‹ Traité de physique industrielle, production et utilisation de la chaleur (volume 2)Chapitre 110 sur 182 · PX 0,791 X 0,196 X 140 = 21,7 X P · texte numérisé non relu

PX 0,791 X 0,196 X 140 = 21,7 X P

La chaleur absorbée par Teau qui reste dans le plâtre après

sa cuisson

PXo,o52X I X i4o = 7,3xP.

La chaleur employée à vaporiser Teau enlevée :

La chaleur emportée par la vapeur d'eau à 140° :

La chaleur emportée par les produits de la combustion sVchappant à i4o° :

ps{X-^i)ct=psx i3xo,24X i4o=:;>^X 436,8.

Le combustible brûlé devant fournir la chaleur nécessaire à l'opération, on a l'équation :

p5X75oo = P(2i,7-h7,3-Moo + 3,o)-H/?5X 436,8

p5=o,oi8P ou P = 55/w

Ainsi, théoriquement, en ne tenant pas compte de la chaleur nécessaire pour décomposer l'hydrate, on devrait cuire 55 kilogr. de pierre à plâtre par kilogr. de houille ou de coke brûlé.

En supposant que la chaleur dégagée par le combustible soit uniquement utilisée à la vaporisation de l'eau du plâtre cru, Téquation précédente deviendrait :

/;5X 7500= 100 xP d'où

ps = OyOi3P ou bien P = y5ps,

CHi^UFFAGE DES SOLIDES. S35

Dans cette hypothèse, la combustion d"un kilogramme de tiouille ou de coke devrait permettre de cuire 70 kilogr. de pierre à plâtre.

En pratique, ou brûle dans les meilleurs fours de 40 à 5o kilogr. de combustible par 1 000 kilogr. de pldtre cuit.

FOURS A CHAirx.

1083. Les matières calcaires soumises h la calciDation perdent leur acide carbonique et donnent un produit connu sous le nom de chaux et utilisé dans l'industrie pour ta prépardlion des mortiers, la d(^f(^cation des jus sucrés, etc.

Les fours à chaux se divisent en :

1° Fours intermittents;

2' Fours continus ou coulants.

1084- Fours Intermittents. — Les fours intermittents employés en Picardie pour la calcination de la craie ou pierre à chaux sont formés d'une chambre conique en maçonnerie à la petite base de laijuelle se trouvent une grille k barreaux mobiles et un cendrier cylindrique (fig. 619).

l'ne galerie évasée, ménagée au bas du four, permet d'accdder au cendrier pour retirer la grille et défourner la chaux Fig. 619.

après la cuisson.

Lorsqu'on veut chaîner le four, on met la grille en place <!t on dispose sur celle-ci un peu de menu bois et dos morceaux de houille (gailleterie). On met une certaine épaisseur (o"',i6 à o°,2o) de craie en morceaux, et au-dessus on étend une couche de fines de houille maigre. Un continue ensuite h superposer alternativement des lits de craie et de houille.

La craie est réduite en morceaux de grosseur assez r^ulière longs de o",i5 à o'",ao et dont la section moyenne est de

o",07 X o",o5 environ. On casse ainsi les blocs de craie atÎD de faciliter la cuisson.

Lorsque le four est rempli au tiers de sa hauteur, on allume le feu qui s'élève peu à peu. Dès qu'on l'aperçoit près des couches supérieures, on continue ies chaînes alternatives de craie et de houille. Quand le four est plein, on recouvre sa surface d'une couverte de résidus de chaux en poussière, afin que le feu se concentre dans la partie supérieure de la masse de calcaire soumise à la calcination. Lorsque l'extinction du feu s'est produite la cuisson est achevée, on enlève les barreaux de la grille. . les morceaux de chaux descendent dans le cendrier et on le« extrait par la galerie d'accès.

Par ce procédé, il y a beaucoup de chaleur perdue et il faiil un temps assez long pour le défournement. Il est bien préfërable, lorsqu'on fait une consommation importante de chaux. Av se servir de fours à calcination continue.

