‹ Traité de physique expérimentale et mathématiqueChapitre 79 sur 94 · IU ~ 34 10 38 U R · texte numérisé non relu

IU ~ 34 10 38 U R

Considérez maintenant ces différens arcs dans l’ordre où ils se suivent, comme représentant les sept couleurs principales de la lumière simple qui composent le spectre ; en sorte que la circonférence entière représente toute la série des nuances par les-

(1) Cette division n’exige qu’une simple règle de société. Comme la somme de toutes les fractions est à 36o°, ainsi une des fractions est à l’arc qui lui coirespond. La somme des fractions est 4- JL JL ? 0u Si l’on veut, par exemple , l’arc qui correspond à la fraction 4, sa valeur

sera

ou

quelles cette lumière passe depuis les premiers rayons rouges jusqu’aux derniers rayons violets. Puis ayant déterminé les centres de gravité de tous ces arcs successifs en rojvbiu, pîacez-en chacun d’eux un poids proportionnel à l’arc total qui y correspond, et considérez ces poids comme autant de forces qui tendent à tirer à elles le centre C, et l’œil qu’on y suppose placé. Dans la supposition présente , il est évident que l’œil restera en repos comme placé au centre de gravité de tous les poids , et ce repos répondra à la blancheur parfaite que produit en lui la sensation simultanée de toutes les nuances de la lumière simple , lorsqu’elles sont mélangées selon les proportions où elles se trouvent naturellement dans le spectre. Mais maintenant supposez ces proportions altérées , comme elles le sont toujours dans un mélange coloré qui diffère de la blancheur ; alors il faudra placer sur chaque centre de gravité partiel , non plus le poids total de l’arc correspondant , mais la moitié ou le tiers , ou en général le ne de ce poids , selon que le mélange donné contiendra la moitié ou le tiers, ou le quart, ou en général la ne partie de toute la lumière qui compose cette couleur dans le spectre. Cela fait , si vous prenez le centre de gravité commun de tous ces poids partiels , il ne coïncidera plus en général avec le centre du cercle total. Cependant , s’il y coïncide, la couleur du mélange sera encore la blancheur ; si , au contraire , il s’approche beaucoup d’un des centres partiels , le mélange offrira la teinte dominante qui appartient à ce centre. Enfin , quelque part qu’il tombe , en g , par exemple, il n’y aura qu’à mener du centre à ce point la ligne C g; alors la direction de cette ligne indiquera la teinte dominante du mélange , et sa longueur ou la distance du point g au centre indiquera sa vivacité. Par exemple , si Cg se trouve exactement intermédiaire entre CY et C J , la couleur composée sera le meilleur jaune ; mais si Cg s’approche davantage de C I ou de CV, ce jaune tirera davantage sur l’orangé ou sur le vert. Dans la première supposition , si le point g tombe très-près de la circonférence , la couleur sera forte et vive au plus haut degré; s’il tombe à moitié chemin entre la circonférence et le centre, la couleur sera moitié moins

forte, telle que serait un mélange du jaune le plus vif avec une égale quantité de blanc. En général , si l’on représente la distance Cg par A, le rayon du cercle élant i , i — A exprimera très-approximativement la proportion de blanc qui entre dans la couleur composée, et A exprimera la proportion excédante que cette couleur contient de la couleur simple vers laquelle Cg se dirige. De sorte que l’on connaîtra ainsi la nature de la teinte et son intensité. Néanmoins on doit ajouter cette restriction ,que, si le point g tombe sur la ligne C R , ou très-près de cette ligne , le rouge et le violet étant alors les principaux élémens de la teinte composée, elle ne pourra plus répondre à aucune des couleurs prismatiques , mais elle formera un pourpre tirant sur le rouge ou sur le violet , selon que le point g s’écartera de la ligne C R vers l’une ou vers l’autre de ces couleurs ; et dans ces deux cas, le pourpre ou violet composé aura plus de feu et d’éclat que le simple. En général, on remarque la plus grande analogie entre les effets du violet et du rouge ; jusque-là, par exemple, qu’avec du bleu et du rouge on forme des mélanges qui produisent sur l’œil la sensation d’un beau violet ; et c’est cette espèce de retour des teintes sur elles-mêmes, tout-à-fait analogue à la consonnanee des octaves , qui a porté Newton à rapprocher, comme il l’a fait souvent, les impressions des couleurs diverses de celles que produisent les intervalles musicaux.

D’après l’étendue que sa règle assigne aux arcs représentatifs des sept nuances principales du spectre , il ne s’en trouve pas deux dont les centres de gravité soient opposés diamétralement. Ainsi , en quelque proportion que deux de ces nuances soient mêlées , leur centre de gravité commun ne pourra jamais tomber au centre même de la circonférence ; ce qui indique qu’elles ne pourront pas former du blanc, mais seulement une teinte pâle fort approchante du blanc. C’est en effet ce que l’expérience confirme : « Car, dit Newton ,en mêlant seulement deux couleurs primitives, je n’ai pas encore pu faire un vrai blanc. J’ignore même si on pourrait y parvenir avec trois couleurs ; mais ce sont là des curiosités qui ne servent que peu ou point du tout à rintelligencc des phénomènes naturels ; car

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