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POMPES DE COMPRESSION

pace qui surmonte la surface du liquide, et y acquiert une force élastique considérable. On ferme le robinet, on enlève la pompe, et Ton adapte sur le tube un ajutage présentant une ou plusieurs ouvertures étroites. Si Ton ouvre alors le robinet, on voit Teau jaillir à une grande hauteur, à cause de Texcès de la pression intérieure sur la pression atmosphérique.^ Cette expérience présente, comme il est facile de le voir, une analogie frappante avec celle du jet d*eau dans le vide (176).

C'est par une méthode semblable qu'on prépare dans l'industrie les eaux gazeuses artificielles : la pompe de compression, au lieu de puiser de Tair dans l'atmosphère, communique avec un réservoir d'acide carbo nique et refoule ce gaz dans l'eau, où il se dissout en quantité d'autantplus grande que sa pression est rendue plus considérable (151).

182. Fonteia« de Héroa. — C'est encore la force élastique de l'air comprimé qui produit le jet d'eau dans la fontaine de Héron (fig. 160). — Au commencement de l'expérience, le réservoir A est à peu près plein d*eau ; on a aussi versé de l'eau dans la cuvette qui le surmonte. Du fond de la cuvette, part un tube ab, qui plonge jusqu'au fond du réservoir inférieur B; l'eau est donc d'abord descendue par ce tube, enfermant ainsi dans la boule B de l'air, et lui faisant acquérir une force élastique égale à la somme de la pression atmosphérique et de la pression due à la colonne d'eau aB. Cette force élastique se transmet, par le tube cd, à l'air du réservoir A, en sorte que l'eau est refoulée dans le tube central et jaillit par l'orifice $. On voit que la hauteur du jet, au-dessus de la surface A, doit être à peu près égale à la hauteur de l'eau de la cuvette au-dessus delà surface B. — L'expérience dure jusqu'au moment où, tout le liquide de A ayant passé dans la cuvette et de là dans la boule B, le jet d'eau cesse, et l'air comprimé s'échappe par l'ouverture $.

m. — POMPES A LIQUIDES.

185. Mwewmcm espèces de pompes h liquides. — Longtemps avant d'être appliquées à la raréfaction ou à la compression des gaz, les pompes avaient été employées à élever l'eau : il nous reste encore k les étudier sous ce point de vue.

Les pompes à eau peuvent être rapportées à trois types principaux : la pompe aspiranie, la pompe foulante et la pompe aspirante et foulante,

184. Pompe «splnuiie. — Elle se compose d'un corps de pompe CC (fig, 161) dans lequel se meut un piston P, et qui porte un tuyau de déversement D à sa partie supérieure ; un tuyau d* aspiration T descend du corps de pompe dans le puisard mn dont il doit élever l'eau. A la jonction du corps de pompe et du tuyau d'aspiration est une soupape ou clapet S, représentée à part dans la figure 162; c'est une plaque métallique, garnie de cuir en dessous, et mobile autour d'une charnière. Le piston lui-

laO rESANTBOR ET KIDROSTATiQliE.

mèroe est traversé, parallèlement h son axe, par deax ouTertures manies

de soupapes i el t' {fig. 1G3) ; il est gimi d'étoiipes, sur sa surbce convexe.

La lige du piston s'articule ordinairement, par l'intermédiaire d'une bielle, avec un levier au moyen duquel on lui imprime un mouvemenl allemalif d'ascen«oneI de descente; ce levier est représenté en A.BC dans la tigure 169 : CD est la bielle et DE la tige du piston.

Supposons la pompe {fig. 161) installée, le tuyau d'aq»ration plein d'air à la pression atmospitérique, le pisttm au bas de sa course, et toutes les soupapes fermées. Soit mn le niveau de l'eau dans le puisard.— Si l'on vient à soulever le piston, il tend à faire le vide au-dessous de lui. dans le corps de pompe : les soupapes t el i*, pressées de haut en bas par l'almospliéi'e, demeurent fermées; la soupape Sse soulève, àcause de la force élastique de l'air contenu dans le

