‹ Traité de physique industrielle, production et utilisation de la chaleur (volume 2)Chapitre 100 sur 182 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

1005. Une intéressante application de la chaleur a pris une grande importance dans ces dernières années; nous voulons parler de Tutilisation de la chaleur à la désinfection.

Les appareils, dans lesquels s'effectue cette opération, sont connus sous le nom d'étuves de désinfection.

Les grandes découvertes de M. Pasteur ainsi que les recherches d'éminents médecins hygiénistes, ont fait connaître que les maladies transmissibles et infectieuses ont, en général, pour cause Faction de micro-organismes vivants qui, en passant d'un individu malade à un individu sain, propagent la maladie et que le moyen le plus sûr de combattre la contagion, c'est de faire de la désinfection, c'est-à-dire de détruire les germes pathogènes qui propagent les maladies contagieuses. La destruction de ces germes peut être obtenue par différents procédés dont l'un, le plus énergique et le plus sûr, consiste à soumettre à l'action d'une température suffisamment élevée, pendant le temps nécessaire, les objets qu'on veut purifier. C'est Needham qui le premier, au cours de recherches sur la possibilité de la génération spontanée, a songé à utiliser la chaleur pour détruire des germes vivants.

Les conditions essentielles auxquelles doivent répondre les étuves de désinfection sont en général les suivantes :

Certitude de destruction des germes pathogènes et de leurs spores ;

Rapidité d'action, afin de pouvoir avec un matériel restreint combattre une épidémie naissante ;

Conservation sans altération des tissus et objets mis en traitement.

Pour satisfaire à ces conditions, le mode d'emploi de la chaleur est loin d'être indifférent.

Déjà, en 1701, Leeuwenhoek découvrit que certains animalcules, les rotifercs, présentent, lorsqu'ils ont été préalablement desséchés, une résistance considérable à l'action destruclive de la chaleur sèche. Spallanzani montra de son côté que les rotifères et d'autres animalcules reviviscibles meurent sans retour lorsque, placés dans Feau, celle-ci est chauffée à une température de 4a'' C. environ. Les mêmes animalcules desséchés et chauffés à sec dans le sable résistent fort bien à une température de 80^ G.

De nombreuses expériences, faites en 1860 par une commission, composée de membres de la Société de biologie, établirent que (( les rotifères peuvent se ranimer après avoir séjourné quatre-vingt-douze jours dans le vide sec et subijimmédiatement après une température de loo*" C. pendant trente minutes ».

Ces faits permettaient de prévoir que la chaleur sèche est un mauvais agent de désinfection. On a constaté, en effet, dans les premières étuves à désinfection où l'on utilisait l'air sec et chaud, qu'il fallait, pour obtenir une destruction certaine des bactéries et de leurs spores, élever la température et prolonger la durée de son action à tel point que les objets placés dans les étuves se trouvaient souvent fort endommagés. D'ailleurs, la répartition de la température dans les étuves laissait tellement à désirer que l'on ne pouvait jamais être sur que la désinfection fût complète. Ainsi, M. Yallin a constaté qu'un thermomètre à maxima, placé au centre d'un matelas exposé depuis 5 heures à la chaleur d'une étuve sèche à 118», ne marque que 5o^.

Une couverture de laine enroulée et exposée pendant 5 heures à cette même température est légèrement roussie à l'extérieur, tandis qu'un thermomètre placé à son intérieur n'indique que 78\ Skr. II. — 29

Des expériences faites par Koch ont donné lieu à des constatations absolument analogues.

De nombreux essais avaient montré que la chaleur humide a, sur les organismes, une action destructive bien supérieure à celle de la chaleur sèche ; on songea alors à humidifier Tair chaud employé dans les étuves. A cet effet, on introduisit de la vapeur d'eau, après que la chambre de désinfection avait été préalabl^ ment chauffée par Tair chaud. Il y eut une certaine amélioration; toutefois, dans les étuves établies d'après ce principe, il faut encore au moins 4 heures, y compris le temps de séchage, pour assurer la désinfection complète d'un matelas (Schimmel).

M. Max Gruber a conclu de ses expériences sur l'étuve Thursfield, à mélange d^air chaud et de vapeur d'eau, que : « ni au point de vue de la destruction des micro-organismes, ni au point de vue de la rapidité de la pénétration de la chaleur à l'intérieur des objets à désinfecter, le mélange d'air et de vapeur d'eau ne présente de supériorité sur l'air sec chaud ».

M. le D' Vinay, MM. Salomonsen et Levison ont également tiré de leurs essais des conclusions tout à fait désavantageuses pour ce genre d'appareils qui est aujourd'hui condamné par la très grande majorité des hygiénistes.

On essaya aussi l'action de la vapeur d'eau surchauffée, mais, la vapeur étant, sous cet état, un véritable gaz présente tous les inconvénients de l'air chaud. On eut également recours à la vapeur saturante, et les résultats furent incomparablement supérieurs à ceux qui avaient été jusqu'alors constatés.

Indépendamment, en effet, de l'uniformité rigoureuse de température que Ton peut obtenir en tous les points d'une enceinte pleine de vapeur saturante, ce fluide agit d'une manière excessivement rapide, probablement en raison de son énorme chaleur de vaporisation que le moindre abaissement de température suffit à mettre en liberté, si l'on opère à pression constante.

