‹ Traité de plessimétrisme et d'organographismeChapitre 100 sur 207 · KYSTE HYDATIDIQUE OUVERT DANS LA VEINE CAVE · texte numérisé non relu

KYSTE HYDATIDIQUE OUVERT DANS LA VEINE CAVE

cas dé célié abdominale développée au-dessus du bassin et qui présentait les mêmes caractères que la tumeur sous-hépalique dont il vient d’être parlé.

S 8: Il faut explorer plessimétriquement le foie en arrière, — Observations remarquables.

598. Toutes les fois que l’on observe des syÿmyplômes d’hépathies, ét qué l’on a la moindre raison de soupéonher la présence d’une tumeur ët surtout d’une hydatido-célie développée dans le foie, il faut surtout explorer avec un soin exlféme, dans la direction des lignes axillo-iliaque et costo-iliaque (pages 185, 186), les régions droite et postérieure du foie ; on percutera sur ces imêmés régions dé la mañière la plus attentive, ét Cela superficiellement et profondément, en appréciant autant que faire se peut les nuances de sonorité ét d’élasticité différentes entre elles, qui pourraient y être distinguées; puis on limitera les espaces où ces différences ont lieu, et alors, tout aussi facilement qu'on exécute en avant, on réconnaitra les tumeurs développées dans là région postérieure et latérale du foie. |

529. Si lon eût suivi ces préceptes à la Salpétrière et à la Pitié, on aurait pu reconnaitre pendant la vie des tumeurs hydatifères qui n’ont été trouvées qu’à la nécroscopie ; l’une de ces hydato-célies s'est ouverte dans là veine cave inférieure, et mérite d’être dé nouveau publiée. Voici Pobservation de ce fait.

& Unë femme sepluagénaire éprouve tout à coup les symptômes suivants : perté de connaissance, de mouvement ét dé sentiment; les éxtrémités supérieures présentent quelques éonvulsions et de la contracture. Cette malade fut transportée à l'infirmerie; la respiration S’embarrassa, le râle survint, la mort eut lieu deux ou trois heures après les premiers accidents: La nécroscopie montra l’encéphale et la moëlle rachidienne exempts de toute lésion; on ne trouva hi collection anomale de sérosité, ni hémorrhagie, ni ramollissement quelque peu étendu qu'on le supposé, L'abdomen étant ouvert, on fut frappé de l'énorme dimension que le foie présentait; il refoulait fortement le diaphragme et dépassait un peu le rebord costal; après avoir enlevé avec précaution la glande hépatique en même temps que la veine cave inférieure, on découvrit, sur la surface supérieure ét sur lé boïd postérieur du foie, une tumeur de quatre pouces de diamètre ; elle était sphéroïde, grisätre, et présentait sur quelques points une dureté osseuse résonnant même comme un os. Par la percussion médiate on ‘n’obtentit pas cé frémissement semblable à celui auquel donneht lieu les acéphaloeysies rassemblés dans un kyste commun. Cette tumeur était là cause du

grand volume que l'on avait attribué au foie; celui-ci, abstraction faite de la tumeur, n'était pas plus gros que dans l’état normal.

On ouvrit ce kyste avec précaution, et l’on ne tarda pas à découvrir qu'il s'était ouvert dans la veine cave inférieure; il était accolé à cette veine, dont la membrane moyenne était ossiforme; on ne put même découvrir la tunique interne du vaisseau, ni détacher de la paroi indurée de la tumeur des lambeaux de cette tunique; seulement la surface en rapport avec le sang était lisse, polie : c'était une véritable fracture qui s'était faite dans les parois veineuses ossifiées et faisant partie de l'enveloppe du kyste. La solution de continuité avait un demi pouce de long, était rugueuse, inégale, ostéide sur les bords, et des concrétions nombreuses recouvraient toute la surface en rapport avec la cavité de la tumeur; le fluide dont celle-ci était remplie présentait l'apparence et la consistance du pus; mais quelques portions du kyste-hydatifère transparentes, analogues à de la gelée, nageaient dans le fluide. On retrouva une substance semblable dans la veine cave inférieure, dans le cœur-droit, dans l'artère pulmonaire et dans ses divisions. j

Plusieurs autres kystes-hydatifères, mais beaucoup plus petits et contenant des acéphalocystes intacts et qui donnaient à la percussion le frémissement hfdatique, existaient encore dans le foie.

Il n’est pas douteux que, dans ce cas, la rupture de la tumeur ait eu lieu pendant la vie, puisqu'on retrouvait du pus dans l'artère pulmonaire et ses divisions. C'était la présence de celui-ci en grande quantité dans le sang qui avait sans doute occasionné les accidents cérébraux; il n’y avait rien, en effet, dans le cerveau, qui pût expliquer ces symptômes : le pus a agi, dans ce cas, comme un poison narcotique. Dans mon mémoire sur l’apoplexie et la syncope, j'ai prouvé que le défaut d’abord du sang vers le cerveau peut aussi donner lieu à des contractures et à une paralysie: » (Procédé opératoire, n° 264%, publié en 1834.)

530. Dans une seconde observation, recueillie à l'hôpital de la Pitié, 1l s'agissait d’un jeune peintre en bâtiments, qui fut atteint d’une cholémie accompagnée des symptômes rattachés depuis à lictère grave ; et qui, probablement, étaient dus en partie à une iléospilosie septicémique, comme cela est arrivé, en 1862, dans un autre cas, à la Charité. Les médecins, qui suivaient ma chnique, soutenaient qu'il s'agissait, chez le jeune peintre en question, d’un ictère produit par le plomb. Or, la mort survint, et l’on trouva un kyste hydatique volumineux, qui, situé en arrière, sur la face inférieure du foie, comprimait les vaisseaux hépatiques, et avait ainsi causé l’arrêt de la bile et la cholémie,

$ 9. Applications pratiqués générales du plessimétrisme à la diagnose et au thérapisme des diverses hépathies,

531. D'innombrables applications pratiques du plessimétrisme à la diagnose el au thérapisme des diverses hépathies, ont déjà

été établies, soit dans mes précédents ouvrages, et particulièrement dans les Traités de Diagnostic (du n° 1825 au n° 1898, etc.), de Médecine pratique (du n° 8376 au n° 8649), et dans les paragraphes qui précèdent. Il est utile de présenter ici le tableau sucéinct de ces études et de mes dernières recherches.

532. C’est, presque exclusivement le plessimétrisme, qui peut faire apprécier : 1° le siége du foie, et, par conséquent, les variations en hauteur, en abaissement, en extension latérale dont il est susceptible; 2 ses rapports avec les organes qui entourent; 3° son volume; 4° sa forme indiquée avec une telle certitude, que le dessin que l’on en trace représente la glande hépatique à lextérieur, comme si la paroi qui la recouvre avait été enlevée; de là une détermination positive des modifications nombreuses que cette forme présente ; 5° le degré de densité qu'offre la substance propre du foie et la présence dans son tissu de liquides, de corps indurés, de gaz, ete.

S 10. Applications pratiques relatives à la constatation plessimétrique du stége du foie.

333. Pour l'étude du cœur, de l’estomac, des intestins, de la vésicule du fiel, des reins, des tumeurs abdominales, etc., ete., il faut, préalablement, déterminer, par le plessimétrisme, le siége du foie (1).

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