CHALEUR SOLAIRE
Une autre hypothèse très ingénieuse sur les causes de la chaleur solaire a été émise par le D' Mayer d'IIeilbronn. Voici en quoi elle consiste :
Les étoiles fdantes, que Ton observe à certaines époques en si grand nombre dans le ciel, sont des petits globes qui, animés d'un mouvement rapide dans Tespace, pénètrent à un certain moment dans la sphère d'attraction de la terre. Sous l'influence du frottement dans l'air, frottement considérable par suite de leur énorme vitesse, ils s'échauffent jusqu'à l'incandescence et deviennent lumineux. Les uns sont entièrement brûlés dans l'atmosphère, les autres arrivent jusqu'au sol où ils perdent par le choc leur puissance vive. Il en résulte, dans les deux cas, un dégagement de chaleur.
Dans l'hypothèse du D' Mayer, le soleil serait entouré d'une masse de ces astéroïdes en mouvement qui par leur chute incessante créeraient de la chaleur. On a calculé que le choc d'un de ces globes pourrait développerjusqu'à 9000 fois la chaleur engendrée par une masse égale de houille. Le volume du soleil s'accroîtrait ainsi constamment, mais d'une manière insensible; il suffirait, pour entretenir la chaleur solaire, d'une chute de matières qui augmenteraient le diamètre du soleil annuellement de 20 mètres, ce qui revient à un accroissement de un dixième de seconde pour 4 000 ans. C'est tout à fait insensible. Si la terre tombait sur le soleil, dont le volume est i 872 000 fois plus grand, l'accroissement de volume serait tout à fait imperceptible et cependant la chaleur engendrée par son choc couvrirait la dépense faite en un siècle par le soleil.
Dans une autre hypothèse formulée par Hclmholtz et Thompson, le soleil aurait été à Torigine une nébuleuse formée de molécules placées à distance. Ces molécules, en se rapprochant les unes des autres, auraient produit de la chaleur et constitué la masse solaire. Cette contraction se continuerait de nos jours et, comme elle est toujours accompagnée d'un dégagement de chaleur, elle serait la source de la radiation solaire. Il suffirait d'ailleurs d'une contraction excessivement faible; on a calculé qu'une réduction de
un millième dans le diamètre du soleil suffirait pour maintenir sa radiation actuelle pendant 2 1 000 ans.
Cette hypothèse a une certaine analogie avec la précédente ; c'est toujours le choc ou le rapprochement des molécules qui produit de la chaleur. Seulement, dans le premier cas, il y a accroissement de volume du soleil ; dans le second, il y a au contraire diminution. Gomme rien ne paraît s'opposer à ce que la chute des astéroïdes se produise en même temps que la contraction, on voit que, en combinant les deux hypothèses, le volume du soleil pourrait rester absolument constant, par l'action simultanée de ces deux causes produisant toutes les deux de la chaleur.
Diverses objections ont été faites à ces hypothèses. L'état actuel de la science ne permet pas d& se prononcer encore sur leur valeur d'une manière définitive, et nous nous bornerons à cet aperçu général des causes de la chaleur à la surface de la terre.