Quoi qu'il en soit, la vapeur saturante est aujourd'hui employée sous deux formes différentes et on distingue :

1° Les appareils à courant de vapeur saturante à loo' C;

a^ Les appareils à vapeur saturante sous pression.

DÉSINFECTION. 45i

Les premiers de ces appareils, assez mal accueillis dès leur début en France, onl longtemps joui en Allemagne d'une grande faveur, reposant sur des appréciations mal fondées. Mais des expériences faites dans le laboratoire du docteur Koch par un de ses élèves, M. Globig, sont venues prouver toute rinfériorilé des étuves à courant de vapeur saturante à loo''.

M. Globig a en effet montré que certaines spores, desséchées sur un fil de soie, demeurent encore vivantes après tin séjour de cinq à six heures dans Vétuve de Koch. Ces mêmes spores restent aussi vivantes et susceptibles de multiplication après une immersion de quatre heures dans Peau bouillante. Elles sont tuées au bout de vingt-cinq minutes par la vapeur saturante à iiS""; dix minutes suffisent à 120'.

M. Max Gruber soumit les spores du bacille du foin, desséchées sur des fils de soie, à l'action d'un courant de vapeur d'eau à 100*" pendant deux heures et demie. Non seulement ces spores ne furent pas détruites, mais, ensemencées dans un liquide de culture, elles n'offrirent ni affaiblissement, ni ralentissement dans leur végétabilité.

M. Hueppe déclare également « qu'on peut, dès maintenant, considérer la marmite de Papin comme l'appareil de stérilisation de Tavenir, et qui est destiné à bref délai à prendre dans les laboratoires la place qu'occupe encore en Allemagne le poêle à vapeur fluente (à 100*) de Koch ».

Nous avons emprunté ces renseignements si intéressants au remarquable article que vient de faire paraître M. le professeur 1. Strausdans \es Archives de médecine expérimentale [mBX^ 1890).

Toutes les constatations que nous avons reproduites ci-dessus» émanant des principaux hygiénistes des pays où les étuves à courant de vapeur ont joui pendant longtemps d'une si grande faveur, sont concluantes et montrent que les étuves à courant do vapeur à 100^ doivent nécessairement céder le pas aux étuves à vapeur saturante sous pression. Il existe un certain nombre de types de ces appareils à pression : étuves à vapeur sous pression de Washington Lyon, de Leblanc, de Genesle et Herscher, etc.

De nombreuses expériences ont été faites sur les appareils de

ce genre par MM. les D" Grancher, Gariel et A.-J. Martin et nous empruntons à rarticle de M. Straus l'appréciation suivante :

L'appareil Geneste et Herscher « jouit d'un pouvoir désinfectant bien plus rapide et plus puissant que les appareils à courant de vapeur à loo®. Ces derniers nécessitent trois fois plus de temps pour désinfecter les objets de literie que le désinfecteur Geneste et Herscher; d'autre part, la terre de jardin, soumise pendant une heure au séjour dans l'étuve à vapeur courante conservait encore des germes vivants et susceptibles de végétation, tandis que ces mêmes germes étaient sûrement tués, au sein des objets les plus volumineux et poreux, après un séjour de vingt minutes dans l'étuve à vapeur sous pression à i io*-i i5" ».

Quoique les appareils à vapeur saturante sous pression soient les seuls dont on ait reconnu l'efficacité au triple point de vue de la désinfection, de l'économie et de la facilité d'application, nous avons cru devoir décrire sommairement quelques étuves choisies parmi les divers types d'appareils à désinfection qui ont été successivement en usage jusqu'ici.

Ces appareils peuvent se diviser en six classes principales :

Etuves à gaz ; étuves à air chaud ; étuves à air chaud et vapeur sans pression ; étuves à vapeur surchauffée sans pression ; étuves à vapeur saturante à loo"* C; étuves à vapeur saturante sous pression.

Le D' A.-J. Martin, estime avec raison que, pour comparer entre eux les effets obtenus dans les diverses étuves, il faut surtout étudier les résultats de la désinfection de& matelas qui sont les objets les plus difficiles à désinfecter, en raison de leur épaisseur et de leur consistance. On a constaté en effet qu'en se servant des appareils des quatre premières classes, il faut au moins quatre heures pour purifier les matelas traités dans les étuves et que la longue durée des opérations ne pouvait que favoriser l'altération des tissus soumis à la désinfection. Afin de faciliter les opérations et d'abréger leur durée, on a essayé d'établir dans les étuves à air chaud et à vapeur sans pression, une pression de o'', i correspondant à une température de io3*C., mais ces étuves étant en général de forme rectangulaire, leurs

parois planes et minces ne peuvent sans déformation supporter une pression de looo kilogr. par mètre carré et, de plus, les joints de leurs portes sont difficilement étanches.

Lies étuves à vapeur surchauffée n'offrent pas plus d'avantages. La vapeur étant, sous une pression donnée, portée à une température supérieure à celle qui correspond à son point de saturation, se comporte à peu près comme Tair chaud. La désinfection peut alors rester incomplète et ces étuves donnent même moins de sécurité que les précédentes.

Les étuves à courant de vapeur à loo'' sont préférables aux précédentes, mais, comme le montrent les expériences que nous avons rappelées, elles sont inférieures aux étuves à vapeur sous pression. Par exemple, a il suffit d'obtenir, dans l'étuve de MM. Geneste et Herscher, la température de 106"» C., ce qui est facile, pour tuer sûrement, même au sein d'un matelas^ tous les microbes pathogènes éprouvés ». (Rapport officiel du Comité consultatif d'hygiène publique de France.) Cet appareil est disposé pour permettre de faire varier, à volonté, la pression de o^,5 à la pression atmosphérique, ce qui facilite l'imprégnation complète des objets en quinze minutes.

