PRINCIPES GÉNÉRAUX DU UAGMÉTISNE
pôle austral en A', un pôle boréal en B, et une ligne neutre en son milieu. — Brisons encore Tun de ces fragments en deux parties {fig. 358) :
Fig. 356, 357, S58.
chacun des fragments partiels devient encore un aimant complet, dont les pôles sont distribués comme Tindique la figure. — 11 en est toigours de même, quelque loin qu*on pousse la division des fragments.
11 est donc impossible d'admettre : 1* que dans une série de barreaux aimantés par influence, les fluides se soient transportés d'un barreau à un autre; 2** que dans un barreau d'acier aimanté, il y ait eu transport des fluides vers les extrémités.
480. En présence de ces résultats, Coulomb a été conduit à considérer les fluides comme pouvant se mouvoir seulement dans des espaces trèspetits, qu'il a nommés éléments magnétiques : chacun de ces éléments contiendrait toujours les deux fluides en quantités égales» soit que le corps fût a l'état neutre, soit qu'il fût aimanté; mais il s'opérerait, par le fait de Taimantation, une distribution particulière des fluides dans chacun d eux. — Or si, dans un aimant, on considère une série d'éléments formant une rangée parallèle à la ligne des pôles (fig, 559), et si l'on admet
qu'il y ait, dans chacun d'eux, accumulation de fluide austral vers Tune
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Fig. 35».
des extrémités, accumulation de fluide boréal vers l'autre, on peut démontrer que cette séparation des fluides ne peut être la même pour les éléments successifs de la série. Coulomb a montré, en outre, que la séparation doit être d'autant plus complète que Ton considère des éléments plus voisins du milieu de la série (*).
{') Les raisonnements suivants permeUent de s'en rendre conapte : Soit M (fig. 360) un élément isolé, dont les fluides ont éié séparés par une influence quelconque, par exemple celle d'un pôle magnétique puissant. Lorsque cette influence aura été écartée, il y aura une recomposition partielle qui s'arrêtera quand Tattraclion mutuelle des fluides b el a sera derenue égaie à la limite de force coercitive.
Supposons maintenant deux éléments M et M' {fig. oBi), placés au voisinage l'un de Tautre. et soumis à l'action d'un pôle magnétique. Je dis que, dans chacun de ces éléments, il restera une plus grande quantité de fluides séparés, après qu'on aura écarté le pôle influent, que si cet élément était isolé. Considéions, en effet, les actions
398 ËLEGTRIGITÉ ET MAGNÉTISME. ^
Ce principe étant admis, on voit que la quantité a' de fluide austral séparé dans l'élément M' ifig^ 569) surpasse la quantité b de fluide boréal séparé dans Télément contigu M ; de même la quantité a" surpasse h' ; on conçoit donc, en déflnitive, que dans toute la moitié gauche de la série, le fluide austral prédomine en chaque point sur le fluide boréal et que tout se passe conune si cette moitié ne contenait que du fluide austral libre. — De même, tout se passe comme si la moitié droite de la série ne contenait que du fluide boréal libre.
490. Il résulte de cette théorie que chaque pôle d*un barreau aimanté doit être considéré simplement comme un point par lequel passe la résultante de toutes les actions concordantes d'une moitié de ce barreau. — Dés lors, l'apparition de nouveaux pdles dans les fragments d*un aimant brisé (488, i") devient facile à concevoir: en eflet, après la rupture, un fragment quelconque se compose toujours d^un certain nombre d'éléments dans lesquels Torientation des fluides est la même que dans le barreau primitif. On voit d'ailleurs que, par le fait de la rupture, il doit y avoir en chaque point recomposition partielle des fluides séparés, car un élément quelconque est alors soumis à l'influence d'un moins grand nombre d'autres éléments (*).
réciproques qui prennent naissance entre X et X'; elles se composent : 1* des actions répulsives qui s'exercent,entre a et tf d'une part, entre btib» derautre ; mais ces action tendent, dans chaque élément, l'une ft recomposer, l'autre à tenir séparés les fluides,
et comme elles s'exercent entre des quanmr y^' tités de fluide, égales deux k deux, el
à des dislances égales, elles ne doiveni avoir aucun effet; 2* des actions attrac tives qui s'exercent, entre fr et a* d'une - part, entre a et fr* de Tautre, la première
tendant k séparer, la seconde à réunir les Fig. 360. Fig. 561. fluides; mais comme la première s'exerce
é une distance moindre, elle l'emporte sur la seconde, et leur différence s'ajoute à la force coercitive pour conserver une aimantation plus énergique. — Donc, en déflnitive, la ré»uîtante des actions mutuelles de deux éléments voisins tend à maintenir la séparation des fluides plus complète^ et cette action est d'autant plus énergique que les éléments sont plus voisins,
Ck)nsidérons enfln une série d'un nombre quelconque d'éléments également distants, cinq par exemple (fig. 359) : soit d la distance de deux éléments consécutifs. Supposons que. les fluides soient d'abord également séparés dans tous les éléments de la série, et voyons ce qui doit résulter de leur influence mutuelle. —L'élément H subit l'influence de quatre éléments situés à des dislances de lui qui sont représentées respectivement par d, li, Zd, àd. L'élément W subit encore l'influence de quatre éléments, mais ils sont situés à des distances de lui représentées par d, Sd, 3</, Ad: donc cette influence doit surpasser celle qui s'exerce sur H, et les fluides doivent être mainlenus plus complètement séparés en M' qu'en M. — Un raisonnement semblable, appliqué aux autres éléments, conduira à conclure que, dans les éléments. Xiv et H, la séparation doit èlre la même, mais elle doit être moindre que dans H' et H"' ; enfin, c'est dans l'élément du milieu U* que la séparation sera maximum. —Ces conclusions sont évidemment générales.
(*) La production de points conséquents (note de la page 390) dans la longueur de la série peut s'expliquer en admettant que, de distance en distance, dans un même barreau aimanté, l'orientaUon des fluides séparés soit intervertie. Le barreau se com-