DISPOSITIONS DIVERSES DES VENTILATEURS A FORCE CENTRIFUGE
Les constructeurs ont donné aux ventilateurs à force centrifuge des dispositions et des formes très variées. Nous décrirons seulement quelques-uns des principaux types.
616. Ventilateur Decoster. — Le ventilateur Decoster se compose (fig. 3iJ et 3 16) d'un arbre de rotation AA, tournant dans deux paliers graisseurs. Sur cet arbre est monté verticalement un disque circulaire PP, portant de chaque côté
Fig. 3i3. Hg. 3t&
quatre ailettes planes et rectangulaires. La direction des ailes Ml^I, d'un côté du disque, fait un angle de 45° avec celle des ailes NN de l'autre côté, dans le but de produire plus de régularité dans l'expulsion de l'air par l'orifice de sortie R. Les ailes tournent dans une enveloppe SS, à section rectangulaire et légèrement
excentrée; le mouvement est donné au moyen de la poulie K. Ce ventilateur et en général tous les ventilateurs à ailes planes radiales et rectangulaires présentent l'inconvénient d'avoir la section des canaux mobiles beaucoup plus grande à la sortie qu'à l'entrée; comme nous l'avons expliqué (495), Tair ne pouvant s'épanouir brusquement, la veine fluide n'occupe pas toute la section de sortie et il se produit derrière chaque aile des courants rentrants et des remous (fig. 3o5) qui absorbent une notable partie du travail.
517. M. le général Morin a fait des expériences sur un ventilateur analogue à celui de Decoster, portant quatre ailettes planes de 0^,67 de diamètre extérieur, de 0^,29 de diamètre intérieur et de o°,33 de large, tournant dans une enveloppe concentrique de 0^,75 de diamètre.
Pour des vitesses de 342 à 872 tours par minute, le volume d'air écoulé s'est élevé de o"%58o à i'"%52o par seconde, à très peu près proportionnellement au nombre de tours et l'effet dynamométrique de 0,11 à 0,1 5. Le rapport du volume écoulé au volume engendré par les ailes a été en moyenne de i ,06.
518. Ventilateur Bourdon. — Pour éviter ces courants rentrants derrière les ailes, M. Bourdon a donné aux ailettes une forme trapézoïdale en les emboîtant entre deux joues latérales inclinées sur Taxe. Les figures 317 et 3i8 représentent ce ventilateur. La roue est formée d'un grand nombre d'ailettes montées sur un disque fixé sur l'arbre et dirigées suivant les rayons, sauf à l'extrémité qui est un peu recourbée vers l'avant; la roue divisée ainsi en deux parties symétriques tourne dans une enveloppe concentrique, et l'air, refoulé à la circonférence, se répand dans l'espace compris entre la roue et l'enveloppe d'où il s'échappe par une buse ouverte obliquement.
Afin de diminuer les fuites d'air par l'intervalle réservé pour le jeu autour des orifices d'entrée, entre la roue qui tourne et l'enveloppe fixe, M. Bourdon a disposé, de chaque côté, un
Ser. 45
plateau annulaire bien ajusté et qui, au moyen de vis, peut se rapprocher de la roue à ailettes de manière à réduire ce jeu au minimum. Il y a toujours, néanmoins, une certaine perte et d'autant plus grande que la pression produite est plus forte.
Des expériences faites par le général Morin, sur un ventilateur du système Lloyd dont la roue a également une forme trapézoïdale, ont donné les résultats suivants :
Fig. 3 18.
Le ventilateur avait 0^,77 de diamètre extérieur; pour des vitesses qui ont varié de 171a 980 tours par minute, le volume écoulé s'est élevé de o'^^iyg à i"%666 par seconde, toujours ù peu près proportionnellement au nombre de tours, et le rendement dynamométrique de 0,100 à 0,278.
On a trouvé 2,90 pour le rapport du volume écoulé au volume engendré par les ailettes.
519. Ventilateur Combes. — Les ventilateurs à force centrifuge sont très employés à Taspiration, surtout pour la ventilation des mines de houille.
M. Combes, inspecteur général des mines, a publié en 1839 un traité de l'aérage renfermant yne théorie des ventilateurs h force centrifuge, et suivant les indications qu'il en a déduites,
il a fait construire un ventilateur représenté (fig. Sig, Sao). L'appareil esl à une seule ouïe et se compose d'un disque circulaire horizontal A, mis en mouvement par la poulie V, fixé au sommet d'un arbre vertical PP et d'un disque annulaire parallèle P'P', de même diamètre extérieur, dont l'ouverture centrale constitue l'ouïede ■'"j^ti de diamètre, par laquelle l'air, aspiré par le puits C, pénètre dans l'appareil ; les deux disques sont réunis par trois ailettes en tille mince M,M,M, dont la courbure esl telle que le dernier élément est tangent à la circonférence extérieure. La couronue annulaire porte d'équcrre un rebord vertical qui tourne avec l'appareil, en pion-, ^eant dans une gouttière g en fonte pleine d'eau aiin de faire un joint hermétique et empêcher les rentrées
d'air extérieur par le îeu „ , . ,
existant forcément entre la
partie fixe et la partie mobile. La courbure des ailes, en sens inverse du mouvement et tangentiellement à La circonférence, avait pour but, conformément à la théorie, de réduire au minimum la vitesse absolue de sortie dans l'atmosphère K,K, mais ce résultat n'a été atteint que d'une manière très insuffisante.
Voici les résultats d'expériences faites sur un ventilateur par M. Glépin et rapportées par M. Ponson :
VEMILATEURS.
KO»BKE
DÉPBESSIOn
VITESSE
pir r.
•loiil».
o,aai
o,ao6
Su
D'après les expériences, la vitesse à la sortie resterait encore la moitié et jusqu'aux deux tiers de la vitesse circonférentielle, et le travail perdu par cette vitesse serait supérieur à i, 5 fois le travail utile.
Le rapport manométriquc -^5-;^ {»o»}a varié de 0,072 a 0,1 jl>
et le rendement dynamométriquo (so?) de 0,19 h 0,22. Ce sont des résultats bien peu satisfaisants.