II
et ils ont l'avantage de pouvoir être observés avec plus d'exactitude.
Le liquide auquel ils ont rapporté les indices de réfraction est l'eau distillée, et le nombre adopté est ?i = | = 1,3333 pour l'indice moyen de ce corps.
Ce nombre peut être déterminé directement en interposant entre l'objectif d'un microscope et l'objet que l'on regarde, un écran liquide à faces parallèles. Alors, il faut abaisser l'objet pour continuer à le voir dans le microscope; car les rayons lumineux, quoique ressortant parallèles, après avoir traversé l'écran, éprouvent une déviation de leur direction primitive; en désignant donc par e l'épaisseur de l'écran et par d la quantité dont on a éloigné l'objet de sa position primitive, on a
n étant l'indice de réfraction.
En appliquant cette méthode à l'eau distillée, on trouve que e étant égal à 10™™, on a
^=2"°™. 502 On a donc
= 0,2502, d'où W = 1,3336,
c'est-à-dire w = f ; la différence 0,0003 étant ici insignifiante.
Nous donnons le tableau des différents nombres obtenus à l'aide du premier procédé que nous avons indiqué.
Tableau des indices moyens.
P (nir). . . 20,8 I Qjj a^imet pour rindice de l'eau n = 1,3333 ou ^
;j(eauj... 34,33 ) ' '3
NOMS des
SUBSTANCES
Essence de térébenthine.
— de citron
— d'élémi
— de genièvre
Térébène
Térèbilène
Essence de cubèbe
Colophane
Colophilène
Eupione.
Cétène...
Benzène
Cinnamène ■ • ■
Rétinolène
Cymène
Naphte
Rétinolène
Relinnaphlène
Naphtole
Carbure d'hydrogène de l'acide éthalique
Éther
— hydrobromique . . .
— hydriodique
— formique
— acéli(|ue
— oxalique
— œnantliique
NOMS des
SUBSTANCES
Éther citrique
— pyrocitrique
— camphorique
— cuminique
— benzoïque
Acétate de méthylène. , Éther formique (*) — Hydrute de benzoïle. , Hydrure de salicyle. .
Alcool absolu
Acideacétiquecristallisé
Essence de térébenihine.
Chlorhydrate d'essence
liquide..
Bromhydrate d'essence
liquide
Monochlorotérébène . . .
Chlorure d'essence
Acide valérique
— chlorovalérisique.
— cldorovalérosique..
Benzène
Nilrobenzide
Hydrocarbure de chlore
— de brome
Acéjlone
Acétate d'ami lène
Huile de girolle
Il résulte de l'examen de ce tableau,
1° Que les corps de même composition et dont la densité à l'état liquide est représentée par des nombies peu différents, possèdent un indice de réfraction qui varie dans de très-faibles limites, tandis que celui-ci s'accroît avec l'état de condensation de lasubstance (exemple: essence de térébenthine et colophène).
2** Que les carbures d'hydrogène liquide à densité presque égale ont un pouvoir réfringent d'autant plus considérable que le carbone s'y accumule davantage. Ainsi le i-etynolène (C*" H^'') possède un indice de réfraction moyen plus grand que le cétène (G"' H ''"^) qui contient beaucoup moins de carbone que lui et dont la densité à rétat liquide est peu différente.
3" Que pour les liquides formés de carbone et d'oxygène, l'indice de réfraction et le pouvoir réfringent sont d'autant plus considérables que la substance est moins oxygénée, pourvu toutefois que la densité de ces corps soit peu différente; mais si la densité varie dans des limites très-sensibles, alors le contraire peut avoir lieu ; ce qui démontre évidemment que la densité du corps à l'état liquide est un élément qui a une grande influence. Ainsi l'étber cuminique, qui renferme moins d'oxygène pour 100 que l'éther benzoïque, possède un indice de réfraction moindre; mais aussi la densité du premier est moindre que celle de l'eau, tandis que la densité du second est plus considérable. Une observation semblable peut être faite à l'égard des éthers acétique et oxalique.
4° Que pour les corps isomères, tels que l'acétate de métylène et l'éther formique, qui possèdent en outre une densité presque identique à l'état liquide, les indices de réfraction sont aussi identiques.
5° Qu'à mesure que le chlore, le brome ou iode s'accumulent dans les corps d'une même famille, l'indice de réfraction s'accroît, ce qui tient peut-être à l'augmentation de densité de ces corps à l'état liquide.
6" Enfin, qu'il existe un autre élément dont l'intervention peut avoir une influence très-marquée sur l'indice de réfraction : c'est la viscosité de la substance. C'est ce qui résulte aussi des observations de M. De vil le sur les acides chlorovalérisique et chlorovalérosique.
MM. Ed. Becquerel et Cahours ont recherché si dans un mélange de liquides qui sont sans action chimique l'un sur l'autre, le pouvoir réfringent du mélange était égal à la somme des pouvoirs réfringents des liquides qui le constituent. Cette loi leur a paru être sensiblement vraie dans les expériences qu'ils ont faites.
Les recherches relatives au rapport existant entre les pouvoirs ré-
fringentsdes corps et plusieurs de leurs propriétés physiques sont d'une certaine importance pour l'étude de la constitution moléculaire des corps, et doivent se trouver dans l'ouvrage que nous publions. Il reste à étendre les expériences dont les résultats ont été exposés à des liquides dont la composition est parfaitement établie, et en outre les pouvoirs dispersifs de tous ces liquides; il s'agit encore de déterminer les variations qu'éprouvent les pouvoirs réfringents et dispersifs des liquides dans l'acte de la combinaison. Toutes les recherches relatives à ce sujet ne peuvent manquer d'intéresser les sciences physico-chi miques .