tuyau d'aspiration. Cet air se répand dans le corps de pompe, et sa forre élastique diminue i mesure que le piston s'élève ; l'eau du puisard monle dans le tuyau d'aspiralion, jusqu'il ce que la pression qu'elle eierce au niveau de mn, augmentée de celle qui es! due ù l'air intérieur, fasse équilibre à la pression atmosphérique. Admettons que l'eau n'atteigne pas encore la soupape S lorsque te piston parvient au sommet du corps de pompe; au moment où il s'arrête, l'équilibre de force élastique élant établi, la soupape S retombe par son poids. Si le pislon redescend, il comprime l'air conlenu dans le corps de pompe et lui fait bienlût acquérir une tension plus grande que celle de l'atmosphère ; alors les soupapes t el i' se soulèvent el donnent passage à l'air inlèricur, pendant loulc la On de la descente. 1«râque le pislon arrive au fond du corps de pompe, ses deux soupapes rctonibenl,el les choses se retrouvent dans le même état qu'au conunencemeni, avec cette seule différence qu'une partie de l'air du tuyau d'aspiration a été expulsée, el que l'eau s'y est élevée à une certaine hauteur. Un deuxième coup de piston la fera monter davantage encore; il en sera de même du Iroisième, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'enfm Teau tieigne la soupape S el pénétre dans le corps de pompe. A ce moment, la pompe est amorcée.

On continue alors à faire fonctionner le piston : chaque fois qu'il des-

P0MPB8 A LkilMUfiS. i51

cend, Teau renfermée dans le corps de pompe passe au-dessus de lui, en soulevant les soupapes $ eis'; chaque fois que le piston remonte, il élève Feau que supporte sa face supérieure et la fait couler par le tuyau D ; eu même temps, il aspi^ celle du tuyau T et du puisard : cette eau traverse l'ouverture de la soupape S et vient remplir entièrement le corps de ^ pompe. — On voit ainsi que, à chaque aécenêion du piston, il s'écoule, par Forifice de déversement, un volume d*eau égal à la capacité du corps de pompe, tandis qu*un égal volume de liquide est pris dans le puisard et pénètre dans Fappareil. ,

Remarque. — Les explications précédentes supposent que, sous Tinfluence de la pression atmosphérique, l'eau du puisard puisse s'élever jusqu'au-dessus de la soupape S. Cette condition ne peut être remplie que si la distance verticale de la soupape au niveau mn est inférieure à 10", 4 ; on sait, en effet, que la pression de l'atmosphère équivaut à celle d'une colonne d'eau d'environ 10*,4 de hauteur. — Dans la pratique, l'eau ne peut même atteindre cette hauteur, à cause des imperfections que les pompes présentent toujours, et qui tiennent, soit à ce que le piston n'est pas en contact parfait avec le corps de la pompe en tous ses points, soit h ce que les soupapes ne ferment pas exactement les ouvertures qu'elles garnissent. L* expérience a montré que, dans les pompes les plus ordinairement employées, la hauteur du tuyau d'aspiration ne doit guère dépasser 8 mètres.

185. Effort A emkfiojer poar feircf manfleavrer la pompe, -y- Proposons-nous d'estimer les pressions qui s'exercent sur les deux faces du piston, quand la pompe ibnctionne régulièrement. — Pendant la descente, les soupapes » et f' étant ouvertes, il y a communication entre le liquide qui se trouve au-dessus et celui qui se trouve au-dessous du piston ; les pressions que supportent les deux faces de ce dernier sont donc sensiblement égales; par 'suite, l'efTort qu'il faut exercer pour faire descendre le piston est seulement employé à vaincre le frottement du piston lui-même contre les parois du corps de pompe, et aussi la résistance cfu'éprouve le liquide à traverser les ouvertures pratiquées dans . l'épaisseur du piston. — Pendant l'ascension, les soupapes s et s' sont fermées ; le piston supporte alors, sur sa face supérieure, une pression égale- à celle de l'atmosphère, augmentée du poids de la colonne d'eau qui le surmonte ; sur sa face inférieure, il reçoit de bas en haut la pression de l'atmosphère, diminuée du poids d'une colonne d'eaù ayant pour base le piston lui-même et pour hauteur sa distance au niveau mn ; la diflërence de ces deux pressions, ou la force qu'il faut développer pour soulever le piston, est donc égale au poids d'une colonne d*eau ayant pour base le piston et pour hauteur la distance verticale dn tuyau D {fig, 161) au niveau de l'eau dans, le puisard.— Cette force peut être aisément évaluée, si l'on connaît le rayon r du piston et la hauteur h du tuyau de déversement au-dessus du niveau mit; «a valeur en kilogrammes est irr^A, r et ^ étant exprimés en décimé-

