POÊLES SIMPLES SANS CIRCULATION D*AIR
■ 1257. — Un poêle simple se composé d'un récipient, en tôle ou en fonte, dans lequel se trouve un foyer et dont les parois rayonnent directement dans l'enceinte.
Nous allons passer en revue quelques-uns des principaux types de ces appareils.
1258. Poêle lyonnais. — Un des poêles les plus simples se compose d'une caisse en fonte de forme ovoïde, résultant de la superposition de deux pièces en forme de tronc de cône«
L'appareil (fig. 685) est monté sur trois pieds qui l'isolent du sol et divisé en deux parties pav une grille sur laquelle on brûle le combustible. L'ne porte de chargement est ménagée au-dessus de la grille; une autre, placée au-dessous, sert pour l'entrée de l'air et l'enlèvement des cendres. Les gaz de la combustion se d^agenl par un tuyau placé soit au-dessus de la caisse, soit latéralement et qui les conduit à une clieminée.
Dans ces appareils, quand le feu est actif, la fonte est portée jusqu'au rouge, et le rayonnement direct en devient souvent intolérable ; il est du reste pénible même avec un feu modéré.
Fig. 685.
hn outre, l air en passant au cootact de surfaces surchauffées devient sec et désagréable à respirer. Pourremédicràcetincouvénient dans une certaine mesure, on place sur le poêle un vase plein d'eau, qui dégage de la vapeur et rétablit le degré hygrométrique.
Les poêles en fonte, formés de pièces plus ou moins bien réunies ensemble, peuvent dégager, dans les locauxoîi ils sont plaçât, de l'oxyde de carbone produit dans le foj'er ; comme on le sait, ce gaz est un poison des plus violents,
1859. Poôle Gumey. — Dans te poêle anglais de M. Gur-
" Fig. m. "®y ^^^- ^^^^' ^® cylindre du
foyer porte des nervures très saillantes, qui transmettent la chaleur en abaissant la température des parois métaUiques en contact avec le feu. La surface
de transmissioii à Tair extérieur se trouvant très augmentée par l'addition des nervures, la puissance de chaufTage de l'appareil est accrue et en même temps, l'action trop vive du rayonnement se trouve réduite ; mais il ne faut pas croire que l'accroissement de puissance soit proportionnel à l'accroissement de surface.
On a vu (s*) que, dans ces conditions, en décuplant la surface on ne doublait pas la transmission.
Afin de maintenir un degré hygrométrique convenable dans l'enceinte chauiïée, on établit à la base du poêle une cuvette en fonte pleine d'eau dans laquelle plongent les ailettes. Cette disposition a l'inconvénient de déterminer une évaporation trop rapide de l'eau du vase annulaire, de rendre l'air trop humide et de favoriser les condensations sur les parois refroidissantes de l'enceinte chauffée.
Le cylindre du foyer se fait en plusieurs morceaux assemblés avec des boulons, afin de permettre la dilatation et d'éviter des ruptures.
1260. Poêle ftrauçals de MM. Geneste et Herscher. — Cet appareil se compose (fig. 687) d'une série de bagues ou cylindres on fonte à emboîtements mÂle et femelle, qu'on superpose en nombre variable et dont la surface extérieure est munie de nervures verticales. Le poôlc est fermé h sa partie supérieure par une calotte sphérique nervée, pourvue d'une tubulure pour le départ de fumée. Il repose à sa base sur un anneau rétréci à nervures, qui reçoit la grille, et tout l'ensemble est posé sur un socle formant cendrier. Le socle supporte un vase annulaire rempli d'eau. Les nervures ne plongent pas dans le liquide; la '*' ''
vaporisation est donc moins active que dans l'appareil précédent.
Le rétrécissement de la grille à la partie inférieure détermine
7St VENTILATION ET CHAUFFAGE DES LIEUX HABITÉS,
un moindre échaufferaent des parois du foyer et permet d'ailleurs d'adapter un revêtement intérieur en terre réfraclâre. Grâce au fractionnement de l'appareil en plusieurs pièces, on peut, en cas d'usure, ne remplacer que la partie détériorée, en laissant subsister tout le reste.
1261. Podle en fblence. — Il arrive fréquemment que les parois lisses d'un poêle métallique fortement chautTé viennent à rougir; avant même d'atteindre «ne température aussi élevée, leur rayonnement exerce sur les personnes placées à peu de distance une action désagréable, pénible et quelquefois dangereuse. Les poêles en faïence ne présentent pas au même degré cel inconvénient. Leurs parois, à la fois plus épaisses et moins conductrices que celles des appareils en fonte se laissent moins que ces dernières traverser par la chaleur; en outre, leur surface, étant recouverte d'un émail brillant, doit avoir un plus faible pouvoir de radiation.
