DISTILLATION DES HUILES DE PÉTROLE
959. Les huiles de pétrole brutes, telles qu*on les rencontre dans la nature, ont une composition très complexe et se trouvent mélangées à des matières étrangères dont la proportion varie beaucoup avec la provenance des produits. Suivant le degré de pureté de ces huiles, leur couleur varie du vert au brun et, à la température ordinaire, leur consistance peut atteindre celle du beurre. Les huiles de pétrole à l'état brut ne sont guère employées dans l'industrie.
Cependant on a vu, dans la première partie de cet ouvrage, (a2e) qu*on cherche à les employer comme combustible pour le chauifage des chaudières. On n'utilise encore pour cette application qu'une faible portion des huiles naturelles. Les parties destinées au commerce sont en général soumises à la distillation et les produits séparés subissent encore une rectification, appelée raffinage, et complétée souvent par une épuration chimique.
Nous allons décrire l'appareil généralement adopté dans les principaux établissements où l'on distille le prétrole.
960. Cet appareil (fig. 543) se compose d'une grande chaudière cylindrique A, en tôle, communiquant par un tuyau Bavec un serpentin condenseur S, à la suite duquel se trouve un récipient D. De ce récipient les produits de la distillation sont envoyés dans des réservoirs tels que E.
La chaudière est en tôle de 12 à i3 millimètres d'épaisseur; son diamètre est de 4 mètres environ et sa longueur est de 8 à 9 mètres. Elle est placée dans un fourneau en maçonnerie et
supportée sur des g;alets qui facilitent les déplacemen ta dus à ta dilatation.
Le chauffage se fait à feu nu et les gaz de la combustion gagnent directement la cbeminée sans que les produits de la combustion soient obligés d'effectuer plusieurs circulations au contact des parois de la chaudière, comme cela a lieu pour les générateurs de vapeur.
Quoique peu économique, ctHte disposition a été adoptée pour éviter des dilatations inégales des différentes parties de la chaudière, dilatations qui pourraient fatiguer la rivure et causer des fuites dont les conséquences sont toujours à redouter, en raison de ImQammabilité de la matière en traitement.
Pour opérer la distillation, on introduit le pétrole brut par le robinet R jusqu'à ce que le niveau du liquide soit k environ o"',5o de la génératrice supérieure de la chaudière et on commence le chauffage. Les vapeurs se dégagent alors et se rendent par le tuyau B dans le serpentin S refroidi par un courant d'eau froide <[ui circule méthodiquement.
Les liquides provenant de la condensation des vapeurs se rendent dans le récipient D, et de là dans des réservoirs tels que E. On fractionne généralement les produits de la distillation d'après leur ditTérence de densité. On peut les classer de la manière suivante :
i^ Essences de densité inférieure à 0,660 ; ces produits, connus sous le nom de gazoline, sont employés pour faire du gaz d'air carburé.
2^ Essences dont la densité est comprise entre 0,660 et 0,7^5 et qui constituent les essences, dites minérales, que l'on brûle dans des lampes sans verre et munies d'une petite éponge.
3"" Tous les produits dont la densité est comprise entre 0,735 et o,83o qui sont les huiles de pétrole du commerce.
4^ Les huiles lourdes chargées de paraffine.
On arrête l'opération quand il reste dans la chaudière environ i5 p. 100 de la matière soumise à la distillation. On soutire alors par le robinet C le résidu qu'on soumet à une nouvelle distilla* tion dans des appareils en fonte ; en le chauffant à une haute température^ on obtient des huiles lourdes utilisées pour le graissage des machines, et il reste, dans la cornue, du coke de pétrole.
961. Il y aurait, peut-être, intérêt à modifier légèrement l'appareil que nous venons de décrire, en remplaçant, au moins pendant la première phase de l'opération, le chauffage à feu nu par le chauffage à vapeur ; il suffirait pour cela d'établir un serpentin dans la chaudière et on éviterait ainsi la proximité du feu au moment où l'on distille les produits les plus inflammables.
Dans certaines installations on prend d'ailleurs la précaution d'établir une voûte en matériaux réfractaires qui isole la chaudière et la met à l'abri du contact direct des gaz de la combustion.