AIR ATMOSPHÉRIQUE
L'air doit renfermer tous les corps gazeux à la température ordinaire, et qui n'entrent dans aucune combinaison solide ou liquide. Ces matières gazeuses sont principalement l'oxygène, l'azote et l'acide carbonique. Un grand nombre de physiciens et de chimistes ont cherché la composition et le rapport de ces gaz. Lavoisier admit 27 à 28 p. d'oxygène ; mais presque tous les chimistes ont adopté pour sa composition 21 p. d'oxygène, 79 d'azote, composition qui est celle de l'air recueilli par M. Gay-Lussac dans son ascension aérostatique, à une hauteur de 6900 mètres au-dessus de la terre.
Densité 1
Indice de réfraction ( 0 de temp.; 0™,76 de
presslonl, (M. Biot) 1,000*294
Puissance réfractive (MM. Biot et Arago). . 0,000589 Pouvoir réfringent 1,0000
Priestley ayant cherché ce qui arrivait en faisant passer pendant longtemps des étincelles électriques à travers une quantité donnée
ÉLECTBO-CHIMIE. 373
d'air atmosphérique, a trouvé que le volume d'air dimimiait, et que la teinture de touruesol introduite dans le vase devenait rouge. Cavendish a étudié toutes les circonstances de cette expérience, et a trouvé qu'il se formait de l'acide nitrique. Voici de quelle manière on fait cette expérience. On se sert de l'appareil qui est composé d'un tube recourbé en verre de 3 millimètres de diamètre intérieur, rempli de mercure , et dont les deux extrémités plongent dans des vases séparés contenant également du mercure. On introduit de l'air dans la partie supérieure de la courbure, de manière à occuper une étendue de 3 à 4 centimètres. Le mercure de l'un des vases est mis en communication avec le sol, et l'autre avec une boule de métal placée à peu de distance du conducteur d'une machine électrique en action , de sorte qu'un courant d'étincelles traverse la partie de l'air située dans la partie supérieure du tube. A mesure que le volume d'air diminue, on en introduit de nouvelles quantités , de manière que la colonne ait toujours la même longueur. Cavendish a expérimenté avec cet appareil pendant quinze jours, une demi-heure chaque jour. Après avoir analysé la portion d'air dans le tube, il a reconnu que l'oxygène et l'azote s'étaient combinés dans la proportion de sept volumes du premier, et de trois environ du second. Ce résultat l'a mis à même de déterminer assez exactement les proportions de l'acide nitrique. On accélère la formation de cet acide en plaçant dans la partie supérieure du tube une solution de potasse, en raison de l'aflinité de l'acide nitrique pour cette base. Psous devons nous arrêter ici, afin de montrer pourquoi la masse entière de l'azote n'entre pas de suite en combinaison, par suite du passage de l'électricité, comme celle d'un mélange d'oxygène et d'hydrogène. Le gaz azote a besoin, comme tous les autres corps combustibles, d'une certaine température pour brûler; or, sa combinaison avec l'oxygène n'élevant que très-faiblement sa température , et les parties voisines du mélange gazeux qui se combinent lors du passage de l'électricité ne s'échauffant pas , il n'y a que la partie dont la température a été élevée par Se trajet de l'étincelle qui puisse brûler. Les expériences dont nous venons de parler nous permettent de concevoir ce qui se passe dans les temps d'orage; lorsque les décharges électriques sillonnent l'air, il y a nécessairement formation d'acide nitrique. M. Liebig, qui a analysé dix-sept échantillons d'eau provenant de pluies orageuses, a reconnu qu'ils renfermaient tous de l'acide nitrique combiné avec la chaux et l'ammoniaque en quantité très-petite. îNous mentionnerons aussi une observation de M. Th. de Saussure, qui n'est pas sans
importance. Il y a toujours dans l'air une petite quantité d'acide carbonique, évaluée à 0,001. D'après ses recherelics sur les variationsde cet acide, il a reconnu que les variations, par suite des saisons, à la ville ou à la campagne , sont les mêmes; que la quantité d'acide est plus grande le jour dans les villes; l'inverse a lieu la nuit. L'acide est en proportion plus forte sur les montagnes que dans les plaines; le vent augmente la quantité de l'acide en général. De là, M. Théodore de Saussure, en rapprochant ces variations de celles qu'éprouve l'électricité atmosphérique, en a conclu que la quantité d'acide carbonique diminue quand la quantité d'électricité augmente. En effet, on sait que l'électricité est plus forte le jour que la nuit, en hiver qu'en été, dans les plaines que dans les montagnes, par dos temps calmes que par des vents violents. Si ce rapprochement tendait à faire supposer que l'électricité atmosphérique intervient dans la production, il faudrait admeltre que les poussières innombrables qui flottent sans cesse dans l'air serviraient à opérer des décharges électriques en nombre infini qui décomposeraient l'acide carbonique en oxygène et en oxyde de carbone ; ce qui tendrait à appuyer cette conjecture, c'est que M. Th. de Saussure a trouvé l'oxyde de carbone dans l'air atmosphérique. Les observations précédentes prouvent avec quelles précautions doivent être faites les analyses de l'air, au moyen de réiectricité, quand il s'agit de recueillir des fractions de matières gazeuzes qui ne sont qu'accidentelles.
CYANOGÈNE OU AZOTUBE DE CAKBONE.
Ce corps se présente sous la forme d'un fluide élastique , permanent et inflammable; soumis à une forte pression en même temps qu'on le refroidit , il se change en un liquide incolore.
Densité 1 ,8064
Coefficient de dilatation 0,36821
Lidice de réfraction (Dulong) 1,000834
Pouvoir réfringent (Dulong) 0,8021
Puissance réfractive (Biot et Arago) 0,001668
Poids atomique.
On détermine la composition de ce corps en le faisant détoner dans l'eudioraètre à mercure avec deux fois et demie son volume d'oxygène. On trouve pour un vohime de cyanogène, un volume de gaz azoté et
un volume de gaz carbonique. Or, comme deux volumes de gaz carbonique représentent deux volumes de vapeur de carbone, on en conclut que le cyanogène est composé de deux volumes de vapeur de carbone et d'un volume d'azote condensés en un seul.
Le cyanogène se dissout dans l'eau 5 or, comme la solution, au bout de quelques jours, se colore successivement en jaune léger et en brun, il n'y a pas lieu de douter, d'après cela, qu'en la soumettant à l'action d'un courant, on n'obtienne différents produits. Cette expérience n'a pas encore été faite.
Oxydes et acides métalloïdiques.
Ces composés, comme leur nom l'indique , résultent de la combinaison de l'oxygène avec les métalloïdes.^