages successifs. La décomposition marche plus rapidement en opérant avec la limaille de fer que l'on humecte de temps à autre pour entretenir l'oxydation. La dissolution , qui acquiert assez promptement la faculté de rougir la couleur de curcuma , ne renferme aucune trace de fer. Dans une expérience où nous avons opéré avec 3 gr. de sulfate de potasse et 80 gr. de limaille de fer, un quart du sulfate a été décomposé dans l'espace de six jours 5 l'action du fer cesse aussitôt que toute la surface a été oxydée.
Hydrate de chaux.
On obtient cet hydrate cristallisé avec l'appareil en U, dont les deux branches renferment de l'eau de Seine ou de l'eau contenant un peu de sulfate de chaux ; le fond du tube est fermé avec de l'argile humide ; et l'on plonge dans chaque branche une lame de platine en communication avec une pile composée de plusieurs éléments, faiblement chargée, afin de pouvoir fonctionner plus longtemps. L'eau et le sulfate de chaux sont décomposés ; l'eau dans la branche négative acquiert la propriété alcaline, et si l'on ferme cette branche avec soin , il arrive un instant où la cristallisation de l'hydrate de chaux s'effectue. Si Ton opérait avec une dissolution concentrée, il pourrait y avoir un dépôt tumultueux. Il est probable que l'on peut obtenir cristallisées de la môme manière, les autres terres.
Du peroxyde d'argent.
L'argent est susceptible de deux degrés d'oxydation : l'oxyde ordinaire A^O obtenu en chimie, en précipitant une dissolution de ce métal par la potasse, et le peroxyde A</0' qui ne peut être produit qu'à l'aide d'un courant électrique. On l'obtient au pô!e positif, en soumettant une dissolution de nitrate d'argent à l'action d'un courant, sous la
4oO Tl{.ilTÉ DE PHYSIQUE.
forme d'aiguilles têiraédriques , longues de trois ou quatre lignes, douées de l'éclat métallique ; en le traitant par l'acide cîilorbydrique, une portion du chlore se dégage. Il détone sous le marteau en le mêlant au phosphore.
Oxydes de cuivre.
Pour obtenir le protoxyde on prend un tube fermé par un bout ; on met dedans de l'oxyde noir de cuivre ; on verse dessus du nitrate de cuivre qui ne tarde pas à humecter l'oxyde noir , et l'on plonge dans la solution, jusqu'au fond du vase, une lame de cuivre. On ferme ensuite le tube hermétiquement. Au bout de huit jours, quelquefois moins , cela dépend de la petitesse du diamètre du tube, on aperçoit sur la lame de cuivre de petits cristaux octaèdres ou dérivant de l'octaèdre régulier, d'un rouge de rubis. Ces cristaux augmentent peu à peu de dimensions, et finissent au bout d'un temps plus ou moins long , par avoir un ou deux millimètres de côté. Outre ces cristaux , il se dépose sur la lame du cuivre métallique en jolis cristaux octaèdres d'un grand éclat métallique. Quelquefois aussi, avant l'apparition du protoxyde, on aperçoit des points noirs de deutoxyde anhydre. Ce n'est pas tout encore : si le tube a un petit diamètre, que la quantité d'oxyde employée soit assez forte, on voit la solution de nitrate de cuivre se décolorer peu à peu , devenir limpide et incolore. Il se dépose alors sur la lame de cuivre des cristaux en aiguilles de nitrate d'ammoniaque. Tous ces résultats ne pouvaient pas être prévus par la théorie.
'Voici l'explication des effets produits :
Lorsqu'une solution de nitrate de cuivre est en contact avec le deutoxyde de cuivre , celui-ci se change en sous-nitrate , ainsi que le nitrate , et la solution de nitrate devient de moins en moins saturée. 11 résulte de là que la partie de la solution située au-dessus du deutoxyde de cuivre est toujours plus saturée que celle qui humecte le deutoxyde; or la première en réagissant sur l'autre rend libre de l'électricité positive et l'autre de l'électricité négative.