Fours coulants. — Les fours coulants peuvent se diviser en fours à stratification de combustible et en fours à chauiïe séparée.

1085. Fours & stratification de combustible. — Dan< beaucoup de cas, on emploie if^ appareils dont la forme est analogue à celle des hauts fourneaux (fig. ()2o). On emploie aussi des fours cylindriques rétrécis dan?

le haut pour augmenter danscelte région la vitesse de descente et rendre le chai^ement plus facile:

la cuve est également n^lrocie dans le bas pour faciliter le dé- '*■ ^°' fournement.

On dispose le calcaire ainsi que le combustible par couches alternatives et la combustion se pmpage d'une couche k une autre. Kn réglant le défournenienl. on établit la zone de combustion au point convenable ; ordinairement c'est au i/3 k partir du sommet. De cette manière. U

CHAUFFAGE DES SOLIDES. o37

chaux a le temps de perdre sa chaleur en descendant au contact de Tair froid, qui vient entretenir la combustion, et les gaz, qui s'échappent, peuvent se refroidir en montant au contact du calcaire et du combustible introduits à basse température dans le four.

Les manœuvres de chargement et de déchargement ne présentent pas de difficultés, et la chaux retirée est froide. La hauteur de ces fours peut atteindre de i5 à 16 mètres et leur diamètre varie de 4"i5o à 5 mètres.

On peut se dispenser de chaîner les fours pendant la nuit, la zone de combustion tend alors à s'élever, mais on la rétablit le matin à la hauteur convenable par un défournement suffisant. Il faut régler l'épaisseur du combustible de telle sorte que la décarbonatation soit complète, sans qu'il y ait toutefois formation de biscuits ou chaux plombée.

Lorsque la cuisson a été poussée trop loin, les morceaux de chaux sont réduits & la moitié de leur volume primitif et fusent mal au contact de Feau.

On détermine par tâtonnement les épaisseurs de combustible à employer, en les augmentant peu à peu jusqu'à ce que la chaux qu'on retire soit entièrement cuite, ce qu'il est facile de reconnaître en cassant quelques morceaux. Si on prenait la marche inverse, c'est-à-dire en diminuant le poids de combustible introduit, on pourrait se tromper parce qu'on ne distingue pas aussi facilement la chaux plombée ou biscuit de la chaux bien cuite, que celle-ci A'nn pigeon ou inctiit.

Les morceaux de craie soumis à la cuisson restent dans le four de soixante-douze à quatre-vingt-quatre heures, soit de trois jours à trois jours et demi.

Chaque couche de combustible doit avoir de 10 à 20 centimètres d'épaisseur comme sur les foyers à grille et la couche de calcaire qui la surmonte doit être assez épaisse pour refroidir suffisamment tous les gaz. Ceux-ci ne doivent pas arriver au contact de la couche de combustible immédiatement supérieure à une température telle que l'acide carbonique puisse se transformer en oxyde de carbone.

11 faut 0*^^,800 OU un volume do houille pour cuire de 12 à 16 kilogr. ou 6 à 8 volumes de pierre calcaire.

Dans les fabriques de sucre, où Tacide carbonique sortant du four est employé à la carbonatation de la chaux ajoutée aux jus sucrés, on se sert, pour la cuisson, de coke lavé non sulfureux. En général, les combustibles qui conviennent le mieux sont Tanthracite et la houille maigre ; seulement, comme ces combustibles sont ordinairement à Tétat de fines, on les mouille pour les attacher au calcaire et les empêcher de filtrer jusqu'au bas du four.

Si on veut suspendre la marche du four, il faut arrêter l'arrivée de Tair. On fait pour cela une couverte de résidus de chaux en poussière et on peut laisser dormir le feu pendant plusieurs jours.

