DéeompositloD 4c» eomposéa binaires eu ipéaiéral. — La
plupart des composés dans lesquels la Chimie a reconnu l'existence de deux corps simples, et qu'on nomme composés binaires^ peuvent être décomposés comme Teau. La plus célèbre de ces décompositions .est celle qui conduisit Davy à la découverte des métaux alcalins. Il plaça, entre les deux ûls de platine qui terminaient les pôles d'une pile énergique, un fragment de potasse humide: il vit apparaître, au pôle négatif, des globules d'un métal brillant, qui brûlait presque instantanément avec de petites explosions ; au pôle positif, se dégageait de l'oxygène, qu'on put recueillir en opérant à vase clos. Le métal que Davy avait ainsi isolé, mais qui ne pouvait être conservé, ni à l'air, ni dans l'eau, à cause de son avidité pour l'oxygène, reçut le nom de potassium. — Le même physicien démontra que la soude est également formée par un métal, le sodium, uni à l'oxygène.
On emploie aujourd'hui, pour effectuer ces décompositions au moyen de la pile, le procédé suivant, qui est dû à Seebeck. — On pratique une cavité dans un morceau de potasse M (fig. 595), de manière à lui donner la forme d'une petite coupelle, qu'on place sur une lame de platine AB communiquant avec le pôle positif de la pile ; un globule de mercure N, placé dans la cavité, reçoit le fil qui vient du pôle négatif, en sorte que la surface inférieure du mercure est ici l'électrode négative. Le courant traverse la potasse, qu'on a eu soin d'humecter légèrement, pig. 593.
et met en liberté du potassium à la surface de contact de la potasse et du mercure ; il se forme alors un amalgame, bien moins oxydable que le potassium lui-même. — Il suffit de distiller cet amalgame à l'abri de l'air, par exemple dans un courant d'hydrogène, pour vaporiser le mercure et mettre le potassium en liberté (*).
525. RésalUftUi fonmla par la décomposition de* composés binaires. — Les composés binaires en généfal, oxydes basiques, oxydes acides, hydracides, chlorures, sulfures, etc., peuvent, dans la plupart
(*) Lorsqu'on fait la même expérience avec un morceau de sel ammoniac, on voitle mercure devenir pâteux et augmenter beaucoup de volume. — La ressemblance au*or(Ve celte expérience avec celle de la décomposition de la potasse et de la soude, et les analogies nombreuses qui rapprochent d'ailleurs les sels ammoniacaux des seU alcalins, ont déterminé Berzelias, et avec lui un grand nombre de chimistes, à admettre qu'il se forme alors un amalgame d'un radical qui serait analogue, par ses propriétés, aux métaux alcalins; ce radical, qui est composé d'azote et d'hydrogène, et a reçu le nom d'ammonium, jouerait dans les réactions chimiques le rôle d'un corps simple métallique.
des cas, être soumis à une décomposition semblable, pourvu qu'ils soient assez conducteurs pour donner passage au courant. — Cette dernière condition n'est» le plus souvent, réalisée que si ces corps sont à l*état liquide. La plupart des oxydes et des chlorures métalliques sont solides à la température ordinaire, el mauvais conducteurs de rélectricilé ; il faut alors, s*ils sont insolubles dans l'eau, les dissoudre dans rammonîaqiie ou les fondre par l'action de la chaleur, pour qu'ils puissent être décomposés par le courant.
Des résultats obtenus dans toutes ces expériences, on déduit les conclusions générales suivantes :
L'oxygène est électro-négatif par rapport à tous les autres corps simples connus, métalloïdes ou métaux.
Les métalloïdes sont eux-mêmes électro-négatifs par rapport à Thydrogéne et aux métaux.
Quant aux combinaisons binaires formées de deux métalloïdes autres queToxygène, c'est à l'expérience à apprendre quel est celui de leurs éléments qui est électro-négatif par rapport à l'autre.
526. DéeompcMltioiB 4c» sel* oxgénées. — Lorsqu'on soumet à l'action d'un courant un sel oxygéné, en solution concentrée dans l'eau, il se décompose généralement de la manière suivante : le métal qui entrait dans la constitution de la base du sel se dépose à la surface de V électrode négative, tandis que V oxygène de cette même base et V acide tout entier sont mis en liberté à F électrode positive.
L'art de la galvanoplastie, sur lequel nous donnerons plus loin quelques détails, offre un exemple de ce genre d'action : une solution métallique concentrée, de sulfate de cuivre par exemple, étant soumise à raction d'un courant, on voit le cuivre se déposer sur l'électrode négative. Si l'électrode positive est formée par un corps inattaquable, comme une lame de platine, on y observe un dégagement d'oxygène, et Ton peut constater la présence de l'acide dans le liquide environnant, au moyen du papier de tournesol.
527. Théories de Grotthaa et deFaradaj, reUaUes * l'action qn'excrcc le courant snr les snlMitances flonmliico 4^ l'élcctroljse. — Lorsqu'on décompose un liquide quelconque par le passage d'un courant, les produits de î'électrolyse se montrent exclusivement à la surface des électrodes; et, quelle que soit la distance de celles-ci, on n'aperçoit, dans l'intei^valle qui les sépare, aucun indice de décomposition.
Grotthus a donné le premier, en 1806, une théorie qui permet de se rendre compte de ce résultat. 11 admet que, dans la décomposition de l'eau, par exemple, chacun des pôles exerce sur l'un des éléments de ce corps une attraction spéciale, le pôle positif attirant vers lui l'oxygène de chacune des molécules, et le pôle négatif exerçant une attraction semblable sur l'hydrogène. De là résulte une orientation particulière de toutes les molécules liquides placées entre les deux pôles, lesquelles se dispo-