I. — ACTIONS II ES COURANTS SUR LES COURANTS
5C8. Les actions des courants sur les courants peuvent toutes se déduire d*un petit nombre de principes fondamentaux, qu'Ampère a établis par Texpérience. Pour vérifier ces principes, on emploie des appareils de formes assez diverses, rappelant plus ou moins ceux qui ont servi à Ampère lui-même. Tous ces appareils présentent deux conducteurs métalliques, dont Tun est fixe et Tautre mobile. On fait passer, dans chacun de ces conducteurs, un courant électrique; Taction que le conducteur fixe exerce sur le conducteur mobile, et qui détermine un mouvement de ce dernier, est ce qu'on nomme Vaction du courant fixe mr le courant nuhbile.
569. Principe des eiHirnnts parallèles. — Deux couranti parallèles et de même sens s^attirent; deux courants^parallèles et de sens con^ traire se repoussent. — Pour vérifier ce principe. Tune des dispositions les plus simples est la suivante :
Un fil métallique adefg (fiy. 417), replié comme l'indique la figure, est terminé à ses deux extrémités a eib par deux pointes d'acier verticales, qu^on plonge dans des godets pleins de mercure. Ces godets comrouni-
ACTIONS SES COURANTS Stltt LES COURANTS. 471
quent, l'un a avec une colonne milallique creUK H, dans laquelle on peut amener un courant, au mojen d'un tll partant de l'un des pAles d'une
Fig. 117.
pile et plongeant dans le godet M ; l'autre b, avec une lige mèlallique U'. située à l'intérieur de H, isolée dans nii lube de verre, et par laquelle le courant, après avoir parcouru l'équipage mobile, revient au godet N et à la pile. Au moyen de celle disposition, on ob- (jenl, comme voit, un conducteur rectangulaire qui peut, sAn% cesser d'être parcouru par le courant, tourner autour d'un axe vertical pass.inl par 0 et 6.
Pour avoir une autre portion de courant, dont nous puissions étudier l'action sur les di- Terses parties du premier, nous emploierons un cadre de boisreclangulaire HflPQIjf^. 4tS}, sur lequel nous auronsenroulé un m métallique couvert de soie ; pour interposer ce lil dans le courant, il suflira de mettre ses exirémitéa, R, S, en communication avec les fils conducteurs de la pile.
Dès lors si, tenant à la main le cadre HNPQ, on approche le cAté vertical MH du cûté {g, on Fig. «8.
obsH^e une vive attraction : or. les portions
du fil qui couvrent le cûté MN du cadre sont parallèles à fy [fig. 419). et le courant s'y propage dans le même sens que dans (g. — Donc deux eowantt parallèle» et de même kiu i'(Mirmt.
/ Fig. 419.
Fig. 421.
Au contraire, si l'on approche ce même côté MN du -côté de de Téqnipage mobile, il se produit une répulsion très-vive ; or les portions du £11 qui
sont appliquées sur MN sont encore parallèles à de (fig. 4^0), mais elles sont parcourues par le courant en sens contraire. — Donc deux conranU parallèles, et de sens contraire se repoussent.
570. Principe des covrants bob yr»i— lélesf oo coomats croisés. — Deux counmis non parallèles s^attirent qtiand ils s^approdtenl ou s* éloignent ensemble de leur point de croisement; ils se repoussent quand Vun s'en approche tandis que Vautre s* en éloigne.
Reprenons le cadre MNPQ (fig. 418), et plaçons le côté PN au-dessous de fe (fig. 417), de manière qu'il fasse avec lui un certain angle. Les courants se propageant dans le sens indiqué par les flèches de la figure 421 , on voit le côté mobile ef tourner sur lui-mèaie et
ses deux moitiés 0^, Of se porter respectivement vers ON et OP. Donc il y a attraction entre les deux côtés qui forment Tangle eON et dans lesquels les deux courants s'approchent du sooaumet de Tangle ; il y a aussi attraction entre les côtés qui forment Tangle PO/", et dans lesquels les deux courants s'éloignent du sommet de Tangle.
