POÊLES MOBILES
1266. — Depuis quelques années, on a construit des poêles à alimentation continue, montés sur roulettes, ce qui permet de les déplacer et de les transporter successivement dans diverses pièces. Ces poêles sont munis d'un tuyau pour le dégagement à l'extérieur des gaz de la combustion.
Dans ces appareils on charge, dans un réservoir, surmontant une grille sur laquelle s'effectue la combustion, une quantité de combustible suffisante pour entretenir le feu pondant plusieurs heures. A mesure que la combustion se produit, le combustible en réserve descend et Talimentation s'effectue autontiatiquement sans qu'on ait à s'en occuper. Pour réduire la dépense au minimum, on ne laisse passer dans le poêle que la quantité d'air strictement nécessaire pour assurer la combustion. Leur faible prix d'acquisition, leur mobilité, la simplicité et l'économie incontestables de leur fonctionnement ont longtemps procuré à ces appareils un très grand succès.
Malheureusement, il faut bien le dire, leur emploi n'est pas sans danger, car ils donnent lieu à une abondante production d'oxyde de carbone. Ils ont occasionné de nombreux accidents, trop souvent mortels, et l'Académie de médecine a porté sur eux un jugement sévère.
Leurs inconvénients sont inhérents à leur mode de foncUonnement. Nous nous contenterons de décrire deux des types les plus répandus de ces appareils.
1 266- Poôle Cboubersky. — Il se compose d'un cylindre C
en tôle (fiff. tigi ) muni d'une grille à sa base et dans lequel oa
chaîne le combustible. Autour de ce premier cylindre C, s'en
trouve un second D qui l'enveloppe; l'espace annulaire C et D
communique avec le foyer par un certain nombre d'orifices
percés l'un h peu près ï
mi-hauteur et les autres
mm vers le sommet du
cylindre C.
Le cylindre D porte vers sabase un bout de tuyau T recourbé de o,5o de longueur environ et qu'on peut faire déboucher dans une cheminée ordinaire d'appartement. Les gaz de la combustion se dégagent par le tuyau de la cheminée.
L'appareil a 35 centimètres de diamètre et 8o Fig. 69t. centimètres de hauleur
environ. GoustniitentAle, son poids est faible et, comme il est monté sur des ronleltes. on peut facilement te faire passer d'une pièce dans une autre. Le chargement du poêle s'effectue par le haut. L'orifice supérieur est fermé par un couvercle A muni d'un rebord saillant qui pénètre dans une rigole annulaire K pleine de sable &n destiné à faire joint.
Pour charger le combustible, on enlève le couvercle ; quand le chargement est effectué, il faut replacer avec soin ce couvercle en faisant pénétrer son rebord dans le sable pour empêcher tout dégagement de gaz dans la pièce.
Dans cet appareil, la réserve de combustible étant considérable, on peut se contenter de charger deux ou trois fois en vingt-quatre heures ou même moins et la combustion se maintient ainsi pendant tout un hiver sans qu'on ait jamais besoin de rallumer le feu.
Certains accessoires bien combinés facilitent le service. C'est ainsi que la grille est formée de deux pièces différentes ; l'une, composée de ban-eaux dont l'écartement est double de celui des barreaux ordinaires, peut se déplacer horizontalement en tournant dans une rainure ; l'autre est une espèce de trident muni d'une manelte M et dont les barreaux viennent s'engager dans les intervalles de ceux de la grille à demeure, les deux pièces constituant ainsi par leur réunion une sorte de grille ordinaire.
Pour fourgonner et faire tomber les cendres, on secoue horizontalement les deux grilles au moyen de la manette du trident, et on retire complètement celuici pour dégager les escarbilles qui tombent dans le cendrier.
1267. Poôle mobile Cadé, à. rayonnement direct. — Ce poêle est formé d'une enveloppe cylindrique en tôle (fig. (J92) dont la partie supérieure sert à emmaganiser le combustible et dont ta partie basse est échancrée de manière à laisser voir le foyer.
Ce dernier est compris entre une plaque mobile servant de fond et deux hgnes de barreaux horizontaux obliques disposés sur deux files verticales. A l'arrière de la ^'8- 691.
seconde rangée est ménagée une
chambre de combustion d'où part le tuyau de fumée muni d'un registre. Au-dessus du foyer se trouve un tronc de cône renversé qui forme au fond du réservoir une trémie par où s'écoule le combustible.
Le haut du réservoir est fermé par un couvercle avec joint à bain de sable.
A la base du cylindre, sous la plaque mobile du foyer, est placé le cendrier. Le tout est porté sur des roulettes et peut être facilement déplacé lorsqu'on veut faire passer le poêle allumé d'une salle dans une autre.
En marche normale, la combustion s'effectue sur toute la hauteur des grilles, on a donc une surface rayonnante directe assez importante. Lorsqu'on veut modérer le feu, on laisse accumuler les cendres dans le foyer et on peut fermer en partie le registre de la cheminée. Lorsqu'on veut ranimer la combustion, on place une plaque mobile entre les barreaux de grille à la hauteur où l'on juge que les cendres se sont accumulées et on fait basculer le fond du foyer. Les cendres étant descendues dans le cendrier, on referme le fond du foyer et on enlève la plaque mobile. Le combustible remplit Tintervalle entre les grilles et le feu reprend au contact des charbons enflammés qui occupent alors le bas du foyer.
Cette disposition permet d'éteindre le feu et de le rallumer à volonté sans qu'il soit besoin de retirer le combustible du réservoir supérieur.