‹ Traité de physique industrielle, production et utilisation de la chaleur (volume 2)Chapitre 139 sur 182 · VENTILATION MÉCANIQUE · texte numérisé non relu

VENTILATION MÉCANIQUE

Dépression dans le tunnel à lo mètres environ

(le la galerie transversale o.oo3556

Dépression à la sortie de la galerie transversale. o.oo6858

— à Torifice d'entrée du ventilateur. . . 0.012716

Pression à Torifice de décharge du ventilateur. . . o.oo48a6

De ces nombres, il résulte évidemment qu'une grande partie de la résistance totale au mouvement est éprouvée par Tair après quïl a quitté le tunnel et qu'il entre dans la galerie transversale.

La dépression à Torifice d'entrée du ventilateur étant 0,0127, le travail en chevaux pour appeler l'air au ventilateur est théoriquement de 34,4 chevaux et en prenant la pression à l'orifice de décharge comme étant de o,oo5, le travail en chevaux nécessaire pour refouler les gaz depuis le ventilateur jusqu'au sommet de la cheminée est de i3,5 chevaux.

Le travail total théorique à développer est donc de 48 chevaux.

Nous avons dit que les trains descendaient seulement sous Faction de la gravité, sans donner lieu par conséquent à un dégagement bien sensible de vapeur ni de fumée : aussi le ventilateur ne fonctionne que pendant le passage des trains montants.

Comme il s'écoule généralement un temps assez long entre le passage de deux trains montants consécutifs et que le tunnel est nettoyé en huit minutes, on ne fait marcher le ventilateur que lorsque cela est nécessaire. A cet effet, on a placé dans la chambre de la machine une sonnette électrique qui peut être commandée depuis la station située au bas du tunnel. Quand un train quitte cette station, on sonne le mécanicien qui, à ce signal, met en train le ventilateur puis l'arrête aussitôt que les gaz évacués sont tout à fait clairs, ce qui montre qu'il ne reste plus ni fumée ni vapeur dans le tunnel.

Le rendement dynamométrique de ce ventilateur ne serait paridt-il que de 23 p. 00, ce qui est bien peu, puisque M. Tresca a trouvé que le rendement d'un ventilateur à force centrifuge

bien étudié et soigneusement construit, pouvait atteindre 82,8 p. 100.

Lorsque le ventilateur ne fonctionne pas, le renouvellement de Tair se fait cependant, sous l'action du tirage de la cheminée; mais il est peu rapide. Pour l'activer on envoie dans la cheminée d'évacuation les gaz chauds provenant des chaudières fournissant la vapeur à la machine du ventilateur. Dans ces conditions Tinstallation mécanique ne fonctionnant pas, il faut quarante-cinq minutes pour nettoyer le tunnel.

Il est intéressant de chercher quel est le coefficient de frottement de Tair sur les parois maçonnées du tunnel.

La formule générale de la perte de charge par le frottement est :

Dans le tunnel de Liverpool, la vitesse dans la partie basse (longue de i 108 mètres) est v=:a,3o5 et, dans la partie haute (longue de 743 mètres) ^=2.782.

On a

E = o,oo35 X — ^4 (u=4o"** d I ig I 6000

On trouve ainsi pour la partie basse :

__o,oo3d X 40 X 16000 2240 __ ^^ iio8X24x(2,3o5)^""i4i283~"^'^'

et, pour la partie haute :

o,oo35x4o X ï6ooo 2240

K = 75 ; '. o vo =^•"00 =0,0102.

743 X 24 X (2,782)2 i38oi9 '

Toutefois il y a des réserves à faire sur la dépression (o,oo35) qui n'a pas été constatée avec une bien grande précision.

1210. Exposé général de la question. — Comme nous Tavons déjà fait remarquer, les fonctions vitales ne peuvent normalement s'exercer chez Thomme qu'autant que la température de son corps reste comprise entre 37® et 38*. Cette température tend toujours à s'élever sous Tinfluence de la chaleur résultant de la respiration; mais la transpiration, au contraire, a pour effet de l'abaisser ; enfin, les causes extérieures agissent soit dans un sens, soit dans l'autre. Pour que la vie puisse se maintenir, il faut qu'il y ait toujours sensiblement équilibre entre la chaleur produite et celle qui est dépensée.

Dans l'état de santé, c'est la transpiration qui est le régulateur naturel de la température de notre corps, s'augmentant ou se réduisant d'elle-même, selon que cela est utile. Cet équilibre nécessaire ne peut pourtant être obtenu par ce moyen si simple qu'à la condition que la température extérieure ne soit ni trop élevée ni trop basse.

Dans nos climats, la température de l'atmosphère ne s'élève jamais assez pour que l'homme ne puisse, avec quelques précautions, se préserver d'un excès nuisible de chaleur ; il n'en est pas de même lorsqu'il s'agit du froid. Au dehors, l'exercice, combiné avec l'emploi de vêtements chauds, suffit pour éviter un refroidissement dangereux de notre corps ; mais, dans les habitations, en raison de l'état de repos dans lequel on se tient ordinairement, il est indispensable, pendant plusieurs mois de Tannée, de recourir à des moyens artificiels de chauffage.

La quantité de chaleur que les appareils de chauffage doivent fournir dépend des températures intérieure et extérieure, en même temps que des dimensions et de la nature des parois refroidissantes.

1211. Température intérieure des lieux habités. — Il est impossible de fixer quelle est la température la plus

convenable pour un lieu habité. Non seulement, en effet la même température n affecte pas de la même manière des personnes différentes, mais encore, elle n'agit pas également sur le même individu à des instants différents. La quantité et la nature des aliments ingérés, surtout des boissons, Tétat musculaire plus ou moins surexcité par un exercice antérieur, le travail physique ou intellectuel, etc., sont autant de causes qui influent sur notre susceptibilité à cet égard.

