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CHAPITRE m ËLECTRICITË TOLTAlQUE

JFÈCE)

510. £l«elrlcité «jaamlqBe. — ProdacdoN 4e« coanuMa él«ctriqao p«r le* aeUoB* efalmlqacB. —Lorsqu'on plonge dans de l'acide suirurique étendu d'eau une lame de ïinc ordinaire Z {fig. 3741, l'eau est décomposée : son oxygène se porte sur le métal pour l'oxyder, et son hydri^éne se dégage en bulles gazeuses au milieu du liquide; c'est sur cette réaction qu'est fondée la méthode qu'on emploie en Chimie pour préparer l'hydrogène. Or, si l'on met la lame de zinc en communication avec l'un des plateaux de l'élcclroscope condensateur (/HT. 538), on constate que, à mesuré que l'oiydalion s'elTectue, le luèlal se charge d'électricité négative. Du reste, dans ce cas comme dans tous ceux où l'une des deux électricités se produit, réieciricilé contraire se produit en même temps; on peut le vérifier en plongeant ^ dans l'eau acidulée un corps conducteur non alla(|uable par ce liquide, comme une lame f^g^ 371,

de platine, ou seulement un corps moins attaquable que li: zinc, comme une lame de cuivre C : si l'on fait commu* ntquer cetle lame avec l'éleclroscope condensateur, on conslate qu'elle se charge d'électricité potiiive.

On nomme coiq>te l'ensemble de deux corps conducteurs et d'un liquide e^ierçant spécialement sur l'un d'eux une action chimique : chacun de ces deux corps prend le nom de pôle du couple : l'un est le pâle potïtif, l'antre est le pôle négalij.

416 ' ËLECTHIcnË ET MAGNETISME.

Lorsqu'on réunit enire eux plusieurs couples semblables, ou forme une pile, el chaque couple devient un élément de pile. — On joint ordioaî rement, par un fil ou par une lame métallique, le pâle de cbaque couple aupAle contraire du couple suivanl. En faisant usage, par exemple, d'éléments semblables à celui que nous venons de décrire, on joindra le cuivre

Tig. 375. — Pile 1 Usset.

du premier couple au zinc du second {fig. 575); puis le cuivre du second au linc du troisième, et ainsi de suite. De cette façon, il n'y ade libres que le zinc du premier élément et )e cuivre du dernier. — Or, si Ton réunil ainsi quinze éléments, par exemple , l'espérience montre que la charge négative sur la première lame de zinc est égale k quinze fois celle qu'on aurait observée sur un élément unique, et il en est de même de ta chaîne positive sur la dernière lame de cuivre : ces deux lames extrêmes prennent alors le nom de pClet de la pile. Ces pOles sont encore de noms contraires, et l'on voit, d'après ce que nous venons de dire, que le pôle zittc eêt le pôle n^alif, et que le pâle cuivre est te pôle poiilif.

La pile dont il vient d'être question, et qui a été quelquefois employée, est connue sous le nom de pile à lai«ei.

Si l'on adapte un fil métallique à chacune des lames extrêmes qui forment les pôles d'une pile, et qu'on approclie ensuite ces deux lils l'un de l'autre, on peut (avec un non^f^re suffisant d'élémenls el dans des circonslatKes qui seront étudiées plus loin) oblenir une étincelle; cette étincelle se reproduit cbaque fois qu'on approche ou qu'on sépare les deux Ghj lors même qu'oa répète l'eupêrience un grand nombre de fois el à de Courts inten'alles. Donc, quand on effectue la combinaison des fluides accumulés dans les fils, il s'en reproduit instantanément une quantité nouvelle.

On est ainsi conduit à admettre que, lorsqu'on réunit déllnitiTement les deux fils, de manière à établir une communication permanente entre le zinc elle liquide, il se fait, dans ces Gis, une recomposition continuelle des fluides dégagés par l'action chimique, el une reproduction incessante

EXPERIENCE DE GALYANÎ.

de ces fluides. — On a donné le nom de courant électrique à ce mouvement continu des fluides, à travers le circuit formé par la pile et par les corps conducteurs cjui en réunissent les deux pôles. Dans la théorie des deux fluides que nous avons adoptée, il faut admettre que le fluide positif circule, dans le fll métallique, du pôle positif au pôle négatif de la pile, et que la circulation de Tautre fluide a lieu en sens contraire. Mais, pour distinguer entre elles les deux extrémités d'un conducteur parcouru par un couran^, on est convenu d'appeler spécialement sens du courant le sens dans lequel circule le fluide positif; on regarde donc le courant comme allant du pôle positif au pôle négatif, dans la partie du circuit qui est extérieure à la pile elle-^même.

L'électricité, considérée comme se mouvant ainsi dans un circuit fermé a reçu le nom d'électricité en mouvement, ou d'électricité dynamique.