Les deux électricités dégagées , pour se recombiuer , suivent naturellement la lame de cuivre. Il en résulte donc un courant électrique continu, qui dure pendant plusieurs années, attendu que le nitrate de cuivre qui est décomposé dans la partie en contact avec l'oxyde noir, est remplacé difficilement par le nitrate placé au-dessus, surtout quand l'oxyde noir a été tassé. D'après la direction du cou-
ELECTEO-CHIiMlE. ^3i
raiit , le bout de la lame qui est en contact avec le deutoxyde est le pôle positif, et la portion de la lame qui est en contact avec la solution supérieure est le pôle négatif. Or, comme le courant ne peut îvoir qu'une faible intensité, il s'ensuit qu'il ne décompose qu'eu partie le nitrate de cuivre ; le deutoxyde de cuivre est ramené faciement à l'état de protoxyde, qui se dépose sur la partie négative, andis que les éléments de l'acide nitrique réagissant sur ceux de .'eau qui est également décomposée , donnent naissance à de l'amnoniaque, qui se combine avec une partie de l'acide nitrique non décomposé , d'où résulte du nitrate d'ammoniaque.
Dans les premiers instants de l'opération , la différence entre la lensité des solutions est très-petite. C'est alors que l'on voit appa- •aitre le deutoxyde ; vient-elle à augmenter, le protoxyde apparaît. Le liquide qui mouille le deutoxyde n'est-il plus que de l'eau, ce qui u'rive quand le nitrate de la partie inférieure est décomposé , le courant a sa pbis grande intensité, et c'est alors que se montrent les cristaux de cuivre métallique.
On voit donc que cette méthode, féconde en applications, donne des produits différents, par cela même que l'intensité du courant varie insensiblement, sans qu'on ait besoin d'avoir recours à des appareils particuliers.
La décomposition de l'eau n'est prouvée dans cette expérience que par la formation de l'ammoniaque.
Oxydes de plomb.
Nous avons a nous occuper du protoxyde PèO, du peroxyde anhydre F/jO'', ainsi que du peroxyde hydraté PôH'O.
Il existe deux méthodes pour obtenir des cristaux de protoxyde de
Première méthode. On prend un tube de quelques millimètres de diamètre, fermé par un bout, et l'on met dans la partie inférieure de lalithargeen poudre. On verse ensuite dedans une solution peu étendue de sous-acétate de plomb; on plonge dans cette solution une lame de plomb que l'on fait descendre jusqu'au fond du tube, puis l'on ferme hermétiquement celui-ci.
Peu à peu la lame de plomb se recouvre de petites aiguilles d'hy-
[drate de plomb, et môme de plomb métallique, en lamelles cristalli-
|nes brillantes; enfin, fiueUpiefois il se dépose également sur la même
ame des cristaux présentant la forme de dodécaèdres à faces penta-
4a2 TRAIIE DE IMIVSIQLK.
gonales, cloués d'une grande limpidité, et qui ne sont autres que des cristaux de protoxyde anhydre , semblables à ceux qu'on obtient en laissant exposée à l'air, pendant un certain temps, une solution d'oxyde de plomb dans la potasse.
Les effets produits dans cette circonstance sont analogues à ceux qui se sont présentés dans la formation des cristaux de protoxyde de cuivre. Ainsi , on n'a pas besoin de revenir sur la théorie de leur formation.
On peut obtenir l'hydrate de peroxyde de plomb , comme nous l'avons montré {Compte rendu de V Académie des sciences , séance du 3 juillet 1843).
L'appareil que nous avons employé se composait d'un bocal en verre, destiné à recevoir de l'acide nitrique , et d'un diaphragme en porcelaine dégourdie devant contenir une dissolution de protoxyde de plomb dans la potasse. Deux lames de platine servaient à établir la communication entre les deux liquides et un couple à courant constant. On peut, au lieu de diaphragme, se servir d'un tube préparé comme on l'a déjà dit, c'est-à-dire dont l'une des extrémités est fermée par un tampon d'argile et coiffée d'un linge.
