‹ Traité de physique industrielle, production et utilisation de la chaleur (volume 2)Chapitre 137 sur 182 · IV VENTILATION MÉCANIQUE · texte numérisé non relu

IV VENTILATION MÉCANIQUE

1208. — Une cheminée d'appel dans laquelle la température ne dépasse que de 20® à 3o^ celle de Tair extérieur, conune c'est le cas ordinaire ainsi que nous Tavons indiqué n*" isos ne peut produire qu'une dépression de quelques millimètres d'eau. C'est ainsi qu'une cheminée de 3o mètres de hauteur renfermant de l'air à une température de So*" supérieure à celle de Textérieur, conditions extrêmes qu'on réalise bien rarement, ne produit à sa base qu'une dépression de o**, 00887 (moins de 4 millimètres) d'eau.

Dans ces conditions, on ne peut faire parcourir à l'air de grandes distances qu'en donnant aux conduits des dimensions exagérées qui entraînent des frais considérables de premier établissement.

D'ailleurs, avec une cheminée, on ne peut ventiler que par aspiration et nous avons exposé plus haut que ce procédé présentait des inconvénients dans bien des cas. A moins donc de raisons toutes spéciales, chaque fois qu'il s'agira de ventiler un édifice important, on aura recours aux appareils mécaniques qui permettent à la fois d'employer des conduits de section relativement faible et de ventiler par insufflation.

Les appareils mécaniques employés sont presque exclusivement des ventilateurs soit hélicoïdaux, soit à force centrifuge. Ces deux sortes d'appareils sont très simples de construction, d'un entretien facile, d'un prix peu élevé et d'une durée presque illimitée. Ils remplissent parfaitement les conditions spéciales auxquelles ils doivent répondre, c'est-à-dire fournir de grands volumes d'air sous de faibles pressions. Nous les avons étudiés au chapitre vu, tome I*'.

Les ventilateurs peuvent agir soit par insufflation, soit par aspiration. Dans le premier cas, le ventilateur puise l'air dans l'atmosphère et le refoule, par des conduites plus ou moins longues, dans les locaux à ventiler.

YEiNTILATION MÉCANIQUE. liî

Quand le ventilateur agit au contraire par aspiration, Tair pénètre de Textérieur dans le local à ventiler, par des orifices^ et des conduits convenablement répartis ; il est ensuite aspiré dans d'autres conduits branchés sur un collecteur général aboutissant à Touïe du ventilateur; de là il est rejeté dans ratmospjière.

Nous avons vu («te) que le travail d'une calorie avec un ventilateur rendant 5o p. loo était de 17 à i8 fois plus considérable que celui d'une calorie dans une cheminée de 3o mètres de hauteur, et dans laquelle les gaz avaient une température de 20'' supérieure à celle de l'atmosphère. C'est là un avantage incontestable; par contre un ventilateur exige l'emploi d'une force motrice, électricité, air comprimé, vapeur, etc.

Dans les villes où il existe des canalisations pour le transport de l'énergie, cela n'est nullement gênant ; mais, dans bien des cas, on peut être forcé d'installer un moteur spécial pour le ventilateur. Lorsque, pour une raison ou pour une autre, on ne peut installer d'appareils mécaniques, on est alors conduit à faire usage d'une cheminée, qui n'exige qu'un foyer facile à conduire par le premier venu et ne comportant que très peu d'entretien et de surveillance.

D'une manière générale on peut dire que, dans un grand établissement, c'est toujours la ventilation mécanique qu'il convient d'employer, car les frais nécessités par le fonctionnement sont très considérables quand on emploie des cheminées.

Si, par exemple, on a trouvé qu'il fallait une pression de o",o2 d'eau pour vaincre les résistances et avoir la vitesse voulue (c'est à peu près ce qui existe à l'hôpital Lariboisière pour une vitesse de 10"), on trouve que, pour 20" de différence de température entre l'extérieur et l'intérieur, la dépression produite par une cheminée est 0,000088 d'eau par mètre de hauteur, de sorte que pour avoir 0,02 il faudrait 227 mètres. En pratique, on ne rencontre de semblables cheminées que dans les mines.

Avec une cheminée de 5o mètres et on en fait peu d'aussi hautes, il faudrait une différence de 125'' pour obtenir cette

dépression de o",o2, et pour faire circuler 36ooo mètres cubes par heure, soit lo mètres cubes par i', comme à Lariboisière, il faudrait brûler par heure

36oooX 1,3 X 0,2377 X ia5° liooooo , ., , , ...

: ! — LL =z— I =200 kiloer. de homlle.

Avec un ventilateur, on pourrait obtenir ce même résultat avec une machine de 8 chevaux en consommant environ 2'',5o X 8 = 20 kilos, soit 10 fois moins.

On voit le grand avantage que présente l'emploi des venti* lateurs dans le cas de fortes pressions et de vitesses considérables. Pour les faibles pressions et les petites vitesses cet avantage se réduit notablement.

1209. Ventilation du tunnel de Liverpool. — La voie du chemin de fer « London and North Western railway » passe sous la ville de Liverpool, dans un tunnel d'environ i85o mètres de longueur, qui présente une pente d'un peu plus de 0,01 par mètre.

Pendant longtemps, sur cette portion du parcours, les trains étaient remorqués à la montée au moyen d'un câble et leur descente s'effectuait sous l'action de la pesanteur avec les précautions convenables pour éviter une accélération dangereuse.

Mais, il y a vingt ans, les exigences toujours croissantes du trafic forcèrent à renoncer à cette méthode qui était trop lente et à recourir à la traction directe par des locomotives à feu.

Gomme conséquence immédiate de cette résolution, il fallut se préoccuper des moyens d'assurer le renouvellement de Tair et l'enlèvement de la vapeur et de la fumée dans cette longue galerie d'environ 2 kilomètres.

On avait d^abord pensé ouvrir de place en place le souterrain à Tair libre et à le diviser ainsi en une série de tunnels suivis de tranchées, ce qui aurait permis, jusqu'à un certain point, de compter sur une ventilation naturelle. Mais, outre que ce procédé n'aurait pas été d'une efficacité assurée, il aurait entraîné à d'énormes dépenses, le tunnel passant à une grande

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