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Essais des houilles. — Il est fort difficile d'apprécier

à la vue la qualité des charbons. La proportion trop forte de cendres communique à la houille un aspect terne et terreux qui peut être un indice, mais qui ne fournit qu'une appréciation

fort vague.

Pour se rendre compte de la valeur d'une houille, il faut faire des essais de puissance calorifique.

On pourrait la brûler dans un calorimètre analogue à celui de MM. Favre et Silbermann. Avec les précautions convenables, on obtiendrait ainsi avec précision la puissance calorifique et la quantité de cendres ; mais cet essai exige des soins minutieux et des analyses de gaz qu'il est impossible de faire industriellement.

On se contente le plus souvent d'une analyse immédiate. On carbonise la houille dans un creuset fermé par un couvercle et placé dans un fourneau à mouffle ; on détermine ainsi la quantité de matières volatiles et la nature du coke, puis en la brûlant dans une capsule ouverte on a la quantité de cendres. Ces données permettent d'apprécier à quelle espèce la houille appartient et si elle est conforme à un échantillon déjà essayé.

Pour ces essais, qui ne portent que sur de petites quantités, il importe de faire les prises d'échantillçn de manière à obtenir une qualité moyenne, et pour cela il faut opérer avec méthode. On prend sur la livraison et en un grand nombre de points environ 5o kilos; on les pulvérise grossièrement, et on les mélange aussi intimement que possible; sur ce mélange, on fait de nouvelles prises, en différents points, de manière à obtenir i ou 2 kilos, qu'on pulvérise avec plus de soin ; on mélange la poudre obtenue et on fait, dans les mêmes conditions, des prises d'un poids total de 100 à 200 grammes qu'on enferme dans un flacon bouché, et où on puise l'échantillon d'épreuve.

L'essai le plus important, au point de vue industriel, consiste à brûler une certaine quantité de houille sous une chaudière à eau ou à vapeur. L'élévation de température de l'eau, ou le nombre de kilogrammes d'eau vaporisée, dans des conditions identiques, permet d'évaluer la valeur comparative de diverses houilles. De

plus, le résidu, en cendres ou en mâchefer, donne la proportion de matières étrangères. On a en même temps des données utiles sur la manière dont s'opère la combustion, les quantités de fumée, de mâchefer, etc.

Certaines houilles, notamment les houilles à gaz, subissent à Tair une rapide altération par suite du dégagement de gaz combustibles, ce qui diminue notablement leur pouvoir calorifique. 11 convient donc de les employer le plus tôt possible après leur extraction de la mine. Ce dégagement des gaz détermine une espèce de combustion lente qui, dans les grands tas de houille, est quelquefois assez accentuée pour produire réchauffement et même Tinflammation de la masse ; ceci se produit assez souvent sur les navires. Pour l'éviter, il ne faut charger ces houilles que sur une faible épaisseur afin d'empêcher la chaleur de se concentrer. On diminue en même temps l'écrasement des couches inférieures et la formation de menus aux dépens de la gailleterie, qui est réduite ainsi considérablement de valeur.

41. Combustibles fossiles divers. — Pour compléter ce qui est relatif aux combustibles fossiles, il nous reste à dire quelques mots de certains produits naturels, éminemment combustibles, mais généralement utilisés pour des applications spéciales.

U asphalte qu'on trouve au Mexique est une sorte de brai gras, 8olide à froid avant loo*.

D'après M. Regnault sa composition est :

Carbone 81,46 p. 100

Hydrogène 9,57

Oxygène et azote 8,97

Les bitumes qu'on exploite en Alsace et en Auvergne peuvent également être rangés dans les combustibles fossiles. Voici leur composition :

Bitume d'Alsace, bitume d'Auvergne.

Carbone 87,00 77,52 p. 100

Hydrogène 11,20 9,58

Oxygène et azote. . . 1,80 12,95 dont 2.37 d'azote.

Le boghead est un schiste bitumineux du terrain houillcr d'Ecosse. On en extrait par la distillation des huiles diverses, et dans les usines à gaz on Tajoute au charbon pour augmenter le pouvoir éclairant du gaz produit.

Sa composition est la suivante :

Carbone 60 à 65 p. 100

Hydrogène 8,86 9,28

Oxygène 4,38 5,46

Cendres, soufre, etc 18 24

Le jayet est un lignite bitumineux à cassure conchoîdale comme le cannel coal, mais plus brillant.

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