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FOYERS MIXTES

Nous comprenons sous cette désignation différents foyers imaginés pour améliorer la combustion de la houille et qui ne peuvent rentrer dans les classifications ci-dessus, et plus spécialement ceux où on a combiné deux ou plusieurs des dispositions précédentes,

31 1 . Foyer Tbomas. — Dans la disposition de M. Thomas (fig. 1 80] un mur, placé après l'autel et bloqué sous la chaudière, oblige les gaz de la combustion à se renverser pour passer sous une voûte. Ils rencontrent à ce moment de l'air introduit

FOYERS DITS FUMIVORES.

directement par des ouvertures percées dons le mur du fond du cendrier. On combine ainsi l'effet de renversement qui produit le

mélange avec l'accès direct de l'air dans la flamme ; mais il y a toujours grande diflicult6, si ce n'est impossibilité pratique, à régler convenablement le volume d'air.

312. Foyer Palazot. — Dans l'appareil de M. Palazol (fig. i8i) il y a également une voûte et une introduction directe d'air mais disposés d'une manière différente. La voûte est placée au-dessus de l'autel ; l'arrivée de l'air se fait par des ouvertures ménagées dans la plaque qui sépare la porte de la grille et qu'on peut régler par un petit registre tournant, b la main du chauffeur. Cette

dispositionestfortsimple; mais commedanslaprécédente, la voûte se détruit rapidement et la proportion d'air est difficile à régler.

313. Grille à, gradins. — La grille à gradins, imaginée par MM. Chobrinsky et de Marsilly, se compose (fig. 182) d'une série de plaques horizontales en fonte disposées comme des gradins sur lesquels s'étale le combustible. Le chargement se fait

à l'avant, et on pousse la houille qui descend successivement. Oo a ainsi une sorte de chargement continu combiné avec un accès plus facile de l'air au-dessous de chaque plaque où l'épaisseur du combustible est moindre.

Pour se débarrasser du mâchefer qu'on no peut retirer par la porte, Kig. ,8î. l'extrémité de la

grille est formée de trois ou quatre barreaux transversaux attachés ensemble et pouvant basculer autour d'un axe par la manœuvre d'un levier placé à l'avant du fourneau. On fait ainsi tomber dans le cendrier toute la masse occupant l'arrière du foyer et on en sépare les mâchefers.

La grille à gradins a été appliquée aux locomotives, notamment au chemin de fer du Nord. Elle avait pour but de permettre la substitution de la houille au coke et a donné de bons résultats. Aujourd'hui on est arrivé à brûler la houille sur des grilles ordinaires.

3 14. Foyer Lefroy. — Dans le foyer de M. Lefroy, le chargement de combustible se fait d'une manière particulière qui a été

FOÏEHS urrs KllMlVUHtS. 44y

ilnpuis souvent imilée pour (liverses sork-s ilupparcils cl notamment pour les gazogènes.

Le foyer osl placé dans une petite construction en maçonnerie établie en avant du fourneau; il est chargé do combustible au moyen d'une trémie cylindrique placée direclement au-dessus de la grille et dont le bas et le haut peuvent être fermés à volonté, 1 de valves. Pour le chargement, on ferme d'abord la valve du bas, on remplit la trémie, et, après avoir fermé la valve du haut, on ouvre celle du bas, ce qui fait tomber le com- 8ur la grille; moyen simple ler le chargens que l'air expuisse s'intro-

Fi({. lia.

31 S. Foj^er Ten- 'iP^ brinck. — Le foyer

Tenbriiick a été surloutappli«]uéauxchau~ dièrcs de loconiolives, et il est d'un usage général au chemin de fer d'Orléans.

Dans la boite à feu

"^^ '**■ (fig. i83, i8i), M. Ten-

brinck dispose une caisse plate inclinée, pleine d'eau, com-

iM UES KOÏEHS.

muniquant |iar le liaut H par le bas avec l'iiiléneur Je la citau- (litre el formant une cloil ■•'.'" ' ?,': : t sou qui force le couraiil

(les gaz de la combustion à se recourberversl'avanl, pour passer par-dessus la raisse el traverser la cliambre de combustion, qui si> trouve ainsi formée enire l'arrière de la caisse et la plaque tubiilaire, avant de pénétrer dans les tubes.

La grille est très inclinée, et le cliargement s'effectue par une trémie audessus de laquelle une ouverture, munie d'une valve, permet de donner accès à l'air extérieur qui arrivi* ainsi h la rencontre du courant des gaz de la combustion. Les mâcbefers descendent à l'arrière sur une grille formée de barreaux (îxés ensemble et que le cliaulTeurpeut faire basculer en appuyant sur un levier. Le nettoyage du foyer se fait ainsi sans difficulté.

Ce renversement de la flamme, celle cbambre de ^, ^ combustion, celle injection

d'air, sont éminemment

propres à réaliser les conditions d'une bonne combustion, et

l'expérience indique que les résutlats sont très satisfaisants .

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On aurait pu craindre pour la durée de la caisse exposée k un feu ardent. La pratique prolongée a prouvé qu'en assurant convenablement la circulation de l'eau à Tintérieur, elle ne s'altérait pas davantage que les autres parois du foyer.

