‹ Traité de physique considérée dans ses rapports avec la chimie et les sciences naturellesChapitre 19 sur 157 · CHIEN CANICHE · texte numérisé non relu

CHIEN CANICHE

La température a baissé subitement de plusieurs degrés , et quelques minut. après l'animal n'existait plus.

Le cerveau On a pratiqué dans

le crâne deux couronnes de trépan pour laisser passer les deux

Lts résultats consignés dans les tableaux précédents conduisent aux conséquences suivantes :

1** Il existe une différence bien marquée entre la température des muscles et celle du tissu cellulaire dans l'bomrae et les animaux, différence qui paraît dépendre de la température extérieure, et de la manière dont l'individu est vêtu ou recouvert. Cette différence, dans l'bomme, varie de 1°,25 à 2°,25 en faveur des muscles. Les corps vivants se trouvent donc dans le cas d'un corps inerte dont on a élevé la température, et qui est soumis à un refroidissement continuel de la part du milieu dans lequel il se trouve : ce refroidissement se fait sentir d'abord à la surface, puis gagne successivement les couches intérieures jusqu'au centre. Mais comment les pertes sont-elles réparées insensiblement dans Thomme et les animaux ? C'est ce dont nous nous occuperons en parlant de la production de la chaleur dans les corps organisés.

2° La température moyenne des muscles de trois jeunes gens a été trouvée d'environ 36°,77 centigrades.

Comparons ce résultat aux nombres adoptés par "plusieurs physiciens et physiologistes pour la température moyenne du corps humain.

J. Davy. — Chaleur humaine 36'',6G

Despretz. — Température moyenne de neuf hommes

âgés de 30 ans 37",! 4

Température moyenne de quatre hommes

âgés de 68 ans 37°,13

Température moyenne de quatre jeunes gens de 18 ans sCjOQ

Muiîter. — Rectum d'un homme bien portant ,

entre 36", lo et 36°,G6

Notre résultat est à peu près la moyenne des valeurs trouvées par John Davyet Despretz avec le thermomètre, instrument dont l'emploi très-restreint , comme nous l'avons déjà dit, ne saurait accuser la température du tissu cellulaire en raison de son peu d'épaisseur.

La température moyenne des muscles de plusieurs chiens est de 38°, 50, suivant nos expériences; cependant, une fois, nous avons trouvé 38°, 33 dans la poitrine, tandis que M. Despretz assigne, pour la température du même animal , o9",48 : la différence est de plus d'un degré. Il est probable que cette différence tient à des causes accidentelles dont M. Despretz n"a pu tenir compte. Nous devons faire remarquer que la température des muscles éprouve des changements notables en raison de l'état de santé de l'individu et de diverses causes excitantes. C'est là peut-être la cause des variations que Ton observe fréquemment entre les résultats obtenus sur le même individu dans deux expériences différentes.

Dans le chien, la température de la poitrine, celle de l'abdomen, du cerveau, est sensiblement la même et égale à celle des muscles. Un fait digne de remarque et que nous avons consigné dans le tableau de la troisième série d'expériences, c'est que l'appareil ayant accusé 38'*,25 pour la température du cerveau, cette température s'abaissa subitement de plusieurs degrés , et quelques minutes après l'animal n'existait plus.

La carpe ordinaire [Cyprinus carpio ) ne nous a donné qu'une différence d'un demi-degré, entre la température de son corps et celle de l'eau.

La température des muscles éprouve des variations par la contraction, le mouvement et la compression. Supposons que l'une des soudures soit maintenue à une température tixc de 3C% et que l'autre soit placée dans le muscle biceps brachial , le bras étant tendu , l'aiguille aimantée est déviée de 10" environ; si l'on ploie alors l'avant-bras de manière à contracter le muscle, la déviation augmente aussitôt de 1 à 2°. On attend que l'oscillation et son retour soient achevés, et à l'instant où elle recommence , on ploie de nouveau le bras , afin de donner une nouvelle impulsion à l'aiguille aimantée. On finit ainsi par obtenir une déviation de l.V qui correspond à une déviation définitive de 5", et par suite à une augmentation d'un demi-degré de température centigrade. Cette expérience , répétée un grand nombre de fois , prouve que les contractions ont la propriété d'augmenter la tempe-

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rature des muscles. Pour bien observer ces effets, l'appareil doit accuser au moins des dixièmes de degré.

