MANOMÈTRES
S23. Les manomètres ont des dispositions et des formes qui difTèrent essentiellement suivant qu'ils sont destinés à mesurer de fortes ou de faibles pressions.
Nous verrons, dans le chapitre des chaudières à vapeur, les manomètres employés pour les fortes pressions, nous nous occuperons seulement ici de ceux destinés à mesurer les faibles pressions.
Le manomètre le plus employé, pour mesurer les faibles pressions, se compose d'un tube en verre ABCD, recourbé en forme d'U. dans lequel on met de l'eau ou du mercure (fig. 85). On fait communiquer le haut de l'une des branches A, avec l'espace renfermant les gaz dont on veut avoir la pression, et l'autre branche D avec l'atmosphère ou avec un autre milieu renfermant un second gaz. Si les pressions des deux milieux, mis ainsi en communication avec le manomètre, sont différentes, il s'établit dans le liquide des deux branches une dénivellation Pj„ j,j m II qui mesure précisément l'excès de pres-
sion d'un milieu sur l'autre. Une éclielle graduée est applifjuée entre les branches du tube et sert à mesurer la difTércncc de niveau. '
Dans le but d'éviter l'action de la capillarité, on prend assez souvent des tubes d'assez grand diamètre. Ea fait, comme il s'agit seulement de mesurer les déplacements et que la capillarité agit de la même manière, avant et après le changement de
MANOMÈTRES ET ANÉMOMÈTRES.
niveau, pourvu qu'on ait soin de mouiller le tube, un diamètre de o,oi et même de o,oo5 est plus que suffisant.
224. Lorsqu'il se produit une différence de pression entre les deux branches d'un manomètre, les niveaux se déplacent en même temps, l'un en dessus, l'autre en dessous, et c'est la somme des deux déplacements qui mesure l'excès de pression. Il faut donc deux lectures simultanées, et il est difficile de les faire avec précision, quand il se produit des oscillations dans les niveaux, ce qui a lieu le plus souvent et dans les limites assez étendues, surtout pour les fluides en mouvement.
Il ne suffit pas, comme on pourrait le croire, de mesurer un seul déplacement de niveau soit en dessus, soit en dessous et de doubler la hauteur ; on aurait le plus souvent, en opérant ainsi, des mesures inexactes; les déplacements en haut et en bas ne sont pas les mêmes, parce que les deux tubes n'ont pas des sections exactement égales ; il y a le plus souvent des différences assez sensibles, qui fausseraient l'indication.
225. Pour éviter cette double lecture, on peut rendre l'échelle mobile (fig. 86), au moyen d'une vis manœuvréc par un bouton K. On amène le zéro de l'échelle à la hauteur nn du niveau inférieur et on n'a qu'à lire la hauteur du niveau supérieur m pour avoir l'excès de pression.
226. Une autre disposition de manomètre qui permet de ne faire qu'une seule lecture et sans aucune manœuvre, est représentée figure 87. L'appareil se compose d'un seul tube AB communiquant par le bas avec un vase V en verre ou en métal de section relativement grande. Lorsque la pression agit, les déplacements des niveaux se font dans le tube et dans le vase dans
rig. 86.
le rapport inverse des seclioDS, et si ce rapport est très faible, on peut négliger le déplacement dans le vase. Si, par exemple, le tube AB a ©"lOi de diamètre et le vase o'°,io, les sections sont dans le rapport de i à luo, et en négligeant les variations dans le vase, on commet une erreur de seulement. On
pourrait même en tenir compte, en ajoutant à la dénivellation dans le tube.