‹ Traité de physique expérimentale et mathématiqueChapitre 85 sur 94 · SUR LA VIS I03V PAR DES PRISMES · texte numérisé non relu

SUR LA VIS I03V PAR DES PRISMES

■fouge y sera en dedans,, le violet en dehors , et la distance des deux arcs rouges sera 5o° bg — 4?j0 2/ ou 8° 57*.

Telles devraient donc être les dimensions et les distances des deux arcs-en-ciel qui paraissent sur les nuées , si le soleil n’était qu’un point. Mais cet astre a un diamètre apparent sensible , dont la valeur moyenne peut être supposée d’environ 3 où D’après cela , si l’on considère les arcs que nous venons de déterminer comme produits par des rayons émanés du centre du disque , les rayons émanés des bords ou de l’intérieur formeront autant d’arcs pareils et de même grandeur , mais qui auront chacun pour axe la ligne menée de l’observateur au point du disque d’où ils seront émanés. Par conséquent , si du point C on décrit une circonférence de cercle C' G " C" égale au diamètre apparent du soleil, il ne se formera pas seulement autour de ce point un arc violet intérieur à la distance de 4o° 17'; mais il y aura autant de ces arcs qu’il y a de points dans le cercle C ' C" C'" qui peuvent devenir centres à leur tour ; c’està-dire qu’il se formera une bande circulaire violette, d’unelargeur égale au diamètre apparent du soleil , et dont le rayon intérieur sera 40° 1 7' — 1 5' ou 4o° 2', l’extérieur 4o° \rjf -\~ 1 5' ou 4o° Br/. De même l’arc rouge qui se trouvait à 420 2' de O C deviendra une bande rouge , dont le bord extérieur aura pour rayon 4 1° 47' <, et l’extérieur 42° 17 ? de sorte que la largeur totale de l’iris compris entre ces extrêmes sera 420 1 7' 4°° 2* ou 20 i5',

plus grande de 3o' que si le soleil 11’était qu’un point. De même la largeur de l’iris extérieur , que nous avions trouvée de 3° 10% deviendra 3° l\o' , son rayon intérieur qui était 5o° 5^' deviendra 5o° 44 5 et l’extérieur qui était 64° g' deviendra 54° 24'; enfin la distance des deux iris , qui était d’abord 8° 67' , sera réduite à 8° 27'. Mais à cause de la largeur et de la superposition des arcs partiels qui les composent, leurs couleurs seront beaucoup moins tranchées que dans la première supposition. Or ces dimensions , déterminées par le seul calcul , sont exactement conformes à celles que l’observation indique, du moins quand les couleurs des arcs sont les plus vives et les mieux marquées. Car Newton, ayant un jour mesuré un arc-en-

EFFET DE LA DISPERSION

ciel par îe moyen des instrumens qu’il avait alors, trouva que le plus grand diamètre de l’iris intérieur était d’environ 4^ degrés, et que la largeur du rouge, du jaune et du vert de cet iris , pris ensemble , était d’environ 63 ou 64 minutes , outre trois ou quatre minutes qu’on y pouvait ajouter en considération du rouge extérieur qui était affaibli et obscurci par l’éclat des nuées d’alentour. La largeur du bleu était d’environ 4o minutes au moins, sans compter le violet, qui était si fort obscurci par l’éclat des nuées, qu’il ne put en mesurer la largeur. Mais en supposant que la largeur du bleu et du violet pris ensemble fut égale à celle du rouge , du jaune et du vert réunis , toute la largeur de cet iris intérieur devait être d’environ a 0 i5', comme ci-dessus. La plus petite distance entre cet iris et l’iris extérieur était d’environ 8° 304 L’iris extérieur était plus large que l’intérieur; mais la teinte en était si faible, surtout du côté bleu, qu’il ne fut pas possible d’en mesurer la largeur distinctement. Une autre fois que les deux arcs paraissaient plus distincts, Newton trouva que la largeur de l’iris intérieur était de 2 degrés 10 minutes , et que dans l’extérieur la largeur du rouge , du jaune et du vert, était à la largeur des mêmes couleurs dans l’iris intérieur comme 3 à 2.

Newton , dans l’endroit de l’optique où il expose cette admirable théorie, attribue la première idée de l’explication de l’areen-ciei à Antoine de Dominis , archevêque de Spalatro , qui, dit- il , la confirma par des observations faites sur une boule de verre remplie d’eau, et placée dans diverses situations par rapport au soleil et à l’œil de l’observateur. New! on ajoute que Descartes a rectifié l’observation de l’arc en-ciel extérieur. Mais probablement il n’avait point lu par lui-même l’ouvrage de Dominis : car il aurait vu que ce prélat, après avoir vaguement conçu que l’arc-en-ciel pouvait être produit par réfraction dans les gouttes d’eau , n’a point cherché à confirmer cette idée par les expériences dont parle Newton , et la manière dont il expose la formation de ce météore n’a aucun rapport avec la vérité. C’est réellement à Descartes , et à Descartes seul , que ces expériences appartiennent. Ce philosophe a fait pour la

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