Une des soudures restant dans le muscle biceps, si, avec le bras correspondant , ou fait pendant cinq minutes le mouvement de scier du bois, la température monte d'une quantité notable, qui va quelquefois jusqu'à un degré. L'agitation , le mouvement;, et eu général tout ce qui détermine un afflux de sang , tendent donc aussi à élever la température des muscles. Mais sont-ce là les seules causes ? Le système nerveux ne joue-t-il pas aussi un rôle? C'est ce que nous examinerons en parlant de la chaleur animale.

La compression d'une artère, au contraire , diminue la température des muscles situés au delà du vaisseau adjacent. La soudure se trouvant encore dans le muscle biceps , ou mieux encore dans le muscle de l'avant-bras , si l'on comprime fortement l'artère liumérale avec la main, le mouvement de i'aiguiile aimantée annonce immédiatement un abaissement de température de quelques dixièmes de degré.

Il n'est pas superflu de rapporter encore quelques résultats qui ne seront pas inutiles à ceux qui s'occupent de recherches relatives à la distribution de la chaleur dans toutes les parties du corps.

D'après des observations faites pendant une année , par Martine , la température de la surface extérieure du corps, au bas-ventre, est de 35° à 37,50; à la poitrine, de 33° à 37; à la main, de 29" à 37 ; au pied, de 20° à 21,25. J. Davy a trouvé, au-dessus de l'ombilic, 35°; à la poitrine, de 33°, 90 à 34,40; à la cuisse, 34°,40; à la jambe, de 32°,7 à 33,9; au milieu de la plante du pied , 32°,1.

De la différence entre la température du sang artériel et celle du sang veineux.

Les premières recherches pour reconnaître la différence qui existe entre la température du sang artériel et celle du sang veineux, sont dues à M. John Davy. Les résultats qu'il a obtenus ont été l'objet de quelques critiques. A la vérité , le mode d'expérimentation employé par lui pouvait faire croire que les températures obtenues n'étaient pas précisément les mêmes que celles des vaisseaux à l'état normal.

Ayant ouvert la veine jugulaire et la carotide de différents animaux, il introduisit dans chacun de ces vaisseaux un thermomètre ayant un réservoir assez petit pour ne pas gêner la circulation. Il obtint, dans des expériences faites sur cinq agneaux, des résultats dont

la moyenne était +0o,74 pour la différence entre la température du sang artériel et celle du sang veineux.

Pour arriver à déterminer la différence entre les deux températures avec les aiguilles thermo- électriques, sans encourir le reproche adressé au physicien anglais, de désorganiser les vaisseaux et de gêner plus ou moins la circulation du sang par l'introduction de la boule du thermomètre dans le canal vasculaire, nous avons pris deux aiguilles [fuj. 15, pi. vu), composées chacune de deux autres, l'une de cuivre, l'autre d'acier, soudées à l'une de leurs extrémités seulement sur une étendue de 1 à 2 millim. , légèrement recourbées à cette même extrémité terminée en pointe très-fme, afin de pouvoir l'introduire dans les vaisseaux sans produire d'hémorragie. A partir de la pointe, les aiguilles vont en s'écartant, et on les assujettit avec de la soie à une tige en ivoire que l'on tient toujours entre les doigts, dans la crainte de communiquer de la chaleur au métal. Après avoir été mises en communication d'abord l'une avec l'autre au moyen d'un fil d'acier, puis chacune avec le multiplicateur à fil court, ces deux aiguilles ont servi à faire des expériences sur quatre chiens de moyenne grandeur.

L'une d'elles a été mise dans l'aorte à la sortie du cœur, l'autre dans la veine cave descendante , avant son entrée dans l'oreillette droite. La poitrine était ouverte; les poumons affaissés ne remplissaient que très-imparfaitement leurs fonctions, et le sang qui suintait de l'aorte paraissait presque noir. L'aiguille du multiplicateur s'est déviée immédiatement de 3° en faveur du sang artériel ; or, comme une expérience préalable faite avec l'appareil à température constante de M. Sorel indiquait qu'une déviation de T correspondait à 0,28 de chaleur, il en résulte que la différence entre la température du sang artériel et celle du sang veineux était de 0*^,84. Le tableau suivant renferme les résultats des expériences faites sur trois autres chiens.

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