On remplit le tube d'une dissolution concentrée de protoxyde de plomb dans la potasse; on verse de l'acide nitrique dans le bocal, et l'on ferme le circuit en réunissant les deux lames avec le couple à courant constant. L'acide nitrique est décomposé; l'oxygène est transporté sur la lame positive qui se trouve dans la solution alcaline, et, au lieu de se dégager, il réagit sur le protoxyde de plomb et le fait passer, \ non plus à l'état de peroxyde puce, mais bien à celui de peroxyde hy- \ draté jaune, avec formation de lamelles de peroxyde anhydre, selon l'intensité du courant. Il faut que l'acide nitrique soit concentré, et que la réaction de l'acide sur l'alcali soit forte, condition que l'on obtient en employant une cloison d'argile peu épaisse. Le précipité, d'abord d'un beau jaune serin , prend , après avoir été lavé et séché à l'air, une teinte terne et ocreuse. Séché dans le vide, il reste toujours jaune; mais sa teinte n'est pas aussi belle que lorsqu'il se trouvait dans la potasse hors du contact de la lumière; il paraîtrait même que, dans les premiers instants de sa formation, la lumière réagit sur lui.
Quand il est très-sec, si on l'expose à l'action de la chaleur, ilj commence à perdre sa couleur jaune vers 30° ; et si l'on continue à] élever la température, il se change en peroxyde puce de plomb. Chauffé dans un tube, les parois de celui-ci se recouvrent de goutte-1 lettes d'eau. D'après cela, le nouveau composé ne serait donc qu'un
ELECTflO-CHIMlE. 433
hydrate de peroxyde. Les résultats de l'analyse ne laissent aucun doute à cet égard.
Si l'on verse dans un vase une solution de nitrate , d'acétate de plomb, ou autre composé de même métal, et qu'on y plonge deux lames de platine, en communication avec un appareil voltaïque, composé de quelques éléments seulement, eu nombre suffisant pour décomposer l'eau et le sel de plomb j il y a d'abord, du côté négatif, séparation du plomb métallique; du côté positif, la lame se recouvre peu à peu d'une pellicule puce, c'est le peroxyde anhydre de plomb.
Oxyde de zinc.
Pour obtenir l'hydrate de zinc cristallisé , on prend deux flacons , l'un , renfermant une solution d'oxyde de zinc dans la potasse caustique, l'autre une dissolution saturée de nitrate de cuivre ; puis on établit la communication entre les deux dissolutions, au moyen d'un tube de verre recourbé rempli d'argile humectée par une solution de nitrate de potasse. On plonge une lame de plomb dans la solution alcaline et une lame cuivre dans l'autre solution , puis l'on établit ia communication entre les deux lames. On a alors un couple voltaïque : la solution alcaline réagit sur le plomb , par suite de la forte affinité de l'oxyde de plomb pour la potasse; dès lors on a un courant électrique dirigé de telle façon que e plomb est le pôle positif, le cuivre le pôle négatif. Ce courant a assez [d'énergie pour décomposer le nitrate de cuivre; l'oxygène et l'acide nitrique se rendent dans la solution alcaline, où ils forment du nitrate de !)ulasse et de l'oxyde de plomb, qui augmente la quantité de celui qui se' iurrae par l'oxydation de la lame. Au moyen de ce transport , la isse se sature peu à peu ; l'oxyde de plomb, en raison de sa forte ilté pour la potasse excédante, exerce une action répulsive sur i\)\yde de zinc , qui , combiné avec un alcali, joue le rôle d'acide, il vient cristalliser sur la lame de plomb en prismes aplatis, disposés ;'n roses.
Des peroxydes de fer et de manganèse.