1006. Étuves à gaz. — Elles sont, en général, formées d'une chambre cylindrique ou rectangulaire dans laquelle on suspend les objets à désinfecter. A la base de cette chambre sont disposées une prise d'air et plusieurs rampes à gaz munies chacune d*un petit jet d'allumage appelé allumeur. Ces rampes servent au chauffage de l'étuve et au sommet de celle-ci est établie une cheminée d'évacuation pourvue d'un registre.

Les opérations s'effectuent comme suit : on ouvre d'abord les robinets des petites conduites qui desservent les allumeurs et on enflamme ceux-ci. On ferme la porte de l'étuve ainsi que le registre de la cheminée, puis on ouvre les robinets des conduites qui alimentent les brûleurs, et les rampes s'allument sur toute leur longueur. On laisse la combustion s'effectuer jusqu'au moment oh le thermomètre placé à l'intérieur de la chambre marque une température de lao à iSo"" C. On introduit alors les matelas et les vêtements ou linges à purifier. On règle les

robinets des rampes et au besoin on en ferme quelques-uns, de façon à maintenir la température de isîo°, pendant le temps nécessaire à l'épuration. Il faut cinq à six heures pour que cette température s'établisse au cœur d'un matelas ; la durée du chauffage est d'environ une heure à une heure et demie pour les vêtements et linges, à moins que les paquets ne soient trop volumineux.

On lit la température sur un thermomètre et on ne laisse pas celle-ci dépasser 1 20® lorsqu'on épure les étoffes de laine, et l'io"* lorsqu'on traite des tissus de coton. Quand la température s'élève au delà de ces limites, les objets subissent ordinairement des détériorations.

Afin d'éviter les chances d'incendie pouvant résulter de la chute d'un tissu sur les brûleurs à gaz, on dispose à une certaine hauteur au-dessus des rampes un grillage arrêtant les objets qui tombent quelquefois pendant les opérations.

1007. Dans d'autres étuves, les rampes à gaz, au lieu d'être placées directement au-dessous des objets à traiter, sont disposées dans deux gaines latérales débouchant près du plafond de la chambre d'épuration (fig. 578). Des prises d'air extérieur permettent d'entretenir la combustion des rampes et les gaz chauds se rendent au sommet de l'étuve. Ils descendent ensuite progressivement et peuvent être évacués par des orifices réservés à la base de l'étuve et communiquant avec une cheminée d'appel. Toutefois, pour réduire les pertes de chaleur et par suite la dépense de gaz, on fait repasser, pendant toute la durée de la désinfection, les gaz chauds de l'étuve au conctact des rampes et on n'introduit que la quantité d'air neuf nécessaire pour entretenir la combustion.

L'opération a lieu comme dans le cas précédent : on commence par chauffer l'étuve; dès que la température de 120** est atteinte, on introduit les objets à purifier qu'on a préalablement suspendus à un châssis glissant sur des rails établis près du plafond de la chambre d'épuration et se prolongeant en dehors d'une quantité suffisante. Les portes étant refermées, on continue le chauffage en s'attachant à maintenir les températures de 120 ou i3o"

selon la nature des objets. Pour empêcher que, en cas d'inalleotion du chauffeur, la température ne dépasse les limites fkées, ce qui pourrait amener la détérioration des objets soumis à l'épuration, on se sert de régulateurs de température permettant de faire varier automatiquement le débit du gaz, c'cst-à-

Fig. 578.

dire de modérer ou d'activer la combustion selon les besoins. Quand l'opéralioa est terminée, on éteint les brûleurs et od évacue directement les gaz chauds par un conduit spécial muni d'une valve et mettant en communication le haut de l'éluvc et la gaine d'évacuation. On relire les objets désinfectés et od peut recommencer une nouvelle opération.

Dans ce système, les gaz chauffés entrant dans Tétuve près du plafond sont toujours plus chauds que ceux qui se trouvent près du sol et il est presque impossible d'obtenir une température égale dans toute la hauteur de Tétuve. Pour obvier dans une certaine mesure à cet inconvénient, on place dans la partie haute de la chambre les tissus végétaux qui peuvent, sans altération, supporter des températures plus élevées que les tissus de laine ou de soie. Mais il faut remarquer que Von n'est janiais sur de ne dépasser en aucun point les températures au delà desquelles se produisent les détériorations et qu'il n'est pas rare de retirer de l'étuve des objets roussis.

1008. Étuves & air chaud. — On désigne ainsi les appareils dans lesquels l'air est chauffé au contact de batteries desservies par de la vapeur ou de l'eau chaude ou par les produits de la combustion d'un foyer.

Une étuve à air chaud (fig. 079) est ordinairement formée d'une chambre rectangulaire à double paroi en maçonnerie. Lorsqu'on veut rendre l'étuve transportable, on la construit en tôle, et l'intervalle entre les deux parois est rempli de corps mauvais conducteurs (escarbilles, pierre ponce, laine de scories, etc.). Quel que soit le mode de construction de l'étuve^ les objets à désinfecter sont portés par un chariot roulant sur des rails qui se prolongent en dehors de l'étuve. L'avant et l'arrière de celle-ci sont munis chacun d'une porte en tôle que Ton maintient fermée à l'aide de vis de pression.