Deux personnes placées dans des conditions identiques, éprouvent, sous Taction de la même température, des impressions différentes suivant leur tempérament, leur âge, leurs habitudes, leurs vêtements, le climat des pays qu'elles ont habités antérieurement; Tusage des ablutions froides parait aussi exercer ^une influence marquée à cet ^ard.

Enfin, le plus léger trouble dans la santé, un simple malaise, nous rendent particulièrement impressionnables aux influences atmosphériques.

En présence de causes si diverses, si variées, il n'y a pas lieu d'espérer que plusieurs personnes réunies se trouvent être du même avis sur la température ; et il arrive tous les jours que. dans une salle d'assemblée, deux personnes, placées tout à côté Tune de l'autre, se plaignent simultanément Tune du froid, l'autre du chaud.

On ne saurait donc, pour régler la température dans un lieu occupé par un grand nombre de personnes, s'en rapporter exclusivement aux opinions individuelles; il faut, dans chaque cas, apprécier, au moyen de thermomètres, la température qui paraît satisfaire le plus grand nombre et se baser là-dessus pour la conduite des appareils de chauffage.

Les indications d'un même thermomètre peuvent différer beaucoup suivant la place qu'il occupe dans la salle dont on recherche la température.

En général, mais surtout dans les locaux chauffés à Taîr chaud, la température croît à mesure qu'on s'élève vers le plafond. On constate quelquefois, entre les températures prises au niveau du sol et celles observées à quelques mètres au-des-

SUS, des différences très considérables, pouvant atteindre i o^ et même davantage. Ces écarts, qui résultent de ce que Tair le plus chaud tend toujours à gagner la partie supérieure des enceintes, sont d'autant plus considérables que la ventilation est moins active et que Tair est introduit à une température plus élevée.

La hauteur qui parait la plus convenable pour placer les thermomètres est celle de la tête, qui est environ à i'',5o ou i"',6o au-dessus du sol, c'est aussi la plus commode pour la lecture. Il faut éviter de placer un thermomètre trop près d'une fenêtre, car les indications qu'il fournirait dans ces conditions seraient notablement trop faibles. De même, on n'aurait nullement la température d'une salle en consultant un thermomètre accroché contre la face interne d'une paroi exposée à l'action refroidissante de l'atmosphère. Dans ce dernier cas, on a souvent le soin de fixer, derrière la planchette, deux tasseaux dans le but d'éloigner davantage du mur le thermomètre indicateur. Malgré ces précautions, on constate des écarts qui peuvent parfois atteindre deux à trois degrés entre la température observée dans le voisinage du mur et celle relevée au milieu de la salle.

Il est évident qu'il faut se garder de placer le thermomètre à proximité des appareils de chauffage ou contre les parois des conduits d'air chaud ou de fumée montant aux étages supérieurs. On aurait des indications tout à fait fausses, l'erreur étant cette fois par excès.

Autant que possible, il convient de le suspendre à un meuble vers le milieu de l'enceinte. On peut encore, au besoin, le placer contre un mur séparant deux locaux à peu près à la même température ; mais, lorsque ces locaux sont soumis à un régime de chauffage alternatif, le mur de séparation présente aussi, bien qu'à un degré moindre, les inconvénients des murs froids et influence le thermomètre.

Il ne faudrait pas croire d'ailleurs qu'un thermomètre placé au milieu d'une enceinte indique la température de l'air qui la remplit. Le thermomètre, comme tous les corps qui s'y trouvent, est soumis à la fois à l'action du contact de l'air ambiant

et à celle du rayonnement sur les parois et autres objets. Si, d'un côté, Tairtend à lui communiquer par contact la température qu'il possède, de Tautre, le thermomètre rayonnant sur les parois, tend à prendre leur propre température qui est généralement plus basse que celle de Tair et il indique une température intermédiaire ; mais, en fait, cette indication est bonne car, ce qu'il importe de constater, ce n'est pas la température de Tair, mais bien Tensemble des actions calorifiques sur les personnes qui se trouvent dans l'enceinte, et, sous ce rapport, le thermomètre fournit des indications assez exactes, parce qu'il est soumis à peu près aux mêmes influences que les personnes ellesmêmes.

La température qu'il convient de maintenir dans un lieu habité dépend de sa destination. D'après le général Morin, « dans les lieux abondamment ventilés et sous l'action du renouvellement continu de l'air, l'on supporte facilement et même on trouve convenables des températures plus élevées que celles par lesquelles on serait incommodé dans des locaux où l'air n'est pas renouvelé. » Cependant les températures intérieures ne doivent pas dépasser les valeurs suivantes :

Températures à maintenir dans les lieux habités

%lises la** à i4

Ateliers, casernes 14*^ à i5

Crèches, salles d'asiles, écoles. . iS** à i6*

Prisons i5" à i6*

Bureaux i6* à 17

Hôpitaux i6« à 18

Amphithéâtres de cours 16** à 18

Salles d'assemblée 17* à 19

Théâtres 19* à 20

1212. Température extérieure. — Cette température extérieure varie dans de très grandes limites suivant la saison et le climat. A Paris les observations météorologiques ont donné

comme moyenne de soixante-quinze années les résultats suivants :

Températures moyennes mensuelles à Paris de 1806 & 1880.

Janvier ...

Février . . .

Mars

Avril

Mai

Juin

Juillet....

Août

Septembre Octobre...

Novembre.

Décembre.

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