La méthode pour obtenir le peroxyde de fer est la même que celle précédemment décrite pour le peroxyde de plomb , si ce n'est que 'on ne peut agir directement sur un sel de ce métal , attendu que son oeroxyde se combine avec les acides; mais il n'en est pas de même 1 l'égard de la dissoiulion du protoxyde dans rainnionia([ue. En II. 28
434 TKAITÉ DE PHYSIQUE.
effet, si l'on met dans la branche positive du tube en U la dissolution ammoniacale , et dans l'autre de l'eau acidulée par l'acide nitrique, l'une et l'autre en relation avec une pile composée de quelques éléments au moyen de deux lames de platine , la lame positive ne tarde pas à se recouvrir de peroxyde rouge de fer. Quant au peroxyde de manganèse , il s'obtient , de même que le peroxyde de plomb , en couches formées de parties non cohérentes et dont l'aspect est le même que celui que l'on trouve dans quelques substances minérales.
De la cémentation.
Il est impossible d'exposer l'oxydation de certains produits naturels dus à des actions lentes, en faisant intervenir l'action chimique de l'électricité, sans dire quelques mots de la cémentation considérée comme phénomène électrique. De nombreux exemples prouvent que dans ce cas les réactions ont lieu de la surface à l'intérieur jusqu'au centre, de proche en proche, sans que les corps perdent leur forme; ce qui toutefois ne peut avoir lieu qu'autant que des éléments sont transportés du dedans au dehors, tandis que d'autres éléments sont transportés du dehors au dedans. On ne voit que les forces électriques qui puissent opérer de semblables transports. Les affinités ne s'exerçant qu'à des distances infiniment petites, ne peuvent intervenir que pour commencer et non finir l'action. Nous entendons par cémentation l'action moléculaire au moyen de laquelle des éléments de différents corps sont introduits dans l'intérieur des corps , tandis que d'autres sont expulsés, et cela sans que le corps perde sa forme.
L'exemple le plus frappant que l'on puisse citer d'une cémentation naturelle, est, sans contredit, les pyrites aurifères de Sibérie, qui, sous l'influence des agents atmosphériques, ont perdu leur soufre, et ont pris à l'eau son oxygène pour se transformer en hydrate de peroxyde, en conservant leur forme. Les pyrites qui éprouvent cette transformation sont précisément celles qui renferment des quantités notables d'or dans un état de division extrême , et quelquefois disséminé çà et là en petits morceaux visibles à l'œil. Il est permis de croire , d'après cela , que le couple voltaïque or et persulfure de fer détermine l'action électro-chimique en vertu de laquelle s'opère le double transport dont il est question.
L'action commence d'abord à la surface; il se forme naturellement de l'hydrate de peroxyde de fer avec dégagement d'hydrogène sulfuré, ou seulement d'hydrogène avec dépôt de soufre. Les molécules du
ÉLECTBO-CHIMIE. 435
nouveau composé sont probablement assez écartées pour laisser passer les éléments transportés par l'effet du courant résultant de l'oxydation de la couche placée au-dessous de celle qui est hydratée.
Exposons la théorie électro-chimique du phénomène qui joue un grand rôle dans la nature. Pour fixer les idées, nous prendrons pour exemple la cémentation en vertu de laquelle le fer, en se combinant avec le carbone à l'aide de la chaleur, se change en acier. On doit d'abord poser en principe que lorsqu'un corps éprouve les effets de la cémentation , il est indispensable que les interstices moléculaires livrent passage aux particules qui entrent et sortent, sans quoi le phénomène ne serait pas possible.
Maintenant, rappelons-nous les effets électriques produits dans les actions chimiques et en particulier dans la combustion du charbon , effets qui ont été décrits assez complètement pour qu'il soit inutile de ■ les rappeler ici.