A la base de la chambre se trouve une forte batterie de tuyaux recevant la vapeur ou Teau destinée à produire le chauffage. Contre les murs longitudinaux de l'étuve sont également placés des tuyaux de chauffage, formant parois chaudes. La température dans la chambre de désinfection est plus unifonne que dans l'étuve à gaz à circulation, parce que la batterie de chauffage inférieure rayonne sur les objets placés dans le bas de l'étuve; en même temps l'air qui s'échauffe au contact de cette batterie s'élève et tend à augmenter la température de Tair qui descend vers le centre de l'étuve.

Celle-ci est pourvue d'orifices d'entrée d'air et de bouches

d'évacuation, comme les étuves à gaz ; loutefois l'opération de la désinfection s'effectue, dans les appareils de ce système, plus régulièrement que dans les étuves à gaz. Le chariot mo-

bile roule sur des rails et l'intervalle existant entre ceux-ci est garni d'un plancher perforé destiné à retenir les objets qui pourraient tomber des chariots.

1009. Étuve & air cbaud et à vapeur sans pression. — Les observations faites par de nombreux expérimentateurs oot montré que la désinfection restait généralement incomplète quand les objets à purifier étaient simplement soumis à l'action (le l'air chaud sec, et qu'en faisant intervenir la vapeur d'eau on obtenait des résultats plus satisfaisants.

On a alors injecté dans les éluves de la vapeur à loo" au

moyen d^un tuyau percé d'une multitude de petits orifices et disposé à la base de Tétuve, un peu en contre-bas de la batterie inférieure de chauffage.

Lorsque Tétuve et les objets qu'elle renferme ont été portés à une température de iio à iiS"* C, il faut laisser refroidir à 100** et faire une injection de vapeur à la pression atmosphérique ; on termine ensuite par une nouvelle exposition à la

Fig. 58o.

chaleur sèche à ii5". La vapeur d'eau à loo® tend à mieuï pénétrer les objets que Tair chauffé à i lo**, et on a constaté que certaines spores, qui résistaient à l'action de Tair sec chauffé à II 5**, étaient détruites lorsqu'on faisait intervenir la vapeur à loo**. Si la vapeur sans pression était employée à une température supérieure à ioo°, elle agirait comme un gaz et ne produirait pas l'effet cherché.

Lorsqu'on opère sur des matelas ou des paquets volumineux, la pénétration reste toujours lente et incertaine; on aétécon-

duit à recourir, à un ventilateur, mù à bras ou par un moteur, et qui met en mouvement Tair sec ou Tair humide, sous une pression assez faible, mais cependantsuffîsante pourproduire la circulation rapide de Tair. On modifiée son gré la température et Tétat hygrométrique de cet air et on le force à passer à travers les objets à épurer, linges, vêtements ou matelas.

L'appareil employé (fig.58o) se compose d'une étuve ordinaire à double paroi garnie de matière isolante, et d'un calorifère à air chaud. Les parois du foyer sont formées par un bouilleur à section annulaire destiné à fournir la vapeur nécessaire à Topération. L'étuve et la chambre d'air du calorifère communiquent par deux conduits, Tun, placé vers le haut des appareils et sur lequel est installé le ventilateur, permet de faire arriver Tair chaud dans Tétuve et même de l'amener au centre des matelas à traiter; lautre, disposé à la base, sert à ramener au calorifère l'air qui a traversé Tétuve. La vapeur nécessaire à l'humidification, pendant la seconde période de l'épuration, est injectée dans le conduit d'air chaud par un tuyau branché sur un autre qui débouche à l'air libre. Ces deux tuvaux sont munis chacun d'un robinet et les clefs de fermeture sont solidaires et disposées à 90® Tune de l'autre, de sorte que, lorsqu'on ouvre le robinet établissant la communication avec l'étuve, on ferme celui de l'échappement direct, et inversement. Avant d'effectuer l'injection de vapeur, il faut avoir soin de ramener à ioo° la température de l'étuve, ce qui peut se faire simplement en évacuant une certaine quantité d'air chaud qu'on remplace par de l'air neuf pris à l'extérieur.

1010. Étuve à vapeur surchauffée de Dobroslavine. — Pour obtenir une température supérieure à loo* C. avec de la vapeur sans pression, on a établi des étuves à vapeur surchauffée. Celle que nous représentons (fig. 58i) comprend une chambre d'épuration cylindrique placée à l'intérieur d'une chaudière également cylindrique, disposée concentriquement. Le vide entre l'étuve proprement dite et la chaudière est rempli d'une dissolution concentrée de sel marin, dont le point d'ébullilionest 108* C. environ.

La chaudière est chauffée par un foyer inférieur muni de

pieds supportant l'ensemble de l'appareil. Les produits de la combustion, avant de se rendre à la cheminée circulent dans un carneau en spirale établi sous le fond de la chaudière.

La vapeur, destinée à l'épuration des objets, est amenée au contact de ceux-ci par un tuyau qui vient du sommet de la chaudière, plonge dans la dissolution saline chaulTéc à loS** et débouche au bas de la chambre d'épuration. Celle vapeur se surchauffe dans son parcours k travers le tube, vient ensuite circuler au contact des objets à épurer déposés dans i'étuve et s'échappe enlin dans l'atmosphère.