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l4l. gg»«* wpl>y«r.— Cm «erra. eoratsomiaiitcoiDiiiedjiM lec»s ^ttMt^A ■ \' i|u<: l'i-fCurl à «upknrer pour faire mouler le poton de b yiinHf pKil4iite ni à peu prê^ întittniiûnt ; 9* qoe. poor le iaire desf/iulf. il tmA lui appli(|uer une furce au moîDs égale au poids dnae tiAuutw. 'I f-au ayant pour lia«e b Miriace du pisli», el pour hanleur b diOanu! tfTlû;al« de l'urilice d'écvulemeot au nJTeau de l'eau dans le

A ce dernier pcHiil de tup, les deux systèmes de pompes que nous venon* d'^liidier prê»enlent une gnode analogie; nuis ■■ r * entre eoi celte difléiimc« e<i»eiitielle, que b pompe aspirante ne peut élerer l'eau que jiiiqu'à une hauteur liari(é«, landri que la pompe roulante, théoriquemenl du nu>in«, peut b porter â une hauteur quelconque, pourra qu'on applique au (tistm une force suffisante. — Dans la pratique, il f a toujours une limite, bquelie dépend de la résistance des parois ' de b pompe, iH du contact plus ou moins parfait qui existe entre elles et le pinton.

188, Pompe U incendie. — La pompe i incendie {fig. 165) est une pompe foulante. Elle présente, comme la machine pneumatique ordinaire, un «YKtèmi! de deux corps de pompe accouplés ; ces deux corps de pompe «ont clablU l'un à câl^ de l'autre dans une même bâche de bois, qu'on a Koin de maintenir conitamment pleine d'eau pendant la manœuvre. Les

POIfPBS A LIQUIDES. 153

pistûDSa, a, 8c»rt misen mouTement au moyen d'un fort levier 00, mobile lutoor d'un axe horiionlal qui passe par son milieu-, tandb que l'un d'eui s'éiéve, l'autre s'abaisse, et inversement. Au heu d'envoyer l'eau directement dans le (ujau d'ascension^ iU la reroulenl dans un réservoir e qui contient de l'air; le luyau d'ascension dd prend naissance à la partie inférieure de ce réservoir. Quand le piston de gauche descend, la soupape b

Fig. 16S. — l'oiDpe i invenilie.

qui lui correspond se ferme, l'eau soulève la soupape c, et pénétre dans le réservoir e, dont elle comprime l'air; celui-ci réagit par son élasticité et pousse l'eau dans le tuyau d'ascension. Quand le piston de gauche remonte, c'est le piston dedroile qui refoule le liquide dans le réservoir. L'iir étant sans cesse comprimé, même aui instants où le mouvement des pistons change de sens, il en résulte un jet sensiblement régulier, condition importante il remphr dans les pompes â incendie. — Pour que le jet soit animé d'une grande vitesse, on termine le tujau d'ascension par un tube de cuivre ou lance, dont l'orifice ii un diamètre moindre que le luyau lui-même.

189. Po^pa aspirante e( tonlaate. — Celle pompe est, comme son nom l'indique, un« combinaison des deux précédentes. Son corps de pompeCC'l^- IGG) s'emplitpur aspiration lorsquele pistons'élêve ; il se vide quand le piston s'abaisse, et le liquide est alors poussé dans le tuyau de refoulement R. On voit donc que l'appareil fonctionne alternalivenieni comme une pompe aspirante et comme une pompe foulante.

Lorsqu'on se propose d'élever l'eau à une très-grande hauteur, la pression énorme que supportent les couches en contact avec la base du piston tend à chasser le liquide à travers les interstices qui existent toujours entre les parois du corps de pompe et la surface latérale du piston -. de lï ime notable perle de travail, et une diminution de la hauteur à laquelle l'eau peut être poussée. On obvie à ces inconvénients et l'on réalise une

ISt PBSAHTEUR ET HIDHOSUTIQUE.

fermeture beaucoup plus exacte, en remplaçant le piston ordinaire par iiii pUton plongeur. 1^ ligure 1 67 représente un pislon de cette espèce, formé d'un cylindre métallique A, dont la hauteur es) beaucoup plus grande que le diamètre; œ cylindre ne lo-jche pas la paroi du corps de pompe, mais il traverse une garniture d'étoupes, qui est adaptée à sa partie supérieure.

