OBSERVATIONS SUR LE CHAUFFAGE PAR LES POÊLES
1282. — Les poêles sont le» appareils de chsiuffage les plus économiques dont on dispose aussi bien sous le rapport de la consommation de combustible que sous celui des frais d'installation ; aussi sont-ils très répandus.
Leur effet utile est en général considérable, car il n y a de perte de chaleur que celle qui résulte de la combustion incomplète et de la température élevée des gaz qui s'échappent dans la cheminée. Le rendement peut atteindre parfois 85 p. loo environ, ce qui est une excellente utilisation.
Les poêles sont des appareils d'une construction simple et d'un prix relativement peu élevé. Leur installation ne donne lieu qu'à très peu de frais accessoires quand, ce qui se fait généralement, on a, pendant la construction, ménagé dans les murs des conduits pour le dégagement de la fumée.
Les poêles ne produisent qu'une ventilation insignifiante, loà ao mètres cubes par kilogramme de charbon brûlé, et c'est en grande partie à cela que tient l'économie que procure leur emploi au point de vue de la consommation du combustible.
Les expériences du général Morin ont montré qu'on pouvait, en brûlant i à 2 kilogr. de houille, chauffer en temps moyen une salle de 270 mètres cubes. C'est à peu près la capacité d'une salle d^études renfermant 40 élèves. La quantité d'air évacué directement par le poêle n'atteignant pas 4o niètres cubes, on voit que la ventilation effectuée par ce procédé serait au maximum de 1 mètre cube par élève et par heure.
Indépendamment des inconvénients qu'elle présente au point de vue de la salubrité, cette absence presque complète de ventilation a pour conséquence d'occasionner une très grande différence de température aux différents points de la pièce chauffée. Le général Morin a constaté qu'à 3 mètres au-dessus du sol, la température pouvait être de i3* à i4** plus élevée que celle qu'on observait près du sol.
Les poêles ont encore d'autres inconvénients assez graves. Le rayonnement direct de leurs parois, surtout de celles des poêles sans enveloppe fortement chauffés et souvent portés au rouge est très pénible à supporter et peut même entraîner des accidents.
Les poêles tiennent dans les pièces une place souvent gênante et leur aspect est peu satisfaisant, surtout quand ils sont surmontés de tuyaux ; cet effet déplorable est encore exagéré par le bistre noirâtre qui coule souvent le long des murs. Le
service des poêles est assez compliqué en raison de la multiplicité des foyers et du transport du combustible. Les manipulations produisent des poussières de charbon qui ternissent et altèrent rapidement les meubles et les tentures.
Il est bien difficile avec les poôles de régler la chaleur comme on le désire. On ne peut ni la faire arriver ni la modérer suivant les besoins. L'allumage du foyer prend beaucoup de temps ainsi que son entretien.