L'alimentation d'eau est réglée par

une caisse à Qotteur disposée dans la

chaudière même. On obtient dans

I'étuve une température pouvant s'éio-

f- ^^1 ver de loa" k 107°. Le service se fail

par une porte à fermeture hermétique

permettant l'introduction, dans I'étuve, des objets à épurer el

leur enlèvement lorsque l'opération est achevée.

1011. Étave & vapeur à. la pression atmosphérique (100''C.)deRietscheletHeimeberg. — Cetteétuve(fig.5g:ii est établie d'après le type primitivement étudié par Robert Koch. Elle se compose d'un cylindre vertical, en t6le galvanisée, à fonds plats, entouré de matières isolantes et mobile autour de deux tourillons creux opposés, fixés à mi-hauteur de ta calandre et portés par deux supports en fonte. L'un des tourillons cnuimunique avec un tuyau d'échappement ouvert k l'air libre, l'autre avec un tuyau partant du sommet d'une chaudiËre en fonte et servant à amener dans I'étuve de la vapeur à loo" C.

La chaudière, placée dans un fourneau en maçonnerie sur lequel sont fixés les supports de I'étuve. est chauffée à feu nu. Elle porte un niveau d'eau et un tube d'alimentation surmonlé d'un entonnoir dans lequel on verse l'eau nécessaire au ser\i« de la chaudière.

Leau cnndeDsée sortant de Tétuve redescend dans l'entonnoir

par un petit tuyau spécial branché à la base du tuyau d'écbappe-

ment.

Lorsqu'on veut se servir de l'étuve, on amené le cylindre dans

la position horizontale, on ouvre le couvercle, on introduit la

cage dans laquelle sont placés les objets à épurer, on referme et on redresse le cylindre. On fait passer la vapeur pendant un certain temps, et lorsque l'opération est terminée, on retire les objets qu'il faut ensuite soumettre au séchage.

lOlS.Étuve & vapeur & 100° de van Overbeek.— La chambre de désinfectien est métallique, à double paroi et garnie (l'une enveloppe isolante. L'intervalle entre les parois forme la chaudière de l'appareil [hg. 583). On met de l'eau dans la chau-

462 DËSINFECTION.

dière jusqu'à mi-hauteur de la chambre intérieure et on chauffe au moyen de rampes à gaz; certaines étuves sont pourvues d'un foyer h combustible ordinaire. La vapeur produite par le chauSTage entre dans la chambre d'épuration par le haut, et l'air de celle-ci s'évacue par le bas. Lorsque l'appareil est chaud, on omTe la porte de l'étuve.on întroduil les objets à désinfecter et on referme le plus rapidement possible. La vapeur afflue par le haut de l'^tuve, expulse l'air rentré, et les objets sont alors soumis à l'action de la vapeur pendant un tempsplus ou moins long suivant leur Kig. S83. nature et leur volume. Enfin

on ouvre la porte de l'étuve, on sort les objets et on peut recommencer une nouvelle opération. Dans ce système, comme dans le précédent, les corps sortant de l'étuve sont mouillés, il faut les sécher avant de les emmagasiner.

1013. Ëtnve & vapeur sous pression de W. L.yon. — Cet appareil (fig. 584) est formé d'un cylindre métallique allongé, pourvu d'une enveloppe de vapeur et destiné à recevoir les objets à purifier. Ce cylindre, ouvert à ses extrémités, peut être fermé au moyen de deux portes ou fonds bombés, montés sur deux fers à T terminés par des tiges filetées sur lesquelles on visse les écrous destinés à effectuer le serrage et k assurer i'hennélicité des joints. Le local recevant l'étuve de désinfection est partagé en deux compartiments par une cloison transversale qui coupe extérieurement l'étuve. Dans l'un sont déposés les objets à désinfecter, et l'autre reçoit les objets purifiés. C'est seulement par l'intérieur de l'étuve que s'effectue le passage d'un compartiment à l'autre. Les objets sont placés sur un chariot, introduits dans

l'étuve et soumis à l'action de la vapeur saturée à la pression

de 2 atmosphères, correspondant à une température de iai° C.

Avec ce système la durée de l'opération est moindre qu'avec

les appareils précédents; la désinfection dans toute la masse est mieux assurée, en raison de ce que la vapeur humide en pression fait pénétrer rapidement et avec certitudela chaleur au centre (les objets les plus épais comme les matelas, lits de plume, etc.

1014. Ëtuve & vapeur sous pression de Geneste et Herscber. — Il a été reconnu que la vapeur saturante à la température de 108° C. détruit sûrement tous les microhes pathogènes exposés à son action pendant un temps très court (moins d'un quart d'heure). Il a été également ohscrvé que la vapeur humi<le à cette température n'altérait pas d'une façon appréciable les objets soumis à l'épuration, même après plusieurs traitements successifs.

Dès que ces faits furent établis avec précision par les travaux des médecins et des hygiénistes, MM. Geneste et Herscber coDstruisirent une étuve à désinfection dans laquelle on fait agir la vapeur saturante sous pression à la température de 108 à 109° C. On peut, au besoin, atteindre une température de 1 1 5"

OU même plus encore ; mais il est rarement utile de soumettre les objets à ces dernières températures.

