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viennent fortement alors qu'elles ne réagissent pas chimiquement l'une sur l'autre. M. Talbot s'est servi du mélange de ces deux sels avec beaucoup d'avantages.
Si l'iodure préparé par double décomposition est peu influencé par la lumière , il n'en est plus de même de l'iodure formé sur une plaque d'argent avec de la vapeur d'iode; cet iodurc d'argent est soluble dans un iodure alcalin. F.a plaque exposée à la lumière se colore rapidement, en donnant naissance à un composé analogue au proto-chlorure et au proto-bromure; c'est la substance sensible que M. Daguerre a découverte, et qui lui a servi à faire ses admirables dessins.
L'analogie entre ces trois composés, chlorure, bromure et iodure d'argent , se retrouve dans presque toutes les actions de la lumière sur eux, et dans celles des réactifs chimiques.
Ainsi presque tous les corps qui dissolvent l'iodure, le bromure, ou le chlorure d'argent, opèrent la décomposition des proto-iodures, etc., en donnant naissance à de l'argent métallique très-divisé et à un deuto-iodure, deuto-bromure, etc., qui se dissout. Mais le dissolvant qui facilite le plus cette décomposition est une solution d'hyposulfite de soude.
Iodure de potassium ou de sodium et argent métallique. En mettant en digestion de l'argent métallique nouvellement précipité avec une solution assez concentrée d'iodure alcalin , il y f^ double décomposition ; il se forme de l'iodure d'argent , et la potasse est mise en liberté. Avec une dissolution faible, l'action est très-lente , mais elle est accélérée par la lumière.
On a vu que l'action de la lumière sur les chlorure, bromure et iodure d'argent leur fait éprouver une demi-réduction. Quant aux oxacides, ils sont décomposés entièrement, et l'on obtient de l'argent métallique ; la réduction est accélérée par la présence de matières organiques. Le charbon exerce un pouvoir réductif sur le nitrate d'argent sous l'influence de la iumière et, en général, l'oxyde d'argent est également décomposé.
Sels d'or. La lumière leur fait éprouver le même mode d'action qu'aux sels d'argent, c'est-à-dire qu'ils sont réduits. Nous citerons pour exemple le chlorure et l'oxyde d'or; mais comme les réactions ne sont pas très-promptes, ces sels ne sont pas employés en photographie.
Sels de platine. Quelques-uns se décomposent à la lumière, et il y a encore une réduction. Cette décomposition élr.iit lente, oii ne les
emploie pas pour la préparation des papiers sensibles. Nous mentionnerons encore la réaction de l'eau de chaux sur le chlorure de platine ; le platine est réduit, et il y a formation de chlorure de calcium.
Sels de mercure. Eu général , ils ne sont pas réduits pendant leur exposition à la lumière. Cependant le protoxyde et le proto-chlorure changent de couleur. Cet effet n'a pas encore été examiné.
Sels (le plomb. Quelques-uns, exposés aux rayons solaires, changent de couleur : ainsi le beau jaune de l'iodure de plomb éprouve une altération sensible, de même que le peroxyde puce de plomb, ainsi que Davy l'a observé ; cette altération n'est pas la même dans toutes les parties du spectre.
Sels de fer. En réagissant sur les sels métalliques, la lumière opère leur réduction , et doit agir avec d'autant plus d'énergie que les sels sont plus électro-négatifs. Le bleu de Prusse dans le vide perd du cyanogène et blanchit, comme l'a observé M. Chevreul ; a l'air, il reprend de l'oxygène et devient bleu. Dans le premier cas, il sest donc opéré une véritable réduction.
Acide chromique. Cet acide agit comme un oxydant très-fiiible sur un grand nombre de substances, sous l'influence de la lumière, comme sous celle de la chaleur; lorsque les rayons solaires agissent, c'est par une action sui generis et non par la chaleur qui les accompagne. Dans ce cas, l'acide chromique cède une portion de son oxygène à la matière organique et passe à l'état d'oxyde de chrome.
Acide chromique et alcool. Cet acide, dissous dans l'alcool, puis soumis à la lumière solaire, décompose ce dernier; il se précipite peu de temps après une matière brunâtre, qui est de l'hydrate de chrome, lequel devient vert à une température élevée. L'alcool, en se décomposant, produit de l'éther et d'autres composés qui n'ont pas encore été examinés.
En agissant sur l'amidon, la gomme, le sucre et d'autres matières organiques, le même acide se change en hydrate de chrome, avec formation d'auties compok's. Pour en avoir un exemple, oji n'a qu'à humecter de l'amidon avec une solution de bichromate de potasse, à laisser sécher le mélange et à l'exposer sec à l'action de la lumière; on voit alors la surface se colorer en brun foncé, par suite de la décomposition de l'acide chromique en excès dans le bichromate de potasse, son oxygène lui étant enlevé par la matière oruanique.
