EXPÉRIENCES DE GALVAM ET DE VOLTA
avec de Teau acidulée, elle agissait comme une source d'électricité positive.
D'après Yolta, la différence entre ces deux derniers résultats élait une confirmation de la théorie. En effet, lorsque la lame de zinc se trouvait 'en contact direct, d*une part avec le cuivre qui y est soudé, d'autre part avec
Fig. 377.
le cuivre du plateau, il se développait, à ses deux extrémités, des forces électro-motrices égales et de sens contraires, en sorte que reffet devait être nul. Au contraire, lorsqu'on plaçait entre le zinc et le plateau une feuille de papier mouillé, l'action de la force électro-motrice au contact des métaux soudés pouvait se manifester, et la feuille de papier agissait alors comme un simple conducteur, transmettant au plateau Télectricité positive du zinc.
513. Intcrpréuuion des résaltatM qui précédent, dans la théorie chimique. — Les théories de Galvani et de Volta ont eu dans la science un tel retentissement, les expériences qui ont été faites pour les appuyer ont conduit à de si grandes découvertes, qu'il nous était impossible de les passer sous silence ; mais il est facile de voir que, dans chacune des expériences qui précèdent, il y a, on non, manifestation d'électricité, suivant qu'il peut se produire, ou non, une action chimique. — Dans la première expérience de Volta (512, 1*), l'humidité acide, dont les mains sont toujours plus ou moins imprégnées, suflil pour attaquer le zinc et le charger d'électricité négative que le cuivre transmet à Télectroscope : Volta avait d'ailleurs remarqué lui-même que la charge de l'instrument augmente quand les doigts sont mouillés avec do l'eau aci*
dulée. Quant au fluide positif engendré par cette même action^ il s'écoule dans le sol pnr la main elle-même. — Dans la seconde expérience, il n'y a pas de fluide développé, parce qu'il ne peut y avoir d*aclion chimique. — Enfin, dans la troisième, le papier imprégné d'eau acidulée se charge d*électricité positive qu'il transmet au plateau, tandis que la lame de zinc se charge d'électricité négative, qui s'écoule dans le sol par le cuivre et Ja main.
Il en est de même de l'expérience de Galvani (511), où la cause qui produit l'électricité réside principalement dans Taction des liquides animaux sur le métal le plus attaquable. — Seulement, dans ce cas, le choix de cet électroscope particulier, de nature animale, complique un peu les phénomènes, en y introduisant quelques conditions nouvelles sur lesquelles nous ne pouvons nous étendre ici.
514. Plie de Vofta. — Parmi les découvertes auxquelles Yolta fut conduit p^r la théorie dont nous venons de donner une idée, la plus féconde en résultats est sans contredit h pile à colonne, imaginée en 1794, et qui fut l'origine de toutes les autres piles. — Volta la construisait en superposant successivement {fig. 378) un disque de cuivre C, un disque de zinc Z, et une rondelle de drap D imprégnée d'eau acidulée; il répétait ensuite, un certain nombre de fois, la même succession, et terminait par un disque de zinc. Afin de mieux assurer le contact des métaux, et d'éviter l'oxydation des surfaces qui doivent se toucher, il soudait ensemble les disques de cuivre et de zinc contigus. Enfin la pile formée par la superposition de tous ces disques était maintenue entre des colonnes de verre, sur un pied de bois isolant ; aux deux métaux extrêmes, étaient attachés des fils métalliques.
Dans la pile ainsi construite et isolée, le pôle négatif est au cuivre inférieur, et le pôle positif au zinc supérieur, comme on peut le constater
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Fig. 378.
Fig. 579.
en faisant communiquer l'un de ces disques avec un électroscope. — Il est facile de voir qu'il n'y a, dans cette disposition des pôles, qu'une contradiction apparente avec le résultat indiqué plus haut (510) : en effet, l'électricité se produisant par l'action chimique de l'eau acidulée sur le zinc, le premier cuivre, soudé à la lame de zinc qui se charge d'électricité né-
HOUIFIGITIONS 1)E Lk PILB VOLTAlglIE. 431
galive. aftil simplemenl comme un corps conducteur ; ilpourrail èlre supprimé sans qu'il en résulldt aucun changement. Il en est dp m&ue du dernier linc: celui-ci, n'élant pas en contact avec l'eau acidulée, joue le rôle d'un conducteur, qui recueille l'électricité positive accumulée dans le cutTre. En d'uulres termes, la pjle représentée par la ligure 379 fonctionne exactement de la mime manière, el se charge de In mime quantilé d'Hectrieiti que la pile de la ligui'c 37S. Aussi construit-on maintenanl, le plus souvent la pite de Yotta {fig. 380), en supprimant les deux disques inutiles et ménageant, dans les lames terminales, un appendice muni d'une ouverture, pour <j Dier les fils mélaltiques. La lame de zinc Z est le pdie négatir, la lame de cuivre C est le p41e positir.