L'étuve (fig. 585) est constituée par un corps cylindrique, horizontal, en t6le, à simple paroi et dont les extrémités sontmunies d'une cornière dressée formant collerette extérieure. Les fonds du cylindre sont emboutis, mobiles autour d'un axe et servent de portes; Tune, située à Tavant, permet l'introduction d'un chariot roulant sur rails et sur lequel on dépose les objets à traiter; l'autre, placée à l'arrière, livre passage à ce même chariot, après que l'épuration est terminée. Le bord extérieur des portes est plat et vient s'appliquer contre la cornière d'extrémité de l'étuve, ce qui permet, par l'interposition d'une garniture, d'obtenir un joint hermétique. Le serrage se fait au moyen de boulons articulés, munis d'écrous à oreilles et qui viennent s'appliquer dans les échancrures extérieures des collerettes.

L'étuve est recouverte d'une enveloppe isolante extérieure; elle renferme deux batteries de surfaces chauffantes, l'une à sa base, l'autre à son sommet, lesquelles reçoivent de la vapeur par une prise spéciale ; elle est munie d'une voie ferrée avec prolongement extérieur à l'avant et à l'arrière pour la manœuvre du chariot. Le prolongement d'avant est seul représenté sur la figure 585.

L'appareil est complété par une tuyauterie de vapeur avec robinets, manomètres et soupapes de sûreté.

Lorsqu'on ne dispose pas de vapeur dans rétablissement où l'étuve est placée, on installe une petite chaudière à vapeur pourvue d'une tuyauterie de raccordement avec l'étuve.

Pour mettre l'étuve en service, on envoie de la vapeur dans les surfaces chauffantes, afin d'assurer le chauffage des parois pendant l'opération et d'éviter les condensations. Dès que l'étuve est chaude, on ouvre la porte d'avant, on fait entrer le chariot sur lequel on a préalablement placé les objets à épurer. Lorsque la porte est refermée, on introduit la vapeur à la partie supérieure de la chambre, on évacue par un tuyau de purge l'air que renferme celle-ci. Lorsque la vapeur sort par ce tuyau, on ferme l'orifice d'évacuation et on laisse monter la pression

jusqu'à 0^,5 environ, on obtient ainsi une température voisine de io8* à 109**, reconnue suffisante pour assurer la désinfection. Au bout de i5 minutes l'opération est complète. On peut constater facilement, au moyen de thermomètres à maxima, les uns enfoncés au centre des matelas à épurer, les autres placés en divers points de Tétuve, que la température s'établit régulièrement partout et que la chaleur a pénétré au cœur même des objets traités.

Les pesées successives faites, avant et après Tépuration, ont montré qu'un matelas pesant i3 kilogr., absorbait environ 600 grammes d'eau pendant l'opération. On constate que le matelas est humide, mais en réalité n'est pas mouillé. Cependant, on ne pourrait le mettre en magasin dans cet état et il faut le sécher avant de le sortir de l'étuve. Pour cela, on ferme le robinet d'introduction de vapeur, on ouvre le tuyau d'échappement et, par une tubulure spéciale^ on laisse entrer l'air daus l'étuve. Cet air s'échauffe au contact des batteries de surfaces chauffantes qui restent toujours alimentées de vapeur, se charge d'humidité et est évacué à l'extérieur.

L'opération du séchage exige environ un quart d'heure.

1016. Dans la teinturerie, on se sert des étuves à vapeur sous pression pour fixer sur des écheveaux de fil ou sur des tissus les matières colorantes dissoutes dans une substance albuminoîde. Sous l'action de la vapeur, l'albumine se coagule et on obtient l'impression proprement dite.

M. le D' Vinay , dans son important rapport sur la valeur pratique des étuves à désinfection, signale qu*il faut tenir compte de cette propriété lorsqu'on soumet à la désinfection par Tair chaud ou la vapeur les tissus imprégnés de sang, de pus infectieux, etc. Sous l'action de la vapeur ces matières albuminoïdes donneraient lieu à des taches fort difficiles à faire disparaître.

Pour éviter la production des taches, il suffit de tremper les objets, avant la désinfection, dans une solution très étendue de permanganate de potasse. Ce sel agit lui-même comme désinfectant et décolorant, il n'altère pas les tissus, mais laisse «n^

légère teinte qu'on peut faire disparaître par Faction d'une solution très étendue d'acide sulfureux.

Le lavage ordinaire à Teau naturelle permettrait bien d'éviter les taches, mais on ne doit pas, autant que possible, recourir à ce procédé, qui a l'inconvénient de contaminer les eaux et d'exposer à la contagion le personnel chargé de ce travail.

1016. Stations de désinfection. — Plusieurs villes possèdent actuellement des établissements dits stations de désinfection, où l'on pratique la désinfection des objets contaminés appartenant aux particuliers. Ces établissements sont tout à fait isolés, comme à Nottingham, Berlin, Leipzig, etc., ou ils dépendent d'un autre établissement d'assistance, tel qu'un hôpital (Marseille, Montpellier, Grenoble, Nice, etc.), ou un asile de nuit (Paris, rue du Château-des-Rentiers actuellement, et bientôt aussi rue des Récollets et rue de Chaligny).

Le modèle presque partout adopté est celui que la ville de Berlin a édifié il y a trois ans ; il n'a subi que des modifications de détail dans les diverses applications qui en ont été faites depuis cette époque. En France, les étuves à désinfection par la vapeur sous pression, sont exclusivement employées dans les stations de désinfection.

Une station comprend deux parties nettement séparées, l'une recevant les objets à purifier, l'autre les objets épurés. Ces deux parties ne communiquent entre elles que par Tintérieur des étuves. La transmission des ordres pour le service s'effectue par des sonneries.