1086. Calcul de la quantité de chaleur nécessaire pour faire de la chaux. — Soient :

P le poids de calcaire à décomposer;

T la température à laquelle s'opère la décomposition (1 ioo"i; c la chaleur latente de décomposition du calcaire (370;; c, la chaleur spécifique de la chaux (0,21); t la température de la chaux lors du défournement ; c* la chaleur spécifique des gaz de la combustion (o,a4) ; t' leur température à la sortie du four ; s la surface de la grille en m. q. ; p le poids de combustible brûlé par m. q. ; A le poids d'air nécessaire pour brûler un kilogr. de combus-

bustible (12 kilogr.); 7500 la puissance calorifique de ce combustible.

On sait qu'un kilogr. de pierre à chaux fournit en se décomposant o''*,56 de chaux et o''^,44 d'acide carbonique.

La réduction du calcaire et le dégagement de l'acide carbonique se font ordinairement vers i 100*.

La quantité de chaleur à fournir pour décomposer un poids P de calcaire se compose de quatre parties :

1** La chaleur latente de décomposition du calcaire ou SjoP.

2* La chaleur emportée par la chaux réduite dont le poids est 0,56 P et qui, k la température r, est : o,56xo,2iPf.

i* La chaleur emportée par l'acide carbonique dont le poids est 0,44 P et qui, à la température t\ est : o,44 Xo,a4P^'.

4* La chaleur emportée par les produits de la combustion de la houille brûlée. Ce poids étant ps et le poids d'air employé par kilogramme étant A, cette quantité de chaleur est/>5(A-H i)c7'.

Admettons que la puissance calorifique de la houille employée soit 7 5oo et qu'il n'y ait pas de chaleur perdue par le refroidissement extérieur, on a :

7joo/;a=P(37o-+-o,56 X 0,21^4-0,44 X Oyi^t*)-\-ps[K-^ i)c't\

S'il n'existait dans le four que la zone de combustion (une couche de charbon avec le calcaire superposé) on aurait f = T=:f' = 1 100**, et en prenant A=i2 (minimum), on trouverait

^5 =: o, 1 5 P ou P — 6,60 ps^

c'est-à-dire que chaque kilogramme de houille pourrait décomposer 6*^,60 de calcaire.

La craie employée contient toujours plus ou moins d'humidité, la vaporisation de cette eau diminue le rendement en chaux.

Quand le four est très élevé, les gaz sortent ainsi que la chaux complètement refroidis (autre cas extrême) on peut avoir

y5oops = iyoP

Chaque kilogramme de houille réduirait plus de 20 kilogr. de calcaire.

C'est entre ces deux termes que se trouvent les résultats pratiques. Dans un four bien disposé et bien conduit, on peut traiter de i4 à 16 kilogr. de calcaire par kilogramme de houille. Dans les fours ordinaires, la production tombe à 10 ou 12 kilogr.

1087. Fours à chauffe distincte. — Les fours à stratification de combustible ne conviennent pour brûler ni le bois, ni la tourbe, ni les houilles grasses. Pour ces combustibles, il faut des fours avec foyer spécial.

On dispose alors autour du four (tig. 621), latéralemenl à la cuve, un certain nombre de foyers, afin de repartir ^alemcnl la chaleur. On fait enti'er la flamme en un point où la section e<t encore rétrécie, pour lui permettre d'atteindre jusqu'au centre Les ouvreaux des foyers lati^ raux doivent ôtre à 3 ou 4 nif^ très au-dessus du sol de di^fniirnemcnt pour que la chaux ail I'' temps de se refroidir suflisammcnt avant d'arriver à ce dernier niveau.

On utilise aiasi la chaleur <\i'< gaz de la combustion, et une partie de celle qui est renfermée dans la chaux cuite. On lai«sp pour cela une rentrée d'air dans le bas. L'air affluent s'échauffe, refroidit la chaux et vient corn- — pléter la combustion.

