‹ Traité de physique considérée dans ses rapports avec la chimie et les sciences naturellesChapitre 69 sur 157 · EAU · texte numérisé non relu

EAU

Densité à 0*^,70 de pression 1

(Unité de comparaison adoptée.)

Chaleur spécifique ^.^ 1,0080

- , 1, (à volumes égaux. .. . 1,9600

— de la vapeur d eau . ' ^ , ^

[ a poids égaux 3,1360

Indice de réfraction (Newton, Wollaston, Brewstei'). 1 ,336

Pouvoir réfringent de l'eau de pluie (Newton) 0,7845

T, ., . . (0=tOO 112,48

Poids atomique ) „

L'eau, comme tous les liquides, est compressible. Sous une pression égale à celle de l'atmosphère, elle diminue de 0,000044 à 0,000048 de volume suivant Canton etPerkins; 0,000045 d'après M. OErsted. Comprimée très-vivement , elle fait jaillir une vive lumière.

Elle se gazéifie à 100°, sous la pression de 0'",76, et augmente alors de 1 700 fois de volume.

En se refroidissant, elle se condense de plus en plus jusqu'à + 4", où elle acquiert son maximum de densité, puis elle se dilate jusqu'au terme de congélation. Selon Mairan, l'eau à zéro augmente de -^ de son volume en se congelant ; cet effet tient à un arrangement particulier des molécules.

Les substances quelle tient en dissolution inflyent sur le point d'ébullition. Les pointes ou saillies qui se trouvent dans les vases où l'on fait l'ébullition favorisent l'ebullitiou. On peut faire descendre la

température de l'eau jusqu'à — 12°, quand elle n'est pas aérée, sans qu'elle se congèle; noais, pour peu qu'on imprime un mouvement de vibration au vase et par suite à l'eau, la congélation s'opère aussitôt. On opère la composition et la décomposition de l'eau au moyen de l'électricité. Parlons d'abord de la composition.

On a vu précédemment que si l'on faisait détoner, dans un eudiomètre, deux volumes d'bydrogène et un volume d'oxygène, il se formait de l'eau; mais on n'obtient qu'une quantité d'eau très-petite; si l'on veut s'en procurer une plus grande quantité, on se sert de l'appareil que présente la figure 9 , planche X , dont voici la description , telle que la donne M. Thénard, Trailé de chimie, t. P'", p. 257, sixième édition :

B, ballon de verre de 10 à 12 litres.

m^m', tige de cuivre recourbée intérieurement , terminée par une petite boule de cuivre m\ et destinée à faire passer des étincelles électriques de ni' en/.

CAC , gazomètre destiné à mesurer la quantité de gaz oxygène que l'on introduit dans le ballon, et composé des pièces suivantes :

L , grande cloche graduée de verre, mobile et soutenue par le contre-poids k au moyen d'une corde passant sur les poulies //.

E, cylindre intérieur de fer verni, arrondi supérieurement, et fermé de tous côtés.

C,C, cylindre extérieur, séparé du cylindre E par un intervalle grj d'environ 12 centimètres, que l'on remplit d'eau po^ur faire l'expérience.

g', g' , fond de la cavité circulaire gg.

a, a, rebord du cylindre extérieur servant à recevoir l'eau dont le niveau s'élève à mesure que la cloche L descend entre les deux cylindres.

y, robinet placé immédiatement au-dessous du fond g'g' , et servant à vider l'eau contenue dans la cavité circulaire r/(/.

ij' , tuyau horizontal muni d'un robinet , et servant à introduire le gaz oxygène dans la cloche L, au moyen du tuyau vertical tt, avec lequel il communique.

y" , autre tuyau horizontal muni d'un robinet , et s'adaptant d'une part au tuyau vertical tt^ et de l'autre au tuyau SS' qui se rend dans le conduit d'cV.

PP, montant de cuivre fixé au cylindre extérieur par les vis nn^ et servant de support aux poulies //.

ZZ, vis destinées à mettre l'instrument de niveau.

C',A',C', gazomètre semblable en tout au gazomètre CÂC, destiné à conduire le gaz hydrogène, et communiquant avec le ballon B par le conduit a;"TT.

Pour faire fonctionner cet appareil, la cloche L est remplie de gaz oxygène, en adaptant le tube d'une cornue dans laquelle on dégage ce gaz au moyen du tuyau y'; le robinet y" reste fermé. Dans le bassin /,- , on met des poids pour élever la cloche à mesure qu'elle se remplit de gaz pour que la pression soit égale à celle de l'atmosphère. La cloche L' est ensuite remplie de gaz hydrogène, et l'on fait le vide dans le ballon B. On ferme les robinets e et y', et l'on ouvre peu à peu les robinets e et y". Le gaz de la cloche L passe aussitôt dans le ballon et le remplit. La cloche s'abaisse peu à peu , et on la remplit de nouveau. On ouvre les robinets ?/" et e, et l'on fait passer des étincelles sans interruption de m en /, au moyen de la tige mm' en communication avec une machine électrique. On ferme le robinet x, et l'on ouvre les robinets x" et e', et l'on presse assez fortement avec les mains sur la cloche L'. Le gaz hydrogène se rend dans le ballon par l'extrémité /du tuyau dd, et s'enflamme par l'effet de l'étincelle électrique. On cesse de faire passer des étincelles, et l'on diminue la pression jusqu'à ce qu'elle ne soit plus égale qu'à 3 ou 4 centimètres d'eau. On en exerce une en même temps sur le gaz oxygène de la cloche L, laquelle pression ne doit être que de 7 à 8 millimètres. On obtient ces pressions constantes en enlevant des poids des bassins kk' , et on les mesure par l'ascension de l'eau dans les branches v'v' des tubes vv vv'; la combustion de l'hydrogène s'opère ainsi sans interruption, et l'eau se condense dans le ballon. On doit opérer ordinairement avec de l'oxygène et de l'hydrogène très-secs, ce qui s'obtient en les faisant passer dans des tubes contenant du chlorure de calcium. En se reportant à la décomposition de l'eau dont il a déjà été question et dans laquelle on obtient un volume d'oxygène pour deux volumes d'hydrogène, on en conclut des deux expériences de synthèse et d'analyse, que l'eau est composée d'un volume d'oxygène et de deux volumes d'hydrogène.

L'eau chimiquement pure n'est pas décomposée, et cela par la raison qu'elle conduit trcs-nial l'électricité, comme Davy l'a prouve en opérant sur de l'eau distillée dans un alambic d'argent, et la plaçant dans des vases de platine, d'or et d'agate ; mais il n'en était pas de même toutes les fois que l'eau qui avait été distillée renfermait des matières organiques ou azotées, il obtenait alors de l'ammoniaque au pôle négatif et de l'acide nitrique au pôle positif, par suite de

la réaction des éléments de l'eau sur les principes constituants de ces matières.

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