SILICIUM
Après l'oxygène, le silicium est le principe le plus abondant des composés qui se trouvent à la surface du globe. Il existe aussi dans le règne organique, mais en petite quantité. Dès que Davy eut trouvé et démontré que les alcalis étaient des oxydes , M. Berzélius fit voir qu'il en était de même de la silice. En effet, il soumit à une température élevée un mélange de silice, de fer et de cuivre, et obtint du silicium et du siliciure de cuivre et de fer.
Le silicium obtenu par ce procédé, quand il est bien lavé et séché, est une poudre d'un brun foncé , assez combustible , aN'ant une telle ressemblance avec le bore, qu'on ne peut les distinguer qu'en interrogeant leurs caractères chimiques; il ne conduit pas l'électricité, et, comme le soufre , il est probable qu'il est électrique par frottement, faculté qui, jusqu'à présent, n'a pu être déterminée. Il ne peut non plus être fondu. Comme le charbon et le bore, il jouit de la propriété de devenir plus pesant et plus dense à une température élevée ; il éprouve même un racornissement. Le changement qu'il subit dans sa constitution par l'effet d'une température élevée est plus marqué que dans le charbon et le bore.
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Poids atomique , suivant M. Berzelius :
Suivant M. Dumas ,22.
Les tentatives que fit Davy pour décomposer la silice restèrent sans résultat ; mais si , au lieu de ces appareils voltaïques établis à 1 grands frais, et qui n'étaient pas à courant constant , il se fût servi I d'appareils simples pouvant fonctionner sans interruption pendant des jours, des mois, et même des années, il eût vu que les plus fortes affinités pouvaient être vaincues sans un déploiement de force aussi considérable ; et cela , parce qu'on agirait avec des forces électriques provenant de réactions chimiques , sur des corps à l'état naissant, cir constance très-favorable aux réactions chimiques.
ÉLECTBO-CHIMIE. 35S
Nous allons maintenant décrire notre procédé , à l'aide duquel on obtient, non-seulement le silicium, mais encore le glucinium, le zirconium, l'yttrium, etc. L'appareil est un tube de verre courbé enU, de 5 millim. de diamètre, d'un décimètre de longueur, au fond duquel on introduit de l'argile humectée par une dissolution légère de sel marin. Dans une des branches on verse une dissolution de sel marin, et dans l'autre la dissolution de silice à décomposer, où vient plonger une lame de platine; une lame de zinc est placée dans la branche contenant l'eau salée ; on établit la communication entre les deux lames au moyen d'un fil de platine, en ayant l'attention, toutefois, que le fil de platine ne touche pas la dissolution salée , sans quoi il y aurait perte de courant. On peut encore opérer d'une autre manière : ou prend deux tubes de 3 ou 4 millim. de diamètre, et d'un décimètre de hauteur ; l'un des bouts est rempli d'argile , humectée d'une solution d'eau salée, d'environ 1 centimètre d'épaisseur; puis on coiffe ce bout avec un linge que l'on fait adhérer à l'extérieur du verre au moyen d'un fil assez fort. Ces tubes passent dans deux ouvertures pratiquées au bouchon qui doit fermer un bocal rempli d'eau salée. Dans un de ces tubes on verse une dissolution saturée de silice en gelée dans l'acide chlorliydrique du commerce, lequel renferme toujours une petite quantité de fer. On verse dans l'autre une solution saturée de sel marin, et, comme dans l'appareil précédent, on plonge dans celle-ci une lame de zinc , et dans l'autre une lame de platine que l'on met en relation avec la première. Il se produit aussitôt un courant électrique, par suite de la réaction de l'eau salée sur le zinc, dont la direction est telle que la lame de platine est l'électrode négative. L'action chimique dece courant est telle que l'acide chlorhydrique est décomposé ; l'hydrogène, se trouvant à l'état naissant sur la lame deplatine, aide puissamment à la réduction de lasilice; le chlore de l'acide hydrochlorique, en se transportant sur le zinc, augmente l'énergie de l'action chimique , et par suite celle de l'action décomposante du courant : telle est la marche que l'on devra suivre pour la formation des substances minérales ou composés insolubles.
La lame de platine se recouvre peu à peu de lamelles cristallines , ayant un brillant éclat ; celles qui se forment en commençant ne sont qu'un alliage de silicium et de fer , provenant de l'acide impur. La petite quantité de fer qui se trouve dans cet acide est nécessaire pour commencer l'action. Tant que ces lamelles cristallisées restent sous l'inllucnce du courant, elles conservent leur éclat ; mais, du moment que le courant cesse d'agir, ou qu'elles sont exposées à II. a3