‹ Traité de physique élémentaireChapitre 115 sur 263 · PRINCIPES GÉNÉRAUX DU HAGMÉTISXE · texte numérisé non relu

PRINCIPES GÉNÉRAUX DU HAGMÉTISXE

ment où Ton présente à un barreau de fer doux le pôle d'un aimant, le fluide dont Faction prédomine à ce pôle doit attirer dans le fer doux le fluide de nom contraire, et repousser le fluide de même nom : de là un changement dans, la distribution des fluides du barreau influencé, changement qui tend à y produire le même groupement que dans un aimant Téritable.

Il est facile de prévoir que les mêmes phénomènes doivent se produire sur un second barreau de fer doux, qu'on approchera du premier : puis sur un troisième, et ainsi de suite. Cependant Ténergie de l'aimantation va toi^ours en décroissant, à mesure qu'on s'éloigne de l'aimant influent AB.

486. Attmetlon dn fer doux par le* aimante. — C'est dans Taimantation par influence qu'on peut trouver Texplication de Tattraction exercée par les aimants sur le fer doux. — En effet, dès que l'influence du pôle A {fig, 555) a déterminé dans le barreau ab la formation de deux pôles a et b, l'attraction réciproque des pôles Aet ^ l'emporte sur la répulsion des pôles A et a, à cause de la diflTérence des distances auxquelles ces actions s'exercent; la résultante de ces deux actions sollicite donc le barreau de fer vers le pôle A. — Comme cette force attractive augmente rapidement à mesure qu'on approche les deux corps l'un de Tautre, le fer doux se précipite bientôt vers l'aimant et y reste flxé.

C'est par une succession d'influences semblables qu'on peut suspendre au pôle d'un aimant une série de barreaux de fer doux, comme le montre la figure 554; mais, à mesure qu'ils s'éloignent de A, l'aimantation des barreaux successifs' devient de plus en plus faibles, et les poids qu'ils peuvent supporter deviennent de plus en plus petits.

Enfin, il est facile de concevoir pourquoi la limaille de fer, en s'attachant autour des pôles d'un aimant, affecte la forme de filaments dont la direction converge vers ces pôles (fig. 547). Chaque grain de limaille devient un aimant; capable d'attirer à son tour d'autres grains; il se forme doiic, sur chacun des points qui avoisinent les pôles du barreau, une file de particules de fer, qui va en s'allongeant jusqu'à ce que l'aimantation de la dernière particule soit trop faible pour en soutenir une de plus.

487. Action de« aimants snr l'aeler. — Forée eoereUlve. — Lorsqu'on met en présence un aimant et un barreau d'acier trempé, non aimanté, on n'observe d'abord dans Tacier aucune aimantation, ni aucune attraction de la part de l'aimant. Cependant, si on laisse longtemps ces corps en présence, on voit se développer lentement dans l'acier une

Fig. 354.

396 ËLECTRICITË ET MAGNËTISHB.

aimantation croissante. Une fois l'aimantation développée, elle persiste, lors même qu'on éloigne Taimant qui Ta produite.

Dans la théorie des fluides, on exprime ces divers résultats en disant que Tacier se distingue du fer doux par la dilBculté que les deux fluides éprouvent à s*y mouvoir. Dés lors, quand on soumet à Tactiou du pôle d'un aimant uu barreau d'acier à l'état naturel, le groupement capable de produire l'aimantation ne peut s'effectuer qu'avec lenteur ; mais, en revanche, une fois que l'aimantation de l'acier est ainsi développée, la même cause empêche les fluides de se recombiner sous l'influence de leurs actions mutuelles, alors même qu on enlève Taimant influent. — Cette résistance qu'oppose l'acier aux mouvements des fluides a reçu le nom de force coercitive.

488. Répartition des Êtmiéem nui^néti^iie* éÊmm lc« eorps alnmiités. — Théorie de Coulomb. — Lorsqu'on cherche à se rendre compte de la distribution des fluides magnétiques, soit dans un barreau de fer doux aimanté pjtr influence, soit dans un barreau d'acier aimanté d'une manière durable, les analogies qui existent entre ces phénomènes et ceux du développement de l'électricité par influence portent d'abord à les interpréter d'une manière analogue; le fluide austral se transporterait en quantité prédominante vers l'une des extrémités du barreau ; le fluide boréal, vers Tautre extrémité. Cette assimilation serait inexacte, ainsi que nous allons le démontrer.

l"" Lorsqu'on met en présence d'un pèle magnétique A (fig. 555) une série de barreaux de fer doux, en contact les uns avec les autres, on ob-

Fig. 555.

serve deux pôles contraires aux deux extrémités de la série, et une ligne neutre au milieu : l'ensemble de ces barreaux juxtaposés se comporte donc comme un barreau unique. Cependant il n*y a pas tralisport des fluides, d'un barreau à un autre, vers les extrémités de la série ; car si l'on enlève Tun quelconque de ces barreaux, il retombe à l'état neutre, ce qui montre qu'il contenait les deux fluides en égales quantités.

2* Prenons une aiguille d'acier aimantée AB ifig. 556), et plongeons-la dans la limaille de fer, de manière à constater que la limaille s'attache seulement aux deux extrémités et que le milieu N est une ligne neutre ; approchons-la ensuite d'une aiguille aimantée mobile sur un pivot, aOn de distinguer Tun de l'autre le pôle austral A et le pôle boréal B. Cela fait, brisons l'aiguille au point N (fig, 557) ; chacun des deux fragments attire alors la limaille de fer par ses deux extrémités, et l'on reconnaît que le fragment de gauche a un pôle austral en A, un pôle boréal en B', et une ligne neutre en son milieu ; le fragment de droite a, de même, un

Page 1