Soient, pi. XI, flg. 16 , //// une rangée d'un certain nombre d'a- ( tomes de fer,/'/'/'/' la rangée contiguë de molécules de même métal; c c c e, et c d c' c', deux rangées contiguës de carbone. Dès l'instant que / et c, pour former de l'acier, se combinent ensemble , //// laissent dégager de l'électricité négative, tandis que ccc c, jouant le rôle } acide , dégagent de l'électricité positive. II s'opère donc un courant électrique à l'aide des particules non encore combinées ; or, les atomes composés /c,/(7,/c, dont la température est au rouge, se trouvent évidemment dans un état d'équilibre instable à l'égard de /'/'/'/' ^t de c c' c' c\ attendu que la force d'agrégation qui les unissait à ces derniers doit être très-affaiblie et même annulée ; par suite de cette instabilité ,/c, /c, /(p peuvent donc exécuter certains mouvements oscillatoires autour de leur position d'équilibre, en obéissant à l'action du courant. Or, dès l'instant que ccc entrent dans la sphère d'activité def'fff'j et ///dans celle de c' c' c', il en résulte une double combinaison de cccc avec/'/'/'/, et de////avec c' c' c' c',au moyen )de laquelle cccc pénètrent dans l'intérieur du fer. En continuant le même raisonnement, on conçoit comment la seconde rangée d'atomes ik' carbone peut céder la place à une autre, et ainsi de suite. C'est alors (lue l'on aura deux atomes d'acier, l'un/' c , et l'autre fc. Dans ce mouvement moléculaire, les états électriques des atomes doivent jouer un très-grand rôle, et en effet, /est électro-positif, c électro-négatif; ' /' doit être nécessairement positif par suite de l'état électrique de/, ;i\(.'c lequel il est en contact; alors dans le mouvement d'oscillation , / ' et c étant dans deux états électriques contraires qui caractérisent
436 TBAIÏE DE PHYSIQUE.
l'état naissant , peuvent se combiner ensemble ; il en est de même dei /'à l'égard de d .
Il faut admettre que l'action de la chaleur communique aux molécules certaine mobilité; supposition très-admissible^ puisque cette mobilité se trouve dans les molécules de quelques sels, comme le sulfate de zinc en est un exemple à une température de + 52"; elles perdent leur position naturelle d'équilibre, ce qui ne peut avoir lieu qu'autant que leurs molécules sont aptes à effectuer certains mouve-t ments. Ainsi , rien ne s'oppose à ce que l'on admette ce mouvement moléculaire à de basses températures dans certains corps, à des tem-^ pératures élevées dans d'autres. Telles sont les données les plus rationnelles qui peuvent servir à la cémentation, en s'appuyaut sui l'action des forces électriques.
Des chlorures et doubles chlorures métalliques.
Le procédé que nous allons décrire peut servir non-seulement i obtenir quelques chlorures métalliques, mais encore d'autres composés.
On sait que lorsque l'on met eu contact une lame d'argent avec dt l'acide bydrochlorique hors du contact de l'air , le métal n'est pa;sensiblement attaqué. Maintenant , si l'on met en contact avec h lame d'argent un morceau de charbon ordinaire, traité préalablemenj par un acide, afin d'enlever l'alcali qui peut s'y trouver, ou un morJ ceau d'anthracite qui est conducteur de l'électricité comme le char bon ou la plombagine, les choses changent : quand le contact s'établit entre l'argent et le charbon, la très-faible action que l'acide exercl sur l'argent donne naissance à un courant, dont l'action est telle qu< la lame d'argent est le pôle positif et le charbon le pôle négatif. Il r^ suite de là que l'action du courant augmente celle que l'acide exerce su| l'argent. Par conséquent, le chlore se porte sur l'argent par cette doublj action, et l'hydrogène sur le charbon. Le chlorure d'argent, au fur é à mesure qu'il se forme, cristallise en octaèdres, attendu que rien n s'oppose au groupement régulier des molécules. L'hydrogène étant . l'état naissant , se combine avec le carbone qui , en raison de son étaf électrique, est également à l'état naissant. Si le tube est fermé, la teri sion du gaz devient bientôt suffisante pour le briser. Les cristaux d chlorure d'argent augmentent peu à peu ; au bout d'un an ou deuxj ils ont plusieurs millimètres de côté. Si l'on substitue une lan^ de cuivre à la lame d'argent , la réaction chimique faible résultai»
lu contact de l'acide avec le enivre produit des effets électriques jui augmentent également l'énergie des affinités ; au bout de quelque emps, la lame se recouvre de cristaux de protochlorure de cuivre .rès-brillants, possédant une grande réfrangibilité. En continuant l'expérience hors du contact de l'air , la liqueur change de couleur ; [■lie devient brun foncé, et les cristaux ne sont plus visibles. Le car- )one est alors attaqué , et il en l'ésulte une combinaison qui n'a pas jincore été examinée.
