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Enfin la formule que nous proposons donne des résultats qui ne s'écartent pas de ceux de l'expérience de plus de 5 à 6 p. i oo en plus ou en moins, sauf pour les deux houilles anglaises; l'erreur ne dépasse pas ordinairement 2 p. 100.
En résumé, il n'existe pas de formule donnant avec précision la puissance calorifique d*une houille dont on connaît la composition chimique. On ne doit employer qu'avec réserve celles qui ont été proposées, et seulement à titre d'indication.
39. CQmmerce des houilles. — Les houilles dans le commerce se classent d'après les provenances et d'après la grosseur des morceaux. La nature du charbon de chaque mine et même de chaque couche est à peu près connue et possède une cote commerciale en raison de ses qualités.
Quant à la grosseur des morceaux, on distingue généralement le gros, la gailleterie, le menu et le tout-venant.
Le gros qu'on appelle quelquefois pera, ou houille, est formé, ainsi que son nom l'indique, de gros morceaux qui ont un volume de plusieurs décimètres cubes. On le sépare à la main au moment de l'arrivée au jour. Il a toujours une valeur supérieure à celle de la gailleterie, mais en réalité son emploi ne présente pas d'avantages parce qu'on est obligé pour le brûler de le casser en morceaux, ce qui fait du menu et par suite du déchet.
La gailleterie se compose de morceaux de houille qui n'ont pas pu passer à travers une grille dont les barreaux sont espacés de 3, 4 ou 5 centimètres. C'est la nature de charbon généralement employée pour les petits foyers et les appareils de chauffage , cheminées et calorifères.
Le menu est le charbon qui a passé à travers les grilles ; c'est ce qui reste quand on a retiré du charbon sortant de la mine le gros et la gailleterie.
Le menu a une valeur très inférieure à celle de la gailleterie parce qu'il ne peut être employé que dans les grands foyers d'usine ou à la fabrication des briquettes et du coke et qu'il contient notablement plus de cendres. On se préoccupe beau-
coup, dans les houillères, de diminuer la proportion de cendres et on fait pour cela, sur le carreau des mines, dos lavages, des criblages qui arrivent à abaisser cette proportion à 5 p. loo et au-dessous.
Ces divisions du charbon en trois catégories, suivant la grosseur, sont généralement adoptées et chacune a son cours spécial. Mais on fait dans certaines mines des catégories plus nombreuses en faisant passer le charbon à travers des grilles ou des cribles dont les intervalles sont de plus en plus étroits. C'est ainsi qu*on a, au-dessus de la gailleterie, la gaillette; au-dessous le gailletin, puis successivement les noisettes , les tètes de moineaux, les fines grenues, et enfin les fines poussier qui vont en décroissant de grosseur.
Enfin une autre catégorie de charbon est le tout-venant qui, d*aprës son nom, devrait être le charbon tel qu'il est extrait de la mine ; c'est ce qui a lieu dans certaines exploitations, mais souvent le tout-venant commercial est un mélange de gailleterie et de menu en proportion que Ton fait varier à volonté ; le prix dépend de ces proportions. Le tout-venant renfermant 3o à 35 p. loo de gailleterie est particulièrement propre au chauffage des chaudières à vapeur.
La houille pèse : en gailleterie, de yS à 8o kilos Thectôlitre; en tout-venant, un peu plus, de 8o à 85 et même 90 kilos, et jusqu'à 100 kilos.
La proportion des vides entre les morceaux, pour le passage de Tair, est, pour la gailleterie, de 40 à 45 p. 100, bien plus qu'on ne pourrait croire au premier aspect; pour le tout-venant les vides s'écartent peu de 3o p. 100, ils varient de 2S p. 100 à 35 p. 100. On voit que l'air, quand les charbons ne collent pas à la combustion, trouve une section de passage égale à peu près à un tiers de la surface totale. Ces vides ont été déterminés en pesant successivement un hectolitre de charbon, d'abord à l'état ordinaire, puis après avoir rempli tous les vides avec de l'eau.