FOYERS A INTRODUCTION D'AIR AU-DESSUS DE LA GRILLE
287. La production abondante de la fumée, immédiatement après le chargement, tient en partie, comme nous l'avons expli- (\aé, à l'insuffisance d'air par suite de l'obstruction momentanée des passages k travers le combustible. L'idée de faire arri-
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ver l'air, directement et sans obstacle au-dessus du combustible, pour obtenir la fumlvorité, se présente naturellement à l'esprit et les dispositions imaginées pour cela sont très nombreuses. M. Combes a constaté par des expériences directes que l'introduction de l'air, dans le courant gazeux qui s'échappe d'un foyer, produit uûe fumivorité à peu près complète.
Les expérieBCfiS ont été faites sur le foyer d'une chaudière à deux bouilleurs de iS"' de surface de chauffe. La grille avait
o"'', 63 de surface avec- d'espace libre entre les barreaux; la
cheminée 20 mètres de hauteur et o^'^yio de section au sommet.
De chaque côté du foyer (fig. iSa), un canal construit dans l'épaisseur des parois du fourneau, parallèlement à la grille, s'ouvrait d'un côté sur la devanture et de l'autre dans le carneau de fumée à o°,i5 en arrière de l'autel. On pouvait ainsi introduire, directement dans le courant gazeux, deux jets opposés d'air extérieur de o",2o de haut sur o",o6d de large.
On avait aussi ménagé, derrière l'autel, au-dessous du carneau, sous les bouilleurs, une chambre à air qui était recouverte de plaques de fonte percées de trous et qui communiquait avec l'air extérieur par un tuyau en fonte de 0°, 16 de diamètre.
On a réglé le tirage de manière à brûler, soit 80 kil. de houille à l'heure (laS kil. par mq de grille), soit 4o kil. (61 kil. parmq).
Les charges étaient de 20 kil. environ et espacées de i5 minutes dans le premier cas, de 3o minutes dans le second.
Les premiers essais firent immédiatement reconnaître que l'action de l'air, admis seulement en lames par les deux ouvreaux, était au moins aussi efficace pour brûler la fumée que celle de l'air introduit parles trous des plaques de fonte, et on supprima cette arrivée pour les essais ultérieurs.
Lorsque les ouvreaux étaient fermés, la cheminée émettait une fumée noire et épaisse, immédiatement après la charge et après le ringardage. Cette fumée s'éclaircissait graduellement et finissait par devenir nulle.
Lorsqu'on ouvrait les orifices d'admission latéraux de l'air, au moment où la fumée était très noire, on voyait, par le regard ménagé à la partie postérieure du fourneau, une flamme vive et brillante se développer tout à coup dans le courant fumeux, et la cheminée, dès qu'elle avait dégagé la fumée qu'elle contenait, n'émettait plus qu'un nuage léger.
On n'a pas remarqué de différence considérable entre la quantité d'eau vaporisée, soit que l'on ouvrît, soit que l'on fermât les conduits adducteurs de l'air.
&88. Les moyens pour introduire de l'air au-dessus du combustible sont très variés ; le plus simple consiste à laisser la porte cntr'ouverle, c'est ce que font beaucoup de chaufTeurs après le chargement; mais comme l'air pénètre ainsi en une seule lame, le mélange avec les gaz combustibles se Tait mal.
On obtient une répartition un peu meilleure en ménageant, dans la porte, des trous qu'on peut, au moyen de cocardes , ouvrir ou fermer à volonté, suivant la période de la combustion.
Pour faire arriver l'air sur toute la longueur du foyer, on a placé quelquefois (fig. i53) au milieu de la grille , notamment dans les foyers de bateaux à vapeur, un rig. i53.
tube creux, un peu surélevé audessus des barreaux et percé d'un grand nombre d'orilîces par lesquels l'air était projeté en petit jets sur le combustible. La répartition, bien que meilleure que dans les dispositions précédentes, laisse encore beaucoup h désirer, l'air n'arrivant pas près des parois latérales.
289. Foyer Darcet (fig. i54}. — Un des premiers foyers fumivores, à introduction d'air, a été imaginé par Darcet. L'air arrivait, au-dessus du combustible, par une fente étroite horizontale ménagée dans la partie inclinéede l'autel, de telle
sorte que le jet d'air j^ ^j,
était dirigé en sens inverse du courant des gaz combustibles, afin de faciliter le mé-
lange. Un registre, h la main tlu chaufleur : permeltait de régler
la quantité d'air introduite.
Cet appareil est fort simple, maïs exige, pour qu'il n'y ait pas grand excès d'air à certains moments, la manœuvre du registre suivant la période de la combustion, ce qui demande de la part du cliaufleur une attention continuelle qu'il est impossible d'obtenir; en pratique, on le laisse presque toujours dans la même position. Fermé, il ne sert à rien ; ouvert, l'excès d'air admis pendant la plus grande partie du temps refroidit les gaz de la combustion et produit une perte de clialeur considérable.
290. AppareU Wye WilUams (fig. io5). — M. Wye Williams a employé en Angleterre, et surtout pour les chaudières de bateaux, une disposition du même genre. Derrière l'autel se
trouve une caisse métallique dajis laquelle arrive l'air extérieur qui s'échappe par un grand nombre de petits orilices, afin de faciliter le mélange avec les gaz de la combustion, à leur sortie du foyer. L'accès de l'air peut également être réglée par un registre dont la manœuvre présente les mêmes difiicultés pratiques que pour l'appareil Darcet,