513. nodIKeaUonB prlaelpalca du la plie Tollalqae, — La pHe à auge [fig. 381], dont l'invention est due à Cniikshsnk, n'est qu'une modiOc3tion de la pile de Voila, dans laquelle les plaques métalliques sont' verticales, et les rondelles de drap mouillé sont remplacées par de petites touches de liquide. — Elle se compose d'une série de plaques, formées cliacune d'une lame de ^inc et d'une lame de cuivre soudées : ces plaques sont placées à peu de distance les unes des autres, dans une auge à parois isolantes où l'on verse de l'eau aiguisée d'acide sulfurique ; aux et-
Irémilés. sont, d'une part une lame "8" ^' " "" ' =°"""'"' "^ "'■""■ (lo zinc l qui est le pôle négatif, d'autre part une lame de cuivre C qui est te pôle posîlir. — C'est avec une pile semblable, formée de deux cents auges et comprenant en tout deux mille couples, qui furent faites en 1806, à l'Institut royal de Londres, les célèbres e\périences de Davy, qui conduisirent à la découverte des métaux alcalins (594).
La pile à taâiei (fig. 375), donl nous avons parlé plus haut, est plus longue à monter ; mais elle offre une marche plus régulière.
l.apile à hélice, dont la figure 3X2 représente un élément, n'est autre qu'une pile à lasses, dans laquelle chaque lame de zinc Z. ainsi que cita-
422 ÉLECTRICITÉ ET I.VGNÉTISUE.
que lame de cuivre C, a élé enroulée en hélice, aGn d'oblenir une surface plus considérable ; les deux lames d'un même élément sont séparée»
Fig. 581.- Pile à auge.
par des lanières de drap qui les empêchent de se loucher. ^ Le couple ainsi composé est plongé dans un seau de bois, contenant de l'acide sulfurique étendu d'eau ; les lames se conlinuent avec des rubans métalliques qui conslituenL les deuiL p4les. Pour former une pile, on réunil plusieurs éléments, comme il a été dit pour la pile - à tasses. — Cette pile a été imaginée par Hare.
Dans la pile de Wollatlon, la lame de cuivre C de chaque élé' ment {fig. 3S5) est repliée de manière à envelopper complétement la lame de zinc Z, et se trouve ainsi en présence de deux faces de celle-ci. Les deuv lames sont séparées l'une de l'autre par deux pelils morceaux de bois l, V. — Pour former une pile de plusieurs couples (fg.
384), on joint encore le linc de chaque élément au cuivre de Fiï. Î8Î. - Élément de U pile en hélioa. l'élément suiïanl. Tous les éléments sont fixés d'ordinaire à une traverse de bois, mobile le long de deux nionlanls N et M' ; cette disposition permet de les enlever à nolonté des vases de verre conlenani l'eau acidulée, ou de les y replacer.
UODIKICATIONS DE lA PK.B VOLTAIQUE. 4S3
La pile de Mûnch {fiç. 585) se rapproclie beaucoup, par sa constni^ lion, de la pile de Wollaslon : on a soutlé deux à deux des lames de zinc el des lames de cuivre, de manière à en former de doubles lames dont les deux feuillets présenlenl entre eux un certain écarlement : deux séries de ces doubles lames M, H, H et M', M', H', sont emboîtées l'une dans l'autre, comme l'indique la ligure 5SS, de telle façon qu'une lame de zinc quelconque, a' par exemple, soil toujours placée entre deux lames de cuivre non soudées à elle et appartenant, l'une à la même
série, raulre à la série F.g. ssï. - Éiémem de piie d, Woumon. opposée. U pile esl terminée, d'un cAté par un zinc libre Z, qui est placé
Tig. 384. — File WoIIisIop.
comme les autres lames de linc el conslilue le pAle négatif, de l'autre par un cuivre libre C , qui est placé comme les autres lames de cuivre et
431 ËIECTRICITÉ ET MAGNËTISHB.
constitue te pôle positif. — Toutes ces lames sont assuj«llies (JE9. 380) dans des crans pratiqués pour le recevoir, sur des traverses de bois parat-
lèles BB, et t'ensemble est support>^ par des poignées P, P. U sullit, pour melire la pile en aclivilé, de plonger les couples dans une auge