A Berlin, la désinfection est obligatoire dans tous les cas d'affections transmissibles tels que choléra, fièvre typhoïde, variole, diphthérie, fièvre puerpérale, etc. Les objets à désinfecter sont mis dans des sacs en toile et placés dans une voiture spéciale qui les amène à la station de désinfection dans la section des objets à épurer. A leur arrivée ces objets sont déposés sur un chariot spécial que Ton introduit ensuite dans l'étuve, où on le laisse séjourner pendant un temps plus ou moins long.

Parmi les autres établissements ouverts au public sous certaines formalités à remplir, nous signalerons les Monts-de-Piété.

A Paris, deux d'entre eux sont pourvus d'étuves de désinfection dans lesquelles on fait passer tous les matelas, lits de plume, oreillers, etc., avant de les ranger dans les mag^asins.

L'opération s'effectue dans des étuves à vapeur sous pression, el la durée du traitement pour les objets les plus volumineux ne dépasse pas une demi-heure, y compris le temps nécessaire au séchage.

L'un des résultats de l'emploi des étuves dans les dépôts du Mont-de-Piété a été de faire disparaître la vermine qui infestait les magasins de cette Administration.

1017. Étuves locomoblles. — Les appareils de désinfection dont nous venons de nous occuper sont généralement établis à demeure, et cependant on conçoit qu'il y ait avantage, dans nombre de cas, à pratiquer, en temps d'épidémie, la désinfection par la vapeur sous pression le plus près possible du local contaminé. On a donc été conduit à construire des étuves transportables. Cette solution est d'autant plus indiquée que la maison où se trouvent les objets à purifier est plus éloignée d'un centre habité, où l'on pourrait avoir établi une étuve fixe.

C'est ainsi qu'au cours de l'épidémie de suette miliaire qui a sévi dans quelques départements du centre de la France il y a trois ans, le gouvernement, à l'instigation de M. le professeur Brouardel, président du Comité consultatif d'hygiène de France, s'est préoccupé des dangers que faisait courir à la santé publique l'absence d'appareils de désinfection dans les villages, hameaux, fermes isolées où se montrait la maladie. Comme on ne pouvait songer à détruire par le feu tous les vêtements, linges, objets de literie, matelas, etc., on a voulu recourir à la vapeur sous pression pour purifier les objets contaminés.

MM. Gènes te et Herscher construisirent alors un type d'étuve locomobile (fig. 586) dont la chambre d'épuration est formée d'un cylindre en tôle, fermé à l'avant par un fond embouti fixe el à l'arrière par une porte à fermeture hermétique. Le corps cylindrique est monté sur un châssis à quatre roues, recevant une chaudière à vapeur à vaporisation rapide. En avant se trouvent une pompe destinée à l'alimentation de la chaudière et un

siège dont le cofTre sert de magasin de combustible, de caisse à outils, etc.

L'appareil foucLionaant ordisairemenl en plein air, l'étuve et la chaudière ont été recouvertes d'une enveloppe isolante en bois dans le but de réduire les pertes de chaleur par les parois.

L'étuve Jocomobile présente intérieurement les dispositions

(irincipales de l'étuve fixe, savoir : batteries de chaufTage, chariot, rails, etc. La voie extérieure est remplacée par un fer à I roulant entre des galets et pourvu d'un crochet qui permet de saisir l'extrémité du chariot et de la maintenir pendant la manœuvre. Les opérations d'épuration s'elTectuent comme dans les étuves fixes.

1018. Étuves de bord et chalands de désinfection. — Afin de prémunir la France contre les maladies dites pestilentielles exotiques, le choléra, la fièvre jaune, la peste, etc., mais aussi afin de diminuer ie plus possible les entraves qu'on est alors obligé de faire subir au commerce iAteruational, M. le D' Proust, inspecteur général des services sanitaires, a depuis six ans appelé l'attention sur les avantages de la présence

à bord et dans les lazarets, d*étuves à vapeur sous pression. Lorsqu'un navire est muni d'un de ces appareils et que la désinfection y a été opérée en cours de traversée, la Santé l'admet généralement aujourd'hui en libre pratique dans les ports français ; sinon il doit subir la désinfection au lazaret, et là encore les étuves à désinfection par la vapeur sous pression, diminuent considérablement la durée des quarantaines.

Les étuves de bord, à vapeur sous pression, sont d'un type spécial ; leurs dimensions sont plus restreintes et elles présentent des dispositions qui en rendent l'aménagement facile sur les navires.

Dans les ports qui n'ont pas de lazarets, lorsqu'un navire suspect se présente, l'administration sanitaire maritime doit renvoyer au lazaret le plus voisin. On a pensé que dans la plupart des cas, il y aurait avantage et économie à pratiquer la désinfection à proximité de ce navire, et dans ce but on a été amené à construire des chalands de désinfection. Lorsqu'il y a lieu un chaland est amené près du navire dont la cargaison doit être soumise à la désinfection. Ce chaland est surmonté d'un roof dans lequel sont installés les appareils d'épuration; le roof est divisé par une cloison, en deux parties, Tune recevant les objets à épurer, l'autre les objets purifiés. Une petite chaudière fournit la vapeur nécessaire aux opérations.

