TRAITÉ BE PHYSIQUE
l'air, elles se décomposent promptement et se transforment en silice. 11 est très-remarquable de voir ces cristaux rester brillants dans l'acideclilorhydrique concentré. Le moyen de les conserver est de les retirer rapidement de l'eau, de les laver, les placer sur une feuille de papier Joseph dans une cloche , d'y faire rapidement le vide ; on les retire ensuite de la cloche, on les introduit dans un tube de verre dans lequel on a mis quelques fragments de potassium, et Ton ferme aussitôt le tube à la lampe.
M. Golding Bird s'est servi après nous d'un couple à courant constant (pi. III, fig. 9). La solution de silice, dans laquelle se trouve la lame négative , est mise dans un tube de verre fermé en bas par un diaphragme de plâtre , et plongeant dans une faible dissolution d'eau salée, contenue dans un grand vase où se trouve une lame de zinc. La communication est établie entre les deux lames métalliques et l'appareil voltaïque simple, au moyen de 111s métalliques; avec cette addition de force, il a dû obtenir les mêmes résultats qu'avec notre appareil. Voici, du reste, de quelle manière M. Golding Bird décrit les effets produits (Transactions philosophiques^ 1S37, pag, 27) : « A la solution de silice employée par M. Becquerel, je subs- « tituai une solution de fluorure de silicium dans l'alcool, en faisant « passer un courant de gaz fluorique silice dans de l'alcool rectifié.
« Ayant rempli le plus petit tube de l'appareil décomposant avec «cette solution, et établissant la communication avec la batterie, il « se dégagea des bulles abondantes d'hydrogène sur la surface néga- « tive du platine, ce qui continua pendant 8 ou 10 heures. Le platine « parut alors terni, et, au bout de 24 heures , un dépôt abondant de «silicium s'était fixé sur le platine, à la, surface duquel il adhérait « fortement.
« Autour du silicium réduit et suspendu dans le liquide était un «nuage dense de silice gélatineuse. En enlevant promptement la « lame de platine, la plongeant dans l'eau , et la pressant entre deux « feuilles de papier Joseph , je la desséchai , afin d'enlever la partie «adhérente. Le silicium était presque noir et granulaire; vu sous « une lentille, il présentait une tendance à la forme cristalline; il « n'était pas déposé sur le platine d'une manière confuse et irrégu- « Mère, mais en stries longitudinales, qui paraissaient suivre la di- « rection de certaines lignes de petites éminences sur la surface de la « lame de platine , produites probablement par le décapage qui avait « été fait avec du sable fin et un morceau de liège.
« Le silicium ainsi obtenu devient d'un blanc de neige lorsqu'il est
« brûlé à la flamme d'une lampe à alcool , et se détache du platine en « étincelles légères, étant alors changé en acide silicique. Il n'est pas «très-facile de l'oxyder en entier, vu l'incrustation d'acide silicique « sur le silicium , laquelle le garantit de l'influence oxydante de l'air, « même à une température rouge. Une portion du silicium détachée «du platine ne paraît pas soluble dans l'acide hydrochlorique; mais « lorsque le platine lui-même, avec le silicium qui y adhère fortement, «est plongé dans l'acide, il en résulte une action lente; des bulles « d'hydrogène se dégagent de la surface du platine , le silicium dis- « paraît alors très-lentement , la solution étant probablement pro- « duite par la formation d'un simple circuit voltaïque , dont le sili- «cium et le platine forment les deux métaux, et l'acide le fluide « excitant. Lorsqu'une solution aqueuse d'acide fluorique silice est « substituée au fluorure de silicium , le métalloïde est également ré- «duit, mais plus lentement et en moindre quantité, différence pro- « venant, suivant toute probabilité , de la plus petite quantité de sili- « cium présente dans la dissolution. «