Pompe ajplnnte

foulante. Fig. 1C7, — Piiloa [ilonjeur.

et qui reste (lïe pendant le mouvement du piston. Quand le piston s"élève, les soupapes B s'ouvrent, et l'eau s'introduit par aspiration dans le corps de pompe ; qunnd il s'abaisse, c'est la soupape C qui livre passage à re:iu dont le pislon prend la place (*),

i 90. Pomjpe aapIrftHle *t <MvMolr«. — On modifie quelquefois un peu la consiruction de la pompe aspirante, de manière à la rendre capable

(') Pendant l'opintion. la pmsion lupporlée par l'eiu qui pénétre dans le corps do pompe étnni mûiiidreque celte de l'atinosphcre, une portion de l'ait dissous se dénage (ISI) ; >a bout d'un cerl^in temps, il s'en accumule ainsi uni- quantili^ assez considérable à l'entour du piMon. La préienee d« ee gai diminue le débit de la pompe. et peut mérae finir par le rendre tout à fait nul ; en effet, une partie de l'enurl qn'on Rierce sur 1c piston pour te bîre descendre n'est plus employée qu'à comprimer l'air. el t Rccrollre sa force élastique jusqu'3 cequ'elte devienne égale i la pression de la colonne d'eau nulevée dans le luyau d'ascention ; c'est seulement alon que le liquid*

rOlins A LIQDIDBS.

moins grande dans un faijiati (fat-

d'élever l'eau î une hauteur plus ot cmàm E {fig. 168). Un ferme alor:

corps de pompe à sa partie supériei et l'on fait.passer la tige da piston d une garniture d'éloupes fixe. A chai ascension, le piston aspire l'eau du p sard et élève dans te tuyau E celle est au-dessus de lui ; chaque fois q descend, la soupape 6 se ferme e liquide traverse les orifices des seupa • et*', landis qup son niveau deme immobile dans le tuyau d ascension Cette pompe, qu on nomme atpire tt ilévatoirt, agit en realile par as ration, et par refoulement seiilemc c'est pendant l'ascension du pi<^ton < l'eau est refoiiléedans le tube latéral,, -tu lien d'être refoulée peu dant la descente comme dans la pompe qui précède.

On reconnaîtrait facilement que la force qu'il faut appliquer au piston, pour élever l'eau jusqu'au sommet du tuyau d'ascension, est égale au poids d'une colonne liquide ayant pour base la surface de ce pi si on et pour hauteur la distance vertica le de l'orifice d'écoulement an niveau dans le y ,gg p ^^ |.pniug luriugiie

puisard.

191. Pompet méHogèret. — hes pompes deslinéi-s aux usages domestiques et dites pompe* méjiagèret sont souvent disposées pour servir, à volonté, comme pompes simplement aspirantes, ou bien comme pompes

p«id>nl que le piilon d^trend.

lU PESANTEUR ET HYDROSTATIQUE,

aspii-antes et élévatoires. Dans celle que représente la figure 164, si le robinet K du ttiyau de déversement est fermé, l'eau pénètre dans le Uiyau d'ascension I et peut s'y élever à une hauteur plus ou moins considérable, par exemple jusqu'aux étages supérieurs d'un bâtiment.

192. Êpuitemeitl de» mine». — Pour extraire des mines les eaux qui s'accumulent dans les gnleries, on emploie en général un système de pompes élévatoires, établies à dilTérenles hauteurs dans un puits vertical, et dont chacune puise l'eau dans la hache ou elle a été pcHiée par la pompe qui est placée immédiatement au-dessous. Les tiges des pistons de toutes ces pompes sont Axées à une m£me tige, qui s'étend dans toute la hauteur du puits {la inaltrette lige), et qui reçoit son mouvement d'UDe machine à vapeur ou d'une macliijie hydraulique située à l'eitérieur (')-

193. Preue h^draallqne. — Nous relTOUvons la pompe aspirante et foulante dans la presse hydraulique, dont nous n'avons indiqué jusqu'ici que le principe (68). — Telle qu'on l'emploie dans l'industrie, cette machine présente un certain nombre de pièces qu'il nous reste à faire cou~ naUre.