Au contraire, si Ton intervertit le sens du courant dans Tnn des conducteurs, par exemple dans les fils qui ont la direction NP, de sorte gue
le courant prenne la direction PN (fig. 422), on voit les deux moitiés Oc et 0/* s'éloigner respectivement de ON et de OP pour se porter vers DP et ON. — Donc il y a répulsion entre les deux côtés de Tangle eON, dans lesquels Tun des courants s'approche du sommet de Tangle tandis que l'autre s'en éloigne. 11 en est de même pour les côtés de l'angle PO/l Remarque. — La proposition énoncée s'applique encore à deux courants
non situés dans un même plan, comme ab et cd dans la figure 423, et c'est même toujours dans ces conditions que l'on réalise l'expérience.
Au lieu du point de croisement, il faut alors considérer la perpendiculaire commune pp' à la direction des deux conducteurs. Il y a attraction entre les parties où les courants s'approchent ou s'éloignent ensemble de la
Fig, 422.
Fig. 423.
perpendiculaire commune, et répulsion entre les parties où l'un des
ACnonS DES courants sur les COUnANTS. 473
courants s'approche tandis que l'autre s'éloigne de celle perpendiculaire.
571. B^pakloB excMé«calr«dcaix portloB> eoBa«eBUTo d'ut mBmb «OBiwat re«tttl|«e. — Il résulte du principe précédent que delii portions conséculiTes d'un même courant rectiliflne doivent se repousser. En effet, conceTons un conducteur nfcc {fig. 4S4), formé de deux parties rectilignes bisant entre elles un angle obtus, et traversé dans le sens des flèches par un courant. Il doit y avoir répulsion entre ab et bc; car, dans l'une de ces parties, le courant s'approche du sommet de l'angle, Fig, ijt tandis que dans l'autre il s'en éloigne.
La répulsion devant d'ailleurs avoir lieu, quelque grand que soit Pangle abc, il est préeumable qu'elle se manifestera encore si ab vient se placer dans le prolongement a'b de cb : si l'on parvient à rendre mobile la portion bc, sans interrompre le courant, on devra le voir s'éloigner de ab supposé flxe.
Ampère a réalisé cette e:ipérience de la manière suivante. Deui rigoles parallèles M et N [fig. iS5) sont creusées dans une planche de bois et contiennent du mercure ; h la surface du métal, dans les rigoles, sont placées les deux branches d'un ni de cuivre (résider, couvert de soie et replié comme l'indique la Agure; les extrémités du iil ont été ■ mises à nu, recourbées, et plongent dans le liquide; le courant, ar- Pj ^,^ rivant en X et sortant
en ï, traverse le mercure et le conducteur mobile dans le sens des flèches. Aussitôt que les communications sont établies, on voit ce conducteur vivement repoussé de gauche à droite-, il y a donc répulsion entre les portions d'un même courant qui traversent successivement le mercure et le (il de cuivre,
573. Priaelpe dc« coarBals BlmiraK. — Vn courant imueuxpTi>duil le même effet qu'un courant rectiligne, de mime inletitilé el Urminé nux mênui eitrémiléi. pourvu que la diitance à laquelle s'exerce ion action ■ »oit très-grande par rapport à l'amplitude des ùnuotiti».
Pour vérifier ce principe, on prend un fil de cuivre Al {fig. 436), dont l'une des branches lA est rectiligne. l'autre AI sinueuse, et dont les eitrémités communiquent avec les pAles de la pile : si le principe précédent est exact, l'action du système de ces deux fils sur un conducteur quel-
ELECTItlGlTë ET HAGNÉTISyE.
conque doit être nulle, puisque Faction de kl doit être équivalente à celle d'un courant rectiiigne de même longueur et de même intensité que iA, mais de sens contraire. On constate, en efTet. en approchant le système ihl de Tun quelconque des côtés du courant mobile de la figure 417, qu*il f^ n*imprime aucun mouvemenl à ce courant, pourra
que la distance qui Ten sépare soit toujours trèsgrande par rapporta Tamplitude des sinuosités.