VICES DE CONSTRUCTION
887. Le premier soin à prendre avant la mise en place d'une chaudière, c^est de la visiter avec attention dans toutes ses parties pour s'assurer qu'elle n'a pas de vices de construction. Cet examen doit être fait autant que possible à l'atelier au moment de la fabrication; les défauts sont alors visibles, tandis qu'à la livraison ils peuvent être plus ou moins dissimulés, notamment par la couche épaisse de peinture dont on recouvre les chaudières pour les préserver de l'oxydation avant leur mise en place.
Après s'être assuré que les épaisseurs, les rivures, les armatures sont partout suffisantes et conformes aux dessins arrêtés, il faut rechercher avec soin les pailles ou défauts de soudures
des tôles, les mauvaises rivures, les fentes et les criques et rebuter toutes les pièces qui pourraient laisser à désirer sous ces divers rapports.
L'essai à la presse hydraulique, prescrit par le règlement, donne d'utiles indications, mais il ne doit pas empêcher Texamen minutieux de la chaudière au moment convenable.
888. Pailles. —Un défaut assez fréquent est le dédoublement des tôles ; on le désigne sous le nom de paille; il est souvent difRcile avoir et se manifeste ordinairement sous l'action de la chaleur. Les différentes mises qui composent la tôle se séparent si elles sont mal soudées et une fente apparaît à la surface, s'enfonçant
plus ou moins dans l'épaisseur du métal ; aussitôt qu'on découvre dans une chaudière une fente de cette nature, il faut couper la partie détachée et en chanfreiner les bords avec soin. Si ce travail est bien fait et si le défaut a peu de surface et de profondeur, la paille ne s'étend plus. Mais s'il arrive qu'elle pénètre trop profondément et que l'épaisseur restante soit trop faible, il est nécessaire de faire une réparation.
La figure oo4 représente une forte paille à la tôle de coup de feu d'une chaudière à bouilleurs. La tôle avait 9,5 mm. d'épaisseur et se trouvait foraiée de deux lits dont l'extérieur avait 5,5 mm. Ce dernier s'est brûlé et il a fallu mettre une pièce.
A la réception, il faut rebuter rigoureusement les tôles où la loupe fait découvrir des crasses en quantité notable ou des fentes indiquant l'absence de soudure.
889. Mauvaises rivures. — Lorsque les tôles sont mal rivées, il peut se produire des fentes reliant parfois plusieurs trous de rivets ou bien allant de ceux-ci au bord de la tôle.
Fig. 5 04.
Souvent aussi les trous des deux tôles à assembler ne sont pas exactement superposés; on les rectifie tant bien que mal en passant une broche, mais dans ces conditions la tige du rivet ne saurait remplir le trou et on augmente le mal par un matage exagéré, effectué dans Tespoir d'empêcher les fuites. La rivure est alors soumise à des tractions inégales, et quand on l'expose à l'action de la chaleur elle se déforme par la simple dilatation Les joints cèdent et il peut en résulter un désastre.
890. Cliques ou fentes. — Dans la construction des chaudières, le travail de cintrage, d'emboutissage et de courbure doit être fait avec habileté et en n'employant que des tôles de bonne qualité pour qu'il ne se manifeste ni criques ni fentes dans les parties arrondies ; quand un de ces accidents se produit, on essaye trop souvent, pour ne pas perdre le travail déjà fait, d'utiliser la tôle altérée et on effectue une réparation qui consiste à boucher la fente avec un rivet quand elle a très peu d'étendue. Souvent on applique plusieurs rivets filetés qu'on place en ligne et qu'on visse les uns contre les autres de manière à ce qu'ils se servent mutuellement d'appui. Quand la fente est un peu prononcée, une telle réparation crée un danger permanent, et il ne faut jamais accepter des tôles ayant subi une opération de ce genre.