Les figures 170 et 171 donnent de la presse hydraulique, la première une vue d'ensemble, la seconde une coupe verticale. — En F Ifig. 170)

Fi;. 170. — Presse hydiiulùjae.

est une pompe aspirante et foulante, à piston plongeur, que l'on fait jouera l'aide du levier CH ; l{fig.\H) est le piston, M et \ sont les soupapes de cette pompe; elle puise l'eau dans un réservoir placé au-dessous,

O GeUe diiposïtion rend inutile l'emgiloi de piitoni plongeurs, auxquels'il laiiilnil nfceraairemanl recourir si l'ontoulail élever l'eau, d'un seul jel. â une grande hauteur, au moyen d'une pumpe fouUnte unique; ellapermel aussi Je n'employer 4 CB genre de service que dn pompes (sseï grossières, puisque chacune d'elles ne doil «lever

POSPBS A UQUIDE8. tW

et la refoule par le luyau L dans le cylindre A. Ce cylindre, dont le diamèlre est beaucoup plus grand que celui du corps de porope F, renrerme aussi un piston plongeur B, lequel porte un plateau C {fîg. 110); audessus de ce plaleau, se trouve une plate-foiTiie fixe D, inrariablenient reliée au cylindre par de solides colonnes de fonte E, E. L'es objets qu'on veut soumettre à l'action de la presse sont placés entre les deux plateaux.

PiB.171.

— Quand on fait jouer la pompe, l'eau qui s'introduit dans le cylindre A, chaque fois que le piston descend, pousse de bas en tiaul le piston B, et par suite le plateau C ; la distance des deux plateaux diminuant ainsi graduellement, les matières qu'on a placées entre eux sont soumises a une compression croissante.

Ui presse hydraulique est destinée & exercer des pressions extrêmement considérables et longtemps prolongées; il importe donc d'ériler qu'il s'établisse aucune fuite k l'eniour du piston B. Celte condition, partiellement remplie déjà par l'emploi d'un piston plongeur au lieu d'un piston ordinaire, ne l'a été d'une manière complète que par l'introduction d'un dispositif spécial, dû à l'ingénieur anglais Bramah.Une garniture de cuir Q de forme particulière {cuir embouti) est établie autour du piston B {fig. 171), dans une gorge circulaire creusée dans la paroi du cylindre ; cette garniture, dont la figure 1 72 représente une moitié seulement, est formée d'une couronne, primitive- ^n^^^^— — ^«^ ment plaie, dont les bords ont été repoussés au JiQjJIH^^^^^B maillet. — L'eau qui pénétre dans cette espèce p^ ^^^

de rigole renversée, et qui hii transmet la pression qu'elle supporte, applique son bord interne contre la surface du piston et son bord externe contre la paroi du cylindre : la fermeture est donc d'aulwl plus parfaite que la pression développée dans l'appareil est plus considérable.

La presse hydraulique a de nombreuses spplicalions dans les aris et

1S8 PESANTEUR ET llYDROSTATtQUIi.

dans rindaslrie; elle est employée pour l'exlntction des huiles et du sue de la betterave; dans la fabrication des bougies, du papier, du vermicelle, etc., etc.

194. Slpk*B. — Le ûphon est un tube recourbé aca' {/ig. 173), tormè de deui branches d'tn^le longueur-, on l'emploie pour le transvasement des liquides.

Pour en établir la théorie, supposons que les deux branches, entièrement pleines d'eau, plongent dans des réservoirs dont les niveaux mn et m'n' soient situés à des hauleurs diH'érentes, et cherchons, dans ces conditions, à estimer les pressions qui s'exercenl aux deux exlrémilés de la colonne liquide aca'. — Soit c le point le plus élevé du liquide; la couche ab, située au niveau iiin, reçoit de haut en bas une pression égale à celle d'une colonne d'eau ayant pour base ab et pour h.iuteur la dbtance verticale h du point c au plan mn; de bas en haut, ab reçoit la pression de l'atmosphère. Désignons par H cette dfflvière pression, évaluée en colonn e d'ea u (envi ron 1 0", 4) ; la couche ab, et par suite toute la colonne liquide contenue dans le siphon est sollicitée, dans le sens aca', par une pression égale à la différence II — II. Soit de même fig. J75. k' la hauteur du point c au-

dessus du niveau m'n'; la pression résultante qui s'exerce de bas en haut sur la couche a'b', et qui sollicite la colonne liquide dans le sens a'ca, est H — h'.— Si donc, comme le suppose ici la figure, h' est plus grand que h, l'eau est poussée dans le siphon, du niveau le plus élevé mn vers le niveau le plus bas, et la pression qui détermine ce mouvement, évaluée en colonne d'eau, est égale A la différence entre H— A et H — fi', c'est-à-dire â ft'— A.