51 1 . Décov verte de Téleetrieité dynamique. — Expérienee de iUilvaiil. — L'expérience qui fut pour Galvani, en 1786, l'origine de la découverte de l'électricité dynamique peut être répétée comme il suit :

On coupe en deux, vers la région lombaire, la colonne vertébrale d'une grenouille récemment tuée, et l'on prend seulement la partie du corps qui est au-dessous de cette section : après l'avoir dépouillée* on distingue immédiatement, de chaque côté de la colonne vertébrale, deux faisceaux blanchâtres, qui sont la réunion des nerfs lombaires se rendant aux membres inférieurs ; on prend alors un arc métallique COZ (fig. 576), formé d'un fil de cuivre C et d'un fil de zinc Z, que Ton réunit en 0. On engage l'un de ces fils sous les faisceaux des nerfs lombaires, comme le montre la figure : si alors on vient à toucher, avec l'autre branche, les muscles de l'une des cuisses, on voit la cuisse se contracter ; le même phénomène se reproduit à chaque nouveau contact, pendant plusieurs heures (*),

Ces contractions rappellent celles qui se manifestent quand deux électricités contraires se combinent à travers le corps d'un animal : par exemple, quand on réunit avec les mains les deux armatures d'une bou-

Fi?. 376.

(*) Celte expérience se présenta à Gah'ani d'une manière presque fortuite : Les membres inférieurs de plusieurs grenouilles avaient été préparés comme nous venons de le dire, et suspendus à un balcon de fer, par un crochet de cuivre qui traversait la moelle épiniére ; le but du savant professeur d'anatomie était d'étudier l'influence que peuvent exercer sur le système nerveux les décharges qui s'en'ectuent entre des nuages orageux peu éloignés. Contre son attente, il vit les membres s'agiter de mouvements convulsifs, en l'absence de tout orage, chaque fois que le vent amenait les muscles au contact des barreaux de Tt.

DRI05 BT FERXET. 27

teille de Leyde. Aussi Galvani vit- il d'abord dans le muscle un véritable condensateur, chargé de Tune des électricités à Tintérieur, c'est-à-dire dans les points où pénétrait le nerf, et d'électricité contraire à Texlérieur ; l'arc métallique jouait alors le rôle d'excitateur, qui établissait la communication entre les deux armatures. — Toutefois, le fluide ainsi développé parut à Galvani difTérer, à certains égards, du fluide électrique ordinaire : on le nomma alors fluide miatou fluide galvanique,

512. Théorie et expériences de Volta. — La théorie de Galvani. acceptée d*abord sans contestation, trouva bientôt un contradicteur dans Volta, alors professeur à Pavie. Ce physicien reconnut que, pour obtenir des contractions un peu énergiques, il est nécessaire d'employer un arc formé de deux métaux différents. Delà une nouvelle théorie, qui fut bientôt généralement adoptée, et d'après laquelle la production de Télectricité devait être attribué au contact de deux corps de natures différentes. — Selon Volta, c'est au contact du zinc et du cuivre que se produisait Télectricité dans l'expérience de Galvani, en vertu d'une force électro-motrice spéciale ; c'est la combinaison des deux fluides, à travers les nerfs et lea muscles, qui déterminait la contraction (*).

Volta eut recours à un grand nombre d'expériences tendant à prouver l'existence de cette force électro-motrice. Voici quelques-unes des plus célèbres :

i" Afin qu'on ne pût attribuer au frottement le développement d'électricité qui s'effectuait, selon lui, au contact de deux métaux, il fit souder Tune à l'autre deux petites lames, l'une de zinc Z, l'autre de cuivre C (fig. 377); prenant alors à la main l'extrémité zinc, il mit en communication l'extrémité cuivre avec le plateau supérieur d'un électroscope condensateur, en faisant d'ailleurs communiquer le plateau inférieur avec le sol, comme il a été dit (463). L^expérience montre que la lame agit sur l'appareil comme une source d'électricité négative : il fallait donc admettre, d'après la théorie de Volta, que le contact du zinc et du cuivre développe une force éîectro-motrice qui charge le cuivre d'électricité négative.

2** Au contraire, quand il prenait la lame par l'exlrémilé cuivre, et qu'il touchait le plateau avec l'extrémité zinc, il n'observait pas de traces sensibles d'électricité.

S** Enfin la lame étant placée de la même manière, si l'on avait soin d'interposer, entre elle et le plateau, une petite bande de papier mouillé

(*) Dans la théorie de Volta, Tinfluence de l'hétérogénéité des substances en contact était si grande, que l'électricité pouvait se produire même lorsqu'on mettait en contact des muscles et des nerfs. C'est ainsi que fut interprét^'e une expérience célèbre, due à Galvani et à son neveu Aldini, et par laquelle ils avaient cru répondie victorieu* sèment aux objections de Volta : en détachant simplement les nerfs lombaires et les rejetant sur les muscles delà cui<se, on observe des contractions ; pour Voila, c'est le contact des deux tissus difféienls qui donne lieu au développement de l'électricité.

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