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Rectification continue, système Barbet

M. Barbet a imaginé un procédé qui permet d'opérer la rectification des flegmes d une manière absolument continue ; un spécimen des appareils employés à cet effet figurait à TËxposition Universelle de 1889.

Le système repose sur les mêmes principes que la distillation continue. En effet^de même que, dans la distillation continue, on sépare d*un mélange vineux le liquide le plus volatil, c'est-à-dire Talcool, et qu'on obtient comme résidu des vinasses épuisées, de même y dans la rectification continue, on commence par extraire des flegmes la partie la moins fixe (aldéhydes et éthers qui forment les mauvais goûts de tète) et on a comme résidu de cette première opération un liquide qui ne contient plus que de Talcool et des huiles essentielles moins volatiles que lui.

Par une seconde distillation on sépare Talcool de ce mélange et on obtient comme résidu définitif les huiles essentielles qui forment les mauvais goûts de queue.

L'appareil (fig. 54o) étudié par M. Barbet comporte deux colonnes de rectification, suivies chacune d^un condenseur et d'un réfrigérant, et disposées de telle sorte que les résidus provenant de la première s'écoulent dans la seconde.

Les flegmes à rectifier sont amenés par le tuyau i d'un réservoir supérieur à la base d'un réchauffeur tubulaire R dans lequel ils circulent en montant et récupèrent une grande partie de la chaleur que renferme la vinasse épuisée à sa sortie de la deuxième colonne B. Ils gagnent alors par le tuyau 2 la partie supérieure de la première colonne A appelée épurateur; celle-ci est chauffée au moyen d'un serpentin de vapeur logé dans le tronçon inférieur S et alimenté par le tuyau a. L'eau de condensation du serpentin s'écoule par le tuyau b. Les vapeurs d'alcool se formant dans la colonne  se rendent au condenseur C, muni d'un retour qui ramène les produits condensés au sommet du tronçon supérieur A' dans lequel les vapeurs s'enrichissent en éthers. Le chauffage dans la colonne A et le refroidissement dans le condenseur sont combinés de telle façon que les vapeurs qui parviennent au réfrigérant D ne représentent que 5 à 6 p. 100

du liquide mis en traitement et sont presque uniquement composées des éthers formant les produits de tête. A leur sortie du réfrigérant, ces éthers se rendent par le conduit 8 à Téprouvette X, dans laquelle plonge un alcoomètre qui doit marquer environ 94**.

Les flegmes d^^scendent de plateau en plateau et arrivent à la partie inférieure de la colonne A débarrassés des produits de tète ; ils se rendent par le tuyau 3 vers la partie moyenne de la colonne B, dans laquelle l'alcool va être séparé des huiles essentielles. Les tronçons inférieurs, dits d'épuisement, correspondent à peu près à la chaudière d'un rectificateur discontinu. Le chauffage y est effectué par le contact direct de la vapeur qui barbote dans le liquide.

Les vapeurs alcooliques qui se dégagent se rectifient dans les tronçons supérieurs et se rendent par le tuyau 4 &u condenseur Ë muni d'un retour; elles parcourent ensuite le tube 5, puis se liquéfient dans le réfrigérant F. L'alcool liquide s'écoule alors dans la conduite 6 qui le dirige vers Téprouvette Y, au sortir de laquelle il est enmiagasiné.

Les plateaux inférieurs ne renferment donc plus que les produits de queue et la vinasse. On pensait tout d'abord évacuer ces produits simultanément par le bas de l'appareil, mais, en pratique, il n'arrive au pied de la colonne qu'un liquide complètement épuisé marquant o** ; les huiles mauvais goût, plus volatiles que la vinasse, ne parviennent jamais au bas de l'appareil; celles qui descendent à l'état liquide au-dessous d'un certain niveau sont volatilisées par les vapeurs venant du bas, et celles qui s'élèvent à l'état de vapeurs sont condensées par le liquide qui descend. Ces huiles ne se trouvent donc que dans une certaine région de la colonne. A la hauteur de cette région, on a établi des prises pour l'extraction des produits de queue à l'état liquide; ceux-ci se rendent par le tuyau 9 au réfrigérant G et, de là, à l'éprouvette Z. Ils doivent marquer environ 5o° et renferment à peu près parties égales d'alcool éthylique et d'huiles mauvais goût. L'éprouvette Z sert également de guide pour le réglage de l'appareil ; en effet si le liquide qui s'écoule marque

un degré trop élevé, c*est que ralimentation est trop vive et on doit la diminuer; si au contraire le degré descend au-dessous de So"^ on en conclut que Talimentation est insuffisante, et on doit l'augmenter.

Quant aux vinasses complètement épuisées, elles s'écoulent par le tuyau 7, passent dans le réchauffeur R, abandonnent de la chaleur aux flegmes à rectifier et, ainsi refroidies, s'échappent enfin par le siphon 10.

Pour s'assurer du bon fonctionnement de l'appareil, on a établi une prise de vapeur sur la colonne B au-dessus du niveau du liquide qui remplit le fond du soubassement ; ces vapeurs amenées par le tuyau 1 1 au condenseur H se liquéfient puis passent à Téprouvette T dont l'alcoomètre doit toujours marquer 0°.

Deux régulateurs du genre Savalle maintiennent une pression constante dans chacune des deux colonnes de l'appareil.

Pour rendre la figure plus claire nous n'avons fait qu'indiquer les branchements des tuyaux d'arrivée et de départ de la vapeur de chauffage, des vapeurs d'alcool, de l'eau nécessaire à la condensation, de l'eau condensée et de l'eau de lavage, nous n'avons pas non plus indiqué les valves qui servent au réglage de la pression ; on peut se rendre compte de leur disposition en se reportant à la figure 538.

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