‹ Traité de physique expérimentale et mathématique (volume 2)Chapitre 24 sur 121 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Sur les destructions et les reproductions de chaleur qui s'observent pendant le changement d’état des corps .

Le thermomètre nous a fait découvrir que la température de chaque corps reste constante , pendant que ce corps se fond ou se vaporise. Si on continue à le chauffer pendant la durée de ces phénomènes , toute la chaleur que l’on produit se détruit , elle n’a d’autres effets que de continuer à fondre le corps ou à le vaporiser.

Cette destruction de chaleur est un fait si remarquable qu’il nous faut y insister particulièrement.

Gn en peut observer les effets dans une infinité de circonstances, autrement que par l’immobilité du thermomètre. Prenez une certaine quantité d’eau, par exemple, un poids de dix kilogrammes, et chauffez-la jusqu’à la température de 75 degrés centésimaux. Alors mêlez—y 10 kilogrammes d’eau liquide, à la température de la glace fondante , et provenant de la fusion de la glace ; vous aurez ainsi 20 kilogrammes d’eau à une température d’environ 67,5, c’est-à-dire, exactement ou presque exactement intermédiaire entre celle des masses égales que vous avez mêlées. Mais si au lieu de ces 10 kilogrammes d’eau froide encore liquide , vous employez 1 o kilogrammes de neige ou de glace fondante , par conséquent à la même température , avec cette seule différence d’être encore solide, la température du mélange , après la fusion de cette glace ou de cette neige , sera précisément de o degrés; ainsi , l’eau liquide à zéro , en se mê-r lant avec l’eau chaude, la refroidit beaucoup moins que ne fait le même poids de glace ou de neige à la même température, qui s1’ y réchauffe et s’v fond tout à la fois (1).

(x) Pour mieux apprécier l'intensité du refroidissement produit par la

Page 1