On peut également employer les gaz d'un foyer à llarame renversée. Un a fait des fours Fig. (iii. elliptiques avec une galerie hd-

nulairc communiquant avec le foyer et percée d'ouvreaux par lesquels les flammes péuHrenl dans le four. Les fours à chaufl'e distincte sont de construction et d'entretien plus difficiles que les fours à stratification. De plus, ils exigent, jour et nuit, une surveillance continue.

FOLR DE UOCLANGER.

1088. Les fours destinés à la cuisson du pain sont établie sur un principe spécial, car on ne saurait mettre la pâte en contact avec les gaz de la combustion. Ils sont formés d'une sole

inclinée surniootée d'une voâte très plate; le combustible se place sur la sole et la fumée sort en avant par la bouclie du t'niir, pour s'échapper ensuite par la cheminée. On commence par chauiïer les paroi» du four et, quand elles ont acquis la température convenable, on retire le combustible, on introduit les pains et la chaleur nécessaire pour la cuisson est rendue par la masse de maçonnerie. La voûte des fours, chauffée à 290". environ rayonne sur les pains.

Leur température extérieure doit atteindre 210*, tandis que celle de la mie. au centre des pains, peut s'élever à 100 ou 1 10". Cette températui-e est nécessaire pour détruire les ferments qui se trouvent dans la pâte.

Le combustible employé est en général du bots de bouleau, de peuplier ou de sapin écorcé.

On choisit de préférence «les bois Ji flamme vive, afin de chauffer la voîlte plus que la sole. La voûte agit par rayonne-

nifint, tandis que la sole '^' '"""

chauffe par contact, si

culte dernière était portée à une température aussi élevée que la voûte, la croûte inférieure des pains serait brûlée.

Lebois est un produit qui coûte cher, mais la braise qu'il laisse est de vente facile, ce qui permet de diminuer sensiblemonl les frais de combustible.

Beaucoup de fours (fig. 622) sont pourvus de plusieurs conduits de fumée, appelés ouras, qui passent au-dessus de leur voûte et vont aboutir à la cheminée. Ces ouras sont munis de registres, non représentés sur la figure, et qui permettent dérégler la combustion sur la surface de la sole.

Le chauffage du four peut s'opérer en formant avec le combustible trois charges, dont deux sont placées latéralement aux deux tiers de la profondeur du four et la troisième avant la bouche.

Lorsqu'on emploie des bois durs, comme le chône en bûcher; courtes, on étend da-v^ntage le combustible sur la sole. On peut faire sept charges ainsi disposées : deux vers les angles du fond du four, qu'on allume d'abord ; deux vers le milieu du four, dans le voisinage des parois latérales, on les allume quelques instants après ; deux dans les angles à droite et à gauche de l'entrée du four, et la dernière dans la bouche môme du four. Ces trois dernières ne sont allumées que lorsque le bois des quatre premières charges est déjà à moitié réduit à l'état de braise et on laisse le chauifage se continuer. Quand le bois est entièrement consumé, on ramène les braises à la bouche du four et on ferme les ouras aux trois quarts. Les braises sont laissées en ce point pendant cinq minutes environ, afin de donner à l'entrée du four un excès de chaleur, dont une partie se perd pendant Tenfournement et dont une autre partie sert à activer la cuisson des pains qui, introduits les derniers dans le four, en sont retirés les premiers. Si la voûte était chauffée également partout, les pains enfournés les premiers étant retirés les derniers, seraient trop cuits ; pour éviter cet inconvénient il faut donc que le fond du four soit un peu moins chaud que Tentrée. Lorsqu'on a acquis une certaine habitude de la conduite du feu, on arrive facilement à effectuer l'opération très délicate de la cuisson de la croûte du pain au degré voulu. Des fours de ce genre sont quelquefois employés pour la dessiccation du bois, des fruits, etc.

La chaleur perdue est très considérable ; on cherche quelquefois à l'utiliser en partie pour le chauffage d'un bouilleur ser-

vant à produire la vapeur nécessaire à une machine qui actionne le pétrin.