L'eau s'écoulerait dans le même sens encore, lors même que l'extrémité de la plus grande branche du siphon s'ouvrirait librement dans l'atmosphère, ainsi que le représente la figure 174. Il sufâl, pour cela, que le liquide ail été amené dans la branche DC au-dessous du plan de son niveau dans le vase V, ou, comme on dit, que le siphon ail été amorcé.

Si le liquide qu'on se propose de transvaser est de l'eau, on amorce en général le siphon en aspirant avec la bouche, par l'extrémité ouverte C,

une pariie de l'air qu'il contient; l'eau monte alors dans la brancheAB, el passe de li dans la branche DC. — Hais ce procédé ' serait dangereux s'il s'agissait de liquides tels que des acides concentres; on enw ploie, en pareil cas, des siptaons tels que ABU (/!9.175).

Près de l'eilrémilé C de la gnnde branche, est soudé UD tube latéral ado ; on aspire par l'orifice o de ce tube, en tenant l'ouverture C Termée BTec le doigt ; quand le liquide atteint le point a, on relire le doigt et la bouche.

Le siphon est alors amorcé, et .. ...

l'écoulement continue aussi

longtemps que le nireau dans le vase V est plus élevé que le point d'inserlion a du tube latéral, où s'exerce la pression atmosphérique (*).

Fig. ns. — siphon pour l(

h qui dtlermiii aiiioD ilmDipMriqva; lercées par l'«linos|iU

Fig. 176. — Vase de Tantale.

195. Vase de Tantale. — Le vase de Tantale est un verre à pied contenant un siphon {fig. 176); la grande branche traverse le fond et s'ouvre

librement à Textérieur. Si l'on verse de Teau dans le verre, elle pénètre peu à peu dans la branche de droite, où son niveau est d'al)ord sur le même plan horizontal que dans le vase; puis, au moment où le niveau extérieur atteint le sommet C de la courbure, l'eau passe dans l'autre branche, où elle se répand à cause de la pression exercée de bas en haut à Torifice intérieur du siphon; celui-d une fois amorcé, Fécoulement continue, jusqu'à ce que le ni^au MN de l'eau se soit abaissé aundessous de l'extrémité de la petite branche du siphon.

196. Pipette.^ On emploie souvent, pour transvaser de petites quantités de liquides, un tube tel que OC (fig. 177), renflé en son milieu A et terminé à la partie inférieure par un orifice très-étroit : cet instrument prend le nom de pipette. — Supposons qu'en le plongeant dans un vase contenant de l'eau, on l'ait empli entièrement de ce liquide; si l'on applique le doigt sur l'extrémité supérieure 0, de manière à la fermer exactement, et qu'ensuite on retire la pipette, le liquide y demeure soutenu par la pression atmosphérique (124). Vient-on à enlever le doigt, cette pression s'exerce aux deux extrémités de la colonne; le liquide s'écoule donc, en vertu de son poids, sous la forme d'un mince filet, tandis qu'il pénètre de l'air dans la pipette par la partie supérieure. Enfin, si, pendant l'écoulement, on ferme de nouveau l'orifice supérieur avec le doigt, il sort encore un peu de liquide ; mais, le volume de l'air intérieur augmentant, sa force élastique diminue : il arrive donc un moment où cette force élastique qui s'exerce en A, ajoutée à la pression de la colonne liquide AG, fait équilibre à la pression atmosphérique; l'écoulement s'arrête alors, et ne reprend que si Ton enlève le doigt appliqué en 0. — Le plus ordinairement, on emplit la pipette en aspirant, avec la bouche, à la partie supérieure, et on place le doigt dès que le liquide est arrivé à une hauteur convenable.

Fig. 177.

Pipette.

niveaux mn et m'n' {fig. 173) comme égales entre elles. C'est là du reste une approximation parfaitement légitime daus la plupart des cas, puisque la distance verticale des deux niveaux est presque toujours très-peu considéiahle. — Mais si l'on exerçait artlflciellement sur mn et bur m'n' des pressions différentes, il faudrait, dans le calcul, tenir compte de ces pressions. Représentons par H et H' leurs valeurs en colonne d*eau ; si H — A est supérieur à H' — h\ l'écoulement aura lieu encore dans ■le sens aca'; mais il s'effectuera dans le sens opposé, si c'est H'— h' qui est plus grand q\ie H — *.

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