ÉLECTRICITÉ DÉVELOPPÉE PAR LNFLUENCE
exemple en la touchant du doigt (fig. 295), on voit les pendules de celte extrémité retomber; ceux de lextrémité B divergent au conrraire un peu plus qu'auparavant. — On comprend en efTet que le fluide positif repoussé a dû être conduit dans le sol. Le fluide négatif a été maintenu en B, par Tattraclion de A : il s'est même accru de celui qui doit provenir de Faction exercée par A sur la main, et en général sur le système de corps conducteurs qui font communiquer BC avec le sol (*).
Enfin, si l'on supprime la communication avec le sol, et qu*on éloigne alors la sphère A, le cylindre BC reste- chargé d'électricité négative, qui se répand sur toute la surface; dans ce cas, les pendules divergent de nouveau, mais ils sont chargés d'une même électricité, Télectricité négative. '
11 est bien essentiel de remarquer que le résultat aurait été le même, si, au lieu d'établir la communication avec le sol par le point G, on l'avait établie par un point quelconque et même par le point B, le plus voinn de A. — Quelle que soit la façon dont se comportent alors, au moment du contact du doigt, les fluides qui avaient été d'abord développés, le résultat déflnitif est d'accord avec la théorie : car le cylindre, le corps de l'expérimentateur et le sol doivent être considérés comme formant un système de corps conducteurs, dans lequel la sphère A attire le fluide négatif vers les points les plus voisins d'elle, et repousse le fluide positif vers les points les plus éloignés, c'est-à-dire dans le sol. Quand on vient à sup» primer la communication, c'est donc bien l'électricité négative qui doit toujours se manifester sur le cylindre, et c'est ce que montre lexpérience (**). — Donc : . ,
Quand on soumet un corps non électrisé à Vinfluence d'un corps A électriêé, et qu'on le met en communication avec le sol par Vun quelconque de ses points, il reste chargé, après qu'on a enlevé la communication et le corps A, d^une électricité contraire à celle du corps influent.
Cette conclusion devra être retenue avec soin : nous aurons à la rappeler dans un grand nombre de cas.
434. Étiacelle électrique. — CommnDlcatioa de l*élecUielté A diétenee. — Dans l'expérience précédente, l'attraction exercée entre le fluide positif de A et le fluide négatif accumulé en B tend à réunir ces fluides : on conçoit donc ((ue, si la tension acquiert une valeur suffisante, il puisse y avoir combinaison brusque à travers la couche d'air mauvais conducteur. Cette combinaison s'efTectuant avec lumière et avec bruit
D GeUe même attraclion entre les fluides de A et de B mndifle d'ailleurs aussi la disiribulion de réiectricité sur le corps influent et l'accumule vers les points les plus voisins de B, comme on peut le constater au moyen du |*lau d'épreuve (427) : c'est lé, comme nous le verrons, une remarque importante au point de vue de la théorie des condensateurs.
('*) La communication avec le sol peut s'établir d'elle-même, pour un corps que l'on croit isolé, si les supports isolants sont humides ; le corps se charge alors d'électricité négative, s*il est en présence de sources d'électricité positive.
950 ' ÉLECTRICITÉ ET HAGNËTISHE.
constitue le phénomène de V étincelle, — Une fois rétincelle produite, le résultat est le même que si rélectridté du corps influent était passée, en totalité ou en partie, sur le corps influencé. Car le corps influent a perdu une partie de sa charge, et, si le corps influencé est isolé, comme le cylindre BG dans la figure 294, on constate que, après Télincelle, il est électrisé positivement. — L'étincelle constitue donc une sorte de comittv* nication de Vélectricité à distance^ et Ton dit en efTet souvent que Tun des corps a pris à Vautre une partie de son électricité : on voit que, dans la théorie que nous avons adoptée, c'est là une manière abr^ée d'exprimer le résultai d'un phénomène un peu plus complexe.
Si le corps influencé est muni d'une pointe dirigée vers le corps in> fluent, le fluide attiré s'écoule successivement par la pointe et va neutraliser le fluide du corps influent. C'est ce qui arrive, par exemple, quand QD présente à une machine électrique une pointe métallique en communication avec le sol ; il est impossible alors de charger la machine.
455. Moa^cmMite des coiy électrloés. — Les phénomènes d'influence permettent de se rendre compte des mouvements qu'on obserre entre les corps électrisés. Voici à peu près la théorie qui en a été donnée par £pinus.
i*" Le cas le plus simple est celui où Ton considère un corps mauvais wnducleur soumis à l'action d'un corps électrisé. — Si le corps mauvais conducteur est préalablement chargé de la même électricité, il y a répulsion entre les deux fluides, et par suite entre les molécules matérielles elles-mêmes, à cause de l'adhérence qui existe entre ces molécules et les fluides, dans les coirps mauvais conducteurs. De même, il se produit une attraction, si les deux électricités sont contraires. — Si le corps mauvais conducteur est à l'état naturel, il n'y a ni attraction, ni répulsion, dans le premier instant: ainsi, de la gomme-laque en poudre n'éprouve aucune attraction de la part d'un corps électrisé. Ce fut là la première découverte d'.flpinus, et lun des fondements de sa théorie ; elle démontrait en eflet que la propriété d'attirer les corps légers n'est pas une propriété appar* tenant nécessairement aux corps électrisés. — Si enfin, dans cette dernière expérience, on laise les corps quelque temps en présence, il y a décomposition du fluide neutre. Si la source est chargée, par exemple, d'électricité positive, le fluide négatif s'accumule dans les points du corps qui sont le plus voisins d'elle; le fluide positif, en des points plus éloignés : alors, l'attraction de la source sur le fluide négatif devient plus grande que la répulsion sur le fluide positif, parce qu'elle s'exerce à une plus petite distance : elle se manifeste par un rapprochement.
S* Considérons maintenant le cas d'un corps bon conducteur, soumis à l'influence d'une source électrique. — Si ce corps conducteur est isolé et chargé d'électricité contraire à celle de la source, il y a encore attraction entre les fluides, mais il n'y a plus adhérence entre eux et les molécules matérielles, en sorte que l'explication du cas précédent ne peut plus oon-