Avant de continuer l'exposé des combinaisons simples, nous som- [ines obligé de faire connaître les procédés à l'aide desquels on peut pbtenir les doubles combinaisons , que la chimie n'a pas toujours la acuité de produire , parce qu'elle peut rarement faire réagir lentenent les éléments les uns sur les autres dans les conditions voulues. |Jn tube recourbé en U est rempli dans sa partie inférieure d'argile )réparée comme à l'ordinaire ; dans une des branches on met une solution de nitrate de cuivre , dans l'autre une solution de chlorure de sodium , puis l'on plonge dans chacune d'elles le bout d'une lame de îuivre ; on bouche les deux ouvertures. Par suite de la réaction des leux solutions l'une sur l'autre, et de la solution du chlorure sur le 3uivre , il en résulte un double courant électrique dont la direction est elle , que le bout qui plonge dans la solution de nitrate est le pôle négatif de l'appareil. L'action du courant est suffisante pour décom- )oser le nitrate de cuivre; du cuivre se dépose sur l'extrémité négaive; et comme l'action est très-lente, le métal cristallise. L'acide Htrique et l'oxygène transportés dans l'autre branche donnent une nouvelle énergie à l'une des réactions chimiques en vertu desquelles le courant est produit. Le bout cuivre qui se trouve dans la solution de chlorure tend avant tout à décomposer ce sel ; il se forme du protochlorure de cuivre qui se combine avec le chlorure de sodium. Peu à peu cette combinaison cristallise sur la lame positive en tétraèdres. Si l'on veut avoir des cristaux de deux à trois millimèstres de côté, il faut laisser fonctionner l'appareil pondant longtemps; ile succès de l'expérience dépend de l'obstacle que Ton oppose au |mélange des liquides contenus dans les deux branches du tube ; p'acide nitrique contribue à ces réactions en aidant à la décomposition du sel marin , puiscjuc l'on retrouve du nitrate de soude. L'oxygène transporté dans la branche positive oxyde le sodium pour former de la soude et non le cuivre. La production du double chlorure cristallisé de cuivre et de sodium, ne s'opcre {|ue dans les circonstances que nous venons d'indiquer ; car avec un courant d'une cer-
438 TBAITE DE PHYSIQUE.
taine intensité, les deux sels étant décomposés, la cristallisation ne saurait s'effectuer.
Les chlorures d'ammoniaque , de calcium , de potassium , de barium , de strontium, donnen- avec le cuivre des produits analogues qui cristallisent en tétraèdres réguliers. Tous ces chlorures, il est vrai, ont la même composition atomique, c'est-à-dire qu'ils sont formés d'un atome de base et de deux atomes de chlore ; par conséquent, ils doivent donner naissance à des composés isomorphes; ces doubles composés sont formés d'un atome de chacun des deux chlorures. Des lames d'argent et de plomb donnent également des combinaisons isomorphes avec les chlorures alcalins et terreux précédemment cités ; quant aux autres métaux , tous ne donnent pas des produits semblables, attendu que la composition atomique n'est pas la même. Tel est le double chlorure de potassium et d'étain , qui cristallise en aiguilles prismatiques. Nous devons faire remarquer une circonstance importante qui à dû se reproduire pendant la cristallisation d'un grand nombre des substances minérales qui se trouvent dans les filons : pendant les premiers temps de la formation , les cristaux sont entiers; mais peu à peu, à mesure que la solution devient moins concentrée , il se forme des troncatures sur les angles. Autre méthode pour former les chlorures : au fond d'un tube on met du protochlorure de mercure , puis au-dessus de Teau , et on plonge dedans une lame de cuivre qui ne tarde pas à s'amalgamer ; il se forme en mêmetemps du protochlorure de cuivre, qui cristallise en tétraèdres.