M. Tenbrinck a établi pour chaudières fixes, un foyer basé sur les mêmes principes. Il se compose (fig. i85, i86) d'un cylindre, avec fonds emboutis, placé au-dessous et sur la largeur de la chaudière; il est traversé par un autre cylindre incliné dans lequel se trouve la grille du foyer. Le combustible est chargé à l'avant et descend à peu près naturellement sur la grille ; à l'arrière tombent les mâchefers dans le cendrier, d'où on les retire facilement.

Les gaz de la combustion se retournent vers l'avant et viennent passer au-dessus du cylindre du foyer, d'où ils se rendent sous la chaudière. Il faut prendre les plus grandes précautions pour assurer le dégagement de la vapeur au sommet du cylindre transversal ; un cantonnement de vapeur en ce point amènerait la brûlure et la destruction rapide de la tôle trop fortement chauffée.

316. Foyer Molinos et Pronnier. — Le foyer de MM. Molinos et Pronnier a été appliqué à une chaudière tubulaire. Il se compose (fig. 187, 188) d'une grande caisse cubique, entourée d'eau comme la boîte à feu d'une locomotive, mais avec cette différence essentielle qu'à l'arrière du foyer se trouve un mur en briques, formant autel, sur lequel passent les gaz pour se rendre dans une chambre de combustion placée derrière, avant de pénétrer dans les tubes. L'air d'alimentation du foyer est insufflé par un ventilateur dans un conduit qui se divise en trois branches. Un premier courant arrive dans le cendrier et pénètre à travers la grille et le combustible. Les deux autres sont symétriques, et chacun d'eux vient dans une caisse latérale appliquée contre les parois extérieures de la boîte à feu et qui communique avec l'intérieur du foyer par une triple rangée de tubes traversant les doubles parois de la chaudière. L'air

UKS KOYEBS.

csl ainsi lancé au-dt-ssus du combustible, de chaque c6té du foyer, par un grand nombre de jels qui brisent le courant ascendant des gaz sortant de la couche on ignition, et il résulte de ce

brassage un mélange intime des gaz combustibles et comburants. On peut, au moyen de valves, n''gler les proportions d'air dans chacun des conduits.

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Le ventilateur insufflant Tair dans le foyer, la pression y est supérieure à la pression atmosphérique et les gaz enflammés tendent à sortir par les fissures autour de la porte de chargement. Pour s'opposer à cet effet qui amènerait la destruction rapide du cadre, la porte (fig. 189 et 190) est creuse, et le vide intérieur communique, par les gonds et un tuyau recourbé, avec Tair comprimé par le ventilateur; cet air sort par une fente ménagée tout autour du cadre, lancé dans la direction de l'intérieur du foyer, et refoule les gaz enflammés qui tendent à sortir.

Pour faire le chargement du combustible, il faut arrêter le ventilateur ou plus simplement fermer la valve disposée sur le conduit de refoulement.

On voit que dans cet appareil tout est parfaitement disposé pour assurer la combustion complète, et l'expérience indique que le but est atteint. Les essais faits pendant toute la durée de l'exposition universelle de i855 ont démontré la supériorité marquée de ce foyer sur les autres systèmes essayés en même temps au service des machines. Malheureusement le fonctionnement exige l'emploi d'un ventilateur, ce qui entraîne une certaine complication.

317. Observations générales sur les foyers fumivores. — Il est peu de problèmes dont la solution ait donné lieu à des recherches aussi nombreuses et aussi persévérantes que celui de la réalisation de la combustion complète et de la fumivorité dans les foyers. Les dispositions imaginées dans ce but sont innombrables et nous n'avons pu indiquer que les principales. Cette revue sommaire suffit pour faire comprendre toutes les difficultés à résoudre. Un grand nombre de ces appareils sont très ingénieux, et présentent des dispositions bien comprises, et cependant ils n'ont pas résisté à la pratique. Ce résultat négatif parait tenir surtout à ce qu'ils apportent une certaine complication dans le service des foyers et à ce qu'ils exigent des soins et une attention particulière de la part des

chauffeurs. C'est ainsi que, dans tous les appareils avec introduction d'air au-dessus de la grille, une condition indispensable, pour réaliser une économie et même pour ne pas produire une perte, c'est de régler l'accès de Tair supplémentaire suivant l'état du foyer, et de l'arrêter quand les gaz combustibles se sont dégagés. Sans cette précaution, l'air, entrant à partir de ce moment en quantité trop considérable, refroidit les gaz de la combustion, augmente leur masse, et il se perd par la cheminée une quantité de chaleur qui en définitive diminue le rendement.

L'expérience a démontré que si, pendant des essais, on pouvait obtenir des chauffeurs cette manœuvre indispensable des registres, il n'en était plus de même en service courant, et que l'appareil d'arrivée directe d'air devenait alors plus nuisible qu'utile.

En résumé, après des tentatives de toute nature, sauf quelques rares appareils comme le foyer Tenbrinck, qui ont continué à être appliqués, on en est revenu presque partout au foyer simple ordinaire, tel que nous l'avons décrit au numéro «44.

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