1019. Désinfection des caisses & biscuits. — On a employé les étuves à vapeur sous pression pour détruire les insectes qui séjournent dans les fentes des caisses à biscuits servant à transporter aux colonies les vivres des troupes. Des expériences ont montré qu'en six minutes, les insectes, les larves et les œufs étaient détruits par la vapeur sous pression à 1 lO"* C. On fait passer les caisses dans une étuve à vapeur sous pression, garnie de batteries de chauffage, afin d'éviter le mouillage des parois des caisses. La vapeur d'eau qui a pu pénétrer dans le bois s'évapore à l'air libre, et les caisses sont parfaitement sèches lorsqu'elles sont refroidies.

1020. Désinfection des ^wagons. — Pour la désinfection des wagons à bestiaux, du matériel des écuries, étables, abat-

toirs, marchés aux bestiaux, etc., qu'on ne peut introduire dans les étuves, il a fallu recourir à des procédés particuliers. On sait, en effet, que c'est par suite de la contamination de ces objets que les épizooties se développent.

La projection de la vapeur d'eau sous pression n'a pas donné de résultats bien satisfaisants ; cette vapeur, en se détendant, perd en effet très vite sa température. On a essayé de surchauffer

Fig. S8;.

préalablement la vapeur, mais la conduite de l'opération présente beaucoup de difflcuttés.

MM. Geneste et Herscher ont établi un appareil k l'aide duquel on lance un mélang;e d'eau chaude prise à la température de 175 a 180° et de liquide antiseptique (chlorure de zinc, acide crésylique, etc.).

L'appareil {fig. 587) est locomobilc, il comprend une chaudière à vaporisation rapide, fixée sur un train de voiture à quatre roues, lequel porte également un réservoir d'eau et un récipient

conlenanl la solution antiEeptique, qui peut être chauffée au

besoia.

Afin d'atteindre facilement toute la surface des objets à purifier, on se sert d'un long tuyau ilexible dont l'exlrémilé est pourvue d'un petit ajutage par lequel sort le jet de liquide chaud servant à la désinfection.

L'eau du générateur, soumise à une pression de 8 à io kilo-

grammes, et le liquide antiseptique passent dans un éjecleur; le ' mélange est violemment projeté contre les objets & désinfecter et le liquide peut ainsi pénétrer dans leurs tissures.

L'appareil de désinfection de MM. Geneste et Herscber est facilement transporlable, il peut être traîné par trois bommes, c'eslà-dire par le personnel chargé des opérations. On a pu, avec cel appareil et trois hommes, exécuter en quinze jours un travail que ne pouvaient faire six hommes en deux mois. Ce moyeu

d'épuration est non seulement très énergique, mais encore facile à employer.

M. le D' Redard, médecin en chef des chemins de fer de l'État, a tenté d'employer la vapeur surchauffée à la désinfection des parois des wagons. Il se sert, à cet effet, de la vapeur fournie par une chaudière de locomotive. Cette vapeur passe dans un appareil surchauffeur, desservi par un foyer spécial, et est projetée au moyen d'une lance montée à l'extrémité d'un tuyau flexible partant du surchauffeur. L'extrémité de la lance est promenée à faible distance de la paroi à purifier et le jet de vapeur doit détruire les organismes.

1081. Appareil pour rincinératlon des objets de pansement et des rebuts provenant du nettoyage des salles de malades. — La plupart des administrations hospitalières se préoccupent avec juste raison des dangers qui peuvent résulter de la dissémination des poussières et des détritus provenant des salles de malades ; elles ont été amenées à réaliser la combustion de tous les rebuts venant des hôpitaux. Ces rebuts sont généralement sans valeur, et, lorsqu'il s'agit d'objets qui pourraient être utilisés dans l'industrie, le traitement à leur faire subir donnerait lieu à une dépense qui ne pourrait être compensée par leur prix de vente ; on préfère donc les soumettre à l'incinération. On se trouve ainsi débarrassé de tous les rebuts sans charger inutilement le service des étuves à désinfection.

L'appareil (fig. 588) construit par MM. Geneste et Herscher se compose d'un foyer à garniture réfractaire, dans lequel on brûle de préférence des combustibles à longue flamme. Au-dessus du foyer se trouve une cuvette en terre réfractaire qui reçoit les détritus à brûler; elle est contournée par les produits de la combustion et se trouve complètement plongée dans la flamme.

Au-dessus de cette cuvette, se trouve une voûte en matériaux réfractaires et percée d'un grand nombre de petits orifices dans la partie qui correspond au tuyau de fumée. Cette disposition a pour but d'éviter l'entraînement par la flamme des fragments d'ouate ou de chiffons enflammés.

La façade de l'appareil est en fonte et munie de trois portes superposées ; les portes inférieures sont> celles du cendrier et du foyer, et la porte supérieure sert à Tintroduction des détritus dans la cuvette. Une garniture en tissu d'amiante et un levier à contrepoids sont destinés à assurer Therméticité du joint de cette porte. L'appareil complet est enveloppé dans une garniture métallique, ce qui permet de réduire autant que possible ses dimensions et d'avoir la certitude d'une complète étanchéité.

MM. Geneste et Herscher ont construit en outre des appareils dans lesquelles la chaleur est utilisée pour stériliser les instruments de chirurgie, les linges de pansement, les crachoirs des phtisiques, etc. Nous ne parlerons pas de ces appareils intéressants à plus d'un titre, mais dont la description nous entraînerait hors des limites du cadre de cet ouvrage.

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