SOURCES DE CHALEUR
la houille, et les divers combustibles dégagent une grande quantité de chaleur.
On sait, en efTet, que la houille, comme le bois, a une origine végétale et que les couches de houille qu'on exploite en ce moment ont été formées aux époques primitives par des végétaux qui se sont transformés sous l'action du temps. Or c'est sous TinQuence des rayons du soleil que les végétaux peuvent se former, que la plante se développe et que la fibre ligneuse se constitue. L'acide carbonique de l'atmosphère est absorbé par les feuilles du végétal et décomposé en carbone et en oxygène. Le carbone, retenu dans la plante, s'unit à l'hydrogène provenant de Teau qui a subi une décomposition analogue, pour former avec de Toxygène le tissu ligneux de la plante. Cette décomposition de l'acide carbonique et de l'eau ne s'effectue que par une véritable absorption de chaleur solaire et c'est cette chaleur qui, mise pour ainsi dire en réserve dans la plante, se dégage ultérieurement par la combustion qui reconstitue de l'acide carbonique et de l'eau.
La chaleur animale a également pour cause première la radiation solaire, puisqu'elle est produite, au moyen de la respiration, par la combustion dans le système musculaire des aliments ingérés, et que ces aliments composés de carbone et d'hydrogène proviennent des végétaux, soit directement, soit par l'intermédiaire des animaux herbivores.
Il en est de même des actions physiques et mécaniques au moyen desquelles on peut produire de la chaleur en faisant, par exemple, frotter deux corps l'un contre l'autre. Ces actions supposent toujours une force motrice dont la cause première est encore la radiation solaire.
Si la force motrice est la machine à vapeur, la relation est évidente, puisque la vapeur emprunte sa puissance au combustible qui la tire lui-même, comme nous l'avons vu, de la chaleur solaire.
L'explication est la même pour la force musculaire de l'homme et des animaux, qui est produite par la combustion des aliments.
La puissance motrice du vent provient encore du soleil qui, en échauffant inégalement la masse atmosphérique, produit le déplacement des couches gazeuses.
Les chutes d'eau enfin ont la même origine. C'est par la chaleur du soleil que Teau se vaporise, que les nuages se forment et que la pluie donne naissance aux sources, aux rivières, et à leur puissance hydraulique.
Le soleil est donc la source à peu près unique de la chaleur à la surface de la terre, et on peut dire que c'est lui qui nous donne le mouvement et la vie.
4. Chaleur solaire. — Quant à la cause de la chaleur solaire elle-même, les opinions sont encore fort divisées. La première idée qui se présente, c'est que le soleil est un globe en combustion. Les différents corps dont il se compose et que l'analyse spectrale a fait reconnaître brûleraient dan^ une atmosphère où l'oxygène domine et formeraient de l'eau, des carbonates, des silicates, etc.. L'étude de la croûte terrestre, qui est composée de ces différents corps, fait supposer qu'à une certaine époque la terre se trouvait également à l'état de globe en combustion, et que les corps qui composent sa surface ont été formés par l'oxydation successive d'éléments analogues à ceux brûlant actuellement dans le soleil, qui dans cette hypothèse serait constitué comme la terre, mais se trouverait seulement arrivé à une période d'oxydation moins avancée.
Des objections très sérieuses sont faites à cette hypothèse.
« Ainsi, dit Tyndall, aucune des combustions, aucune des « afiinités chimiques que nous connaissons, ne pourrait entre- « tenir la radiation solaire. Si le soleil était un bloc de houille a et qu'on l'approvisionnât assez d'oxygène pour le rendre << capable de brûler au degré qu'exige la radiation mesurée, il c< serait entièrement consumé au bout de 5 ooo ans ; or, depuis les « plus anciennes observations astronomiques, on n'a pu constater « le plus léger affaiblissement dans la radiation solaire. » La combustion ne saurait donc expliquer la chaleur dégagée parle soleil.