Des sulfures et doubles sulfures.
Les tubes en U , précédemment décrits , vont encore nous servir ; mais, au lieu d'en employer un , on en réunira plusieurs pour en former une pile ; à cet effet on fait communiquer le bout cuivre de la solution saline d'un tube , avec le bout cuivre de la solution de nitrate de cuivre de l'autre. Cette disposition est précisément celle d'une pile. Maintenant dans une des branches d'un tube, on met une solution de protosulfure de potassium; dans l'autre, une solution de nitrate de cuivre; puis on dispose les appareils comme il vient d'être dit, en plongeant dans la première solution une lame d'argent, et dans l'autre une lame de cuivre; en augmentant suffisamment le nombre des tubes et humectant l'argile avec la solution de nitrate de cuivre pour faciliter le passage du courant, celui-ci acquiert une telle intensité, qu'on est oblige souvent de diminuer le nombre des couples, si l'on ne veut pas
ÉLECTRO-CHtMIE. 439
que toutes les combinaisons soient détruites. Avec un appareil composé d'une douzaine de tubes, au bout de cinq à six beures , on aperçoit des cristaux de cuivre sur les lames de cuivre, et sur la lame d'argent des cristaux octaèdres de sulfure d'argent.
L'appareil ayant fonctionné pendant quinze jours sans interruption, les lames d'argent ont été entièrement transformées en sulfure d'argent sans changer de forme; seulement leur volume était augmenté ; et les cristaux de sulfure étaient absolument semblables à ceux que nous présentent quelquefois les pièces d'argent qui ont séjourné dans des fosses d'aisance.
On peut obtenir les mêmes effets avec un seul couple ; seulement, il faut plus de temps. Rien n'est plus simple que d'analyser ces effets : réaction des deux liquides l'un sur l'autre; réaction du protosulfure de potassium sur l'argent ; deux actions chimiques donnant naissance à deux courants électriques , dirigés dans un sens tel que le cuivre est le pôle négatif. Le nitrate est décomposé; il y a précipitation de cuivre , transport d'oxygène et d'acide nitrique sur l'argent dans le protosulfure de potassium; l'oxygène oxyde le potassium, et l'acide nitrique se combine avec la potasse formée, tandis que le soufre se porte sur l'argent , se combine avec lui , forme du sulfure qui cristallise en raison des actions lentes. Une fois que la surface d'argent est recouverte de cristaux , qui sont microscopiques , le soufre qui est transporté par le courant pénètre dans les interstices des premiers cristaux formés, et atteint l'argent qui est au-dessous, jusqu'à ce que toute la lame soit décomposée , d'où résulte une véritable pseudomorphose. La réunion de tous ces dépôts successifs forme une masse cristalline homogène et assez compacte. Voilà donc une véritable cémentation, et il est probable que celles qui ont lieu dans la nature s'opèrent de la même manière.
On conçoit effectivement que lorsque les courants circulent dans les corps , s'ils transportent avec eux des éléments dont les dimensions leur permettent de traverser les interstices moléculaires, rien ne s'oppose alors à ce que ces mêmes éléments réagissent sur les parties constituantes des corps.
Passons aux altérations qu'éprouvent quelquefois les pièces d'argent dans les fosses d'aisance , et qui viennent d'être mentionnées précédemment.
Lorsque l'argent se trouve dans une fosse d'aisance, les sulfures ammoniacaux ou autres, qui se trouvent dans les matières fécales, réagissent sur l'argent, qui ne tarde pas à se changer en sulfure.