Pendant le pétrissage de la pâte, on ajoute environ 5o kilogrammes d'eau à loo kilogrammes de farine; on obtient i5o kilogrammes de pâte, et, après la cuisson, i3o kilogrammes de pain.

La température du four à la cuisson est de 3oo® et celle du pain à la sortie loo*.

La chaleur utilisée se compose de trois parties :

i" Celle employée à vaporiser les ao kilogrammes d'eau qui disparaissent* pendant la cuisson, soit

65o X 20= 1 3 ooo calories. i3ooo cal.

2" Celle employée à élever de 20 à i oo"* la température de 3o kg. d'eau qui restent dans le pain ou 80 X 3o =:r 2 400 cal.

3** Enfin, celle qui a servi à porter de 20 à 1 oo'* la température des 100 kg. de farine. En admettant que la chaleur spécifique de cette substance soit 0,5 on trouve 80 x iooXo,5 = 4ooo cal.

soit en totalité '94^0 cal.

En comparant ce chiffre au nombre de calories que peut dégager le bois ou le coke brûlé pour chauffer le four, on obtiendra facilement le rendement de l'appareil.

1089. Four locomobile, système Geneste, Herscher et Somasco. — Ce four (fig. 623), analogue au four ordinaire (le boulanger, est employé pour le service des armées en campagne, dans les voyages d'exploration, les colonies, etc. ; il se compose de deux fours superposés, enveloppés dans un coffre métallique formant le corps d'une voiture. Ce coffre, porté sur ressorts, est monté sur roues.

Les deux fours ont leur bouche d'enfournement à l'arrière de la voiture ; à l'intérieur, se trouve la sole ou carrelage en briques spéciales, surmontée d'une voûte métallique. Le dessus des voûtes est garni d'une matière incombustible, destinée à

emmagasiner la chaleur nécessaire à la cuisson du pain. Lo« bouches d'enfournement sont prot<^gées par un auvent horizontal, qu'on rabat lorsque l'appareil n'est pas en senicc: il en est de même des deux tablettes ou autels qui se trouvent en avant de ta bouche des fours. De plus, deux volel*

verticaux, un de chaque côti?, servent a protéger ces bouches latéralement.

Les deux fours sont chaulTés à la façon ordinaire, au moyen de bois brûlé sur la sole même, et la flamme frappe directement la voûte. La fumée et les produits de la combustion sont évacués par deux cheminées indépendantes, desservant chacune un four.

Lorsque la température convenable est obtenue, la braise esl retirée et on procède à l'enfournement des pains. La voûte el la sole restituent au pain la chaleur qu'elles ont emmagasinée et la cuisson s'accomplit.

La production a un appareil du type normal, composé di' deux fours superposés, est de lao kilogr. de pain par fournée. La durée d'une opération complète, y compris le chauffage enln' deux fournées, est de 80 à 90 minutes. On peut donc faire iti fournées en vingt-quatre heures et produire 1 g^to kJlogr. de pain par jour et par appareil.

Le service du four exige un personnel de quatre homnif^. le chef ou brigadier, deux pétrisseitrs et un aide ou servant-

Lorsqu'on n'a pas besoin d'une production aussi considérable, on emploie des appareils locomobiles de dimensions moindres, ff

CEIAUFF&GG DES SOUDES.

à lour unique, monté sur deux roues. Ces derniers types sont utilisés de préférence dans les colonies.

1090. Fonr démontable & angets, syatème Greneste, Hersober et Somasco. — Ce four (fig. 6a4) se compose (l'un certain nombre de travées en tôle interchangeables, ar-

Fig. 6ij.

mées de cornières en fer et qui, par leur juxtaposition, constituent une voûte métallique destinée & être chaînée de terre. Deux fonds métalliques placés l'un ft l'avant, l'autre à l'arrière, complètent l'ensemble.

Le fond d'avant est percé d'une ouverture ou bouche d'enfournement, que l'on ferme à volonté au moyen d'une porte ou bouchoir. Du fond d'arrière part la cheminée ou oura qui sert à l'évacuation des gaz de la combustion.