La chaleur dégagée par ces appareils est moins désagréable que celle que fournissent les poêles en fonte:
mais elle est encore trop sèche et on est obligé d'humidifier l'air pour entretenir dans la salle chauffée un degré hygrométrique suffisant.
1862. Poôle russe. — Dans le nord de l'Europe, en Suède, en Russie, où la température peut s'abaisser à 40' au-dessous de zéro et au delà, on a dû disposer des appareils plus puissants que ceux qui sont en usage dans nos climats et prendre plus de précautions pour se préserver du froid.
On emploie généralement de grands poêles en briques ou en terre cuite, disposés à peu près comme l'indique la ligure 691. La fumée monte, descend et remonte sur toute la hauteur du
lupe A B
poêle dont la masse absorbe une partie de la chaleur dégagée pour la transmettre à l'enceinte.
Le combustible est brùlt^ dans le foyer F ; les gaz de la combustion passent en montant ou en descendant successivement dans les conduits verticaux 1.2.3.4-5.6 et se rendent enfin à la cheminée de fumée.
1S63. Po61e Walker à alimentation continue. — Dans les divers poêles dont il vient d'être question, le foyer doit être alimenté de combustible k des intervalles assez rapprochés pour entretenir la combustion dans des conditions normales. On a cherché à établir des appareils à alimentation continue qu'on ne char^ ge qu'à des intervalles assez éloignés, une ou deux fois en vingtquatre heures. Le poêle Walker (iig. tiSg) répond à cette condition ; il se compose de deux cylindres en tôle superposés et de diamètre différent. Le cylindre inférieur M est le plus grand; il contient le foyer et sa paroi est protégée sur une certaine hauteur contre l'action du feu par un revêtement en fonte qu'il faut remplacer de temps en temps. Le cylindre supérieur L est fermé par une cloison horizontale percée d'oritîces
S et V qu'on ouvre pour le nettoyage et à laquelle est suspendue une trémie en tronc de cône recouverte d'un tampon R dont les rebords plongent dans un bain de sable. La trémie descend dans l'axe du poêle jusqu'au voisinage de la grille G, Pour se servir de l'appareil, on allume du feu sur la grille et on remplit la trémie de coke l%er en menus fragments de la gros-
796 VENTILATION ET CBAUFFAGE DES UEUX HABITES.
seur d'une noix. A mesure que la combustion s'effectue, le coke descend et maintient le foyer toujours dans le même état, les produits de la combustion se répandent autour de la trémie, chauffent les parois extérieures du poêle et s'échappent par une tubulure latérale 0 dans un tuyau qui les conduit à la cheminée.
On règle l'arrivée d'air sous la grille et par suite l'activité de la combustion à l'aide d'un tampon C à vis qu'on approche ou qu'on éloigne d'un orifice pratiqué dans la porte du cendrier.
L'enveloppe extérieure, comme dans les poêles précédents, est chauffée par le foyer et la convectioD des gaz de la combu^ tion. Elle émet sa chaleur dans la pièce par rayonnement direct et par convection.
1264. Podle Joly. — Dans une enveloppe cylindrique eo tôle B,pourvued'un couvercle H', se trouve placé un cylindre A (fig. tigo) qui reçoit la charge de combustible. Ce cylindre A, fermé par un couvercle tl, estmuoi d'une grille C; la partie inlérieurc D forme le cendrier, auquel on peut accéder par une porte F correspondant à la porte G ménagée dans l'enveloppe B. L arrivée d'air sous la grille a lieu par un conduit E, dont l'entrée peut être plus ou moins fermée au moyen d'un tampon à vis K.
tig. yyo Le départ de fumée a lieu par
un tuyau J qu'on met en communication avec une cheminée.
Pour mettre ce poêle en service, on enlève d'abord le cylindre A, on le remplit de petits fragments de coke et on allume k la surface. Quand le feu brûle, on replace le cylindre A dans son enveloppe B, et on ferme en replaçant lescouvercles H et U' En employant du coke de grosseur convenable, ce poêle peut
foDClionner jusqu'à ce que la charge totale de combustible soit consumée. Toutefois, on remarquera que la surface chauffante du foyer augmente à mesure que la couche en ignition s'abaisse, ce qui peut être gênant dans beaucoup de cas. On pare à cet inconvénient en fermant en partie le registre du cendrier. L'air arrive en moindre quantité sous la grille et l'activité de la combustion diminue. L'enveloppe B, dans laquelle une couche d'air reste emprisonnée, tend de son côté à atténuer Teffet résultant de la variation de la surface chauffante. Bien que Tair qui entoure le foyer A se renouvelle peu, la tôle de Tenveloppe B s'oxyde rapidement; on évite son altération en la protégeant par un revêtement céramique.