‹ Traité de physique élémentaireChapitre 105 sur 263 · CONDUCTEURS · texte numérisé non relu

CONDUCTEURS

* 425. Dans les corps mauvais conducteurs, les fluides électriques restent comme fixés aux points où on les a développés; il n*y a donc pas lieu d'étudier la distribution de Télectricité sur ces corps.

Les corps bons conducteurs, au contraire, opposent une résistance presque nulle aux mouvements des fluides; en admettant alors que les éléments d*un même fluide se repoussent en raison inverse du carré de la distance (**), on peut chercher a priori comment Félectricité doit se distribuer, dans les divers cas, pour qu'il y ait équilibre. C'est, en effet, en partant de ce principe que Poisson, Laplace et quelques autres mathématiciens ont pu calculer la distribution de Télectricité dans les cas les plus simples : les résultats fournis par le calcul sont précisément ceux que l'expérience avait déjà donnés ou qu'elle a donnés plus tard, en sorte que chacun d'eux peut être considéré comme une nouvelle conGrmation de la loi élémentaire. — Cette remarque générale étant faite, nous nous contenterons d'indiquer les résultats d'expérience les plus importants.

426. Ij'électriclfé ne ■• mantfesle dans les eowpm «ondnctcnrs qn'A la surface. — Soit une sphère métallique A ifig, 288), isolée par un fîl de soie ou par un pied de verre, et soit deux hémisphères creux B et C, qui peuvent s'appliquer exactement sur la sphère et qu'on maintient avec des manches isolants. On électrise la boule A, puis on la

(*) En isolant de petites sphères avec des aiguilles de gomme-laque de longueurs croissantes, Coulomb a trouvé que la perte va en diminuant, et qu'elle acquiert une valeur constante pour une longueur déterminée de raignille ou pour toute longueur plus grande : à ce moment, la perte ne peut évidemment être due qu'au contact de l'air. Cette longueur limite de l'aiguille est, d- après Coulomb, proportionnelle au carré de la charge. — De là, la nécessité de charger peu les corps dont on se sert pour l'étude des forces électriques, et de les fixer a des supports isolants assez longs.

(**) Voir la note de la page précédente.

ÉLECTRICITË ET MAGNEnSll£.

couvre avec les hémisphères; en relirant ceux-ci» on constate qu'ils sont électrisés, tandis que la sphère a perdu toute son électricité. Soit de même une sphère métallique creuse A (fig, 289) portée sur un

pied isolant et percée d'une petite ouverture 0 ; si l'on électrise cette sphère et qu*on touche Tun des points de la surface extérieure avec un petit disque de clinquant ou plan d'épreuve^ isolé au bout d'une longue tige de gomme-laque P, on constate que le disque se charge d'une quantité sensible d'électricité. Si Ton fait la même expérience pour un point intérieur, on ne

iTiSr

Fig. 288.

constate pas trace d'électricité sur le plan d'épreuve. Enfin, nous avons déjà vu que, lorsqu'on touche une sphère métallique

pleine, électrisée, avec une autre sphère égale, à Tétat naturel, la charge

se partage également entre les deux sphères. — Or les résultats sont exactement les mêmes si Ton remplace la seconde sphère par une sphère métallique creuse, ou par une sphère de gommelaque, couverte d'une feuille d'or ou d'argent ; donc, c'est la surface seule qui intervient dans le phénomène.

D'après ces expériences, dues à Coulomb, rélectricité se porte donc tout entière à Ja surface des corps. Pour rendre ce résultat sensible.

Faraday a imaginé un certain nombre d'expériences ingénieuses ; nous citerons seu-

Fig. 289.

lement l'une des plus frappantes. — Un cercle métallique isolé A {fig, 290) soutient un petit sac de mousseline, dont la forme est à peu près celle des filets à papillons : un ûl de soie MN traverse le sac et est

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