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ACCIDENTS PRODUITS PAR LE SURCHAUFFEMENT

898. Bosses. — Si, pour l'une quelconque des causes que nous venons d'énumérer, la tôle fortement chauffée n'est plus en contact avec l'eau, elle se surchauffe, se ramollit et se déforme sous l'action de la pression ; cet effet se produit surtout pour les tubes pressés de l'intérieur vers l'extérieur, qui subissent une espèce de défoncement.

Avec de bonnes tôles, le défoncement peut être très profond sans déterminer de crevasses ; la tôle peut se retourner presque complètement et, dans le cas d'un foyer intérieur par exemple, venir s'appuyer sur l'autel sans donner lieu à aucune crique. Au contraire, avec des tôles de médiocre qualité, il se produit de suite une fente et la crevasse peut être assez forte pour causer une explosion.

Les bosses sont un des accidents fréquents des chaudières ; on les éviterait dans la plupart des cas par des nettoyages fréquents, permettant d'enlever les incrustations en temps utile.

899. Déplacements des chaudières. — Sous l'action de la chaleur la tôle de coup de feu d'un bouilleur un peu incrusté se surchauffe^ se dilate, et le bouilleur prend la forme d'un arc;

il se relève à l'avant et ne s'appuie plus sur les sommiers, on dit qu'il lève le nez. Au premier refroidissement le bouilleur reprend sa place.

En expérimentant sur une chaudière revêtue d'incrustations, on a reconnu que l'avant était continuellement en mouvement. La simple ouverture des portes pour jeter trois ou quatre pelletées de charbon le faisait baisser de trois ou quatre millimètres ; lors d'un nettoyage du feu, Tavant baissa de i4»^ millimètres et se releva ensuite de i5,5 millimètres.

Dans ces conditions^ toute la partie antérieure est en porte à faux sur la première rivure transversale qui supporte un efifort considérable, et il en résulte le plus souvent des fuites ou des ruptures. Ces mouvements continuels sont, en outre, une cause (le dégradation pour la maçonnerie de la devanture du fourneau qu'il est impossible de tenir en bon état et qu'il faut continuellement rejointoyer avec de la terre à four et souvent même reconstruire complètement pour empêcher les rentrées dair.

Quand, dans un bouilleur ou dans un tube chauffé quelconque, la tubulure de dégagement de la vapeur n'est pas placée tout à fait au point haut, la vapeur, ne pouvant se dégager librement, se cantonne sur une certaine étendue à l'arête supérieure; le métal se surchauffe, s'allonge sur cette arête, la tôle se cintre en dessous et le tube baisse le nez. C'est l'effet inverse du précédent.

900. Ondulations transversales. — Le surchauffement de la t6le au coup de feu peut se manifester aussi par des ondulations transversales de dimensions très variables. Ces ondulations réduisent la longueur de la tôle et, lorsque le feu baisse, la contraction fait subir une tension violente à la rivure voisine. Ce gondolement peut se produire encore quand on vide les chaudières avant que les carneaux ne soient suffisamment refroidis; le surchauffoment de la tôle est alors produit par la chaleur emmagasinée dans les maçonneries.

901. Fentes aux rivures. — Un des effets du surchauffement est de produire des fentes aux rivures. Ces fentes joignent

250 GQ^UDIÉRES A VAPEUR.

les bords de la tôle aux trous des rivets et fréquemment même se prolongent au delà. Pour les arrêter on se contente souvent de forer un trou à leur extrémité et de boucher ce trou avec un rivet.

D'autres fois, les fentes se produisent entre les rivets et en général dans la tôle intérieure de l'assemblage. Ces fentes ne peuvent généralement pas être aperçues pendant la marche du générateur, et, comme elles s'accroissent parfois rapidement, elles constituent un défaut des plus dangereux.

On constate également des fentes en pleine tôle suivant les lignes de matage, les cornières, les courbures des fonds ou des pièces embouties.

Toutes ces fentes occasionnent des fuites plus ou moins abondantes, et exposent à tous les accidents et aux dangers que celles-ci entraînent.

90â. Altération des tôles dans les parties les plus chauffées. — Dans les chaudières, les parties de tôle directement exposées à l'action du feu subissent une altération progressive qu'on peut expliquer de la manière suivante : le métal fortement chauffé extérieurement et parfois insuffisamment rafraîchi à l'intérieur, prend une température élevée et comme il est brusquement refroidi à chaque ouverture des portes du foyer, il se trouve soumis à des dilatations et contractions répétées, qui altèrent sa texture. La tôle prend à la longue un état rouverin particulier, qui la rend cassante.

L'altération que nous venons de signaler paraît avoir occasionné, dans les chaudières à bouilleurs, plusieurs accidents qui semblaient inexplicables. On ne pouvait, en effet, dans les conditions où ils s'étaient produits, les attribuer à aucune des causes que nous avons énumérées (§ 89i à s©»), ni à une insuffisance d'épaisseur de paroi, ni à un excès de pression, ni à un coup de feu proprement dit.

Par une série d'essais effectués sur des éprouvettes prises dans les parties saines et dans les parties avariées des tôles de deux bouilleurs ayant fait explosion, M. Périsse a montré que le métal s'était altéré et qu'il s'était formé de petites cassures ou criques.

Celles-ci, d*abord invisibles, s'étaient étendues peu à peu et, se réunissant, avaient fini par occassionner les accidents.

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