CHAPITRE X
Lois du Magnétisme terrestre a différentes latitudes.
Nous avons annoncé, dans le chapitre III, que l’inclinaison, la déclinaison et l’intensité des forces magnétiques n’étaient pas les mêmes pour toute la terre. Nous avons maintenant les procédés nécessaires pour fixer exactement l’état actuel de ces phénomènes. Il ne faut que transporter successivement en divers lieux une même aiguille aimantée ou des aiguilles comparables, et y observer les trois élémens que nous venons de désigner. Cette grande expérience a été entreprise vers l’an 1700, par le célèbre astronome Halîey , auquel le gouvernement anglais confia un vaisseau uniquement destiné à le transporter successivement, avec ses instrumens , dans les diverses parties du globe. Mais les recherches de Halley ayant pour objet principal la détermination des longitudes d’après les déclinaisons de la boussole , il s’attacha surtout à observer cet élément , qui malheureusement paraît être le plus variable. De sorte que, lorsqu’on veut décrire aujourd’hui l’état du magnétisme terrestre , on est obligé de recourir aux observations isolées des navigateurs plus modernes. Mais les aiguilles dont ils ont fait usage, n’étant point comparées les unes aux autres , et leurs manières d’observer n’étant pas les mêmes , on conçoit que ces différences doivent jeter beaucoup d’anomalies apparentes dans les résultats ; de sorte qu’on peut tout au plus espérer d’v reconnaître les circonstances les plus générales des phénomènes , sans pouvoir les mesurer dans leurs détails. Enfin , ce qui augmente encore les difficultés, on manque lout-à-fait d’observations dans une grande partie du globe , où elles seraient d’autant plus nécessaires , que l’ensemble des faits semble y indiquer l’action de causes locales extrêmement remarquables,, dont il est im-
LOIS Dü MAGNÉTISME TERRESTRE.
possible de se faire une idée autrement que par l’expérience même. C’est pourquoi je me bornerai ici à indiquer ce que l’on peut jusqu’à présent reconnaître sur la marche générale des phénomènes , sans entreprendre de les lier par des calculs dont les données les plus nécessaires nous manqueraient. Cela suffira pour indiquer aux voyageurs les points du globe sur lesquels il serait principalement utile de diriger leurs efforts et de multiplier leurs observations.
Je considérerai d’abord les inégalités de l’inclinaison magnétique dans les divers climats de la terre , parce que ce phénomène paraît varier avec le temps beaucoup moins que la déclinaison. Pour y découvrir quelque loi , la première chose à faire , ce doit être de déterminer les points du globe où l’inclinaison est nulle; en sorte qu’une aiguille qui, avant d’être aimantée , s’y tient horizontale, y demeure encore horizontale après l’aimantation. La suite de ces points forme sur la terre une ligne courbe que l’on nomme Y équateur magnétique , et que tous les auteurs ont jusqu’ici regardée comme un grand cercle incliné sur l’équateur terrestre d’environ 1 20. C’est en effet ce qu’indiquent toutes les observations faites sur une étendue de plus de 180° de longitude , dans l’Océan Atlantique, la mer des Indes et la partie de la mer du Sud qui baigne les côtes de l’Amérique méridionale. Pour le faire voir , supposons que M' , M", fig. 35, soient deux points du globe où l’observation a montré que l’inclinaison était nulle ; menons le grand cercle AE'E", pour représenter l’équateur terrestre; et soit AM un autre grand cercle perpendiculaire à AE' E", pour représenter le méridien terrestre , dont les longitudes sont comptées sur l’équateur. Alors si des points observés M** M" on mène d’autres portions de méridien M/E/, M ' E^ pareillement terminées à l’équateur, les arcs AE' , AE', que je nommerai l' l" , seront les longitudes des points observés M'M",et les arcs E' M', E'/M//, que je nommerai A", en seront les latitudes géographiques. Cela posé , si par ces points on mène un arc de grand cercle qui aille couper l’équateur quelque part en N', à une distance du
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point A égale à AN' ou x , et sous une inclinaison M'N'E', que je désignerai par i , les deux triangles sphériques M'ïCE', M"N"E", rectangles en E;, E/; donneront les deux éc|uations
tang 1 r=r
tan g A
s in (T — n ) ?
d’où l’on tire, en éliminant f,
tang 1
tang a'
sin [i'
tang x ~-~
tang Av sin ï — tang A' sin/' tang A" cos H tang A' cos *
Cette équation déterminera .r , c’est-à-dire la longitude da nœud du grand cercle, et l’autre déterminera son inclinaison (1). Or si toutes les observations faites en diverses parties du monde, étant combinées ainsi deux à deux, donnent toujours pour x et i à peu près les mêmes valeurs , on sera en droit d’en conclure que l’équateur magnétique est en effet un grand cercl© du globe terrestre , du moins dans l’étendue embrassée par les observations dont on a fait usage. Pour voir jusqu’à quel point cette indication est satisfaite , j’ai calculé le tableau suivant :
(x) Celte expression de rang x serait peu commode pour l’emploi des logarithmes; il vaut mieux en tirer
tang x' sin (lu — /')
tan0 (7 x) taiîg x» __ tang x' cos (/" — i') J après quoi, prenant un angle auxiliaire © , tel qu’on ait
tang x' sin (E — /')
tang p
tang x
on trouve, en éliminant tang x" ,
sin ( 7 " — !') sin p
tang (l' - x) = ■
Le tableau suivant a été cafcuîé par ces deux formules.