Protoxyde de chlore CL O '( acide chlorcux Cl. ()\ Ces corps
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éprouvent, l'un et l'autre, une acUo;i décomposante de la part de la lumière solaire. Suivant M. Suckou d'Iéna, la décomposition du dernier a lieu de préférence par la lumière du matin , tandis que l'inverse a lieu pour le premier.
Acide nitrique {Kz' 0'). Cet acide se décompose en oxygène et acide nitreux. ,
Hydroyèrie phosphore. Spontanément inflammable à l'air, ce gaz laisse déposer du phosphore sous lïnflueuce solaire et se change en gaz hydrogène phosphore qui n'est plus inflammable.
On a remarqué que la plupart des couleurs végétales, et surtout les teintes si riches que présentent les fleurs, sont détruites par la lumière. Nous mentionnons seulement l'effet général, nous y reviendrons en parlant de l'action du spectre et de l'action de la lumière sur les végétaux.
Papiers sensibles.
Nous avons indiqué, dans le chapitre précédent, les différentes substances qui changent d'état chimique sous l'influence de la lumière. Nous reconnaissons , pour la plupart du temps , ces réactions aux changements de couleur ou aux effets électriques produits, comme nous le verrons plus loin.
Voyous quel est le mode de préparation à faire subir aux substances pour les employer à découvrir et à analyser les radiations solaires. •
Généralement on étend, dans une obscurité profonde, ces substances en couches très -minces sur du papier parfaitement blanc, soit directement, soit en formant ces substances sur le papier luimême par double décomposition. Ces papiers ainsi préparés sont appelés |ja^/er5 senaiblcs ou sensilifs à l'influence des rayons solaires.
Nous distinguerons deux sortes de papiers , papiers négatifs et papiers positifs. Les papiers négatifs sont ceux qui reçoivent de la lumière une impression telle que les parties les plus éclairées sont les, plus obscures sur le papier, et vice versa. Les papiers positifs sont ceux dans lesquels les parties les plus éclairées par la lumière sont les plus claires. Mais avec un papier négatif on peut obtenir un papier' positif, en copiant celui-là comme une gravure à l'aide d'un papier négatif semblable.
Les papiers dont on fait le plus grand usage, sont les papiers préparés avec des sels d'argent. Le plus simple est celui préparé eu éten-
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dant du nitrate sur une feuille de papier. Le papier noircit, quand il est exposé aux regards solaiies; l'argent est réduit. Ce papier est peu sensible. Les plus sensibles sont ceux préparés avec le chlorure et le bromure ; ils donnent des ombres pour des clairs, et vice versâ^ c'est-à-dire que ce sont des papiers négatifs. On prépare ces papiers par les doubles décompositions. Pour le chlorure ou le bromure, on met successivement une couche d'un chlorure alcalin et une autre de nitrate d'argent, ou d'un bromure alcalin et de nitrate d'argent. Ce dernier papier est très-sensible pour les expériences photographiques. Il est plus sensible quand il y a un léger excès de nitrate d'argent, et eu mettant dessus plusieurs couches successives d'éther chlorhydrique et de nitrate. M. Herschel ayant montré que la présence de matières organiques augmentait la promptitude de la décomposition , avant de le préparer, on étend sur le papier une émulsion de matière organique.
L'acétate alcalin est très-sensible , mais moins que le bromure. Si , avant le bromure de potassium et le nitrate d'argent , ou met une couche d'acétate de plomb, il se forme un mélange de bromure et d'acétate d'argent plus sensible que le bromure seul.
Tous ces papiers, placés dans la chambre obscure, donnent des dessins inverses et sont négatifs. Une fois à la lumière, ils s'impressionnent partout.
On peut préparer un papier qui donne des images positives. Le procédé consiste à impressionner à la lumière solaire ou diffuse un papier préparé au nitrate d'argent; une fois noirci, on l'étend d'une faible couche d'iodure de potassium. A l'obscurité, il ne se produit aucun effet. Au foyer de la chambre obscure, les parties éclairées se décolorent, et l'on obtient ainsi une image directe. Si la couche d'iodure alcalin est forte, l'action se fait sentir dans l'obscurité comme à l'ombre. Cette action est la même que celle provenant de l'iodure de potassium sur l'argent métallique; il y a formation d'iodure d'argent et de potasse.