Un four est, eo général, formé de cinq travées ; mais on peut faire varier ce nombre et, par conséquent, augmenter ou diminuer à volonté la puissance de production de l'appareil.

(Chaque travée se compose de plusieurs éléments en tôle forte (quatre dans le cas de la figure), rivés ensemble et constituaut une poutre, dont la partie inférieure est cintrée en anse de panier et ta supérieure en arc de cercle : elle porte deux poignées qui servent à la manœuvrer et forment supports pour

o46 CHAUFFAGE DES GAZ, DES LIQUIDES ET DES SOLIDES.

line autre travée, lorsque les fours sont rangés en magasin ou pendant le transport.

La section d'un élément a la forme d'un U, et la travée formée par la réunion de quatre éléments a ses extrémités munies de cornières disposées pour se raccorder, par emboîtement, avec les parties correspondantes des travées voisines.

Le four peut être établi sur une sole réfractaire spéciale indestructible, composée de panneaux transportables enchâssés dans des boites métalliques qui en assurent la solidité. La sole du four peut, dans ce cas, être montée ou démontée en quelques minutes, tandis qu'il faudrait plusieurs heures à des ouvriers exercés pour confectionner une sole en briques jointives.

Lorsqu'on veut installer un four à augets, on l'établit sur un terrain convenablement dressé et on creuse, à o",3o en avant de la première travée, une fosse de i*",io de profondeur, dite trou du brigadier^ dans laquelle se place l'ouvrier chargé de la conduite du four et qu'on désigne sous le nom de brigadier. La terre extraite de ce trou est placée sur le four et, s'il y a lieu, on complète le garnissage de l'appareil au moyen de terre qu'on prend aux abords. L'épaisseur du revêtement total est de o",2j à o°^,3o.

Pour se servir d'un four ainsi construit, il faut le cuire, c'est-à-dire le chauffer pendant quatre ou cinq heures consécutives, pour sécher la terre qui le recouvre.

Quand cette ojpération est terminée, c'est-à-dire lorsque la terre et l'âtre sont suffisamment secs, on peut mettre l'appareil en service. Dès que la température convenable est atteinte, on enfourne les pains et la cuisson s'opère en 4o ou 5o minutes.

Le four peut être démonté très rapidement, les panneaux de sole et les travées peuvent être facilement transportés à dos de mulet et même à dos d'homme pour être réinstallés plus loin. Un four composé de 5 travées et permettant de cuire, par fournée, 4o pains de i*,5 ne pèse que 3ao kilogr.

Le four à augets est un appareil simple qui peut rendre de grands services en pays de montagne, dans les colonies, les voyages d'exploration. '

1091. Fours & foyer distinct. — On construit des fours que l'on chauffe à Taide d'un foyer placé latéralement ; on établit aussi des fours, dits aérothermes ou à circulation d'air chaud, qui ont été perfectionnés par Grouvelle père et Mouchot. On peut brûler dans le foyer de ces appareils de la houille ou du coke, car aucune fumée n'entre dans le four. Les gaz de la combustion, se rendant à la cheminée, circulent autour des parois et entretiennent la température de la maçonnerie. L'air servant au chauffage intérieur du four s'échauffe au contact des parois du foyer, il passe ensuite dans des carneaux établis sous la sole du four, au-dessus des conduits de fumée du foyer. L'air chaud entre dans le four en trois points, se refroidit en échauffant les parois et redescend par des gaines qui le ramènent en contrebas du foyer.

Ces dispositions permettent de chauffer le four avec un combustible quelconque et d'obtenir des pains dont la croûte inférieure n'est souillée ni de cendre, ni de braise.