Une fois les impressions produites, il faut rendre les papiers inactifs. A cet effet on emploie plusieurs procédés; 1° les substances qui dissolvent te clilorure et le bromure d'argent, lesquelles enlèvent le sel impressionnable partout où il na pas été altéré, tandis qu'aux endroits ou la coloration a eu lieu, le sous-chlorure ou le sous-bromure se décomposent en argent métallique (jui reste, et en chlorure ou bromure qui se dissout; 2" l'annuoniaque, l'hyposuilite de soude, le sel mariu, l'iodure de potassium, ce dernier peu conceDtré, car il se
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décomposerait par suite de la présence de l'argent métallique; le meilleur est rhyposullite de soude. iM. Hersehel conseille l'emploi du prussiate de potasse. Mais comme les dessins, quand ils sont fixés, peuvent s'effacer à la longue , il indique de fixer l'image avec le deutoclilorure de mercure, puis avec de l'eau; non-seulement le papier devient insensible, mais encore tout le dessin devient blanc; si, au bout d'un certain temps, on lave le papier dans l'hyposulfite, quoiqu'il reste encore insensible, le dessin revient sur le papier aussi fortement que précédemment. Voici ce qui se produit : le deutochlorure de mercure dissout le bromure ou le chlorure d'argent, en rencontrant le protocblorure d'argent il lui cède une portion de son chlore, ce protochlorure devient deutochlorure et se dissout, et il se fixe à cet instant du protocblorure de mercure blanc insoluble; l'hyposulfite, en réagissant sur le papier, décompose le protochlorure en bichlorure et mercure métallique, et le dessin devient noir. On peut reproduire ces altérations plusieurs fois. Pour montrer la justesse de cette explication, on reproduit le phénomène en imprégnant une feuille de papier de bichlorure de mercure, et traçant quelques caractères avec une légère solution de protochlorure d'étain très-avide de chlore, ce sel s'empare d'une portion du chlore du bichlorure qui devient proto-sel; il en résulte une faible couche de protochlorure à la surface du papier.
M. Daguerre a substitué au papier sensible une plaque métallique, dont l'altération de la surface peut produire une couche impressionnable. A cet effet, il a déposé une couche légère d'iode sur une plaque d'ar. gent ou de plaqué d'argent, d'où résulte immédiatement de l'iodure d'argent qui est très-impressionnable à la lumière. L'iodure décomposé, si la lame est exposée à la vapeur de mercure, les parties frappées condensent les vapeurs de mercure, tandis que les autres ne se combinent pas avec ce métal. En passant la plaque à l'hyposulfite de soude qui dissout l'iodure d'argent , il ne reste plus qu'un sous-iodure noir à la place des parties qui n'ont pas été frappées par la lumière. Notre but n'est pas de décrire le procédé de M. Daguerre qui est connu de tout le monde, nous avons voulu seulement le mentionner pour faire coanaître la manière de préparer l'iodure d'argent seubible à la lumière. Si la plaque reste longtemps exposée à la lumière, on n'a pas besoin de la passer à la vapeur de mercure pour avoir une image, car elle se produit d'elle seule par la décomposition de l'iodure, mais elle est négative.
On a aussi prépiiré l'iodure d'argent sur du t apier en y déposant
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une couche d'argent métallique d'une manière quelconque et l'exposant ensuite à la vapeur d'iode; mais c'est toujours l'iodure qui est impressionné, aussi nous n'insisterons pas sur ces préparations.
Nous citerons comme papier sensilîle très-impressionnable celui que M. Talbot a nommé caloiypc. Voici comment on le prépare et sur quelle réaction est fondé son emploi :
Si l'on étend sur une feuille de papier une couche d'iodure neutre d'argent obtenu par la double décomposition du nitrate d'argent et d'un iodure alcalin, ce papier sera très-peu sensible; mais si on vient à le plonger ensuite dans une faible solution de nitrate d'argent, il devient plus impressionnable; préparé ainsi dans une chambre parfaitement obscure, si on en expose une partie à la lumière pendant un temps très-court, insuffisant pour le noircii-, et qu'on vienne à le plonger dans une solution aqueuse d'acide gallique , puis qu'on le chauffe, la partie qui aura été exposée à l'action des rayons solaires deviendra subitement très-noire, tandis que l'antre conservera sa couleur. Ainsi l'acide gallique, qui est un désoxydant faible, n'agit sous l'influence de la chaleur que sur l'iodure d'argent qui a reçu un commencement d'impression. Ce papier est aussi négatif. Du reste, comme nous le dirons en parlant de l'action du spectre solaire sur diverses substances, on peut employer des papiers préparés avec les différents sels d'argent.
Un papier qui est d'une préparation facile, est celui dont l'effet repose sur l'action de l'acide chromique sur les matières végétales. Il peut donner lieu en même temps à un papier négatif et à un papier positif. Au lieu d'acide chromique on prend du bichromate de potasse qui contient de l'acide chromique en excès, on trempe une feuille de papier préparé à l'amidon dans ce bichromate et on laisse sécher. Si on l'expose à la lumière, l'action de l'acide chromique sur les matières organiques et sur l'amidon est telle, qu'il y a formation d'oxyde de chrome, qui donne une teinte jaune bois au papier. Mais si on vient à tremper ces papiers dans une faible solution alcoolique d'iode , l'iode colore en bleu l'amidon dans les parties qui n'ont pas été exposées à la lumière, et on a alors un papier positif.
On peut avec des sels d'or préparer des papiers sensibles. Ainsi, en étendant une légère couche d'uiu' solution n(|ueuse de chlorure d'or sur du papiei', il se colore prompli'nicnt en \ iolel lors de son exposition au soleil. Scheèle a fait à ce sujet une remarque importante, c'est que si on en expose une partie a la lumière, de sorte qu'il y ait un comnieucemcul de coloration, et qu'on le rentre à l'obscurité, la