1098. Four Perkins. — En Angleterre, on emploie des fours dont la sole, légèrement inclinée, est formée de tubes en fer de i5 millimètres de diamètre intérieur et de aS millimètres de diamètre extérieur. Ces tubes fermés à leurs extrémités et en partie remplis d'eau sont juxtaposés. A la base de la sole, ils se prolongent hors du four et forment le ciel d'un foyer voisin, dans lequel on brûle du coke ; si la température de la sole est, comme dans les fours ordinaires, portée à 3oo® centigrades, la pression de l'eau dans les tubes fermés peut, d'après DuloUg, dépasser 8o atmosphères. Lorsque le chauffage n'est pas surveillé convenablement, la température et par suite la pression peuvent s'élever considérablement. Aussi arrive-t-il souvent que des tubes éclatent. Ordinairement, ces explosions sont peu graves en raison de la faible, quantité d'eau (moins d'un demilitre) enfermée dans un tube.

Le pain retiré de ces fours est généralement moins cuit et a sa croûte supérieure moins brune que le pain soumis à la cuisson dans les fours ordinaires à feu direct.

1093. Four Rolland. — Ce four (fig. 625) est à sole

^të CHAUFFAGE DES GAZ, DES LtOUlDES ET DES SOLIDES.

tournante, formiie d'une plaque horizontale en tôle recouverlp d'un carrelage céramique. Le tout est monté sur un axe vertical, qu'on peut faire tourner au moyen d'une manivelle agissant

par l'inteiTiédiaire d'un arbre horizontal et de pignons. Dans ce mouvement, les différentes parties de la sole viennent se pn'senter devant la porte du four, ce qui facilite l'enfournemenl ainsi que la surveillance.

Le four est chauffé par un foyer pratiqué dans le massif de maçonnerie sous la sole mobile. La fumée passe dans des carneaux divergents en fonte pour se rendre dans dès gaines montantes chauffant les parois verticales de Tappareil. Elle débouche dans une chambre réservée entre le plafond en tôle du four et un blindage en fonte recoiivert d'une couche épaisse de matériaux mauvais conducteurs.

Le chauffage du four s'effectue extérieurement comme celui d'un moufle, sans communication directe avec le combustible, ni avec les gaz de la combustion. Une chaudière, chauffée par ces gaz, peut fournir Teau nécessaire au pétrissage ou la force motrice dont on a besoin pour cette opération.

Les avantages du four Rolland sont les suivants :

Emploi d'un combustible quelconque ;

Suppression des nettoyages pénibles de l'âtre ;

Enfournement et défoumement faciles ;

Cuisson régulière et facile à diriger ;

Production de pain exempt de toutes traces de cendres et de charbon.

Certains appareils Rolland sont composés de deux fours superposés, celui du bas est à sole tournante et celui du haut est à sole fixe.

Le four Rolland, employé dans de nombreuses boulangeries perfectionnées, convient pour la cuisson des pâtisseries. Toutefois, dans les grandes fabriques de pâtisserie, on emploie des fours continus.

1094. Four & cuisson continue. — Ce four est établi dans un massif d'environ 8 mètres de longueur, au milieu duquel se trouve im foyer à coke ou à houille. Les gaz de la combustion circulent sous une sole réfractaire d'environ l'^joo de largeur. Le ciel du four est formé d'une feuille de tôle mince, recouverte d'une garniture réfractaire de i5 millimètres d'épaisseur que les gaz chauds, qui ont passé sous la sole, viennent chauffer avant de se rendre à la cheminée. Comme le chauffage de cette partie du four pourrait être insuffisant, un foyer spécial permet dé la chauffer directement au besoin.

Une chaîne sans fin convenablement guidée passe dans le vide qui existe entre la sole et le ciel du four, puis revient au-dessous du carneau qui chauffe la sole. Le mouvement est donné par une transmission munie de cônes qui permettent de faire varier la vitesse. La pâtisserie à cuire est déposée sur la chaîne sans fin à l'entrée du four, parcourt celui-ci dans le temps nécessaire à la cuisson, ordinairement de six à quinze minutes, et sort cuite à Tautre extrémité.

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